I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams - Page 2
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I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Sam 14 Oct - 16:58



« I FEAR THAT NO

LIFE WILL EVER

BE LIKE THIS AGAIN »


Iain Parks  & Emelie C. Grahams

 

 



Mes yeux fixent le cadavre immobile alors que j'entends au loin les pas de Ian qui s'agite dans la pièce. Alors que Pinpin vient frotter son museau sur ma jambe et que Zorya en fait autant, je déduis que mon ami est en train de sécuriser la pièce. Je ne vois que ça, je l'imagine mal en train de fouiller les placards ou parti continuer de vider le manoir... Pourtant, je me sens tellement vide que j'ai l'impression que je n'ai même plus la force de tourner la tête pour voir ce qu'il fait. Les bruits autour de moi raisonnent dans mon crâne comme s'ils étaient loin et j'ai l'impression d'entendre des voix bien plus nettement. Je ne suis pas folle mais je perds pieds, je me casse la gueule dans mes pensées sans arriver à me retenir à quoi que ce soit.

Ian se fait une place entre les deux gros chiens qui trônent autour de moi, inquiets, et avant même que je comprenne ce qu'il vient de me dire, il attrape mes mains et les retourne une a une. Mes yeux s'attardent sur ma peau, sur mes tatouages que Ian vient de rendre visibles en vérifiant sûrement si je ne me suis pas fait mordre ou blesser. Ses doigts tournent légèrement mon visage pour continuer son inspection minutieuse, je ne quitte pas mes doigts des yeux, mes pupilles sont restées accrochées à l'une de mes bagues. Je sens bien que je l'inquiète, il m'a posé une question mais j'ai la sensation que sa voix s'est perdue parmi celles qui remontent de mes souvenirs et je demeure incapable de le rassurer je crois que j'ai trop besoin que ce soit lui qui me rassure.

Son front vient doucement s'appuyer sur le mien et c'est seulement à ce moment là que mon regard croise le sien lorsque je relève les yeux. Je vois dans son regard l'inquiétude, l'incompréhension mêlée à un soulagement après avoir remarqué que le gros cadavre de cuisinier ne m'avait pas abimé. Eh non, je suis toujours bien entière et bien là, quoi que peut-être complètement vide de l'intérieur pour l'instant. J'ai l'impression que je vais éclater en sanglots, que je vais serrer Ian dans mes bras si fort que j'arriverai à colmater la fissure qui me fait craquer mais rien. Rien ne sort, si ce n'est qu'une larme suivie d'une seconde qui s'échappe sur ma joue.

Ian me dit qu'il est là. Qu'il est là et que nous sommes en sécurité. Chacun de ses mots me fait du bien. Entendre qu'il est là pour moi me soulage, je le sais, mais j'ai l'impression que sa voix me ramène doucement dans le présent et m'éloigne des démons qui essaient de me faire baisser les bras. Qu'il dise mon prénom, qu'il m'assure que nous sommes en sécurité d'un ton aussi sûr de lui. J'ai le sentiment qu'il sait ce que j'ai besoin d'entendre là, tout de suite, maintenant. J'ai l'impression qu'il a vraiment envie de m'aider, son regard rempli de bienveillance et de gentillesse, je me demande ce que je ferai sans lui.

Je n'arrive toujours pas à ouvrir la bouche, les larmes se suivent les unes après les autres mais aucun sanglot, aucun cri, aucun mot ne veut sortir. Je vais exploser de l'intérieur et je ne peux pas tout garder en moi. Alors que je me sens doucement glisser encore vers de douloureux souvenirs, Ian me rattrape à nouveau à temps avec quelques mots simples. Son front s'étant légèrement éloigné du mien, nos regards ne se sont, eux, pas lâchés.

« Dis-moi ce qui ne va pas. » Ce qui ne va pas ? J'entrouvre la bouche alors qu'un flot difforme de pensées se bouscule dans ma tête. Je ne sais pas par où commencer, j'ai mal, j'ai peur, je craque, je suis perdue. Perdue et paniquée surtout. Si ce n'était pas Ian, je me serai forcée à me secouer, à me relever, à sourire ou à m'éloigner pour passer à autre chose. J'aurai plié ça de force pour faire rentrer cette douleur qui me déchire le coeur dans un des tiroirs de ma mémoire. J'ai tout un mur de tiroirs à ne jamais ouvrir, à bien isoler surtout. Mais là, aujourd'hui, ça ne fonctionne pas. Je crains qu'en essayant d'enfouir ça, je fasse imploser l'équilibre précaire que je me suis construit depuis le début du bordel sur terre. Je regarde Ian et cherche les mots pour expliquer ce que je ressens...

