I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams
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LES INDICES DU JEU N°2 ARRIVENT BIENTÔT. DE MÊME POUR LE NOUVEAU JEU. En mai 2018, le forum a CINQ ANS ET DEMI.
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I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams

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MessageSujet: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Dim 14 Mai - 16:24


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

D’un geste de la main, je chassai une mouche qui voletait trop près de mon oreille, mais le moment de répit ne dura que quelques secondes avant qu’elle ne revienne m’assaillir. Il me semblait que tous les éléments coopéraient pour me faire perdre la tête : le soleil me brûlait la rétine quand je fixais l’horizon, le vent soulevait des nuages de poussière jusque dans mes yeux, les insectes me harcelaient de leurs ailes et de leurs pattes. Je jetai un regard à Zorya qui trottinait à mes côtés pour m’apercevoir qu’elle était aux prises avec les mêmes problèmes que moi. D’un geste sec, elle claqua la mâchoire et avala le moucheron qui avait osé l’approcher de trop près. À côté de la bête se tenaient Pinpin, son homologue mâle, et ensuite Emelie, qui regardait droit devant elle. Je l’imitai, de peur qu’elle ne se retourne vers moi et que nos regards se croisent. Dans ce cas, j’aurais été incapable de lui offrir un sourire de réconfort, puisque je sentais que mes mâchoires étaient soudées par l’appréhension. J’avais été partant pour cette expédition quand le projet était encore embryonnaire et je l’étais toujours quand nous avions quitté la sécurité des grilles du parc quelques jours plus tôt, mais j’étais devenu de plus en plus anxieux au fil de mes pas.  Il y avait une soixantaine d’heures de marche entre le camping-car d’Emelie et notre ville natale de Sacramento et j’hésitais toujours à savoir si j’aurais préféré qu’il y en ait six ou six-cent. La distance m’avait presque rendu fou, mais elle agissait également comme un bouclier entre moi et les souvenirs qui m’attendaient une fois là-bas.

Depuis que ma route avait recroisé celle d’Emelie, nos vies suivaient maintenant une trajectoire de plus en plus parallèle. Je ne m’étais toujours pas installé définitivement au parc, mais j’y allais maintenant pour des visites plus longues qu’à l’accoutumé. Alors qu’auparavant je m’y rendais uniquement pour marchander ou acheter ma bouteille d’alcool hebdomadaire, j’y passais désormais pour des leçons de jardinages (j’avais encore des progrès à faire à ce niveau), pour aider Emelie à rafistoler la caravane (travailler sur le plancher de l’épicerie m’avait rendu débrouillard niveau réparations de fortune) ou tout simplement pour discuter avec quelqu’un qui avait connu l’ancien Iain, celui qui n’avait jamais fait face à la faim ou au froid. Mes vagabondages me paraissaient moins lourds de solitude et d’angoisse maintenant que je savais qu’ils se terminaient invariablement à Yosemite. J’espérais toujours retomber sur ma sœur en cours de route, mais je réalisais lentement mais sûrement que me poser quelque part ne voulait pas dire que j’abandonnais les recherches pour autant. Mes nombreux passages à Yosemite m’avaient permis d’y apprivoiser le style de vie qu’on y menait et je me voyais de plus en plus le pratiquer à temps plein. Je réfléchissais déjà aux divers moyens de me construire mon propre abri. Me réflexions sur mon nomadisme avaient toutefois été mises en attente quand Emelie avait proposé que nous retournions à Sacramento, comme nous l’avions prévu à notre première rencontre. Les préparatifs et le voyage en lui-même avaient ensuite occupé mon esprit, laissant peu de place au reste.

Nous avions troqué les vallées escarpées et les arbres touffus de Yosemite pour les vastes champs qui s’étendaient tout au sud de Sacramento, abandonnés par leurs propriétaires depuis de nombreuses années déjà. Les chiens d’Emelie s’étaient révélés d’une utilité que je n’avais pas soupçonnée durant cette partie de notre périple. Nous pouvions marcher dans les herbes hautes qui montaient jusqu’à notre taille sans craindre de rôdeurs à nos pieds, puisque les truffes des deux molosses sentaient les cadavres bien avant que nous les approchions. Ainsi, nous les éliminions avant qu’ils ne puissent planter leurs dents dans nos mollets. À nous l’effet de surprise. Nous avions ensuite décidé de prendre une petite route qui suivait plus ou moins la trajectoire de l’autoroute, un itinéraire qui était plus reposant que les champs sauvages. Nous marchions en silence depuis un moment déjà lorsque nous arrivâmes à proximité d’une voiture abandonnée, les pneus dégonflés et la carcasse dévorée par la rouille. Je me posai sur le coffre de l’automobile et y laissai tomber mon sac, qui commençait à me creuser les épaules. « Faisons une pause, si tu veux bien. J’ai la bouche plus sèche que le Mojave. » Je trouvai ma gourde et en prit une longue gorgée salvatrice. Je vidai ensuite le reste dans ma paume pour abreuver Pinpin, dont la langue pendait jusqu’au sol. Même si les chiens se révélaient précieux pour notre périple, ils demandaient également qu’on transporte plus d’eau et de nourriture pour eux. Mon dos avait trouvé les premiers jours très difficiles.

Nous en étions maintenant à une étape cruciale de notre voyage. Si nous suivions la route, nous rejoindrions bientôt un chemin qui menait à la ferme de Nono, le grand-père d’Emelie. Nous pourrions alors décider de prendre cet embranchement ou de poursuivre tout droit sur le bitume qui se déroulait jusqu’à Sacramento. Je jetai un regard à ma compagne de route. « Tu veux passer par la ferme d’abord ou tu préfères qu’on commence par explorer la ville ? » C’était une décision qui lui revenait à cent pourcent. Il fallait dire que ce voyage était encore plus éprouvant pour Emelie qu’il ne l’était pour moi. Son objectif premier était de vérifier si son frère Stan avait laissé un signe de vie quelconque à la ferme, où Emelie avait laissé un message à son intention. Lorsque je ne m’inquiétais pas pour moi-même, je me tourmentais à propos d’Emelie, ce qui me laissait peu de temps pour me reposer l’esprit. Je craignais plus que tout que les espoirs de mon amie se révèlent déçus. Elle avait vu tant des siens mourir à Sacramento que, comparées à mes propres appréhensions, les siennes devaient être aussi grandes que des gratte-ciels. Je lui souhaitais de tout cœur que ce voyage déborde de surprises positives, mais j’avais appris longtemps à toujours se préparer pour la pire des situations. Espérons que mes craintes se révèlent infondées…

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Dim 21 Mai - 23:05



« I FEAR THAT NO

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Chaleur. Soleil. Chaleur. Soleil. Et encore trop de chaleur. Rien que le chapeau sur ma tête me tient trop chaud alors je ne parle même pas du short en tissus et de ma chemise déchirée qui me donnent l'impression de porter une doudoune chauffante ou déjà chauffée. Le soleil en cette période est particulièrement dur à supporter et je plains encore plus mes deux chiens noirs couverts de poils. L'avantage de l'endroit où j'ai posé ma caravane, c'est que le lieux est couvert par des arbres hauts qui m'évitent le plein soleil. Seul mon jardin est ensoleillé. C'est tout de même plus pratique pour éviter de ne faire pousser que de la mousse et des conneries. D'ailleurs, c'est énorme comme j'ai pu augmenter mes récoltes depuis que Ian me donne fréquemment un coup de main. À deux on va plus vite, à deux on avance plus. D'accord, on consomme plus aussi, mais ce n'est rien comparé à tout le positif que sa présence m'apporte. Moi la louve un peu solitaire depuis quelques temps, je me retrouve des habitudes de vie commune. Je me vois m'attacher à lui, m'inquiéter plus que je ne le voulais.

Ouais parce que si à la base, le soir de nos retrouvailles, je trouvais que l'idée qu'on avait eu de se retrouver souvent et de passer du temps ensemble était une excellente idée, c'était sans compter un détail non négligeable. Le temps passé avec lui m'attache forcément à lui. Et qui dit attachement, dit risque. Émotionnellement c'est violent de passer de "à deux" à "seul", même si notre duo n'est pas permanent, même si l'on se voit épisodiquement, sporadiquement. Autant l'on peut passer plusieurs jours ensembles d'affilés pour s'occuper du coin et des ressources, autant on peut ne pas se croiser pendant bien plus d'une semaine. Pourtant, une partie de moi sait bien qu'une vie sans attache ne vaut pas la peine. Que si l'humanité doit repartir un jour dans une histoire de vivants dominants sur les crevés, il faudra qu'il y ait des attachements, des liens. L'humanité n'est pas ce qu'elle est sans respect, sans lien et sans amour. Je le sais. Mais une autre partie de moi sait à quel point ça fait mal de perdre quelqu'un a qui l'on tient. À quel point c'est douloureux au point même de se jurer de ne plus jamais s'attacher. Mais c'est la vie et la présence de Ian dans la mienne est une chance.

Une légère brise me rappelle au moment et je tourne mon visage en direction de mon compagnon de route que mes deux chiens encerclent. C'est un plaisir de voir que mes deux fauves se sont civilisés aussi bien avec lui et qu'il peut compter sur eux. Ils n'ont évidemment qu'un seul maitre et si Pinpin semble avoir compris que j'étais désormais moi sa maitresse, faute de la présence de Nono, Zorya et lui ont tout de même compris qu'ils n'avaient rien à craindre de Ian et qu'au contraire, il était plutôt cool. Je l'ai vu plus d'une fois caresser et jouer comme un gamin avec l'une des deux bête baveuse. C'est des boules d'énergies, malgré leurs années, dans leurs moments de folies quand nous sommes en lieux sûrs, ils courent partout, sautent, s'attaquent, se mordillent, tournent autour de vos jambes à vous en faire perdre l'équilibre et vous bavent allègrement sur le visage une fois à terre. J'ai retrouvé leurs moments de folies depuis que je suis à Yosemite. J'ai l'impression qu'ils s'y sentent en sûreté même s'ils restent sur leur gardent quand quelqu'un d'inconnu s'approche du campement.

Je ne compte plus le temps depuis lequel nous étions parti de Yosemite. Si le chemin est souvent animé par quelques brides de conversations, d'échanges d'astuce contre la chaleur, les crevés ou la fatigue, ça doit faire une bonne heure que le soleil nous coupe la parole. Si l'air est pesant, le silence ne l'est absolument pas et c'est sympathique de pouvoir se déplacer sans rien dire et sans pour autant être mal à l'aise de ce blanc. Nous marchons dans un champ exposé au soleil et je sens ma peau chauffer par les rayons. Une voiture aux fenêtres brisées et à la carrosserie partiellement abimée trône au milieu de cette étendue d'herbes folles. Comme endormie ici, abandonnée depuis sans doute quelques années à en voir comme la nature a repris ses droits sur le véhicule, Ian se sert de ce cadavre comme siège après y avoir posé son sac.

Je l'observe se détendre le dos et pose mon sac au sol. Je suppose que la carrosserie doit être chaude à cause du soleil et si lui a assez de tissus pour éviter un contact avec sa peau, ce n'est pas la longueur de mon short qui m'évitera cette gêne. Je préfère simplement me laisser tomber au sol, avec la délicatesse et la grâce d'un pingouin unijambiste certes. Et puis du coffre, il peut veiller sur l'horizon si jamais mes chiens n'entendent pas un bruit suspect. D'ailleurs les deux fauves viennent nous rejoindre rapidement et s'abritent à l'ombre, presque sous le véhicule. L'herbe doit y être fraiche ou du moins un peu moins chaude.

J'acquiesce d'un mouvement de tête en atterrissant par terre lorsqu'il me propose de faire une pause pour se rafraichir. C'est vrai que j'ai la bouche pâteuse et qu'une gorgée d'eau me ferai le plus grand bien. Je fouine dans mon sac à la recherche d'une gourde. J'avale plusieurs gorgées doucement, prenant soin de sentir l'eau glissée partout dans ma bouche. Douce sensation. C'est impressionnant comme l'on se rend compte du plaisir de petites choses bêtes comme celle ci, juste le fait de boire une eau propre, pas trop chaude, et sans goût infecte. C'est quelque chose que l'on faisait tous les jours, plusieurs fois par jours même avant l'apocalypse. Et pourtant, pas une seule fois je me suis sentie chanceuse de boire. Aujourd'hui, c'est bien différent, après avoir connu la galère pour trouver de l'eau potable, on voit les choses différemment.

Pinpin avance vers Ian et lui lance un regard affectueux. En général, il s'occupe plus de lui et moi de Zorya. Avant j'avais à ma charge les deux, maintenant quand je me déplace avec lui, on s'occupe un peu chacun d'un pour se répartir les poids. Il faut penser à les nourrir et à les hydrater. J'imite mon ami et fais doucement couler de l'eau dans la paume de ma main, tout de suite happée par Zorya qui en profite pour voler des caresses. Son pelage brulant me fait de la peine sans pour autant qu'elle ai l'air de souffrir le martyre.

Je me redresse en faisant craquer bruyamment mon dos, faute d'y arriver à le faire silencieusement. Quelques mouvements d'épaules à gauche, à droite, un semblant d'étirement qui sont sûrement devenus habituels pour Ian ne devant même plus entendre les craquements. Mon regard erre dans les alentours, étant un peu maladroite pour me diriger maintenant que je dois me passer de GPS, je suis soulagée de voyager avec Ian. Depuis mon départ de la ferme, je ne suis plus revenue dans le coin de Sacramento, errant avec Samuel jusqu'à Yosemite. Ça me fait un peu étrange de reconnaitre les environs.

Je me perds dans mes pensées, dans mes souvenirs, sentant le poids de mes boulets me tirer vers le bas, Nostalgie se hisse sur l'une de mes épaule alors que l'autre est prise d'assaut par Manque qui n'hésite pas à me peser sur le coeur. Le regard de Ian agrippe le mien et je ne sais pas s'il a su lire dans mes yeux ce qui se passe au fond de moi, mais il me sort de mon silence avec une question bien venue. J'y pensais sans y penser.

« - Je suis tellement curieuse de savoir si Stan a laissé un mot, j'ai peur d'être déçu. Si je ne sais pas, je peux toujours me rassurer en me disant qu'il l'a fait. Si j'y passe et que j'y trouve encore ma lettre, je crois que je n'arriverai plus à me bercer d'espoirs aussi faux soit-il... »

Je me rends compte que j'ai pensé à voix haute, l'habitude d'être seule sûrement. Un pincement au coeur et les yeux humides, je tourne le dos à mon compagnon de voyage pour cacher cette expression. Si je n'ai aucune pudeur physique, s'il peut me voir en topless ou en train de m'habiller, j'ai une certaine pudeur par rapport à mes sentiments et à tout ce que je ressens, surtout quand cela est profond et négatif. Je laisse couler quelques secondes et me retourne vers lui. De toute façon, je sais que s'il y a bien quelqu'un avec qui je peux me laisser aller niveau confidence, c'est bien lui.

Je lui adresse un sourire maladroit, un peu celui d'une petite fille perdue. Il sait que sous ma coquille de Sportive coriace, il y a une gamine un peu paumée, beaucoup apeurée par ce qu'il se passe, complètement noyée d'espoir et d'envie de croire qu'un jour tout pourrait aller mieux. Mon regard attrape le sien avant de rependre la parole d'une voix moins chuchotée. « - Tu rentres à la ferme avec moi hein ? »

Je sais qu'elle n'est pas loin, si je reconnais les alentours, c'est qu'elle ne doit pas être à plus d'un ou deux kilomètres de nous. Si mes souvenirs ne me trompent pas, la ferme de Nono et ma maison se trouvent derrière la petite forêt que l'on voit à notre droite. D'un geste rapide, je me penche pour rattraper mon sac et le fixe dans mon dos. Il est lourd de provisions, si le fait de porter longtemps du lourd me faisait souvent râler avant, aujourd'hui c'est un luxe dont je ne me lasse pas.

Ensemble, nous reprenons la route jusqu'à la ferme.


