Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana
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Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana

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MessageSujet: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Mer 6 Sep - 5:05

Et quand enfin fini la nuit. On se sent triste, elle nous trahi.Je survolais des yeux la marchandise qui m’était présenté sur la petite table en bois de ma cabane. Je repoussais ce que je ne voulais pas, pensant à ce que j’avais réellement besoin. Et pour l’instant, ça ne se présentait pas bien. Le trois quart du stock qu’il m’avait apporté n’était pas bon du tout. Il me prenait pour une idiote, c’était clair. C’était parce qu’il ne me connaissait pas encore. Et il apprendrait rapidement à le faire. Quand je dis rapidement, ça veut dire tout de suite. Je regardais encore quelques secondes les caisses de munitions rouillées et les conserves de nourriture pour chien pour relever les yeux et planter directement mon regard sombre dans le sien. Il avait un sourire satisfait sur le visage, comme s’il croyait que j’allais tomber dans son piège. J’avais fais affaire avec lui parce qu’on m’avait dit qu’il était de confiance et qu’il arrivait à trouver du bon stock sans ruiner ses clients. Mais à ce que je voyais, il ne servait que des gens d’une certaine réputation. Pourtant, j’aurais cru qu’après le temps que j’avais passé à Bodie, il m’aurait traité avec plus de respect.

« Alors ma p’tite dame. On a un accord ? » Me demande-t-il d’un ton entendu. Comme s’il avait déjà gagné. Peut être qu’en temps normal, il était un négociant hors pair, mais il n’avait pas gagné avec moi. C’était même plutôt le contraire. Je faisais la mou, regardais à nouveau le stock et haussais les épaules. « Non. On n’a pas d’accord. Rapporte cette merde avec toi, je n’en veux pas. » Je lui fis signe de prendre la porte et lui tournais déjà le dos. « Attendez un peu ! J’ai apporté ce que vous m’aviez demandé ! Je fais pas tout ce boulot pour rien ! Vous allez me payer ! » Un sourire apparut sur mon visage pour se dissoudre aussitôt que je me retournais pour faire face au marchand. Ou je devrais dire ; voleur. Alors comme ça, le monsieur menaçait sa clientèle si celle-ci n’était pas satisfaite. Ça n’allait pas se passer comme ça. Du moins pas avec moi. Il pouvait bien faire ce qu’il voulait des autres, mais s’il continuait à se conduire de manière aussi odieuse avec moi, il ressortirait d’ici les pieds devant. Je décrochais le pistolet à ma ceinture et pointais le canon sur la tête de l’homme. Pas besoin de défaire la sécurité, je ne la mettais jamais. J’étais toujours prête.  L’homme recula d’un pas et leva légèrement les bras en l’air. « Et bien, c’est mieux comme ça non. J’aime qu’on reste poli avec moi et tu vas l’apprendre rapidement. Premièrement, ne me parle pas sur ce ton. Je t’ai averti, la prochaine fois je te mets une balle dans la tête. Et deuxièmement, ton stock c’est de la merde. Je veux bien acheter, mais hors de question que j’accepte cette bouffe craignos et ces munitions crasseuses. » Je lui pointais alors la porte de ma main libre, mon pistolet toujours pointé sur sa tête. « Reviens me voir lorsque t’auras quelque chose d’intéressant à me proposer d’accord ? » Il hocha la tête sans ajouter un mot et je lui souris alors qu’il sortait de ma cabane, enfouissant son stock dans un large sac qu’il s’empressa de jeter sur son dos avant de quitter.