« -J'ai tellement peur Ian... Je crois que je me suis toujours raccrochée à l'idée que Stan va bien, je crois que je n'ai jamais imaginé l'idée qu'il puisse ne plus être là. Mes parents, je les ai vu morts, on a dû faire avec pour tenir à trois, je devais tenir pour que Nono et Stan tiennent aussi... Nono... C'était... C'est différent, c'est compliqué, je le sais, mais j'ai quand même du mal à y croire... » S'il n'y avait qu'une ou deux larmes qui s'échappaient avant de mes yeux, c'est maintenant l'avalanche lacrymale. Je regarde Ian, apeurée. « Je crois qu'une partie de moi tient uniquement dans le but de retrouver mon frère, je n'arrive pas à concevoir que ce soit possible autrement, ça me fait tellement peur, tellement mal. Tous les souvenirs auxquels je ne pensais plus qui sont remontés d'un coup en surface, j'ai l'impression de me prendre tout ça comme une baffe dans la gueule, comme si c'était ma punition pour être partie. Et si j'étais restée plus longtemps, et si j'étais revenue plus souvent, et si j'avais mieux cherché, plus longtemps cherché, cherché plus loin, cherché ailleurs, différemment, mieux... Je m'en veux de ne pas savoir où il est, je m'en veux de ne pas être avec lui, je m'en veux de ne pas être là, près de lui, et je crois que je m'en veux tout simplement d'être là si... si... Enfin dans l'hypothèse où lui... tu vois quoi...  »

Je penche la tête, mon regard quitte le sien et je ferme les yeux. Je déteste pleurer devant quelqu'un. J'ai déjà du mal à consoler une personne mais alors être consolée c'est le pompon de ce que j'aime le moins... Mais si c'est Ian, ça va, j'y arrive, ce lien qui nous unit est tellement fort que j'ai souvent l'impression que l'un comme l'autre, nous dépassons nos limites pour nous rapprocher. La grosse tête de Zorya se pose sur ma cuisse. Je réalise que mes doigts tremblent alors je serre les poings. Je réfléchis quelques instants, essayant de mettre de l'ordre dans mes pensées et de me focaliser sur les heures qui sont passées depuis que nous avons quittés la ferme. Je réalise que sans la motivation de mon ami, je serai sûrement restée là bas indéfiniment... Je ne sais pas où j'en serai sans lui...

« - Merci de m'avoir motivé à sortir de la ferme, chaque pas que j'y faisais faisait remonter en moi de vieux souvenirs... Merci d'être là Ian.  » Je ne parlais déjà pas bien fort avant, mais j'avais prononcé cette dernière phrase du bout des lèvres, un peu par timidité, un peu par pudeur, plus vraiment l'habitude de dire ce que je ressens mais ça me fait du bien de lui dire ça. Un peu plus, et je lui déballe le fait qu'il est à l'heure actuelle l'humain le plus important pour moi, que j'ai l'impression d'être un peu plus vivante depuis qu'il a fait son retour dans ma vie, qu'il est souvent ma motivation à ne pas baisser les bras lorsqu'il n'est pas là et que je vais mal, que j'attends nos moments ensembles...