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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Sam 27 Mai - 4:06


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

La réponse de mon amie me confirma qu’elle n’était pas encore fixée quand la prochaine étape du trajet. Elle se murmurait à elle-même, essayant de faire le tri de son esprit en exprimant à voix haute les idées contradictoires qui fusaient dans sa tête. Lorsqu’Emelie se détourna, visiblement en proie à toute sorte de tiraillements, je quittai le capot de la voiture pour m’approcher. Je figeai toutefois à quelques mètres d’elle, incapable de me décider quant à ma prochaine action. Je savais Emelie fière et le fait qu’elle se soit retournée vers l’horizon était un signe qu’elle ne voulait pas être vue ainsi, à la merci de ses émotions. Néanmoins, je savais aussi ce qu’elle pouvait ressentir en ce moment même et j’aurais voulu pouvoir lui dire que je la comprenais, qu’il n’y avait pas de bonne façon de réagir à ce qu’elle vivait. Décidant de lui laisser le temps de se reprendre, je m’accroupi pour caresser la tête de Pinpin, qui ne pouvait pas détourner les yeux de sa maîtresse. Lorsqu’Emelie me fit face de nouveau, le choix avait été fait, puisqu’elle me demanda si j’allais entrer avec elle dans la ferme. « Bien sûr que je viens avec toi. Je l’aurais fait même si tu m’avais ordonné de rester dehors. » Je lui offris un sourire, un vrai, le premier que j’étais en mesure de produire aujourd’hui. Comme l’air qui paraît moins lourd après la tempête, le fait que mon amie ait exprimé ses craintes me libérait d’une certaine pression. Le sujet difficile avait été abordé.

On pourrait croire qu’Emelie et moi vivions dans une constante ambiance sombre, pourchassés par notre passé, par les deuils inachevés et par la mélancolie. Il était bien vrai qu’elle et moi avions eu notre dose de souffrances et que nous avions une facilité à nous confier à l’autre, mais la donne avait changé depuis que nous nous étions retrouvés dans la zone marchande du parc. Durant mes visites, j’avais peu à peu redécouvert l’autre Emelie, celle qui riait plus et qui espérait encore une vie heureuse malgré notre monde inhospitalier. De mon côté, dès que je posais les pieds dans l’enceinte de Yosemite, je laissais derrière moi mes habitudes d’ermite et la crainte qui me collait comme une ombre. À chaque arrêt, je réapprenais à côtoyer une personne autre que la mienne et je réalisais à quel point cela m’avait manqué. Lorsque je voyageais avec ma sœur, la situation n’était aucunement comparable. Nous n’arrivions tout simplement pas à nous entendre ou à être cordial l’un envers l’autre. Avec Emelie, c’était tout le contraire. Je me sentais revenu une douzaine d’années en arrière quand nous étions camarades de classes et que nous n’avions d’autres soucis que les examens de fin d’année. Alors que j’avais toujours apprécié ma liberté de mouvement, mes périples à l’extérieur me semblaient maintenant une obligation. Je quittais le parc en traînant les pieds, un arrière-goût de déception en bouche, mais je revenais toujours à grandes foulées dès que j’avais trouvé de quoi subsister pour quelques jours.

Laissant la voiture derrière nous, comme ses anciens occupants l’avait fait bien avant, nous poursuivîmes jusqu’à ce que la route se sépare en deux, tout juste après un bosquet d’arbres. Je n’étais jamais venu ici, mais Emelie m’avait indiqué le chemin sur la carte et je pris le bon embranchement sans aucune indication de sa part. Arpenter ce chemin m’était étrange. J’avais tenté de visualiser tant de fois cette scène pour me préparer, mais rien ne ressemblait à ce que j’avais pu m’imaginer. Pour moi, le choc du retour à la maison se ferait plus tard, alors que mon amie devait être au centre de la tornade en ce moment même. Je lui jetai un regard, voulant m’assurer qu’elle allait bien. Bien vite, un bâtiment se détacha au loin et je pu observer la ferme qu’on m’avait tant de fois décrite. J’essayais de discerner des signes d’habitation, mais j’étais encore trop éloigné pour le faire. De plus, ces soi-disant signes pouvaient être trompeurs. Beaucoup de demeures à l’allure habitées étaient en réalité vides. Leurs occupants avaient quitté les lieux lorsque la faim et la soif s’étaient pointé le bout du nez, ou encore avaient été décimés par des pillards qui avaient justement remarqué la lumière aux fenêtres. D’autres résidences pouvaient passer pour des ruines abandonnées, mais leurs façades cachaient habilement des réserves entassées ainsi que les nombreux moyens de protections mis en place pour les préserver. La seule preuve dont nous avions besoin, c’était du mot de Stan dans la cuisine. Mieux encore, Stan en personne.

Je jetai un coup d’œil aux chiens, mais aucun des deux ne semblait avoir repéré quoi que ce soit avant nous. Ou si c’était le cas, ils nous gardaient la surprise. Je remarquai toutefois que les deux bêtes battaient de la queue, ayant reconnu notre destination à n’en point douter. Pour ma part, je n’étais pas aussi heureux que les deux canidés, plutôt rongé par l’angoisse. Bientôt, nos pas menèrent jusqu’à l’allée de la maison et je me tournai vers mon amie. « Tu es prête ? On peut attendre quelques minutes si tu préfères. » Je ressentais l’étrange besoin de jouer le rôle de support, malgré mes compétences sociales émoussées. M’imaginer ainsi me paraissait ridicule; Emelie était la personne la plus forte que je connaissais et de plus, j’offrais une vision peu réconfortante avec mon apparence. J’étais frêle, blême et osseux. Je faisais toutefois de mon mieux pour que mon amie sache que quelqu’un se souciait d’elle alors qu’elle-même se tracassait à propos de Stan. Je ne pouvais pas faire en sorte que son frère apparaisse comme par magie devant nous, ou qu’un mot de sa main accompagne celui d’Emelie sur la table de la cuisine. Tout ce que j’étais en mesure d’offrir, c’était une présence à ses côtés, malgré mes lacunes et mes failles.


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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Lun 29 Mai - 21:12



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Sa réponse suivie d'un sourire sincère me met un baume au coeur. C'est à coup sûre la seule personne avec qui je me sens capable de faire ce chemin là, ce détour par la ferme et ma maison. Et sa réplique par rapport au fait que même si je lui avais demandé de rester dehors, il m'aurai accompagné me fait sourire à mon tour. C'est un étrange sentiment que de sentir au bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne. Évidemment, si je m'y penche un peu, je vais vous dire que pour le « bon endroit », un champ en plein soleil n'est pas l'idéal, que comme « bon moment », l'apocalypse et les conditions de vies actuelles ne sont pas merveilleuses, et que si on approfondi un peu la « bonne personne », malgré que je n'échangerai ma place auprès de Ian pour rien au monde, il y a quelques personnes que j'aimerai voir auprès de nous. À commencer par Stan, je meurs intérieurement de ne pas savoir où il se trouve et comment il va. Ensuite Nono évidemment, même si je pense que la route et l'abandon de la ferme aurait été la goutte d'eau qui aurai fait déborder son vase déjà bien trop souvent remplit. S'il avait su sans soucis s'adapter aux nouvelles conditions face auxquelles nous devions faire face, je pense que le fait d'avoir sa ferme et ses habitudes quotidiennes étaient les choses qui le faisaient tenir en plus de notre présence. Je pense aussi à mes parents évidemment, et à la soeur de Ian. Même si je ne la porte pas dans mon coeur, je sais le sentiment atroce que peuvent procurer les questions autour de la disparition d'un proche. Le pire n'étant pas tant le manque, le pire c'est surtout de ne pas savoir.

La tête encore loin dans mes pensées, nous abandonnons la carcasse de voiture là où elle se trouve pour reprendre la direction de la ferme. J'essaie de ne pas trop regarder autour de moi, d'éviter la vague de souvenir qui pourrait m'envahir violemment. J'appréhende déjà le moment où nous mettrons les pieds dans la ferme, ou juste dans le chemin conduisant à la ferme, alors si je peux éviter d'accumuler trop de boulets jusque là...

Mon regard se balade sur Ian, plus grand que moi, marchant avec un pas d'avance par rapport à moi. Ça m'évite d'observer les alentours et je détaille ce visage qui m'est tant familier. Je ne crois pas qu'il soit déjà venu nous voir à la ferme, nos parents étant amis, il n'avait aucune raison de se rendre chez Nono. Je vois ses sourcils se froncer et son regard ne quitte pas la ferme. Une question rapide me traverse l'esprit et mes deux yeux filent en direction des fenêtres de chez Nono. Et si la ferme était squatté ? Étrangement, cette possibilité ne me fit pas grincer des dents mais au contraire, me souffle un sentiment de soulagement. Si elle a été ou est squatté, si des squatteurs sont arrivés entre mon départ et un éventuel retour de Stan, ceci expliquerai totalement pourquoi je ne retrouverai pas forcément de mots sur la table. Voilà, donc s'il n'y a pas de lettres, je peux toujours conclure que quelqu'un s'en est servi comme allume barbecue ou quelque chose du genre...

Je sais très bien que ma théorie n'est qu'à moitié (même pas) crédible, mais s'il vous plait laissez moi y croire, j'ai tant besoin de me raccrocher à quelque chose, à un espoir.

Mon regard suivi ensuite mes deux fauves qui remuaient la queue. C'est vrai que depuis l'arrivée de Ian dans nos vies, ils retrouvaient leurs moments de folie. Là je pense que c'est surtout le fait qu'ils reconnaissent l'endroit où ils ont grandi. Je me demande s'ils comprennent que c'est différent, que ce n'est plus pareil du tout, au contraire, presque même que plus rien n'est comme avant si ce n'est la fondation de la maison.

Étrangement les fauves ne courent pas, sûrement à cause de la chaleur. Ils nous encadrent, Pinpin aux côtés de Ian et Zorya à ma gauche. Ils trottinent légèrement devant prêt à grogner pour nous prévenir d'un éventuel danger. Je jette un regard derrière nous pour être sûre que personne ne nous suit, qu'une horde ne s'est pas formée de là où nous sommes sortis... J'ai encore en souvenir l'énorme horde qui m'a forcé à quitter la ferme aux côtés de Samuel, mon compagnon de route pendant de longs mois...

C'est sans vraiment m'en rendre compte que nous étions arrivés sur le pas de la porte. J'observe Ian devant moi, j'ai l'impression que si je le fixe, ce qu'il y a autour de nous sera moins vrai, plus faux, moins réel, plus imaginaire... Faut que je me secoue. Je soupire un instant alors que mon ami me propose d'attendre quelques minutes.

Je secoue la tête et lui adresse un regard de petite fille apeurée sans arriver à lui lancer un regard de "femme forte et sûre d'elle, qui ne craint rien, qui sait que tout va bien se passer et qui est sûre de tenir bon." Non rien du tout, moi je ne suis ni sûre que tout se passe bien ni sûre que je vais tenir. Enfin par rapport à tenir, j'ai pas trop le choix, la question ne se pose pas trop, je n'ai pas survécu aussi longtemps pour me tirer une balle maintenant.

« - Je crois que si je n'y vais pas maintenant, je n'irai jamais. On y va ? »

J'attrape avec deux doigts l'index de Ian et je pousse la porte déverrouillée. Si je ne suis pas du genre à tenir la main de mes proches, j'ai souvent le réflexe de m'accrocher à son petit doigt, à son index ou à son poignet pour me rassurer. Ce simple contact me procure un sentiment apaisant en moi et si je cherche à penser à autre chose qu'à ce qui se passe autour de moi, j'essaie de me concentrer sur sa peau contre la mienne ou son battement cardiaque que je sens taper sur mon doigt. Ce n'est pas le moment d'y penser, mais au moment de prendre son doigt entre les miens et de franchir la porte, je ressens ce petit pincement au coeur qu'il me fait souvent. Je ne sais pas dire si je suis attirée par lui, je tiens à Ian c'est clair et net, mais l'ambiguïté qu'il y a derrière notre relation me fait souvent un effet bizarre. Je mets souvent ça sur le compte de notre proximité habituelle sans m'y pencher plus longtemps.

Je me fais violence pour penser à ce sur quoi je vais tomber plutôt qu'à ce que je ressens. « J'avais laissé un mot dans la salle à manger et à l'étage... »

Je lui parle autant pour le tenir au courant que pour m'occuper l'esprit. Nous entrons dans le couloir et la salle à manger est à notre droite. Je n'ai pas à pousser la porte, Zorya s'en charge pour moi puisque celle ci est entrouverte. Pas de grognement ni de bruits, nous entrons sans crainte, je sens mon coeur battre fort dans ma poitrine. Comme je m'y attendais, la lettre que j'avais accroché n'y est plus. Cela peut autant venir de Stan l'ayant gardé en souvenir que des squatteurs l'ayant arrachés... Je me retourne vers Ian après avoir inspecté les alentours de la pièce.

«- Ma lettre n'est plus là... C'est bizarre la maison ne semble pas trop dégradée comparé à certaines maisons squattées et re squattées. »


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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Mar 30 Mai - 23:40


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

Je m’étais presque attendu à ce qu’Emelie accepte ma proposition de pause, à voir le regard qu’elle m’avait jeté, comme quelqu’un qui se préparait à sauter en bungee sans savoir s’il y avait bien un élastique d’attaché à sa cheville. Néanmoins, mon amie avait décidé d’employer la méthode du sparadrap. Plus on prend de précaution en l’enlevant et plus cela fait mal. Pour en finir sans trop souffrir, il faut tirer un bon coup. Emelie m’empoigna l’index et me traina à l’intérieur de la ferme sans attendre ma réponse, décidée à mettre fin aux questionnements. Il s’agissait d’une de ses manies, d’attraper comme ça les doigts des gens, une poignée de main secrète de son cru. C’était le genre de choses que j’appréciais chez les autres, leurs petites signatures, ces gestes qui les rendaient reconnaissables. Les styles vestimentaires évoluaient, les coupes de cheveux changeaient, les silhouettes fluctuaient, mais pas les ongles rongés, les lunettes remontées sur le nez ni la langue tirée sous le coup de la concentration. D’une certaine façon, je trouvais même cela touchant. J’avais l’impression qu’il s’agissait de la vraie Emelie qui me tirait derrière elle, celle qui admettait sa vulnérabilité parce qu’elle savait que je ne la considérerais pas comme faible pour autant. En y réfléchissant, peut-être n’agrippait-elle que le doigt et non la main toute entière parce qu’elle n’avait besoin que d’une petite dose de courage externe pour continuer à avancer.

Zorya nous indiqua le chemin à suivre vers la cuisine. Dès que je traversai le cadre de la porte, je jetai mon regard sur toutes les surfaces à la recherche du mot d’Emelie, mais je réalisai vite que le mieux est de poser les yeux au même endroit que ceux de mon amie. Nulle part dans cette cuisine je ne voyais de bout de papier. Je me sentis plus léger, comme si on avait coupé la chaîne qui me reliait à cette ancre nommée anxiété. Stan était passé par la ferme ! Il y avait de quoi se réjouir, même si nous ne l’avions pas encore devant nous. J’offris un sourire à ma camarade dès que nos yeux se rencontrèrent de nouveau, mais je ne la vis pas sauter de joie. Le commentaire d’Emelie me laissa quelque peu perplexe, je n’en compris pas tout de suite le sens. Elle voulait s’assurer que la lettre n’était plus là parce que son destinataire était venu la chercher et non un étranger quelconque ayant décidé de donner de faux espoirs à l’expéditrice. Je détournai mon regard de celui de mon amie pour inspecter les environs. Il y avait une bonne couche de poussière sur toutes les surfaces, quelques toiles d’araignées dans les coins, mais les seules traces de pas récentes étaient les nôtres ainsi que celles de Zorya et Pinpin. Si des gens étaient passés par ici, leur séjour datait. « Je ne crois pas qu’elle ait été squattée récemment. Peut-être par quelques bestioles, mais à mon avis nous sommes les premiers humains à entrer ici depuis des lustres. »

Peut-être me suis-je trop empressé. Après tout, une lettre avait disparu, mais nous n’en avions pas trouvé d’autre pour nous prouver qu’elle avait bien été lue par Stan. Je m’étais tellement attendu au pire que je tirais des conclusions du moindre signe un tant soit peu positif. Toutefois, une chose était sûre : Emelie avait laissé deux missives. « Allons jeter un coup d’œil à l’étage. Du même coup, tu pourrais peut-être aller vérifier la chambre de Stan. S’il est revenu, il est peut-être reparti avec un quelconque objet significatif. Comme ça, on saura que c’est lui qui est passé et non quelqu’un qui cherchait des trucs de valeur. » Je trouvais que ma façon de présenter les choses manquait un peu de tact (personne n’aime penser que sa demeure avait été cambriolée, quand bien même on l’avait désertée), mais je ne voyais pas comment l’expliquer autrement. N’importe qui pouvait repartir avec l’alcool, les médicaments, les armes… Bref, avec tout ce qui se troquait ou s’utilisait. Par contre, les albums photos, les vieilles peluches, les bijoux familiaux… Tout cela avait une valeur sentimentale et non utilitaire. Si Emelie voulait s’assurer que la lettre était bien dans les mains de Stan, il s’agissait d’un autre moyen d’appuyer nos hypothèses. Dans cette histoire, nous avions plutôt fait face à des absences de preuves. Nous avions maintenant besoin de quelque chose de concret, de signes qui ne trompaient pas et qui laissaient l’interprétation au vestiaire. Si j’avais su où se trouvaient les escaliers, j’aurais moi-même mené le pas, mais j’attendis plutôt qu’Emelie prenne les devants.