« Oublie pas la porte en sortant. » Rajoutais-je alors qu’il avait déjà fait quelques pas à l’extérieur. Il sembla hésiter, le dos toujours tourné à moi. Je chargeais alors mon pistolet et ce seul bruit lui fit faire demi-tour, refermer la porte derrière lui et quitter à toute vitesse entre les arbres. Je reposais mon arme sur la table et m’asseyais à une des chaises qui craqua lorsque j’y posais les fesses. J’avais vécu avec beaucoup plus de luxe avant cette épidémie mais je ne me plaignais pas de ce que je possédais. J’avais plus à me plaindre de mon entourage. Que des fainéants qui ne faisaient que le strict minimum. Comment j’étais supposé arriver à trouver de la nourriture ou des matériaux encore en bon état quand on me servait de la telle chiasse constamment ? Par contre, c’était la première fois qu’un vendeur m’apportait des vivres aussi peu reluisants. Il allait falloir que je trouve mieux. Et surtout qu’ils fassent mieux. Je commençais à avoir une certaine réputation à Bodie et pas question que je la perde en refilant de la bouffe pour chien. Les gens ne me faisaient peut être pas confiance, mais au moins ils savaient que je pouvais leur vendre des vivres de qualités même s’ils avaient à payer plus cher. J’avais peut être quitté la prison au début de l’épidémie, mais le principe était le même ici. Intimider pour se faire respecter, ça avait toujours été ça en fait. Même lorsque j’étais avocate à la défense. Toujours intimider le parti adverse. Faire peur pour obtenir des réponses, pour avoir la vérité. Ça n’avait pas changé. J’étais peut être qu’une femme pour certains, mais ils apprenaient rapidement à me craindre. Je n’étais pas ici pour jouer.

Assise à la table en bois de ma cabane, je fixais le pistolet reposant sur la surface, me demandant bien si ce vendeur reviendrait après la manière dont je l’avais traité. J’espérais que oui, sinon j’allais devoir repartir à la chasse aux vivres. Je passais une main dans mes cheveux puis me relevais. « On se reprend Joy. Un café et on commence cette journée en beauté. » Pas que la journée n’était pas déjà commencé. Mais ma journée ne commençait jamais vraiment avant que je n’ai consommé le premier café.  
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Jeu 7 Sep - 3:15

Mon âme sœur dans la détresse...Lorsque j’avais entendu parler de Bodie, je m’étais attendu à tout, sauf à cela. Je n’avais pas en tête une vision idyllique de l’endroit du genre fermette-enchantée-où-les-animaux-parlent-et-où-le-maïs-pousse-en-une-nuit, ça non, mais de là à imaginer qu’il s’agissait d’un repaire de truands et de malfrats… Je pouvais dire adieu à ma tactique de jeune fille innocente, mieux valait être intimidante tant que je me trouvais dans le coin.  Et moi qui comptais tomber sur un petit groupe naïf et facile à dévaliser ! Je préférais ne pas détrousser les voleurs, on ne savait jamais quand ils feraient appels aux meurtriers pour les aider à se venger. Si vous pensez que cela faisait de moi une trouillarde, détrompez-vous, cela faisait de moi une femme intelligente. On apprend un truc ou deux en passant du temps derrière les barreaux, du genre à rester dans les bonnes grâces de ses ennemis. Cependant, même si ce campement détonnait de l’image que je m’en étais faîte, cela ne voulait pas dire que j’avais l’intention de le fuir pour autant. Ici, j’étais sûre d’avoir la paix d’esprit, puisque personne ne prendrait jamais le risque de s’attaquer aux pires enflures toujours en vie. Je pouvais bien m’offrir une pause bien méritée en attendant de décider de la suite de mon voyage. Alors que je déambulais sans trop savoir où me diriger, quelque peu désemparée dans cet endroit étranger dont les habitants et les règles m’étaient inconnus, un bruit à proximité finit par attirer mon attention. Droit devant moi, derrière un petit bosquet d’arbres, un homme sortit en trombe d’une des petites cabanes, un lourd sac sur le dos, avant qu’une voix féminine et un cliquetis de pistolet le menace pour qu’il referme la porte.