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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Lun 23 Oct - 2:23


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

Les larmes commencèrent à couler sur le visage de mon amie et je me rendis compte qu’il s’agissait d’une des premières fois que je voyais Emelie pleurer, si ce n’était pas LA première. Nous avions connu bien des choses ensemble, nous avions vécu dans la même caravane, nous avions combattu côte-à-côte, nous nous étions racontés nos vies de long en large, mais les pleurs, eux, n’avaient encore jamais fait partie des choses que pour partagions. Quelque chose l’avait visiblement ébranlée et comme je n’en connaissais pas exactement la nature, je ne pouvais que spéculer. Le combat contre ce rôdeur particulièrement corpulent avait-il été difficile ? Avait-elle faillit y laisser sa peau ? Avant que je pose mon front contre le sien, ses yeux n’arrivaient pas à se fixer sur moi ou sur les deux chiens qui rivalisaient avec moi afin d’avoir son attention, mais il semblait que ce contact physique l’avait en quelque sorte ramenée à l’instant présent. Du moins, son regard croisait le mien. Emelie resta silencieuse, et je ne savais pas si c’était parce que les mots n’arrivaient pas à sortir ou si elle n’arrivait tout simplement pas à nommer ce qui l’affectait. Je restai patient, ne désirant pas la bousculer outre mesure. Rien ne pressait, même si chaque seconde passée sans réponse accroissait mon inquiétude. Je me rappelai que les coups ne résonnaient pas encore contre la porte de la cuisine, que tout danger immédiat avait été chassé de la pièce. Tout comme moi, les deux chiens d’Emelie attendaient que leur maîtresse réagisse et se pressaient contre elle.

Le silence finit par être remplacé par la voix d’Emelie. Mon amie n’avait jamais envisagé que Stan puisse être ailleurs qu’à la ferme. C’était le genre de chose que je pouvais comprendre. Entre l’angoisse de savoir nos proches dévorés vivant par les zombies et l’idée qu’ils puissent être là où nous les avions laissés, l’espoir était ce qui nous permettait de tenir face aux propres adversités qui nous accablaient. Elle avait tellement souhaité le voir derrière la porte de la ferme, mais ses souhaits avaient été déçus. Pire, la culpabilité la rongeait de ne pas être avec Stan présentement, d’avoir quitté la ferme sans lui, de ne pas savoir où il se trouvait ou même s’il était encore en vie… Non, il est encore en vie ! Je devais rester positif pour Emelie qui avait de la difficulté à garder le cap, submergée par les souvenirs qu’elle disait revenir à elle depuis notre visite de son ancienne demeure. Cela se révélait difficile compte-tenu du fait que chacune de ses paroles me rappelait mes propres sentiments face à la disparition de ma sœur. La culpabilité, les espoirs détruits, sans cesse imaginer le pire, cela faisait également partie de mon quotidien. Emelie ferma les yeux et je sentais qu’elle essayait de se contrôler, de reprendre le dessus sur ses émotions. Ses mains tremblaient et j’avançai l’une des miennes pour la poser sur son poing, mais je fini par changer d’idée. Je cherchais les bons mots pour ne pas empirer la situation, pour lui faire comprendre qu’elle n’était aucunement responsable du fait qu’elle et Stan étaient séparés, mais je n’arrivais pas à formuler mes idées, à leur donner tout le poids que je voulais qu’elles aient.

Avant que je ne puisse ébaucher un début de phrase, Emelie me remercia de l’avoir incitée à partir de la ferme. J’en restai bouche-bée quelques secondes, ne m’attendant pas à cela. « J’avais l’impression d’avoir empiré les choses… » Je n’avais pas pu m’empêcher de lui faire part de ce que j’avais ressenti toute la journée. Savoir que quitter la ferme avait été la bonne décision me libérait de toute la pression que je m’étais mise sur les épaules, de toute la culpabilité qui m’habitait depuis des heures. Je n’avais eu besoin que d’une confirmation de sa part que j’avais bien agi pour aussitôt me sentir plus léger. « Merci d’être là, toi aussi. » Était-ce suffisant pour lui exprimer à quel point la revoir avait changé ma vie ? Que depuis qu’elle s’était jetée sur moi, sur la place du marché de Yosemite, elle m’avait dévier de ma trajectoire vers la dépression ? Qu’avant de la retrouver, j’étais désespéré, esseulé et mal en point ? Je lui offris un sourire sans rajouter d’autres paroles, sachant que parfois les choses les plus simples étaient celles qui avaient le plus de force. Je poursuivi ensuite avec plus de facilité, sachant que je n’avais qu’à faire de mon mieux. Même si cela se révélait imparfait, mes intentions transparaîtraient. « Ce n’est pas ta faute si tu n’as pas encore retrouvé Stan. Tu n’aurais pas pu faire plus que ce que tu as déjà fait. Crois-moi, tu n’es aucunement responsable de votre séparation. »