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Mar 13 Juin - 13:51



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Ian confirme ce que je pense par rapport au fait que la maison n'a pas du être squattée dernièrement. En même temps je crois que cela me ferai spécialement bizarre de croiser des nouveaux habitants à l'intérieur. Que ce soit un couple de squatteurs ou une famille à la recherche d'un abris pour l'été, j'ai du mal à me dire que la maison de Nono et la mienne pourraient ne plus nous appartenir... Alors que c'est complètement stupide, ça fait des lustres que le mot "propriété privée" n'est qu'un vague souvenir dans la tête des gens. Aujourd'hui si tu ne te bats pas pour ce que tu as décidé d'être à toi, tu peux toujours courir pour espérer que justice soit faite d'une quelconque manière. C'est clairement la loi du plus fort.

Un pincement au coeur étrange lorsque mes yeux s'arrêtent sur une immense toile d'araignée. Nono s'appliquait tellement à ce que la maison soit propre qu'instinctivement j'ai envie de prendre quelque chose pour que ce bâtiment redevienne celui que j'ai connu. Mais je n'ai ni le coeur ni le temps pour ça. J'inspire silencieusement, doucement alors que Zorya remue la queue en posant son fessier au sol.

Je me perds encore dans mes pensées et dans mes souvenirs alors que ma chienne vient me voler des caresses en glissant sa tête dans ma main. Machinalement je gratte ses poils courts et sombres alors que je revois des scènes de mon enfance qui se sont passées ici. Je sais que Ian ne va pas tarder à reprendre la parole, il doit sentir que j'ai besoin de lui pour me secouer un peu, instinctivement je serai presque capable de rester ici plusieurs heures si ce n'est plusieurs jours mais je sais au fond de moi que ce n'est pas une bonne idée. La ferme n'est pas un lieu spécialement ni sûre ni contre les crevés ni contre les humains.

Et son intervention ne se fit pas attendre. Quelques minutes même pas après sa dernière phrase, il me lance une proposition pas bête du tout. Je me retourne vers lui et pendant quelques instants j'ai l'impression que mon ami semble contrarié sur sa façon de présenter les choses, comme s'il cherche à reformuler sa phrase ou je ne sais quoi. J'hoche la tête et un léger sourire animé par l'espoir se dessine sur mes lèvres. Je connais Stan comme si je l'avais fait, le fait qu'il soit plus jeune que moi et que je l'ai vu grandir aide particulièrement à le connaître aussi bien puisque je l'ai vu pousser et s'affirmer d'années en années. Je connais aussi sa chambre et ses petits trucs portes bonheur. C'est une idée à laquelle je n'avais pas pensé.

« - Eh c'est carrément bien vu... Sa chambre est à l'étage, s'il est repassé par là je suis prête à parier qu'il ne serai pas reparti sans au moins deux ou trois objets porte bonheur... »

Je rattrape machinalement Ian, attrapant cette fois ci deux doigts et non pas qu'un. Comme si plus l'on s'avançait dans la maison et plus j'avais besoin d'une plus grande dose de courage et de soutien. Étrangement, ce simple contact suffisait à me rassurer et à me donner la motivation de me glisser entre Ian et la porte pour prendre la direction de l'étage d'un pas déterminé. Mes yeux voltigent d'un meuble à l'autre croisant encore et encore les fantômes du passé qui rient et sourient aux quatre coins des pièces. Zorya est passée devant moi alors que Pinpin suit Ian plus doucement. Je me demande ce que je ferai sans sa présence, est-ce que j'aurai osé m'aventurer ici, est-ce que j'aurai eu le courage ? Est-ce que mon côté pessimiste n'aurai pas pris le dessus après ne pas avoir trouvé de mot dans la cuisine ? Je serre silencieusement les deux doigts de mon ami dans ma main et prends la première porte à droite.

J'avais scotché le mot sur son miroir au milieu de son armoire à sa hauteur (donc haut), il n'en reste qu'un morceau de scotch. Je fronce les sourcils.

« - le mot était sous ce scotch tiens... Le connaissant, il ne serai pas parti sans... »  

Je parle à moitié à moi même, à moitié à Ian pour le tenir au courant. Connaissant Stan, je sais qu'il aurai emporté le sac de survie qu'il entreposait dans sa chambre au cas ou. C'était une idée de Nono que chacun de nous ai au moins un sac prêt à attraper et à fuir. Je m'avance à côté du lit et regarde à côté de la table de nuit, rien si ce n'est de la poussière.

« - Son sac de survie mais ça ne compte pas, n'importe quel passant aurai pu le prendre sachant qu'il y avait des vêtements, des médicaments, de la nourriture et une arme... Sinon... »

Mes yeux errent dans la pièce, je croise le regard de Ian. Au dessus de son bureau, sur la plus haute étagère, mon frère avait une petite peluche qui était un de mes doudous et qu'il s'était accaparé comme doudou lui même. C'est juste un petit nounours gris, mais malgré qu'à partir de ses 14 ans, il ai fait son homme a dire qu'il n'avait plus besoin de doudou, le jour où j'ai voulu lui faire peur en lui disant que je l'avais donné, il m'avait sévèrement fait la tête. Je me hisse sur la chaise pour apercevoir au dessus de la couche de poussière presque aussi épaisse que la fine étagère. Des papiers, des boulettes de papiers, encore de la paperasses, des classeurs mais plus la peluche. Soulagement.

« - Son doudou n'est plus là, un doudou ça ne se vole pas hein ? »

Je redescends de mon perchoir et croise le regard de Ian en attendant une réponse même si je suis casi sure qu'il ne contredira pas ça... Qui pourrait collectionner les peluches ?

Le dernier objet est dans la chambre de Nono, un cadre de nous trois avec nos trois chiens que Stan adorait. J'emporte mon ami de voyage avec moi et traverse le couloir pour ouvrir la porte. C'est dingue comme la maison est silencieuse. Et là, une fois de plus, là où le cadre était (caché dans l'armoire pour être sûre qu'il ne tombe pas), il n'est plus.

« - le cadre photo souvenir n'y est plus non plus... »

C'est un peu le déluge de pensées dans ma tête à ce moment là.


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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Mer 14 Juin - 23:42


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

Ce n’est pas un, mais deux doigts qu’Emelie attrapa avant de me guider à l’étage. L’épreuve devait être plus éprouvante, peut-être parce que tous nos moyens de déductions seraient épuisés après cette ultime recherche. Les chiens nous encadraient tandis que nous grimpions les escaliers, encore attitrés à notre protection bien que la ferme fut vide de toute présence autre que la nôtre. En nous dirigeant vers la chambre de Stan, je jetais des coups d’œil aux autres portes à proximité, cherchant à entrevoir une seconde la chambre d’Emelie dans un élan de curiosité. J’avais partagé la caravane de la jeune femme de nombreuses fois déjà, je savais pratiquement tout du mode de vie d’Emelie. Toutefois, je voulais en savoir plus sur l’Emelie début-vingtaine qui vivait ici, avant que sa vie ne bascule. Avait-elle des affiches sur ses murs ? De quels groupes musicaux, de quels athlètes ? Quelle était la couleur de la pièce ? Je n’eus toutefois pas le loisir d’étancher ma curiosité. Mon amie se figea devant le miroir sur lequel trônait un morceau de papier collant solitaire. Je n’eus pas besoin des précisions d’Emelie pour savoir que la lettre s’y était trouvée. Nous avions donc deux lettres disparues, je ne pouvais pas croire à une coïncidence ni à un geste mal intentionné d’un squatteur. Tout le monde avait perdu quelqu’un, personne n’irait donc donner de faux espoirs à un pur inconnu pour le simple plaisir de jouer avec ses sentiments. Il fallait être un parfait psychopathe pour agir ainsi, et de toute façon ce geste rapportait trop peu. Le seul qui voyait à quel point mon amie était torturée en ce moment, c’était moi.

Je restais en retraits tandis qu’Emelie furetait dans tous les recoins à la recherche d’objets disparus. Effectivement, le sac de voyage ne comptait pas, mais le doudou c’était une autre paire de manche. Il n’y avait pratiquement plus d’enfants encore en vie aujourd’hui, et puis il y avait tellement de magasins de jouets complètements abandonnés qui débordaient de peluches plus neuves, plus attrayantes qu’un vieil ourson qui accumulait la poussière sur une étagère. Je hochai la tête lorsqu’Emelie croisa mon regard à la recherche d’approbation. J’avais presque mal de la voir ainsi chercher sans que je ne puisse rien faire, car je voyais à quel point elle avait besoin de réponses claires, tranchés, sans zones grises. Je la suivi hors de la pièce vers la chambre de son grand-père pour y découvrir qu’une photo de famille avait été emportée. Encore une fois, je ne pouvais pas croire qu’il s’agissait de quelqu’un d’autre que Stan. Je voulais le dire à Emelie, faire preuve d’un peu de positivismes au centre de toutes ces incertitudes, mais le côté plus négatif de ma personne pris le dessus. Si Stan savait qu’Emelie était toujours en vie et qu’elle avait quitté la ferme, pourquoi ne l’avait-il pas retrouvée encore ? Contrairement à ma sœur, Emelie restait plus ou moins fixée à Yosemite, elle était donc plus facile à rejoindre. Je secouai la tête pour me forcer à retrouver mes esprits. Était-ce l’air de la pièce, tous les souvenirs qui y flottaient, qui me faisaient penser ainsi ? Je ne pouvais pas me permettre ces réflexions, surtout pas avec une Emelie qui ne savait visiblement pas sur quel pied danser.

Cette fois, ce fut moi qui lui attrapai la main. « Viens avec moi, je crois qu’il nous faut un peu d’air frais. » Je la guidai jusqu’à la porte d’entrée et je ne la relâchai qu’une fois hors de la ferme. Durant ce court trajet, j’avais enfin fixé mes pensées et je les exposai à Emelie autant qu’à moi-même, dans l’espoir qu’une fois hors de ma bouche mes mots prennent une forme tangible et inébranlable : « Je ne peux pas imaginer que quelqu’un prenne les deux lettres ainsi que tous ces objets personnels sans que ce soit ton frère. Tu l’as vu comme moi, la ferme n’a pas dû abriter grand monde suite à ta fuite, donc je suis sûr que si quelqu’un est passé par là, c’est Stan et personne d’autre. » J’essayais de rendre ma voix plus affirmée, plus grave, plus solide que d’ordinaire. Je ressentais toujours une certaine nervosité, mais je devais la faire taire. Je ne pouvais pas être parfait dans cette situation, je ne pouvais que faire de mon mieux pour apaiser Emelie. À ce moment précis, je croyais que de rester à la ferme lui faisait plus de mal que de bien, qu’elle avait besoin d’un peu de recul pour assimiler l’information. « Que dirais-tu de continuer notre route ? À mon avis, nous ne trouverons rien de plus comme réponse. On pourra toujours repasser en revenant si tu veux récupérer un truc ou rester encore un peu. » D’habitude, je recommandais un esprit clair et apaisé pour l’exploration en zone infestée, mais je pensais que dans ce cas précis, le fait de se concentrer sur notre discrétion et notre survie occuperait suffisamment le cerveau d’Emelie pour, que petit à petit, le tri se fasse en arrière-plan dans sa tête. Je ressentais une boule dans ma gorge à l’idée d’enfin poser les pieds dans Sacramento, mais je me rappelai que je n’étais pas celui qui vivait la pire situation en ce moment.

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Jeu 15 Juin - 0:22



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Malgré le fait que ce ne soit pas la première fois que j'ai l'impression que des souvenirs peuvent être réellement pesant, comme un poids mort sur mes épaules, aujourd'hui et dans cette pièce, cette sensation est indiscutable. J'ai réellement le sentiment que les bons moments, les mauvais, les éclats de rires, les disputes, les sourires, les discussions tard le soir et tôt le matin, que toute notre vie commune est actuellement en train de tourner autour de moi. Je revois Stan, j'entends encore Nono, je sens le souffle de mon père, puis le rire de ma mère me percute, je discerne parfaitement la cavalcade des trois chiens dévalant l'escalier pour rejoindre le jardin... Des odeurs se bousculent, des sons, je me sens mal, j'étouffe clairement.

J'ai l'impression d'avoir le souffle court mais pour autant ma respiration ne s'accélère pas. Si ce n'est mes yeux qui fuient d'un point à un autre. J'ai envie de me serrer en boule dans un coin de la pièce et de disparaitre, de courir très vite et de remonter le temps. La gamine qui est en moi prend le dessus j'ai l'impression et même si je sais que revenir dans le passé est complètement impossible et inimaginable, j'ai du mal à me secouer en tant qu'adulte pour me bouger et quitter la pièce. J'ai le sentiment que ma famille va débarquer, que le chien de Stan va venir sauter sur Zorya et me lécher la main alors que mon frère me soulèverait dans ses bras en sachant que je râlerai immédiatement.

Un voile humide flotte sur mes yeux et floute ma vision. J'essaie de ne pas cligner des yeux pour éviter une éruption lacrymale incontrôlée même si ce serai loin d'être la première fois que Ian me voit pleurer, c'est toujours quelque chose qui me gêne. Petit à petit, je fais tomber mes barrières avec lui et je sens que c'est réciproque. Mais pour autant, j'ai du mal à lui dire que je tiens à lui, qu'il est important pour moi. Et par la même occasion, me mettre à nue et me laisser pleurer de cette façon face à lui est encore quelque chose qui me dérange. Ceci dit, même devant Nono j'avais cette fierté à la con et j'ai toujours essayé de cacher mes larmes et ma tristesse.

La main de mon ami vient attraper la mienne et avant que je n'ai le temps de dire quoi que ce soit, je sens sa force emporter mon corps vers la porte de sortie. Je perds légèrement l'équilibre et le suis instinctivement, mes yeux restant aussi longtemps que possible dans la pièce, fixant la tapisserie de mon grand père. Les fauves reprennent place autour de nous et je serre les doigts de Ian entre les miens, il a dit quelques mots mais j'étais trop loin dans mes pensées pour comprendre quelque chose de clair.

De toute façon, son réflexe de me sortir de là était une bonne idée. Bien sûr, s'il m'avait demandé mon avis, j'aurai dit non et aurai insisté pour faire le tour des autres pièces, émiettant un peu plus à chaque pas l'espoir de retrouver mon frère. Pourtant quand j'y pense, les nouvelles sont positives, je crois... Ou est-ce moi qui suis trop optimiste et qui me voile la face ? Je sais que Ian est plutôt du genre négatif, mais dans tous les cas il est honnête. Et puis, il a beau se dire pessimiste, je sais que malgré tout il nourrit l'espoir de retrouver sa soeur tout comme moi et mon frère.

Il prend la parole et je ne le quitte pas des yeux autant pour éviter de me perdre dans d'autres gouffres du passés que pour être sûre de comprendre ce qu'il me dit. J'ai déjà loupé la première phrase alors j'aimerai écouter le reste. Ian relate les faits, pour lui, c'est sûr que Stan est passé par ici. J'aimerai le croire mais une petite voix au fond de moi ne peut s'empêcher de penser que peut-être... Et si c'était pas lui ? Et si quelqu'un avait arraché les lettres ? Et si un enfant avait trouvé sa peluche ? Et si la photo était juste perdue... Mes yeux tombent sur le tatouage à mon poignet, justement, ces 4 lettres sont tatouées ici depuis des années maintenant... "Et si"... Normalement je positivais avec cette phrase, mais aujourd'hui elle me terrifie.

Ian semble sûr de lui ce qui me met un baume au coeur. Je sens dans sa voix la possibilité que peut-être, éventuellement, il puisse se tromper, mais lorsqu'ils listent les arguments, j'ai envie de le croire. J'inspire profondément autant pour faire partir ce nuage de larmes qui flottaient devant mes pupilles que pour dégager cette sensation de poids pesant sur mes poumons. La présence de mon ami me rassure tellement. Je ne sais pas où j'en serai sans lui et ses paroles, c'est dingue cette façon qu'il a eu de prendre autant de place dans mon quotidien moi qui ne pensais pas donner à nouveau autant d'affection à quelqu'un à l'heure actuelle...