Cette scène ne sortait pas de l’ordinaire de ce que j’avais aperçu ici. Disons que la civilité et la politesse ne feraient pas partie de la brochure touristique de Bodie. Cependant, elle me cloua sur place, parce que la femme qui se tenait dans l’embrasure de la porte, je la connaissais. Je l’avais même crue morte après toutes ces années à déambuler sans jamais la recroiser. Voilà que dans le plus pur des hasards, ma route recroisait celle de Joy Nightingale. En fait, j’aurais bien dû m’en douter dès l’instant où j’avais compris quel genre de personnes habitait cet endroit. Ce n’était pas la légende du Croque-Mitaine qu’on devrait raconter aux enfants turbulents, mais celle de l’avocate sanguinaire qui avait toute la prison à ses pieds. Son visiteur, toutefois, ne semblait pas avoir compris à qui il avait affaire, puisque je l’entendis marmonner dans sa barbe tandis qu’il passait près de moi : « Cette Nightingale, non mais quelle sal*pe… ! » Je fronçai les sourcils en écoutant les paroles de l’homme. Il fallait croire que mes anciennes habitudes revenaient au galop, car j’étais prête à défendre l’honneur de ma femme de prison à peine une minute après l’avoir retrouvée. Je mis fon à mon statisme et je m’avançai en direction de l’homme. « Excusez-moi monsieur, est-ce que vous auriez deux minutes pour moi ? » L’homme se retourna, le visage rouge de colère, puis son expression se radoucit en voyant mon sourire aguicheur. « Oh, mais qu’est-ce que je peux bien faire pour vous ma p’tite dame ? », demanda-t-il tout en s’approchant de moi. J’attendis qu’il soit suffisamment près… et je lui balançai mon poing en plein nez.

Ma victime hurla en portant ses mains à son visage. J’espérais lui avoir cassé le nez, mais je n’avais entendu aucun craquement – heureusement d’ailleurs puisque ma main pulsait elle aussi de douleur. Je la secouai subtilement, jetant maintenant un regard féroce à l’homme au baluchon. « Ça, c’est pour avoir insulté Joy à voix haute. La prochaine fois que je vous entends parler d’elle ainsi, je vous couperez la langue, alors apprenez à la tourner sept fois avant d’ouvrir votre grande gueule ! » Sans attendre le prochain round, le petit malpoli s’enfuit et je poussai un soupir de contentement. Cette effusion de violence avait calmé mes nerfs. J’étais toute chamboulée d’avoir retrouvé ma codétenue. Même si au départ je m’étais rapprochée de Joy histoire d’éviter les embrouilles avec les autres détenues, j’avais fini par apprécier le petit duo que nous formions. Nous étions plutôt efficace pour nous imposer partout où nous allions et mener à vie dure à celles qui ne nous respectaient pas comme nous le méritions. Nous étions même plus que de simples partenaires dans le crime, même si notre couple était surtout un passe-temps, du moins de mon côté. Je n’avais jamais aimé personne, à l’exception de moi-même. Cela ne voulait pas dire que je n’avais pas attristée de perdre Joy de vue, le jour de notre fuite, mais cette époque était loin derrière moi maintenant que je savais où retrouver ma complice. Je couru jusqu’à son perron et je frappai trois coups à la porte.
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Dim 17 Sep - 18:16

Et quand enfin fini la nuit. On se sent triste, elle nous trahi J’étais presque à court de café. Il allait falloir que je remédie à ça. Je savais que je pouvais m’en passer, mais pourquoi vivre sans quand on arrive facilement à s’en procurer ? Je n’aurais qu’à échanger quelques trucs dont je ne me servais pas pour deux ou trois boites de café moulu. Je savais que j’avais de plus gros problème en ce moment mais pour moi, tout était important. Autant essayer de monter dans les rangs de la hiérarchie complètement brisé de Bodie que d’avoir mon café le matin. Parce que oui, ça semblait peut être fou mais je me disais que ce ne serait sûrement pas compliqué de prendre la tête d’un groupe de taré sans cervelle. Après tout, j’avais une bonne tête sur les épaules et je savais comment m’entretenir avec les gens d’ici. C’était comme quand j’étais en prison. Avec des menaces et quelques exemples de mes talents de kickboxeuse, j’arrivais à terrifier certains d’entre eux. J’avais mis le feu à une cabane une fois. On avait essayé de m’intimider mais ce qu’ils ont rapidement comprit c’est que c’est moi qui intimide et pas le contraire. Les seules fois où j’ai été terrifié par quelqu’un, c’était au début de ma carrière d’avocate. Aujourd’hui j’ai tout vu et tout vécu, faut pas essayer de se mettre dans mes pattes.