Plus facile à dire qu’à croire, mais il s’agissait de la vérité. Emelie n’avait pas eu le choix de partir pour survivre. Toutefois, je savais à quel point nous autres survivants pouvions être durs envers nous-mêmes et nous considérer coupables des pires atrocités. Je ne voulais pas la culpabiliser pour ses pensées, seulement lui faire réaliser qu’elle n’avait pas à se flageller ainsi. « On a tous le droit de se sentir surpassé à un moment ou à un autre, alors prends tout le temps qu’il te faut. Tu n’es pas seule, tu m’as moi, tu as Pinpin et Zorya. Et un jour Stan sera là lui aussi, ne perds pas espoir à ce sujet. » Je décidai ensuite de rester silencieux et de laisser à Emelie le temps de se remettre. Je fouillai dans mon sac et en sorti une barre chocolatée que j’avais trouvée en chemin vers Sacramento et la lui tendis. Si Harry Potter m’avait appris une seule chose, c’était que le chocolat pouvait venir à bout de bien des maux.

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Lun 13 Nov - 23:19



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Iain Parks  & Emelie C. Grahams

 

 



Pendant quelques instants, Ian ne semble pas bouger. Brièvement, l'idée d'en avoir trop dit me traverse l'esprit et j'ai comme un pincement au coeur ne sachant pas comment revenir en arrière. J'ai toujours cette envie de rembobiner et de changer de sujet plutôt que de me confier sur des choses aussi personnelles... Mais aujourd'hui je sais qu'il faut que cela sorte si je ne veux pas imploser

Je le regarde, muette, l'observe... Quand ses mots sortent, c'est comme un soulagement même si sur le coup je ne comprends pas pourquoi il me dit qu'il a eut l'impression d'empirer les choses. Je n'ose pas lui dire que je pense que j'aurai été capable de me laisser mourir en attendant sur place, ne voulant pas abandonner cet espoir qui me maintient en vie. J'attrape sa main et la serre fort entre les deux miennes. C'est vrai que nous ne sommes pas les plus tactiles mais aujourd'hui j'ai l'impression que tout est différent, comme si une bulle s'était créée le temps d'un moment dans cette cuisine, contre ce mur poussiéreux, entre ses plans de travail endormis et mes deux chiens nous observant silencieusement...

J'esquisse un léger sourire en coin lorsqu'il me remercie d'être là pour lui. Une larme dévie son chemin suite à ce léger mouvement sur ma joue et vient rejoindre sur mon cou ses soeurs déjà tombée au combat. Je ne sais pas quoi dire, les mots me manquent pour exprimer comme je tiens à lui. Je crois qu'un sourire et sa main dans la mienne, c'est ce que je peux faire de plus fort, là, tout de suite, étant donné mon état moral et psychologique...

Entendre de la bouche de Ian les mots qu'une petite partie de moi me répétait sans cesse me fit un bien fou. Et même si malgré tout la majeur partie de mon âme restait persuadé que je n'en avais pas fait assez pour retrouver mon frère, une toute petite petite petite partie savait que si j'avais fait plus que ça, j'aurai sûrement mis ma vie en danger... Ceci dit c'est ironique d'entendre ces mots là de sa bouche sachant qu'il se sent aussi coupable que moi pour sa soeur. Pour autant, à aucun moment je n'ai l'impression qu'il me ment ou qu'il dit cela juste pour me faire plaisir. J'ai plus le sentiment qu'il pense sincèrement ce qu'il dit puisqu'il doit aussi avoir une part de lui convaincu que nous faisons chacun notre possible pour les gens que nous aimons. L'essentiel étant de les retrouver... Si nous périssions en les cherchant, nous n'aurions rien gagner... Cela me fait énormément de bien d'entendre cela et j'espère qu'il se rend compte que ses mots sont aussi valables pour lui que pour moi. Mon regard ne quitte pas le sien, et je ne lâche pas sa main que je serre dans les miennes comme un besoin de prendre des forces...