Lorsqu'il me propose de continuer notre route, j'ai une seconde d'hésitation avant d'hocher la tête de haut en bas. Il a totalement raison. J'ai besoin de m'éloigner un peu pour retrouver mes esprits. Je n'ai toujours pas lâché sa main et même si habituellement, nous ne sommes pas spécialement tactile, là je ne me sens pas assez courageuse pour lâcher cette petite pression continue mais tellement rassurante. J'ai besoin d'être rassurée, aussi dur que ce soit à avouer. J'aimerai qu'il puisse me dire que tout va bien se passer, mais ni lui ni moi n'en savons rien...

Je lève les yeux dans le ciel et observe la position du soleil. Midi doit être passé depuis un moment, je crois que Ian possède encore une montre qui fonctionne... Dans tout les cas, je suis partante pour quitter la ferme au moins aujourd'hui.

« - Faut pas oublier de trouver un endroit où dormir ce soir, il y a un village pas loin qui nous sépare de Sacramento... Tu as un endroit où tu voudrais aller toi ? »  

L'avantage c'est qu'à force de passer du temps ensemble autant sur les routes que à Yosemite, nous nous étions fait au comportement de l'autre. Alors pour combattre, nous faisions une paire particulièrement efficace. Et c'est quelque chose de particulièrement rassurant que d'avoir confiance en notre partenaire surtout lorsque nous entrerions dans une ville aussi peuplée que Sacramento. Risquant autant de croiser des crevés que des vivants, savoir que quelqu'un couvrait nos arrières nous permettait de développer des stratégies de déplacements efficaces...

Malgré le fait que j'occupe mon esprit en pensant à l'endroit vers lequel nous allons nous diriger et ce que nous allons faire, un partie de moi ne peut s'empêcher de penser à Stan et à l'espoir de tomber sur quelque chose qui prouverait que tout va bien...



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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Dim 18 Juin - 18:00


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

J’espérais qu’Emelie accepte mon idée, mais je ressenti tout de même un certain soulagement lorsqu’elle approuva à haute voix mon plan. Je ne pouvais m’empêcher de me sentir égoïste en ce moment, mais je ne désirais pas rester à la ferme plus longtemps que nécessaire. Mon amie ressentait peut-être les choses autrement – en réalité, elle devait sûrement ressentir les choses autrement, c’était son endroit à elle, sa maison jusqu’à tout récemment – mais j’avais l’impression que ce lieu était en quelque sorte un piège. Y demeurer trop longtemps nous y enliserait comme des sables mouvants, mais de façon plus subtile, plus sournoise. Emelie pourrait fouiller la maison jusqu’au soir, je pourrais l’aider dans cette tentative, et pourtant nous ne trouverions rien de plus que ce que nous avions déjà découvert. Je pouvais me tromper, je pouvais sous-estimer la méchanceté de l’être humain et sa capacité à détruire les autres pour se remonter, mais rien dans cette résidence n’avait le pouvoir de me confirmer que je faisais fausse route. Je ne pouvais que me fier à mon instinct : Stan était vivant. Nous avions trouvé toutes les preuves à cet effet. Tout ce que cette maison recelait de plus, c’était des souvenirs qui finiraient par submerger mon amie jusqu’à ce que le chagrin l’empêche de faire un pas de plus. Selon ma vision des choses, Emelie était revenue ici pour avoir des réponses sur ses questionnements et rien d’autre. Elle avait largement eu le temps de se préparer à sa fuite et de remplir le camping-car de tout ce qui lui était essentiel, objets de survie comme souvenirs. Il n’y avait pas de raisons pour nous de nous y attarder plus que nous l’avions déjà fait.

Je n’avais aucune idée de la suite du plan, mais je trouvais que le village entre la ferme et la ville qu’Emelie avait mentionné ferait un excellent point de chute pour nous. Si le soleil déclinait trop pour que nous puissions explorer Sacramento en toute sécurité, nous pourrions y rester. Advenant le cas où nous avions quelques heures de luminosité de plus, il était tout de même plus sécuritaire de dormir dans ce village qu’en pleine ville. Moins d’habitants, moins de décès, moins de rôdeurs, les calculs étaient faciles à faire. « Bonne idée, on n’aura qu’à trouver une maison inoccupée en revenant de notre exploration. » À mon avis, nous avions encore le temps de fouiller un bâtiment avant la fin de la journée. Le soleil se couchait plus tard ces derniers temps. La fin du printemps et ses températures plus chaudes facilitaient les choses pour nous sur certains points, notamment la longueur des jours, mais apportait d’autres désagréments, comme les mouches qui nous harcelaient dès que nous retournions dehors. La jeune femme voulait savoir si j’avais des endroits précis où je désirais me rendre. Je pensais y lire autre chose, bien que ce fût peut-être mon imagination : désirais-je revenir moi aussi dans ma maison d’antan ? « Pour l’instant je dois t’avouer que je ne sais pas trop vers quoi me diriger. Je sais où je ne veux pas aller par contre. » Mon petit appartement ainsi que la baraque de mes parents étaient semblables à cette ferme. De véritables musées bourrés d’artéfacts de ce que j’avais été. La nourriture qu’ils contenaient était périmée depuis des lustres et je n’y trouverais aucune arme.

Je m’engageai sur le chemin pour revenir sur nos pas et reprendre la petite route de campagne jusqu’aux abords de Sacramento. Les chiens avaient repris leur rôle de protecteurs à nos côtés et je me demandais s’ils étaient tristes de quitter la ferme une nouvelle fois. Je me torturais l’esprit encore une fois, me demandant si je ne pensais pas qu’à moi-même en partant ainsi après quelques minutes seulement. J’osais croire qu’Emelie m’aurait fait savoir si elle voulait rester, à mon avis il n’était pas dans ses habitudes de renoncer à ce qu’elle désirait vraiment. Le soleil était passé de l’autre côté par rapport à nous et il eut le temps de poursuivre sa course avant que nous apercevions les premiers bâtiments du village au loin. Nous en étions à un demi-kilomètre lorsque Pinpin tourna sa tête vers la gauche, aussitôt imité par Zorya, et bientôt moi-même. Des silhouettes se profilaient dans les champs, très loin de la route. J’en comptai environ trois et je les pointai à mon amie. « Des zombies. » Je ne savais pas s’ils nous avaient vus et s’ils se dirigeaient vers nous, mais j’étais plutôt content qu’ils soient aussi éloignés. Nous aurions le temps de nous rendre au village avant qu’ils nous atteignent et là, ils nous auraient perdus de vue. Ces silhouettes servaient toutefois d’avertissement : la prochaine partie de notre périple serait peut-être plus chargée niveau morts-vivants. J’attrapai ma pioche et je gardai les zombies en vue jusqu’à ce que nous ayons atteint la bourgade. « Tu veux choisir notre abri tout de suite ? On pourrait même commencer l’exploration par ce village avant de poursuivre à Sacramento demain. » Après tout, nous avions eu suffisamment d’émotions pour aujourd’hui, autant nous ménager.

Une rue résidentielle commençait plus loin à notre droite, les haies entourant les demeures toutes plus mal entretenues les unes que les autres. Nous serions sûrement en mesure d’en trouver une en bon état pour la nuit, mais s’il fallait y faire le ménage (une famille de rôdeurs n’était jamais exclue, mais il fallait aussi compter des rats, des chauves-souris ou encore des ratons-laveurs), nous en serions sûrement encore là la nuit tombée. Pour ma part, je ne rêvais que d’un matelas potable après toutes ces nuits à dormir au sol. Ce n’était pas parce que j’étais habitué à ce mode de vie que je ne pouvais pas regretter le confort d’un vrai bon lit. Je pointai l’une des maisons à Emelie, qui ne semblait pas habitée, mais qui n’avait pas été trop abîmée par les éléments ou la panique lors de l’épidémie. « Celle-ci semble prometteuse. Les fenêtres sont en bon état et la porte est fermée. On ne risque pas d’y trouver un marais miniature à l’intérieur. » J’attendis sa réponse, jetant un coup d’œil aux chiens et à leur réaction pour m’assurer qu’ils n’avaient pas senti dans cette demeure quelque chose qui m’échappait encore.

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Mar 20 Juin - 22:20



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Alors que l'ensemble de mes pensées reste particulièrement confus, Ian approuve l'idée de commencer à réfléchir à un endroit où se poser pendant la nuit et propose par la même occasion d'explorer les alentours. Sauf si des squatteurs ont laissé quelque chose dans les maisons du village à côté, je ne crois pas que nous avions laissé quoi que ce soit. Nono, Stan, mes parents et moi nous étions démenés pour assembler les vivres des alentours. Nous avions une carte des villages à proximité et, méthodiquement, nous fouillions les maisons, les fermes, les caves, les greniers, les voitures. Nous récupérions tout ce qui pouvait être utile à la vie de tous les jours depuis que nous avions compris que la vie ne reprendrait pas son cours habituel rapidement. Au début, nous pensions qu'un vaccin ou que quelque chose allait être mis en place par les autorités et si Nono n'avait pas été aussi borné pour ne pas quitter sa ferme, je pense que nous aurions sans hésiter rejoint l'un de ces camps de réfugiés soit disant sécurisés. Puis les semaines sont passées et nous avions appris que les camps implosaient petits à petits, faute d'organisation sûrement. Alors nous nous étions organisés nous même de notre côté et nous ramenions médicaments, armes, conserves, vêtements et autres objets qui pouvaient nous être utiles...

Tout ça pour dire que du coup, logiquement, les villages les plus proches avaient déjà été fouillés, surtout que maintenant les années passent et les habitations intactes se font plus que rares. C'est pour cela que l'hypothèse de trouver quelque chose dans les maisons me surprendrait, mais toutefois, si nous trouvons un lit pour passer la nuit, je serai loin de cracher dessus. Les dernières nuits à même le sol d'une grange et dans une cabane de chasseur faisaient suffisamment grincer mon dos, un petit matelas serai tellement le bienvenu. Mais c'est un luxe dont on apprend forcément à se passer quand on sillonne les routes.

Avant de reprendre le chemin qui nous a mené jusqu'à la ferme, Ian m'explique simplement qu'il ne sait pas trop où il veut aller, mais il sait parfaitement où il ne veut pas. Je comprends ce qu'il veut me dire, ne voulant moi même pas retourner dans mon ancienne maison pourtant à quelques mètres de la ferme... Je lui adresse un léger sourire entendu, simplement pour lui faire comprendre que je vois ce qu'il veut dire, suivit d'un léger « - ça marche, on improvisera. », ma voix étant un peu cassée par les émotions que je garde au fond de moi...

Je suis Ian en essayant de ne pas me retourner même si j'ai le sentiment de laisser une partie de moi derrière moi. Quand j'étais partie la première fois, c'était sur un coup de tête total à cause d'une horde qui fonçait sur la ferme et je n'avais pas eu le temps de me poser des questions, de regretter, de m'enfoncer dans les remords et les "et si"...

Les fauves reprennent place autour de nous et nous quittons la ferme sous un soleil légèrement (mais très très légèrement) moins pesant qu'en arrivant. Nous avançons silencieusement, chacun perdu dans ses pensées les yeux rivés sur l'horizon. L'avantage c'est que les chiens repèrent avant nous les crevés alors nous pouvons nous permettre plus de moments dans la lune que si nous marchions seuls. Mais vu comme je tiens à eux, j'essaie aussi de veiller le plus possible sur les alentours afin d'éviter tout risque... Pinpin justement semble avoir repérer quelque chose, ses oreilles se dressent, sa queue se baisse, il tend le museau et s'arrête. Cet arrêt brutal interpelle immédiatement mon regard, surtout que Zorya s'immobilise à son tour. Ian, plus rapide que moi, relève la tête et aperçois des crevés qui arrivent. Même avec les années, on ne s'habitue pas à une petite horde qui arrive vers nous. Si j'arrive à m'habituer à les tuer sans soucis, j'ai toujours mon rythme cardiaque qui s'accélère à l'approche de plusieurs d'entre eux. On se fait vite encercler par ces conneries là...

C'est vrai que plus l'on se rapproche des villes et plus le risque de croiser des groupes est élevé. Mon ami me demande si je préfère que l'on cherche un abris ou que l'on explore un peu. Curiosité faisant, je ne peux m'empêcher d'accepter la proposition.

« - Trouvons quelques trucs à visiter avant de trouver un abris..? Je ne sais pas, je te suis... »

Un peu pommée, un peu ailleurs, je me sens mal. J'ai peur de faire un choix que je vais regretter, peur d'avoir baisser les bras trop tôt, si j'avais poussé un peu plus les recherches, si j'avais un peu plus attendu... Et s'il avait caché un papier chez moi ? Ou chez Nono ? Et s'il repassait fréquemment ? Si j'attendais chez nous, peut-être que dans un jour, une semaine ou un mois, il viendrai à ma rencontre ? Ou  bien est-ce que je devrai moi, revenir plus souvent, dans l'espoir de le croiser, laisser plus de mots ? Ressortir des photos ? Pour qu'il soit sûr que ce soit moi et pas un piège ? Trop de questions se bousculent, j'ai peur, j'ai mal, mais je ne dis rien, je veux tenir et ne rien laisser paraitre...

Je pose mon regard sur Ian dont le sien vagabonde entre les rues. J'ai l'impression d'être spectatrice de ce qu'il se passe et je me laisse guider par ses propositions, pas contraignante pour deux sous... Il pointe une maison du doigt avant de commenter son état. Je la regarde sans vraiment la regarder, je crois que s'il m'avait indiqué une maison de jardin en me disant "regarde, un palace" j'aurai eu la même réaction... Mais j'essaie de reprendre mes esprits quand Zorya glisse sa tête dans ma main. Je la regarde et prends une grande respiration, elle n'a pas l'air rassurée et Pinpin semble dans le même état.

« - Oui, allons y, t'as pas tord pour l'état de la maison. »

Je démarre avant lui, suivie de ma chienne alors que mon gros marche à la vitesse de Ian. Je pousse le portail noir brulant d'une main et entre dans la propriété. Zorya passe devant moi et renifle les alentours. Je tends l'oreille mais n'entends rien si ce n'est nos pas et nos respirations. Le plus silencieusement possible, je m'avance jusqu'au perron et gravis les quelques marches qui me séparent de la porte d'entrée. Tout semble calme. La poignet ne me résiste pas et j'entre doucement dans le couloir.

Mon regard s'arrête net sur des crevés qui stagnent dans la pièce. Il y en a plusieurs, à vue d'oeil j'en compte au moins 4 mais par chance ils ne nous ont pas vu....



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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Mar 20 Juin - 22:20

Le membre 'Emelie C. Grahams' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Ven 23 Juin - 18:38


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

Le regard que me jeta Emelie ne me rassura pas sur le bien-fondé de ma décision. Elle avait l’air dans le vague, l’esprit encore à la ferme même si son corps se trouvait quelques kilomètres plus au nord. Même les chiens commençaient à s’inquiéter pour elle, l’encerclant pour être sûrs qu’elle allait bien. Était-elle vraiment en bon état pour cette expédition ? Aurais-je dû attendre encore un peu avant de proposer de partir ? Avais-je imposé plutôt qu’offert de quitter ? Je tentais de me mettre à sa place : Si je retournais dans ma maison d’enfance, en plein cœur de Sacramento, et que je n’y retrouvais pas un message que j’aurais laissé à l’intention de June ? Que ses objets personnels préférés n’étaient plus là ? Bien sûr que je douterais encore, mais l’espoir finirait par prendre le dessus, non ? Je me sentais confus quant à la conduite à adopter maintenant que nous étions ici… Valait-il mieux mettre notre exploration en suspend et se préparer pour la nuit ? Et demain, devions-nous retourner à la ferme ou poursuivre vers Sacramento ? Toutes ces questions tournaient dans ma tête, mais Emelie finit par se diriger avec Zorya vers le perron de la maison. Je la suivis, cherchant à trouver les bons mots pour lui parler. Je voulais désormais que mon amie me dise ce qu’elle voulait vraiment pour ne plus angoisser.