Je me rassois à ma petite table, mon café en main et commence à le siroter tranquillement. On aurait de la difficulté à croire que je venais de mettre un homme à la porte de ma cabane à la pointe d’un fusil. Il ne me manquait que le cahier de mots croisés et je pourrais presque croire que les zombies n’existaient pas et que la civilisation avait été anéantie par un virus. Mais la menace était toujours présente. Il fallait se surveiller constamment. Et même si je semblais complètement détendu en ce moment, j’avais toujours l’œil ouvert. C’était un de mes trucs aussi. Sembler calme, ne pas se soucier de rien, mais je suis toujours prête à répliquer. Que ce soit une attaque de zombie ou d’un de mes congénères, on ne me prend pas par surprise. Certain on cru à tord pouvoir s’en prendre à moi mais je suis beaucoup moins détendu que je n’en ai l’air.

Et alors que je prends ma première gorgé de café, j’entends cogner à la porte de ma cabane. Est-ce que cet idiot est déjà revenu ? Il en veut encore ? Exaspéré d’être à nouveau dérangé, je me levais de ma chaise et marchais lentement jusqu’à la porte. J’allais le faire attendre un peu quand même. J’aimais bien me laisser désirer. Puis avant d’ouvrir la porte, je m’armais de mon pistolet que je pointais contre la porte. En ouvrant celle-ci, je visais directement la tête de l’intrus qui venait de cogner pour me rendre compte de mon erreur. Ce n’était pas le lourdaud de tout à l’heure. Je reconnaissais cette tête. Et pas de Bodie. Non, d’une ancienne vie. Surprise, j’abaissais mon arme et observais la femme qui se tenait devant moi. Un large sourire apparu sur mon visage et je sortais de la cabane, ne me préoccupant plus du tout du lascar que j’avais renvoyé tout à l’heure. « Lana c’est pas vrai ! » Sans penser à sa réaction, je lui fonçais dessus et la prenais dans mes bras. Combien de temps ça faisait ? Je ne pouvais même pas le dire. Je ne comptais plus les jours depuis longtemps. Je m’étais dis qu’elle était probablement morte. C’était ce que je me disais de tous ceux qui étaient disparus en fait. Mais pour Lana ça avait été plus difficile à croire. Parce que j’avais un réel attachement pour elle. Ma complice de crime et de pouvoir. Grâce à elle j’avais réussis à gravir plus d’échelon lorsque nous étions en prison. Et nous nous étions tenus compagnie. S’il y avait bien une personne en qui j’avais confiance c’était elle. Lana ne me trahirait jamais. Je desserrais mon étreinte pour la regarder, tenant toujours ses bras, n’arrivant pas à croire qu’elle était réellement ici. « Comment tu m’as retrouvé ? Je te croyais morte depuis longtemps après le désastre de la prison. » Elle avait réussit à s’en sortir elle aussi. Pas comme le reste des prisonnières qui avaient tentés de s’enfuir avec moi. Dévorés par les rôdeurs comme de vulgaire burger. L’excitation était à son comble et c’était plutôt rare pour moi. Haussant les sourcils, j’attendais sa réponse avec impatience. Je voulais savoir comment elle s’en était sortit et où elle avait été dans les dernières années. Nos chemins s’étaient séparés pour mieux se retrouver. Étrange comme la vie était faite parfois.
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Sam 23 Sep - 17:08