Je ricane doucement en l'entendant me dire qu'il est là lui et mes deux fauves. Un peu un rire nerveux après toute cette émotion qui est sorti d'un coup, mais un rire sincère pour autant. C'est vrai qu'il résume plutôt bien les choses... Même si perdre mon camping car me ferait bien grogner, je suis prête à le donner à n'importe qui plutôt que de savoir Ian ou un de mes fauves dans un mauvais état... Je ne sais pas s'ils s'en rendent compte, je ne pense pas, mais ils forment à eux trois ma motivation de continuer à l'heure actuelle... Je ne sais pas comment le formuler alors ça sort maladroitement, mais ça doit sortir...

« - Je ne sais pas ce que je ferai sans vous tu sais... »

Je crois que si j'avais été plus tactile, je l'aurai serré dans mes bras. Mais mon gros côté cactus m'empêche de me blottir contre lui comme une part de moi en meurt d'envie. Un peu par peur de franchir une barrière peut-être si je dois être honnête. Je me contente de ne lâcher ni sa main, ni son regard et de lui adresser un sourire aussi sincère que je peux. Quelques instants passent ainsi et je crois que je romps le contact en première, voulant attraper un morceau de tissus pour moucher la morve qui gêne mon nez. Instant glamour bonjour. Pendant ce temps je vois mon ami fouiller dans son sac, attirant la truffe humide de Pinpin, toujours curieux de voir ce que l'on peut tirer de nos sac et partager avec lui... Ian attrape une barre chocolatée et je souris. Le chocolat c'est mon péché mignon, il le sait, et si jamais il a sorti cette barre avec comme seule intention de grignoter dans son coin, il peut d'ors et déjà abandonner cette idée. Je tends une main vers lui et ouvre grand les yeux.

« - Je sais encore moins ce que je ferai sans chocolat... Tu partages ? Dis oui, dis oui, dis oui, dis oui. » Je tente la technique des yeux doux, de la voix enfantine, de la moue de petite fille malheureuse.

J'essaie de me redresser en prenant autant appuie sur le fessier de ma Zorya que sur le bras de Ian. Je sais que rester immobile n'est pas une bonne chose et je préfère finir de fouiller la maison avant que la nuit soit tombée, comme ça nous pourrons dormir sur nos deux oreilles et peut-être trouver quelques objets utiles... Pour autant, je n'ai pas envie de casser la conversation. Malgré tous les moments que nous passons ensemble, je crois que Ian et moi sommes rarement aussi intime qu'en ce moment même. D'accord, il nous arrive plus ou moins souvent de nous confier, de parler du passé, des peurs du futurs, des espoirs concernants le présent... Mais c'est souvent dans le noir, allongé côte à côte dans la caravane ou en expédition, sans avoir le regard de l'autre qui nous pèse sur les épaules malgré que l'on ne se juge pas... Je me suis redressée, face à lui, dos au mur, ma main tenant toujours son avant bras dans lequel il tient sa barre de chocolat et je le regarde quelques instants.

« - N'empêche... Tu te rends compte le hasard dingue qui nous a permis de nous croiser sur la place du marché ? T'imagines si on s'était loupé, dis... T'y penses parfois ? » Demandé-je sur le ton de la confidence, voulant profiter encore quelques instants de cette proximité physique qui me réchauffait le coeur... Traitez moi de niaise si vous voulez, mais depuis les débuts de l'apocalypse, les contacts physiques si petits soient-ils se font rares comme la méfiance est d'ordre. Alors je crois que l'on profite tous un peu de ses instants volés, surtout lorsqu'on les partage avec quelqu'un qui nous est aussi cher... Bon, j'admets que l'idée de lui piquer sa barre de chocolat pour en profiter seule me traverse égoïstement l'esprit (on parle de chocolat tout de même)


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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Mar 21 Nov - 3:09