Je n’eus pas le temps d’engager la conversation. Emelie ouvrit la porte et avança dans le couloir avant de se figer. Je me tenais derrière elle, sur le perron, et j’étirai ma tête de côté pour jeter un regard par-dessus son épaule. Des zombies. Heureusement, ils semblaient encore en dormance, ils ne nous avaient pas entendus. Je n’osais pas bouger, même pas pour reculer d’une marche. Nous avions eu de la chance, beaucoup de chance même, mais nous devions la jouer subtile si nous voulions éviter de les réveiller. Il y avait tant de choses qui pouvaient mal tourner. La porte pouvait grincer en se refermant, l’un des chien pouvait grogner, quelqu’un pouvait trébucher en redescendant les marches, les escaliers pouvaient produire un craquement sous notre poids, un cri d’oiseau au-dehors pouvait faire en sorte qu’un rôdeur se retourne dans notre direction… Les morts-vivants n’étaient que quatre, nous pourrions les éliminer advenant qu’ils se mettent en mouvement, mais je préférais les laisser dans leur baraque et en choisir une autre. Je ne savais pas si Emelie était dans un bon état d’esprit pour se battre, mais je savais que moi je ne l’étais pas du tout. Je ressentais trop de culpabilité pour avoir l’esprit libre de toute émotion.

J’essayais subtilement d’attirer l’attention d’Emelie pour lui faire signe de revenir sur ses pas. Mon regard alternait entre elle et Pinpin. Heureusement, le chien restait calme à mes côtés, même si son langage corporel signifiait qu’il ne s’amusait pas lui non plus. Il ne jappa pas, mais il avança en direction d’Emelie pour la protéger. Le tapis de l’entrée étouffait le bruit de ses griffes sur le sol, mais je craignais tout de même que le mouvement n’attire les zombies dans la pièce au bout du corridor. Je ne pouvais pas bouger, comme si j’avais fusionné avec le perron. J’étais devenue une statue décorative, figé dans une expression de stupeur. Une goutte de sueur fila de la racine de mes cheveux jusqu’à mes sourcils. Ce que je regrettais fini malheureusement par se produire. Le mouvement, ou alors un léger bruit, mit fin à la latence des zombies. Comme une réaction en chaîne, toutes les silhouettes immobiles se tournèrent vers la porte d’entrée et leur grognement caractéristique résonna comme une symphonie morbide. Je jurai dans ma tête et empoignai avec plus de fermeté le manche de ma pioche. « Sortons d’ici. » J’avais prononcé ces mots dans un murmure, même si le mal était déjà fait. Je reculai pour faire de la place aux autres en espérant qu’ils ne désirent pas engager le combat. La porte était en bon état, nous étions en mesure de les enfermer et de fuir avant qu’ils ne la défoncent.

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Dim 2 Juil - 13:02



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Je sens la présence de Ian derrière moi et je remarque qu'il se fige. Mes yeux fixent les crevés a moitié éteint qui stagnent dans la pièce en face de nous alors que j'essaie de réfléchir à une solution. Ils sont 4, nous 2 avec l'avantage des chiens. Des questions m'envahissent l'esprit et j'ai la sensation d'être aussi inerte qu'eux.

Le corps de Zorya est collé à mes jambes alors que Pinpin s'avance de quelques pas comme mâle protecteur. Une goutte de sueur perle sur mon front alors que je ne peux quitter des yeux les grosses pattes du fauves qui se déplacent. Heureusement que le tapis dans l'entrée étouffe le son de ses griffes sur le sol. J'aimerai le siffler, le faire revenir près de moi, mais le soucis étant que les seuls moyens d'attirer son attention attireraient aussi celui des crevés. Il est parfaitement bien dressé, si je siffle, il me rejoint. Si je claque des doigts aussi. Si je dis un mot comme "viens", "reviens", "ici" ou autre, c'est pareil. Mais dans tous les cas, je risque toujours d'attirer les crevés en même temps que le chien. Pourtant, d'habitude il reste suffisamment vigilant pour ne pas s'éloigner ou du moins me regarder assez souvent pour observer mes réactions.

J'observe silencieusement et dans un état second le corps des cadavres sur pattes. La peau terne, plus grise que blanche. Le regard vide mais les yeux injectés de résidus noirs. L'un d'entre eux à la mâchoire complètement arrachée, alors que son voisin s'est délaissé un bras, n'ayant plus qu'un moignon qui pend le long de son torse lui aussi particulièrement abimé... Le spectacle est triste à souhait. Une pensée étrangement angoissante me traverse l'esprit ; Et si je connaissais l'un de ses crevé ? J'essaie de détailler leurs visages, mais deux d'entre eux me tournent le dos. L'une est une femme complètement inconnue au bataillon et le dernier semble à peine sorti de l'adolescence à en juger par sa taille.

Sans que je sache ni pourquoi ni comment, quelque chose raisonne près de nous, comme un long grincement du bois ou peut-être d'un de nos estomacs. Je n'ai absolument pas le temps de reconnaitre l'origine du bruit, mais ce qui est sûre c'est que les tympans presque décomposés des crevés ne l'ont pas loupé non plus et d'une union morbide, ils se retournent d'un même mouvement vers nous. Leur comportement change du tout au tout lorsqu'ils quittent leur état de veille. Les mouvements sont plus rapides, ils fixent leur attention sur quelque chose et ne le lâchent plus jusqu'à ce qu'une nouveauté viennent changer leur trajectoire. C'est basique comme comportement, c'est un avantage comme un inconvénient. L'avantage c'est pour les attaquer, eux n'essaient pas de prévoir nos mouvements ni rien du genre. L'inconvénient majeur c'est qu'en cas de fuite, nous avons plutôt intérêt à arriver à nous planquer sans qu'aucun d'entre eux ne nous ai vu, et rester silencieux jusqu'à ce qu'ils continuent leur chemin. Sinon, ils sont capable de stagner des heures et des jours durants devant une porte, un bâtiment, fonçant bêtement contre une vitre. Ils n'ont pas de soucis de faim ou de sommeil eux au moins...

Le murmure de Ian déclenche un réflexe en moi, et sans trop réfléchir je le suis. Ma main crispée sur la poignet, j'attends que Pinpin ai quitté la pièce pour claquer la porte. Pendant un instant, j'ai eu envie de défouler le flot d'émotions qui fait orage et tempête dans ma tête en allant me jeter dans un combat risqué. Pendant un instant, j'ai même eu envie de claquer la porte derrière moi après avoir bloqué Ian et mes fauves à l'extérieur, leur garantissant d'être en sureté et de ne pas voir le bordel à l'intérieur. J'avais déjà du faire face à des hordes plus nombreuses que 4 crevés, je n'avais pas spécialement peur, mais c'est justement cette absence de peur qui m'a fait suivre Ian plutôt que de pénétrer dans la maison. La peur est quelque chose d'essentiel pour survivre en apocalypse comme ça...

Je recule rapidement en fixant la porte des yeux, au cas où on aurai surestimer sa capacité à tenir les quatre cadavres à l'intérieur. Une fois assez éloignés de la maison, j'observe rapidement les alentours. Pas de crevés dans les horizons, seul le bruit du vent qui se lève. Par contre, il y a plusieurs autres baraques à proximité et si les autres semblent en moins bon état, je repère au loin des grilles.

« - Regarde, on peut peut-être jeter un oeil à ce qu'il y a derrière ces grilles au loin ? »

J'ai envie de m'occuper l'esprit, de marcher, d'explorer, d'occuper mon regard et mes mains pour ne penser à rien d'autre. Je n'ai pas encore touché un mot à Ian sur ce que je ressens et je n'arrive pas non plus à m'arrêter pour lui demander comment il se sent lui. J'ai peur de sa réponse, j'ai peur que ses mots ouvrent une brèche en moi qui feraient sortir toute la douleur que je ressens et que j'essaie d'effacer maladroitement. Un dernier regard sur la maison dont la porte est agitée par des secousses irrégulières.



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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Mer 5 Juil - 4:08


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

Je gardais mes yeux fixés sur la scène qui se déroulait derrière le cadre de la porte, comme si le monde se réduisait à cet étroit quadrilatère. Les zombies commencèrent à avancer en direction d’Emelie, en plein dans leur ligne de mire. Cette dernière se mit à reculer hors de la pièce et attendit que les deux chiens sortent de la demeure avant de refermer la porte sur les rôdeurs qui déambulaient vers nous, la faim au ventre après une longue période de stase. Pendant une fraction de seconde, j’avais craint que les choses ne dérapent, qu’un chien ne se jette sur les morts ou qu’Emelie reste figée sans réagir, mais il fallait croire que j’avais sous-estimé et mon amie et ses animaux de compagnie. Je me sentis coupable de cette pensée. J’étais loin d’être un survivant modèle malgré mon expérience, je me mettais constamment les pieds dans les plats et j’avais eu bien souvent de la chance en tombant sur des âmes charitables. Qui étais-je pour penser que, parce qu’Emelie était confuse suite à nos découvertes dans la ferme, elle en perdrait toute notion de survie ? Elle était la débrouillardise incarnée après tout ! Je ruminai cette pensée dans ma tête tandis que nous reculions pour rejoindre de nouveau la rue. Les zombies frappaient la porte, je les entendais, mais elle était suffisamment solide et en assez bon état pour que leurs coups n’en viennent pas à bout avant un bon moment. Pioche en main, je recommençai à tourner la tête de tous les côtés, peu désireux de me faire surprendre par de nouveaux adversaires tandis que nous fuyions ceux-là.

Depuis notre arrivée dans ce village, j’avais été celui qui avait présenté des plans à Emelie, mais la voilà maintenant qui me pointait des grilles plus loin sur la rue et me proposait de poursuivre l’exploration dans ce secteur. Je la regardai quelques instant, essayant de décider quelle était la meilleure réaction. Je me sentais toujours un peu coupable d’avoir précipité notre fuite de la ferme, mais je me retins d’en parler avec Emelie. Il semblait que l’exploration lui convenait et j’acquiesçai de la tête à sa proposition, désireux de faire le moins de bruits possible maintenant que je savais le quartier habité par des zombies. De plus, j’étais toujours rongé par un sentiment de malaise et je ne voulais pas l’accentuer en discutant, en lui demandant si elle allait bien alors qu’elle me signifiait clairement son intention de continuer à fouiller les environs. Je suivis Emelie et les deux molosses en direction des grilles et je tentai de deviner ce que nous y trouverions. Derrière, une allée en gravier fin montait légèrement, puis faisait un coude vers la droite, sûrement en direction d’une demeure plus haut. Je ne pouvais toutefois pas en être certain, car de grands cèdres bloquaient la vue sur ce qu’il y avait après le tournant. Ces arbres entouraient également le terrain derrière les clôtures, comme pour protéger des regards indiscrets ce qui s’y trouvait. Des années sans entretien leur avait permis de devenir un véritable mur de feuilles. Nous nous immobilisâmes une fois devant les grilles en fer forgé, incapable de poursuivre puisqu’elles étaient fermées et maintenues ensemble à l’aide d’une lourde chaine et d’un cadenas.

Les interstices entre les barreaux étaient trop étroits pour que nous puissions nous y faufiler, à l’exception de Zorya. Peut-être Pinpin aussi, mais le mâle semblait un peu plus large que son homologue femelle. À l’intérieur du domaine et pratiquement collé à la clôture se trouvait un petit cabanon en planches de bois, sûrement une remise de jardinier ou encore un abri pour des gardes. Je n’avais pas de pince avec moi et je ne croyais pas qu’Emelie en avait une non plus (nous devions déjà traîner eau et nourriture pour nous et les chiens et avions donc tenté de transporter le minimum de bagages). Toutefois, nous pourrions peut-être en trouver une là-bas si nous avions de la chance et ainsi couper le cadenas. Je déposai mon sac au sol et m’agenouillai. « Je vais te faire la courte échelle. Tu trouveras peut-être une pince dans ce cabanon pour nous ouvrir la voie. » Les grilles étaient trop hautes pour en atteindre le sommet sans un peu d’aide et Emilie était la plus légère de nous deux, elle serait donc plus facile à soulever que moi. Si jamais elle ne trouvait rien, elle pourrait toujours grimper sur le toit du cabanon et s’en servir pour atteindre le haut de la grille de nouveau et retraverser vers l’extérieur. « À moins que tu ne préfères abandonner le projet et trouver un autre lieu à fouiller. » J’avais rajouté cette phrase pour lui faire savoir qu’elle avait le choix. Je ne voulais plus trop imposer ma vision désormais, déjà que je nous avais guidés vers une maison pleine de rôdeurs plus tôt. À cette pensée, je jetai un coup d’œil du côté des canins. Ils ne semblaient pas apeurés par ce qui se trouvait derrière les grilles, ce qui était bon signe, mais leurs truffes n’étaient pas infaillibles non plus.

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Sam 8 Juil - 11:07



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Mon idée acceptée par Ian, nous nous dirigeons tous les 4 vers l'entrée de la grille. Les barreaux sont hauts et trop peu espacés pour que l'on puisse se faufiler entre. Bon... J'essaie de positiver en me disant que ce qui nous prend la tête maintenant sera notre allié contre les crevés et les humains dans quelques minutes. Juste le temps de trouver un moyen de passer. Parce que s'il est possible pour Ian et moi d'éventuellement escalader les barreaux, c'est impossible pour les fauves alors nous devons trouver une autre solution. Mes yeux s'arrêtent sur les chaines qui lient les portes. Elles sont poussiéreuses et la mousse semble avoir envahit aussi bien les grilles que le cadenas. Apparement, personne n'a essayé de le crocheter dernièrement, cela rassure déjà sur la possible absence d'humains à l'intérieur mais bon, restons vigilant pour autant...

Mon regard est attiré par Ian s'agenouillant après avoir déposé son sac. Pinpin s'approche de lui pour lui renifler le visage et poser sa truffe fraiche sur la jambe. Son explication ne tarde pas à arriver et il me propose une courte échelle pour fouiller dans le cabanon à l'intérieur. J'hoche la tête, c'est une bonne idée. Je me délaisse à mon tour de mon sac, histoire d'éviter de rajouter cette charge en plus à Ian et, si jamais je dois prendre la fuite rapidement pour x ou y raisons, moins je suis chargée et plus j'aurai de facilité à me faufiler ailleurs. Je vérifie rapidement que j'ai de quoi me défendre. Une dague dans le dos, une à ma ceinture, j'ai ce qu'il me faut. Toujours à genoux, il me propose d'abandonner si je veux et d'aller fouiller ailleurs. Hors de question de louper un endroit potentiellement tranquille comme celui ci.

« - T'inquiète avec le régime minceur Apocalypsa bye les crevés, j'ai perdu quelques kilos. Tu devrais pas avoir de mal à me soulever là haut, après le régime gastro violente, c'est celui qui marche le mieux... »

Je tente une touche d'humour avec un sourire en coin, j'essaie de me changer les idées en même temps que les siennes même si au moment où j'ai l'idée de penser à autre chose, les images de la ferme me reviennent immédiatement en tête. Pour ne pas montrer mon boulet de nostalgie qui vient de me tomber sur les épaules, je prends une respiration bruyante avant de m'approcher de Ian. Je pose une main sur son épaule, lève une jambe pour qu'il soulève mon pied. C'est étrange cette proximité volontaire. Autant, lui et moi sommes assez proches lorsque nous sommes dans la caravane, mais c'est plutôt par faute d'espace. Là, c'est volontairement moi qui m'approche de lui, qui pose volontairement ma main contre lui et c'est lui aussi qui fait attention à ne pas que je tombe.

Maladroitement mais sans trop de soucis et sous le regard intrigué des fauves, j'arrive à atteindre le haut de la grille. Je profite de ma hauteur pour jeter un coup d'oeil aux alentours et vérifier que le périmètre est tranquille. Rien à l'horizon, ni à l'intérieur, ni à l'extérieur. Je lance un regard à Ian, essayant de penser à autre chose qu'à l'étrange sensation que m'a procuré cette proximité momentanée puis je m'accroche pour me laisser descendre jusqu'au bas des grilles. Atterrissage réussi, je fais mine de me pencher en avant comme pour remercier une foule imaginaire.

« - Plus qu'à espérer que Bob le Bricoleur nous ai laissé de quoi crocheter cette porte... »

Je m'approche du cabanon en sentant les regards de Ian et de mes fauves sur moi. Je pousse la vielle porte en bois, celle ci me résistant, apparemment elle aussi bloquée par un quelconque loquet ou je ne sais quoi. Le bois semble vieux et je peux voir à l'intérieur par quelques endroits. J'essaie de clencher plusieurs fois la poignet jusqu'à perdre patience. Je me recule légèrement et envoie un magistral coup de pied chaussé de rangers sur le vieux bois dormant. Apparement ça fonctionne et la porte m'accorde un droit de passage. Je me faufile à l'intérieur et observe les vieux objets endormis sous la poussière.

De par le coup, un fin nuage de fumée flotte dans l'air. Parcourant rapidement les affaires qui s'y trouvent, j'essaie de repérer une pince ou quelque chose pouvant faire l'affaire pour faire passer Ian et les fauves. Y a pas mal de bordel ici, malgré la petite taille du cabanon et je prends un peu de temps à trouver mon précieux. À l'angle d'un établi, je trouve enfin ce pourquoi je suis venue. La pièce est décorée étrangement, on dirait un patchwork de vieux trucs des années 50... Les outils ont l'air en bon état, autant qu'on peut l'être après autant d'années d'inactivités et d'intempéries ceci dit. J'attrape une épaisse pince et sors d'ici en prenant une grande inspiration d'air frais non pollué de poussière avant de montrer ma trouvaille à Ian.

« - Tiens, ça devrait fonctionner non ? »

Je lui pose la question en lui tendant mon précieux à travers la grille pour le laisser ouvrir le cadenas. La chaîne qui entoure les barreaux de la porte est très épaisse et je pense que l'on aura moins de mal à briser la fermeture du vieux cadenas. Pendant ce temps j'en profite pour retourner à l'intérieur voir s'il y a quelque chose qui peut nous être utile pour la suite. En fouinant dans un récipient accroché près de ce qui fut, avant mon arrivée, la porte du cabanon, je trouve un trousseau de clefs de différentes tailles. Nombreuses et certaines se ressemblant pas mal, je me dis que celui qui vivait ici devait sûrement perdre un temps fou à gérer les pièces avec ça. Je me retourne pour voir comment Ian s'en sort...



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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Jeu 13 Juil - 1:58


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

La blague d’Emelie me fit sourire. En effet, la minceur était devenue de rigueur depuis que la nourriture n’était plus aussi accessible qu’avant. Auparavant, je n’avais jamais été quelqu’un de très musclé, mais mon travail quotidien me permettait de me garder en forme. Courir d’un côté à l’autre de l’épicerie, aider au déchargement des marchandises, soulever de lourdes caisses pour les placer dans les allées… Toutes ces tâches m’avaient donné une santé physique appréciable. Maintenant, les muscles que j’avais étaient fondus, digérés par mon propre corps afin de produire des forces. Emelie, de son côté, avait toujours été mince et solide, mais il était vrai que sa musculature, résultat de plusieurs heures d’entraînement quotidien, faisait aujourd’hui place à des os. Malgré ma silhouette frêle, j’arrivai à la soulever lorsqu’elle posa le pied dans mes mains enlacées et elle s’agrippa au haut de la grille pour ensuite s’y poser et inspecter les alentours. Avant de traverser de l’autre côté, elle me jeta un regard que je lui rendis. Posant par réflexe ma main sur mon épaule, à l’endroit où Emelie s’était appuyée quelques instants plus tôt, je la regardai descendre sur le gravier. Tandis qu’elle se rendait au cabanon, je ressentis ma poitrine se resserrer. Et si les lieux étaient infestés de rôdeurs ? Pour ma part, je pourrais fuir dans la direction opposé avec les deux chiens, mais pour Emelie… La voilà qui se trouvait coincée, entourée de hautes grilles. Elle pouvait toujours se servir du cabanon pour revenir de ce côté, mais si les zombies provenaient justement de là ? Comment ferait-elle ?

Je réalisai que, dans cette maison infestée de zombies, je n’avais pas craint pour la vie d’Emelie parce que je la croyais incapable de réagir face aux abominations, mais tout simplement parce que je m’étais attaché à elle et que j’appréhendais de la perdre. Depuis nos retrouvailles dans la place du marché improvisée de Yosemite, nous avions passé de plus en plus de temps ensemble. Dans cette caravane, j’avais appris à connaître cette Emelie, certes légèrement différente de celle d’avant, mais avec qui j’avais autant de la facilité à être moi-même. Et cette proximité que j’avais avec elle, je ne voulais pas qu’elle s’en aille. Ma sœur jumelle et moi nous détestions, mais pourtant notre séparation m’avait fait du mal. Que m’arriverait-il alors si Emelie disparaissait de ma vie ? Je ne préférais pas y penser. Les dernières années avaient été dures pour tout le monde, mais pour moi, une partie de ces épreuves était causée par la solitude. Je craignais tous les êtres humains que je rencontrais, fuyant leur présence presque autant que celle des rôdeurs. Emelie était celle qui m’avait rappelé à quel point il pouvait être bon de fréquenter ses semblables, de tisser des liens… Elle était la seule amie que j’avais désormais. Il m’arrivait de ne pas être capable de définir la relation que nous avions, et ce depuis bien longtemps avant l’épidémie. Mes propres sentiments m’apparaissaient flous parfois et, même si j’aurais aimé fixer les choses une bonne fois pour toutes, je craignais ce qu’il pourrait advenir de nous deux si cela se produisait. Alors je me taisais et je chassais cette idée. C’est ce que je fis tandis que je regardais Emelie enfoncer la porte d’un coup d’épaule. Une fois qu’elle disparut de ma vue, je posai mes mains sur les barreaux et appuyai ma tête contre la grille, vaine tentative d’en voir plus ou d’écarter les barres métalliques pour traverser à mon tour.

Bien vite, Emelie revint à la grille et me tendis une lourde pince. « Nous le saurons dans une petite minute ». J’attrapai l’outil et jetai un coup d’œil à ce qui entravait la grille. La chaîne était en bien mauvais état, pratiquement autant végétation que métal après toutes ces années, et la serrure du cadenas était tellement rouillée qu’à mon avis, aucune clé ne pourrait réussir à l’ouvrir. Je posai les deux lames de la pince contre l’anse du cadenas et j’appuyai de toutes mes forces. Au départ, rien ne se produisit. Je relâchai la pression et remarquai qu’il y avait deux rayures sur la fermeture du cadenas. L’outil était vieux et il me faudrait quelques essais supplémentaires pour fendre le l’objet. Tandis qu’Emelie retournait fouiller le cabanon, je forçai une fois de plus, puis une troisième, et à la quatrième tentative j’entendis un clic! qui m’indiqua que j’avais enfin réussi. J’avais le front en sueur et les bras en compotes, mais un sourire de satisfaction fendait ma figure. Les chiens approchèrent du cadenas brisé pour le sentir, mais je leur indiquai de laisser tomber et de traverser à l’intérieur du domaine. Une fois tout le monde à l’intérieur et nos sacs transportés, je refermai le portail. J’attrapai les chaînes et les nouai pour que les grilles ne bougent pas. Cela ne tiendrait pas longtemps contre des rôdeurs, mais ce serait mieux que rien. Lorsque je me retournai, Emelie était sortie de la cabane pour venir inspecter mon ouvrage. « Bob le Bricoleur avait bien ce qu’il nous fallait. » Je remarquai qu’elle tenait un trousseau de clés dans sa main. « Super ! Avec ça la suite des choses devrait être plus facile. En route, Ma’am ! », dis-je avec une petite révérence en direction du chemin qui grimpait vers la droite. Je me demandais ce que nous trouverions si nous suivions cette allée, derrière le bosquet de cèdres qui nous bloquait la vue…

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Sam 15 Juil - 12:55



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Lorsque je ressors du petit cabanon poussiéreux, j'entends le bruit des chaines en mouvement et mon regard se pose immédiatement sur le visage souriant d'un Ian heureux d'avoir pu briser le cadenas qui nous gênait. Depuis le début de l'apocalypse, on apprend parfois à se réjouir pour pas grand chose. Là en l'occurrence, l'idée de se trouver un lieux sûr et entouré de grilles, ça suffit largement à nous faire sourire tout les deux. Je constate, amusée, que le visage de Ian est dégoulinant de sueur et que l'une des veines de son visage s'est considérablement mise en avant. Apparement, la bataille contre le cadenas ne fut pas des plus facile et le camp du cadenas semble avoir résisté aussi longtemps que possible.

Une fois les sacs et les chiens passés du bon côté de la propriété, mon ami s'attèle à renouer les chaînes autour de la grille d'entrée et je m'approche pour examiner le travail. Un noeud serré autant que le permet la solidité des chaînes. J'hoche la tête comme pour approuver son oeuvre d'art avant de me pencher pour attraper mon sac et le mettre sur mon dos. Après l'avoir ajusté pour qu'il n'appuie pas trop sur mon étuis ni sur les points sensibles de mon dos, je me retourne en direction de ce qui devait être autre fois une belle allée bien entretenue.

Au sol, le chemin principal est toujours remplit du graviers clair. Bordé par de plus gros cailloux blancs, la route est entourée d'herbe et d'arbres, des fleurs poussent maintenant sauvagement de part et d'autres des grands chênes. J'imagine l'endroit avant tout ça, le jardin devait être magnifique. Sauf qu'aujourd'hui, la nature reprend ses droits et même si cela n'enlève pas de sa superbe au lieux, les herbes folles et les arbres non taillés réduisent tout de même considérablement la vue alors de là où nous sommes, nous n'arrivons pas encore à apercevoir autre chose que de la verdure.

Ian fait une légère révérence qui m'arrache un sourire sincère, et nous prenons tous les quatre la route qui s'enfonce entre les grands arbres.

« - si ça se trouve on va trouver un superbe château et on va pouvoir se la jouer Belle et la bête... »

Ici il fait moins lourd, les arbres nous protègent des rayons du soleil et une légère brise semble animer les herbes folles. Les chiens nous entourent et restent particulièrement sur leur garde, comme s'il craignait qu'un crevé rampant sorte de derrière les buissons. Ils ont bien raison de rester méfiant même si j'aimerai  leur trouver un endroit assez calme et sûr pour qu'ils puissent profiter un peu et jouer ensemble. Le stress permanent est quelque chose de dur à gérer pour les animaux qui n'ont pas la possibilité de l'exprimer ou de se rassurer en pensant à autre chose. À la limite, avec Ian on arrive plus ou moins à se rassurer comme on peut, ou l'un va faire penser l'autre à quelque chose d'agréable et rassurant et cette projection peut suffire à diminuer au moins un peu le stress. Mes fauves vivent dans le moment présent...

Nous dépassons l'énorme feuillage des arbres et buissons et même si je ne crois pas vraiment à la théorie du beau château blanc, c'est un assez grand manoir noir qui se tient devant nous. Je m'arrête quelques secondes pour profiter encore un peu de l'ombre des arbres tout en observant la demeure. Je ne me souviens plus être passée dans le coin, peut-être nous sommes nous plus éloignés de la ferme que ce que je pensais... Mais je ne m'attarde pas trop sur ce débat interne, j'essaie d'éviter le plus possible de penser à ce que nous venons de vivre... Je prends une grande respiration alors que Zorya s'est déjà avancée.

« - Tu penses que c'est vide ? »

Je pose ma question presque en chuchotant, j'ai peur de déranger le calme de l'endroit autant que je crains d'attirer l'attention sur nous si l'endroit est infesté de crevé ou habité par des vivants. Pinpin attire notre attention lorsqu'il se met à grogner sur un crevé a qui il manque un bras et dont une jambe semble cassée dans un angle particulièrement douloureux. Le puzzle humain s'avance de mon côté alors que Zorya s'approche à son tour pour se mettre entre lui et moi. Mon coeur s'accélère un peu, mais un seul crevé sans compagnie c'est totalement gêrable. J'attrape ma petite dague et la sors de son étuis. Je m'approche du puzzle ambulant avec la même position que si j'engageais un combat d'escrime, ah les vieux souvenirs, les vieilles habitudes ont la vie dure... D'un geste sec, j'enfonce ma lame dans le crâne du crevé qui me fixe d'un regard vide et éteint. J'essuie mon arme sur ses vêtements et me retourne vers Ian.

« -Par où veux tu que l'on fasse notre entrée ? Après tout, le château appartient à la bête, c'est toi qui choisi ! » dis-je pour trouver une excuse absolument pas crédible au fait que je n'ai vraiment aucune idée de par où commencer...


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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Jeu 20 Juil - 3:09


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

Une fois nos sacs de retour sur nos dos et la sueur de mon front épongée, nous nous mîmes en marche afin de découvrir ce que cette propriété avait à nous offrir. Emelie ne rêvait pas à moitié, puisqu’elle n’attendait ni plus ni moins qu’un château, pour que nous puissions y rejouer un classique de Disney. Je ri de façon discrète, peu désireux d’annoncer notre présence à coup de grands éclats d’hilarité. « C’est à cause de mes sourcils que tu me compares à la Bête ? » Il fallait avouer que je négligeais mon apparence ces derniers temps. Les rasoirs à lame étaient difficile à trouver, tout comme les pinces à sourcils et les barres de savon. Je n’avais jamais été vaniteux, pas vraiment, mais je l’étais encore moins aujourd’hui qu’à l’époque. La Bête, contrairement à moi, avait au moins des vêtements distingués pour compenser sa pilosité… Non, je laissais définitivement le rôle de la Belle à Emelie, bien que je ne prononçai pas ces mots à haute voix. Un grognement mis fin à mes pensées et mon cœur se serra aussitôt dans ma poitrine. J’avais laissé mon attention en veille durant quelques instants et cela nous avait mis en danger. Je jetai des regards de tous les côtés pour finalement apercevoir un zombie dont la moitié des membres manquait du côté de mon amie. J’empoignai ma pioche, que je gardais toujours à portée de main, accrochée à mon sac. Cependant, aucun geste ne fut nécessaire de ma part. Alors que le cadavre se dirigeait vers Emelie, celle-ci fit appel à son passé d’escrimeuse afin de mettre fin à ses jours.

Je ne croyais pas avoir le souvenir d’avoir déjà vu Emelie en compétition. Je l’avais peut-être déjà aperçue en train de s’entraîner lorsque nous étions encore camarades de classe, mais je ne pouvais pas me rappeler d’aucun combat réel. Je fus impressionné par sa technique. La position, la façon de tenir la dague, le mouvement du bras… Tout avait été répété des centaines, des milliers de fois par mon amie. Tout était devenu instinctif pour elle. Malgré toutes les années qui étaient passées depuis l’époque de la compétition, Emelie n’avait rien perdu de ses réflexes. Il fallait dire que l’épidémie avait rendu à l’escrime ses lettres de noblesse. Une arme à feu tuait un zombie pour en attirer dix autres par la faute du bruit, transformant un seul ennemi en véritable hydre. L’arme blanche, elle, fendait le crane aussi silencieusement qu’un coup de vent. Je regardai la scène, craintif mais captivé, puis inspectai les alentours de nouveau lorsqu’Emelie essuya son arme sur les vêtements du rôdeur, visiblement indemne. Les environs semblaient libres de zombies, mais je n’étais pas relaxé pour autant. Mon amie me demanda ensuite par où commencer notre exploration. En effet, avant que le mort-vivant ne nous interrompe, nous venions de passer le bosquet d’arbres pour y voir de l’autre côté un immense manoir sombre. « Je ne sais pas s’il est vide… Le jardin ne l’était pas, alors je me méfie. » S’il y avait un zombie ici, c’était que l’épidémie avait traversé les grilles, rendant donc bien minces les chances de trouver des survivants vivants à l’intérieur. Toutefois, un groupe de cadavres ambulants n’était pas à exclure.

« La Bête pense que nous devrions faire le tour pour commencer, histoire de s’assurer qu’il n’y a rien de méchant dehors avant de s’enfermer à l’intérieur. » J’ouvris la voie en contournant le manoir vers la droite. À la première fenêtre, je jetai un coup d’œil à l’intérieur, mes mains de chaque côté de mon visage pour couper la lumière. Le soleil commençait à descendre et ses rayons donnaient une couleur orangée aux vitres. À l’intérieur, je ne vis que des meubles et de la poussière. Je continuai mon manège à toutes les fenêtres. Une fois arrivée de l’autre côté de la résidence, j’inspectai le jardin et la piscine, mais il n’y avait personne ici à part nous. Je me dirigeai jusqu’à l’énorme porte vitrée de l’arrière et tournai la poignée. Verrouillée. Derrière, on pouvait voir un salon. D’immenses fauteuils à l’allure douillette, un foyer au manteau ouvragé, une bibliothèque débordant de volumes reliés de cuir… L’endroit semblait accueillant, malgré le manque évident d’entretien des lieux. « Pour entrer, il faudra que la Belle s’occupe de la serrure. » Emelie avait en mains le trousseau de clefs qui, je l’espérais, contenait celle qui nous ouvrirait la voie. Laissant la place à mon amie, je continuai de surveiller les alentours. Les deux molosses reniflaient l’air, mais aucun ne fit de geste en direction d’un éventuel rôdeur, comme Zorya tout à l’heure. « Le manoir semble immense… Il serait sûrement plus productif de nous séparer pour explorer, mais pour ma part je préfèrerais que nous restions groupés pour la fouille. » Après tout, je ne voulais pas que l’un de nous deux se retrouve assiégé dans une pièce et que l’autre soit du côté complètement opposé trop loin pour entendre ses appels à l’aide…

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Ven 28 Juil - 17:59



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Je souris, amusée, en entendant sa répartie sur ses sourcils et ma comparaison à la Belle et la Bête. C'est vrai que les épilations et les crèmes hydratantes ne sont pas de l'ordre des priorités depuis quelques temps et personne ne peut se venter de prendre particulièrement soin de lui actuellement... Même si j'essaie de m'occuper de ce que je trouve être le strict minimum... Mais bref, mes pensées sont rappelées à l'ordre par le bruit d'un crevé qui déambule vers moi.