I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again

Peu après que je lui eus révélé que je croyais avoir mal agi en quittant la ferme et que je l’eus remerciée d’être avec moi, Emelie m’agrippa la main pour ne plus la lâcher du reste de la conversation. Je n’en retirais pas l’impression qu’elle avait peur que je m’éloigne, mais plutôt qu’elle voulait me confirmer qu’elle était là pour moi, tout comme je l’étais pour elle. Nous ne nous tenions jamais la main, tout comme les tapes sur l’épaule ou les enlacements étaient peu communs pour nous, alors nos rares contacts physiques se révélaient énormément significatifs malgré leur apparente banalité. Nous rompîmes le lien lorsque je fouillai dans mon sac à la recherche de nourriture réconfortante pour mon amie. Emelie avait dit ne pas savoir ce qu’elle ferait sans ses deux chiens et moi, mais il semblait que le chocolat occupait une place encore plus spéciale dans son cœur. Impossible pour moi de ne pas rire devant son expression exagérée, sa main posée sur mon bras, comme si elle craignait que je reprenne la tablette. Je la lançai doucement sur ses genoux. « Elle est même toute à toi si tu veux. » Puis, me retournant vers Pinpin, qui tendait sa grosse truffe en direction de la friandise : « N’y penses même pas, tu sais très bien que c’est du poison pour toi. » La situation semblait retrouver une certaine légèreté, après ces instants plus chargés. Je ne m’en plaignais pas, même si je devais avouer que de nous vider le cœur était un moment dont nous avions besoin, l’un des rares où Emelie et moi nous permettions d’être vraiment nous-mêmes, sans notre fierté qui nous poussait à ériger une armure.

La prochaine question de mon amie portait sur les circonstances de notre rencontre, sur la place du marché de Yosemite, et surtout aux innombrables possibilités qu’elle ne se produise pas. « J’y pense souvent en fait. Je ne sais pas où je serais si nous nous étions croisés sans nous voir, mais une chose est sûr, je ne serais pas aussi bien entouré. » Je lui offre un sourire tandis que je gratouille Pinpin à mes côtés entre les deux oreilles. Il était vrai que sans elle et ses deux molosses, la solitude serait ma seule compagne de route. J’aurais continué de craindre tout ce qui marchait sur deux pattes, humains comme zombies. Je croyais alors que m’isoler restait la meilleure solution pour ma survie à long terme. Je réalisais maintenant que mon mental n’aurait pas pu supporter cela encore longtemps. Je sombrais un peu plus chaque jour vers le désespoir, rongé par la culpabilité d’être séparé de ma sœur, avant qu’Emelie ne croise ma route. « Je ne sais pas s’il s’agit d’un coup de chance ou bien du destin. C’est un peu notre genre de truc, à toi et moi, non ? Se perdre de vue et se retrouver complètement par hasard des années plus tard. » Après deux événements de ce genre, il était normal de mettre en doute la simple coïncidence et de commencer à y voir un motif. D’une certaine façon, y lire une explication moins rationnelle me rassurait. Je ne voulais pas croire que notre duo était le fruit du hasard. Nous étions ensemble car nous devions l’être, pas par un simple coup de chance.

Par les fenêtres au fond de la pièce, je pu voir un rayon de lumière s’échouer sur le carrelage de la cuisine et se refléter sur les plans de travail métalliques. Le temps avait filé et la journée tirait à sa fin. Le soleil irradiait d’une lueur dorée qui semblait donner une allure artificielle, surnaturelle, à tout ce qu’il touchait. D’une certaine façon, la cuisine ne me semblait que plus accueillante, comme si on y avait jeté un sort pour y protéger tous ceux qui s’y trouvaient. L’endroit était hors du temps. « Qu’est-ce que tu dirais de mettre fin à nos recherches pour aujourd’hui ? La cuisine me semble suffisamment sécuritaire pour y passer la nuit. Et puis la journée a été éprouvante. » Pour tout dire, je ne me sentais plus apte à affronter quoi que ce soit d’autre aujourd’hui. Je ne voulais pas me relever, je ne voulais pas avoir à rehausser mon niveau de vigilance et je ne voulais pas me retrouver piégé par la noirceur dans une demeure que je ne connaissais pas. Emelie et moi avions fait de cette cuisine un refuge et je voulais qu’elle le reste encore un peu. Les lourdes portes étaient verrouillées et aucun rôdeur supplémentaire n’était venu annoncer sa présence, nous ne craignions donc rien ici. Monter la garde se révélerait superflu, nous pourrions donc profiter d’une nuit complète de sommeil réparateur.

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams Sam 23 Juin - 19:33

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MessageSujet: Re: I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams

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I Fear That No Life Will Ever Be Like This Again // Emelie C. Grahams

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