Position, je dégaine une lame et d'un geste sec l'étale au sol. Lorsque je me retourne, je vois le regard de Ian posé sur moi. Je détaille son visage avec un air interrogateur avant de lui demander de choisir la direction que nous pourrions prendre, ne sachant pas moi même par où aller.

Ian propose intelligemment de vérifier qu'une horde ne squatte par les alentours du manoir avant de se bloquer à l'intérieur. L'idée de se séparer et de se rejoindre de l'autre côté pour gagner du temps me traverse l'esprit mais ne fait que le traverser rapidement. Je balaie cette idée un peu à cause des trop nombreux films d'horreur que j'ai pu regarder avant que le bordel commence, mais aussi parce que je préfère être à deux si déjà je sais qu'il est dans le coin. Ce n'est pas une question d'avoir peur quand je suis seule, ça, ça va, je gère, je m'habitue assez bien à ce niveau là. C'est plus que lorsque je sais que Ian n'est pas loin, je préfère que l'on reste ensemble si ce n'est pour se rassurer et pour que l'un assure les arrières de l'autre. J'arrive à lui faire confiance et même si je suis du genre à vérifier quelques détails après lui, c'est plus par méfiance envers les crevés que par manque de confiance en lui.

Alors lorsqu'il s'élance dans une direction, je n'hésite pas à lui emboiter le pas, suivie de Zorya et Pinpin qui trottinent autour de nous. D'un pas rapide mais aussi discret que possible, nous avançons dans ce qui était autrefois une allée sûrement belle et dégagée. Son regard se porte sur l'arrière du jardin, la terrasse et ce qui fut avant une piscine. Moi j'essaie de détailler l'état du manoir et n'hésite pas à me retourner pour vérifier nos arrières, cas où un crevé ralenti par une quelconque blessure se trainerait jusqu'à nous. L'ensemble des fenêtre semble intacte, sale, mais intacte.

Je suis un peu passée en mode autoguidée et je me contente de suivre ses pas et la direction qu'il prend, mon regard étant occupé à observer l'endroit dans lequel nous nous trouvons et mon cerveau s'efforce d'imaginer ce que c'était de vivre ici avant. C'est clair que ça devait être l'opposé que d'une vie dans une ferme. Ici, ce devait être employés et jardiniers, des heures à bouquiner et d'autres à manger des plats toujours plus petits et toujours plus nombreux de jours en jours. Décidément, ce n'est pas l'endroit où j'aurai aimé grandir.

Je m'arrête alors que Ian est déjà penché sur une vitre d'une grande porte. Je le laisse observer l'intérieur, toujours occupée à détailler l'extérieur, alors qu'il se redresse pour me parler. Un sourire enfantin se dessine sur mon visage lorsqu'il se prend au jeu et m'appelle Belle.

Je m'avance jusqu'à la serrure et commence à observer la taille des clefs pour éliminer les plus petites vu la taille de la porte fenêtre. J'en essaie une, puis deux, puis je ne compte plus mais je ne perds pas patience. Ian prend la parole alors que sa silhouette me fait suffisamment d'ombre pour éviter d'être éblouie par le soleil.

« - Dans le Disney, il me suffirait de prendre une voix niaise et de demander aux clefs ou à la porte elle même laquelle de toute est la bonne... » dis-je dans un soupire alors qu'une des clefs s'insère enfin parfaitement dans la serrure et déverrouille la grande baie vitrée. « Et je suis totalement d'accord par rapport à l'exploration, je préfère aussi que l'on ne s'éloigne pas trop, faudrait pas perturber les chiens attends, t'imagines comme Pinpin serai perdu face à ce choix cornélien : sa maitresse de substitution d'amour ou bien son copain qui lui file toujours des petits bouts de nourriture ou de l'eau ! »

J'entre, me retourne, et adresse une révérence comme si je portais une robe. Un peu d'humour dans ce monde de crevé, ça ne fera de mal à personne... Je prends quelques secondes pour regarder l'intérieur de la pièce en attendant que Ian et les chiens entrent à leur tour avant de refermer à double tour la porte. On a vérifié le strict minimum l'extérieur, si déjà l'on doit faire face à quelque chose à l'intérieur, je préfère éviter une arrivée de crevés par derrière.

Ici le temps semble figé, des toiles d'araignées et de la poussières sur chaque meuble, le sol aussi est recouvert d'un duvet grisâtre. Mes yeux errent entre les fauteuils et les bibliothèques. J'avance vers la porte suivante qui elle n'est pas verrouillée et fais face à un immense couloir. Au sol, un tapis qui devait autre fois être dans rouge magnifique est aujourd'hui ternis par le temps et la poussière. Le grincement de la porte que j'avais imaginé plus discret raisonne dans le manoir alors que je grimace, me sentant coupable de ne pas avoir prévu le coup. Je me retourne vers Ian avec une mine désolée et ne bouge plus, m'attendant à tout comme à rien...


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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Mar 1 Aoû - 18:40


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Il y en avait des clés sur le trousseau et Emelie devait les essayer une par une afin de déterminer laquelle nous permettrait de débuter notre exploration. Durant ce moment, je me postai dos à elle et continuai d’observer les alentours. Il semblait que le zombie que nous avions aperçu tout à l’heure était un solitaire, un élément isolé. Je ne pouvais cependant pas m’empêcher de me demander comment il avait bien pu atterrir ici. Pour l’instant, je ne voyais que deux options. La première était qu’il n’était pas le seul mort-vivant sur le domaine. Après tout, la grille était solidement fermée à notre arrivée et depuis belle lurette qui plus est, le cadavre ambulant devait donc se trouver enfermé ici depuis des années, peut-être même depuis le tout début de cette histoire. Si cet homme avait été transformé en rôdeur, ce serait donc par la morsure d’un autre zombie et, selon toute logique, cela voudrait dire qu’il y aurait d’autres infectés à l’intérieur de ces murs. Combien, je ne le savais pas. La seconde option, plus rassurante, était que cet homme était décédé de ses blessures – il lui manquait plusieurs membres après tout – et que la mort l’avait transformé en zombie. Dans ce cas, peut-être était-il le seul mort-vivant du coin. En y réfléchissant bien, cela n’était pas nécessairement vrai. Et si d’autres personnes résidaient dans le manoir et étaient elles aussi décédées « naturellement » ? La famine, entre autres, n’était pas à exclure, puisque que comme je l’avais déjà précisé, la grille était verrouillée depuis un bon moment. Si les habitants étaient sortis pour chercher de la nourriture, ce n’était pas par la porte principale en tout cas. Les probabilités de la présence d’autres rôdeurs dans le manoir restait élevées, peu importe le scénario choisi. Nous allions devoir être prudents.

Emelie réussit enfin à ouvrir la porte. Ce faisant, elle accepta ma proposition de ne pas nous séparer. Je lui en fus reconnaissant et ses paroles me réjouirent, je répondis donc à la blague qu’elle lança pour justifier son accord. Je me penchai vers Pinpin et lui caressai la tête, chuchotant assez fort pour qu’Emelie l’entende : « Allez Pinpin, dis-lui que ton estomac aura toujours le dessus sur ta loyauté. Souviens-toi de la conserve de saumon d’hier soir. » Le molosse me regarda en tirant la langue, visiblement largué de la conversation que nous avions. Je suivi Emelie dans la demeure et, pour faire suite à sa révérence, je ployai le torse en agitant le bras, comme un majordome invitant les deux chiens à entrer à notre suite. Une chose était sûre, si la femme de ménage était en fonction lors de l’épidémie, elle ne l’était plus depuis. La saleté environnante recouvrait la pièce d’un halo grisâtre. Cet aura touchait autant les meubles que les murs. Le manoir était définitivement une résidence de riches, et ce malgré l’état des lieux. Le virus n’avait pas épargné les fortunés. C’était peut-être la seule vraie justice en ce monde… Pauvres ou friqués, cela ne faisait aucune différence pour les zombies. Mes parents étaient des entrepreneurs et ceux d’Emelie des avocats, mais dans un cas comme dans l’autre, ils étaient morts, leurs comptes en banque n’ayant pas servi de boucliers entre eux et les rôdeurs. Je passai ma main sur le tissu d’un fauteuil, lisse comme de la soie (peut-être en était-ce même). Le geste souleva un nuage de poussière qui manqua me faire tousser. Les yeux dans l’eau, je fouillai dans mon sac pour en extirper un foulard et le nouer autour de mon visage. Je me retournai vivement lorsque j’entendis le grincement produit par la porte qu’Emelie avait poussée. Le temps sembla se figer quelques secondes, moi je me figeai en tout cas. Emelie affichait une expression désolée, mais je ne lui en voulais pas. J’aurais produit le même son en ouvrant cette porte si j’avais été à sa place.

Les secondes passèrent et je nous crus tirés d’affaires, mais un grognement résonna quelque part dans la résidence. Je resserrai ma prise sur ma pioche, prêt à toute éventualité. Je ne pouvais pas localiser le ou les zombies, n’ayant pas pu déterminer d’où provenait ce grondement. Je poussai un hoquet surpris lorsque des poings se firent entendre contre la porte qui se trouvait du côté opposé à celle qu’Emelie venait d’ouvrir. D’un geste de la main, j’envoyai les deux chiens en direction de leur maîtresse, puis je me rapprochai de la source de bruit. Je ne voulais pas affronter un zombie dans un endroit aussi confiné, avec tous ces meubles, vases et pots de plantes qui risquaient d’entraver mes déplacements, mais je ne pouvais pas laisser le cadavre taper et attirer toute sa bande à sa suite. J’ouvris la porte et me reculai, attendant que le rôdeur se rapproche suffisamment. Je frappai d’un coup sec de ma pioche, puis une fois la menace exterminée, expirai longuement pour faire baisser mon stress. Il n’y avait personne d’autre dans le couloir derrière le zombie, mais je refermai la porte par précautions. Je retournai vers Emelie et lui dit : « Si un zombie passe par là, nous l’entendrons frapper. Continuons du côté que tu viens d’ouvrir, la voie semble libre. » Je pris les devants et avançai dans le couloir. À la première porte, je jetai un rapide coup d’œil dans la pièce, qui semblait vide. Il s’agissait d’un petit bureau, pas nécessairement le genre de lieux où se trouvait les trouvailles les plus utiles. Je voulais poursuivre, mais une ombre bougea au bout du couloir. Un zombie approchait ! Avant qu’il ne puisse tourner le coin, je poussai tout notre groupe dans la pièce et je regardai par la fente de la porte laissée entrouverte pour ne pas faire de bruit, espérant que le zombie passerait sans nous remarquer…

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Jeu 10 Aoû - 11:28



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Lorsque je me retourne après avoir fermer à clef la porte par laquelle nous sommes entrés, je vois Ian faire du charme à mon Pinpin en lui rappelant la conserve au saumon de la veille. Le chien, heureux d'être caressé et sûrement aussi qu'on se penche vers lui, remue la queue et laisse pendre sa langue de l'air de dire "j'ai faim". C'est un peu son air habituel en même temps à lui. Mais je ne peux m'empêcher de sourire devant cette complicité entre mon énorme molosse et mon ami.

« - C'est un coup bas ça, qui suis-je pour rivaliser face à une conserve au saumon dis moi ?   »

J'observe encore la pièce alors que Ian s'avance en direction d'une vielle chaise dont la couleur est difficile a déterminer à cause de la poussière longuement accumulée. D'un geste apparemment trop rapide, il effleure le tissus qui répond à sa caresse par un épais nuage de poussière. Je souris en le voyant lutter pour ne pas tousser bruyamment et lorsque je le vois sortir du tissus de son sac pour se le nouer autour du visage, j'imite cette idée. Ni une ni deux, mon sac glisse sur mon épaule et je fouille la poche avant pour en sortir un foulard. C'est utile ces trucs là ! Autant pour s'attacher les cheveux que pour s'essuyer le visage lorsqu'il pleut ou lorsqu'il fait trop chaud. C'est aussi efficace pour améliorer un tout petit peu l'air que l'on respire, mais cela tient vite particulièrement chaud.

Je m'avance vers une porte sur laquelle je pousse doucement, étant un peu ailleurs dans mes pensées, je suis immédiatement ramenée à la réalité en entendant le grondement sourd produit par la porte en bois. J'écarquille les yeux et grimace avant de lancer un regard désolé à Ian. Je vois sur son visage qu'il ne m'en veut pas, après tout ni l'un ni l'autre ne pouvait prévoir ça, mais nous sommes tout deux crispés et silencieux, l'oreille tendue et les yeux errant, attendant de savoir si j'ai déclenché une cavalcade de crevés ralentis.

Quelques secondes passent et rien n'arrive, je détends légèrement les muscles de mes doigts que j'avais crispé sur la porte et sur mon sac à dos. Ne jamais crier victoire trop vite, un grognement sourd raisonne de pièce en pièce. Le soucis avec les pièces aussi grandes, c'est que le moindre bruit se propage de gauche à droite à une vitesse folle et tout s'amplifie, tout se déforme.

Sursaut, des coups s'abattent contre la porte se trouvant à quelques mètres de Ian. Tout se déroule rapidement. D'un geste de la main, il ordonne aux fauves de me rejoindre. Ordre appliqué puisqu'ils rappliquent à mes côtés silencieusement. Je ne quitte pas mon ami des yeux, inquiète pour lui, on ne sait jamais sur quoi l'on peut tomber. Je vois Ian lancer un coup de pioche dans le crâne du crevé à qui il venait d'ouvrir la porte. Le cadavre s'effondre laissant le couloir vide et silencieux. Une fois la porte refermée, mon aventurier se retourne vers moi et les chiens et prend la parole.

J'approuve ses paroles en hochant la tête, l'idée de continuer par le couloir principal me motivait bien. Je me cale sur ses pas avec cette impression qu'il a pris les commandes du bateau, me permettant d'avancer à ses côtés avec mon mode d'autoguidage. J'ai cette désagréable impression depuis que je suis sortie de la ferme, ou peut-être depuis que j'y suis entrée. J'observe machinalement les gestes de Ian, il se penche devant la fente d'une porte pour essayer d'y voir quelque chose. Je m'approche de lui et essaie d'y voir clair. Un crevé bien habillé dans des vêtements classes mais salis par le temps, l'usure et sûrement par le jus de cadavre qui doit suinter par tous les pores. Apparement lui est d'avis à le laisser tranquille et à continuer notre chemin. Je dégaine ma lame et me rapproche de Ian, me collant presque à lui en m'élevant sur la pointe des pieds pour lui murmurer à son oreille.

« - Si on le laisse là, on ne pourra pas dormir sans s'inquiéter. Autant faire toutes les pièces et les abattre un à un, surtout s'ils sont isolés comme lui. »

Dès que j'ai finis ma phrase, je m'éloigne légèrement et attendant un hochement de tête ou un quelconque signe de la part de mon ami pour avoir son avis. Ni une ni deux, je pose la main sur la poignet après avoir ordonné aux fauves de rester avec Ian. Je sais que Zorya me suivra malgré tout et j'entre dans la pièce avec ma chienne pour couvrir mes arrières. Le crevé dans le bureau fait face à une vielle bibliothèque. L'air vide et creux, le regard complètement perdu, le cadavre semble éteint, en mode veille comme ils peuvent souvent l'être. Le soucis de ces modes, c'est qu'au moindre bruit, ils sortent de cet état éteint pour partir en quête de l'objet bruyant. J'avance en position, aussi silencieusement que possible et avant même qu'il ne se retourne, j'enfonce ma lame dans son crâne. Le bruit de son corps qui s'effondre au sol raisonne lourdement dans la pièce et je me retourne rapidement pour vérifier qu'il n'y a pas d'autres crevés dans le coin.

Le bureau est vide et maintenant plus rien ne bouge. J'essuie ma lame contre les vêtements du crevé, désolée monsieur, et me redresse pour rejoindre Ian. Ici, dans un bureau, je doute que l'on puisse trouver quoi que ce soit d'utile à la survie. Je sors de la pièce en refermant la porte derrière moi et m'élance en direction de la porte suivante.

Je tends l'oreille avant de pousser la porte, celle ci ne grince pas, soulagement. Je sens la présence de Ian derrière moi et je suis comme rassurée, comme si j'étais naïvement persuadée qu'il ne m'arriverait rien s'il est là. Doucement, progressivement, j'ouvre la porte qui donne sur une grande cuisine. Je devine cela au carrelage au sol et aux meubles en inox. Sûrement que la famille avait du personnel pour les petits plats et les grands diners. Une fois la porte totalement ouvert, je remarque rapidement la présence de deux crevés au fond de la pièce. Un petit maigrichon dont la peau des bras part en lambeau sur les vêtements déjà sales et abimés. Un autre, bien plus grand, bien plus gras, se tient mobile dans son tablier supposés autrefois blancs mais aujourd'hui vieillis. Le gros a un couteau enfoncé dans l'épaule et un second manche dépasse de sa poitrine. Le plus petit lui a une énorme morsure dans le cou et sa tête ne semble plus vraiment bien accrochée à son corps. Je lance un regard a Ian. On ne peut quand même pas refermer la porte et laisser ici de potentiels conserves...  



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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Sam 12 Aoû - 0:44


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

Bon, décidément, nous n’avions aucune chance aujourd’hui. La première maison que nous avions choisie était complètement envahie. La seconde l’était tout autant, même s’il s’agissait d’un manoir barricadé. Ce que j’avais craint se révélait réalité : le palace avait servi de refuge à plusieurs de ses habitants, qui avaient eu la malchance de tous finir en morts-vivants. Alors que j’étais figé face au rôdeur apparu dans le bureau, Emelie me chuchota que nous ne pouvions pas le laisser là si nous espérions dormir sur nos deux oreilles. Selon elle, il valait mieux éliminer les zombies au fil de notre exploration. Il était vrai que s’ils étaient tous dispersés entre les pièces, notre travail s’en trouverait facilité. Après un minime moment d’hésitation, j’approuvai le plan de mon amie et la regardai s’engouffrer seule dans le bureau. Bien que je détestais les rôdeurs et devoir les affronter, je savais que cela restait notre meilleure option. Après tout, le jour déclinait. Sortir d’ici, rejoindre la rue et trouver une maison vide pour la nuit risquait de prendre du temps, beaucoup plus que nous n’en avions avant que le soleil ne se couche. Connaissant notre malchance, toutes les résidences suivantes seraient elles aussi habitées. Au moins, les grandes pièces du manoir nous laissaient une marge de manœuvre appréciable pour combattre les rôdeurs, bien que cela ne se compare pas à un duel à l’extérieur. Je retins mon souffle tandis qu’Emelie s’avançait du cadavre, debout face à la bibliothèque, et l’achevait. Le bruit mou du corps sur le sol me glaça le sang, mais mon amie vérifia tous les coins du bureau et il semblait qu’elle avait achevé le seul adversaire de la pièce.

Je tendis l’oreille aux alentours tout en alternant mon regard entre les deux extrémités du couloir. Aucun rôdeur ne se montra le bout du nez, pour mon plus grand soulagement. Une fois son arme nettoyée, Emelie me rejoint et repris les devants de l’exploration. Elle ouvrit la prochaine porte sur notre chemin. Je jetai un coup d’œil pour voir que nous avions atteint la cuisine, digne d’un restaurant quatre étoiles (l’inspection aurait sûrement enlevé deux étoiles dû au manque de propreté de l’endroit). Tout au fond de la pièce, deux nouveaux rôdeurs. Un grand type énorme (sûrement le cuistot) avec deux couteaux qui lui dépassaient du corps, le deuxième plus petit, la tête en équilibre instable sur ses épaules suite à une morsure grave au cou. Pas besoin de se demander qui a transformé qui… Mon amie me jeta un regard interrogateur et je hochai la tête pour lui dire que j’étais d’accord pour affronter ces deux ennemis. Avec un peu de chance, il resterait des denrées non périssables dans le garde-manger si les habitants avaient été transformés avant d’avoir pu le vider en entier. Je fouillai dans mes poches et trouvai une pièce de monnaie (je n’avais jamais pu me résoudre à jeter l’argent qui se trouvait dans mes jeans même si elle ne valait techniquement plus rien) et je pointai le côté face, puis le plus gros rôdeur et enfin ma propre personne, histoire de dire « si je tombe sur face, je m’occupe du plus gros ». Le tirai la pièce dans les airs, la rattrapai et la posai sur mon bras. Je retirai ma main pour apercevoir…

Dés : Est-ce que Iain est tombé sur « face » ?

Pile. Je regardai Emelie pour m’assurer qu’elle avait bien vu de quel adversaire elle devait s’occuper. Laissant à ma coéquipière son rôdeur, je me dirigeai vers le mien. Les deux zombies regardaient dans la direction opposée, ils ne nous avaient donc pas encore remarqués. Un bon point pour nous. J’étais plus chanceux qu'Emelie, qui devait affronter un adversaire deux fois plus dangereux que le mien. Je la savais meilleure combattante que moi, bien meilleure même, mais avec les zombies, il n’y avait jamais rien de sûr. Je renforçai ma prise sur ma pioche et approchai du plus petit des deux morts-vivants. Il ne m’avait pas encore entendu. Je levai mon arme, frappai un coup… Par malchance, la tête instable du petit rôdeur s’inclina suite à l’impact et ma pioche ne s’enfonça pas dans son crâne, mais fut déviée. Elle heurta une épaisse planche à découper en bois sur le comptoir et le pic de mon arme y resta coincé. Alerté par ma tentative, le zombie se tourna vers moi et fit claquer ses mâchoires, la tête toujours de travers. Je reculai, désarmé et désemparé. Ta tâtonnai le comptoir jusqu’à mettre la main sur une poignée en métal. Une lourde casserole. J’envoyai un coup au rôdeur et sa tête acheva de se détacher pour rouler dans un coin de la cuisine. Échoué au sol, le corps ne bougeait plus, mais les mâchoires de la tête continuaient de claquer. Au moins elles n’avaient plus de moyens de m’atteindre. Avant d’aller récupérer mon arme et de mettre fin aux grognements du rôdeur décapité, je jetai un coup d’œil du côté d’Emelie pour voir si elle avait eu plus de chance que moi avec son adversaire.

You kill or you die or you die and you kill. † the walking dead.



Dernière édition par Iain Parks le Sam 12 Aoû - 0:57, édité 1 fois
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C'est trop tard pour ça, mon cher.

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Je n'ai point d'âge.

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De partout.

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Un être humain.

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× Et ton p'tit pseudo ? : :
Selon ton bon vouloir ... ça va de "zombaque" à "zonzon" en passant par ... "rôdeur"..

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Sam 12 Aoû - 0:44

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Jeu 5 Oct - 23:40



« I FEAR THAT NO

LIFE WILL EVER

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Je me perds un peu à dévisager ce qui reste de visage des crevés alors qu'un geste de Ian attire mon regard. Une pièce ? Ok s'il compte jouer à faire des ricochets et qu'il espère que l'on tire assez fort pour les tuer, je pense qu'on est parti pour une partie sans fin. Mon équipier me montre le côté face, puis le grassouillet et ensuite se désigne du doigt. Face, il se farcit le cuisinier, pile c'est moi qui le gère. Allez soit, c'est une bonne technique pour choisir. Une partie de moi espère voir la pièce me désigner le grand gaillard, même si j'ai confiance en Ian, j'ai un côté un peu protectrice avec lui... Je crois qu'il n'apprécierai pas s'il savait, alors je ne lui ai jamais dit.

La pièce virevolte dans les airs quelques secondes qui semblent durer, animées par le bruit lourd des corps des crevés qui se trainent dans le fond de la pièce. Suspense... Suspense.. Pile. J'acquiesce d'un mouvement de tête et échange un dernier regard avec Ian en murmurant sans voix, juste en bougeant les lèvres les mots «  à tout de suite  » comme je lui dis souvent, un peu pour me rassurer. Je ne sais plus depuis quand je lui dis ça, en général c'est souvent sans le dire vraiment, si ça se trouve il n'a même pas compris ce que je semble lui chuchoter à chaque fois, peut-être bien qu'il se dit que j'ai un tic étrange quand je pars au combat. Mais moi ça me rassure, si je lui dis à tout de suite, cela veut dire que peu importe ce qu'il arrive, nous allons nous retrouver bientôt, cela veut dire qu'il peut tout arriver, ma priorité sera de le trouver ensuite. Je dépose mon sac à dos dans un coin de la pièce pour ne pas être gênée dans mes mouvements surtout vu son poids...

On s'élance ensuite chacun suivit d'un fauve de part et d'autre de la cuisine. Des comptoirs, des étagères, des plaques de cuissons, des passes plats... Le chemin jusqu'à eux semble long mais ils ne nous remarquent pas. Un dernier regard à Ian qui s'approche de son maigrichon, hache à la main.

J'hésite brièvement entre ma longue lame et ma dague plus courte. L'ennemi est plus grand que moi, il est plus gros que moi, ma petite dague n'est donc pas le meilleur choix. Dans un mouvement rapide, je sors ma lame de son étuis dans mon dos et m'approche encore de grassouillet. Je mets mes deux mains sur le manche de mon arme et essaie de visualiser le coup que je vais lancer au crevé. Il est de dos, j'ai l'avantage, je sens déjà mon arme s'enfoncer dans l'arrière de son crâne. Pendant quelques secondes, j'hésite. Et il sent sûrement que quelque chose ne va pas, peut-être est-ce le bruit de Ian et du maigrichon ou peut-être est-ce ma respiration.
Il se retourne et grogne vers moi. Une masse énorme qui s'avance dans ma direction. Je le fixe mais j'ai l'impression d'être vide, pendant quelques instants, j'ai les images de la ferme qui défile devant mes yeux et se bousculent. C'est lorsque ma chienne pousse ma jambe pour attaquer celle du crevé que je reprends mes esprit. Ma Zorya a sûrement senti que le cadavre s'approchait trop et elle fait diversion. Quelque chose en moi craque je crois et je ressens le besoin de me défouler, de vider ce que j'accumule dans ma tête... D'un mouvement violent, je lance la lame légèrement pour assener le crevé d'un coup violent. Un cri sourd s'échappe de mes lèvres, pour lancer le second mouvement je mets toutes mes forces, toute ma colère, toute ma haine et ma rage. J'entends le bruit particulier d'un os qui se fissure. J'ouvre les yeux, Zorya se recule alors que s'effondre l'énorme masse.

J'ai encore besoin de me défouler, j'ai eu peur quand j'ai réalisé que j'allais commettre un faux pas. Mes yeux filent vérifier que Ian et Panpan vont bien et une fois que je vois la tête claquante du crevé s'agiter loin de son corps ainsi que mes deux acolytes bien debout et bien entiers, je m'appuie sur le mur derrière moi. Je me laisse descendre doucement jusqu'à ce que mes fesses touchent le sol, mes yeux rivés sur le crevé qui auraient pu me couter la vie, qui auraient pu rendre tous mes efforts jusque là complètement inutile. Je sens que je vais craquer, j'ai besoin qu'on me rassure, qu'on me dise que ça va aller, que même si tout ne va pas bien, on va se débrouiller parce qu'on s'en sort toujours... J'ai besoin d'entendre que quelque chose en vaut la peine, j'ai besoin de parler, de laisser sortir un peu tout ce que j'enferme en moi. Ça ne m'arrive pas souvent pourtant...


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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Lun 9 Oct - 16:59


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

« À tout de suite. » C’était ce que j’avais cru comprendre lorsqu’Emelie avait chuchoté avant de s’élancer vers son rôdeur, celui que la pièce avait choisi pour elle. Entre cet instant et le moment où je m’étais retourné une fois mon adversaire décapité, il me semblait toutefois qu’une heure s’était écoulée. Je m’étais retrouvé désarmé face à mon adversaire, pratiquement à la merci de ses dents venimeuses, tandis qu’Emelie avait semblée désemparée face à la montagne qu’elle devait terrasser. Elle était maintenant appuyée contre le mur, le regard fixé sur le cadavre du rôdeur vaincu et visiblement, quelque chose n’allait pas. J’étais figé par la peur, peur qu’un truc horrible soit arrivé à mon amie. Et si elle avait été mordue ? Pinpin, qui m’avait suivi à la trace durant mon combat avec le rôdeur maigrichon, s’en alla rejoindre sa maîtresse. Je voulais le devancer et rejoindre Emelie, m’assurer que tout allait bien, lui faire savoir que j’étais là. Cependant, je ne pouvais pas tant que je n’aurais pas réglé certaines choses. D’un geste brusque, je tournai le dos à mon amie et approchai du comptoir. J’empoignai le manche de ma pioche, posai ma main sur la planche de bois dans laquelle elle était fichée et je tirai de toutes mes forces. L’arme se délogea grâce à mes efforts et mon bras fut expulsé vers l’arrière. Sans attendre, je rejoignis le coin de la pièce où la tête continuait de s’agiter, mordant dans les moutons de poussière que les mouvements de sa mâchoire soulevaient. Je mis fin aux jours du zombie, soupirant de satisfaction lorsque le claquement de dents prit fin. Ce son allait me rendre fou, comme un tic toc d’horloge ou le bruit d’une goutte lorsqu’on essaie de faire le tri dans sa tête.

Je me relevai, mais je ne pouvais pas rejoindre Emelie, pas encore. À grandes enjambées, je retournai à la porte que nous avions empruntée et je la refermai avant de la verrouiller. Notre combat n’avait pas été des plus silencieux. Ma casserole avait résonné en heurtant la tête du zombie et Emelie avait crié en défonçant le crâne du sien. Si les autres morts-vivants ne savaient pas où nous nous trouvions, ils étaient désormais au courant. Néanmoins, la porte était en bois massif et le verrou tournait comme un neuf, nous n’avions donc rien à craindre du côté de cette entrée. Les cadavres ambulants pouvaient y heurter leurs poings durant des jours et des jours avant qu’ils ne puissent la faire bouger de ses gonds. Peut-être Emelie me trouvait-elle étrange d’agir ainsi, voir insensible, mais même si je voulais plus que tout retourner à ses côtés, je devais avant tout m’assurer que nous étions en sécurité. Emelie semblait en état de choc et n’était visiblement pas en mesure de retourner combattre, je voulais donc m’assurer que cette cuisine devienne notre forteresse. Rien pour nous interrompre. Je fis le tour de la pièce, voulant sécuriser tous les autres accès, puis, une fois satisfait, j’accouru jusqu’à Emelie. « Est-ce que ça va ? Tu n’as pas été mordue ? » Sans attendre qu’elle me réponde, j’attrapai ses poignets et je vérifiai chaque centimètre carré de ses bras, cherchant à m’assurer qu’il n’y avait aucune trace de morsure sur sa peau. Une fois mon inspection terminée, je sentis la poigne qui étreignait mes entrailles se desserrer. Emelie n’était pas blessée. Elle n’allait pas mourir.

Qu’aurais-je fait sans Emelie ? La perspective de la perdre m’était horrifiante au point de me couper le souffle, mais je pouvais maintenant l’écarter. Soulagé, je penchai la tête vers elle et appuyai mon front contre le sien. Je n’étais pas démonstratif d’ordinaire, mais les circonstances n’étaient pas ordinaires. « Je suis là Emelie. Nous sommes en sécurité. » Je relevai la tête et cherchai à croiser son regard pour m’assurer qu’elle avait entendu. Maintenant que la peur m’avait quitté, la culpabilité me rongeait. Tout était de ma faute. Je savais bien qu’Emelie était chamboulée parce qu’elle avait vu à la ferme, ou plutôt parce qu’elle n’y avait pas trouvé, mais j’avais insisté pour que nous avancions dans notre explorations. Je voulais lui changer les idées, je croyais que c’était ce qu’elle avait besoin, mais en vérité peut-être n’avait-elle besoin que de temps. Nous aurions pu nous installer dans le salon de la ferme, lui laisser le temps de faire le tri dans ses souvenirs, ses découvertes, ses angoisses. J’aurais dû être là pour elle, mais à la place je l’avais entraînée dans cette stupide exploration de la bordure de Sacramento. Je voulais renoncer à cette entreprise et lui dire : « Passons la nuit ici, dans cette cuisine. Demain nous partirons de cet horrible manoir. » Cependant, je ne voulais plus décider pour nous deux de la suite des choses. Je devais lui laisser le temps dont elle avait besoin. Barricadés dans la cuisine, nous avions tous le temps pour nous. « Dis-moi ce qui ne va pas. Je suis là. »

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams

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I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams

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