Mon âme sœur dans la détresse...Toute personne normalement constituée aurait sûrement reculé en apercevant le canon du pistolet qui les attendait derrière la porte de la masure. Certains se seraient figés, d’autres auraient laissé échapper un cri, les plus timides un simple hoquet de surprise. Pour ma part, mon visage se fendit d’un immense sourire, car je reconnaissais là ma vieille amie. L’intimidation était comme une seconde nature pour elle. Je ne savais pas si elle jouait la comédie ou si elle ressentait le besoin de toujours répondre à la porte ainsi (si c’était le cas, cela me donnerait une bonne idée de comment me comporter à Bodie), néanmoins cela cadrait avec son personnage.  Je haussai un sourcil moqueur lorsque l’arme s’effaça pour laisser place au visage de Joy, comme pour la narguer sur son niveau de paranoïa. Une bouffée de nostalgie m’envahit lorsque je l’entendis m’appeler Lana, ce que personne n’avait fait depuis un bon moment. Oh, ce que Joy avait pu me manquer ! Je ne réalisais l’étendue de ma perte que maintenant. J’étais trop occupée à escroquer pour survivre, je n’avais pas eu le temps de me perdre dans les regrets et les souvenirs, mais maintenant que je l’avais devant mes yeux, tout me revenait d’un seul coup. Joy s’avança ensuite pour me serrer contre elle et je lui rendis automatiquement son étreinte. Je n’étais pas une grande sentimentale, mais retrouver une complice après cinq ans méritait bien cinq secondes d’accolades, non ? Je reculai ensuite pour lui fournir un début d’explication quand elle me demanda comment je l’avais retrouvée. « Et moi je TE pensais morte. Crois-moi, c’est un pur hasard si je passe dans le coin au même moment où tu menaces un homme devant ta piaule. Je ne savais même pas ce qu’était Bodie avant d’arriver ici, encore moins que tu t’y trouvais. »

Un pur hasard, oui, et le hasard fait bien les choses. Alors que j’avais préféré fuir tous les autres campements et groupes auparavant, quelque chose m’avait attiré à Bodie. Je n’étais pas une de ces personnes qui croyaient au destin et à ce genre d’imbécilités. Le tarot, les boules de cristal et compagnie ne sont que des escroqueries. Croyez-moi, je m’y connais en arnaque. Non, je n’étais pas venu à Bodie parce que je devais y retrouver Joy. J’avais été attirée par la possibilité d’un butin facile, par les avantages que ce camp me promettait. Il n’était donc pas surprenant que Joy s’y soit installée pour les mêmes raisons. Nous sommes semblables, elle et moi. Pas pareilles, mais assez similaires. Joy a plus le tempérament d’une meneuse que moi. Le pouvoir est sa drogue. Pour ma part, traîner dans l’ombre des puissants me convient entièrement. Tout ce que je veux, c’est qu’on me craigne suffisamment pour qu’on me laisse tranquille et tant mieux si je peux en profiter pour élaborer un plan ou eux avec le boss. Cependant, avant de penser à tous les nouveaux coups que nous pourrions élaborer à Bodie, nous devions nous occuper des cinq années passées. « Laisses-moi entrer, qu’on rattrape le temps perdu. Je veux tout savoir de ton parcours. » Je n’attendis pas qu’elle me le propose ou même qu’elle me fasse une place. Je me faufilai tout de suite à l’intérieur de sa cabane pour en examiner un peu la décoration.

La première chose qui m’assaillit une fois passé le cadre de la porte ne fut pas un élément visuel, mais une odeur. Le café. Ses effluves flottaient entre les quatre murs et l’eau me monta immédiatement à la bouche. Il y avait longtemps que je n’avais pas eu le luxe de boire une bonne tasse. C’était l’un des avantages de la sédentarité, de pouvoir posséder une bouilloire et des filtres. Ce n’était pas  le genre de chose qu’on traînait avec soi en priorité quand on était sur les routes. « S’il-te-plaît dis-moi qu’il te reste une tasse de café pour moi. Je viens juste de frapper en pleine figure le type qui sort de chez-toi pour t’avoir manqué de respect, je mérite bien ça comme récompense. » Je me sentais en droit de lui demander une telle chose comme si elle et moi étions encore proches, comme s’il n’y avait pas eu cinq ans entre notre dernière rencontre et aujourd’hui. « Je t’aurais bien demandé un sac de glace pour ma main, mais je préfère ne pas m’attendre à l’impossible. » Un instant, je me questionnai. Étais-je toujours la préférée de Joy ? Ou bien m’avait-elle remplacée ? Il n’y avait personne d’autre avec nous dans cette cabane, mais cela ne voulait pas dire que Joy agissait seule. J’étais tellement heureuse de la retrouver, j’espérais qu’elle ne m’annonce pas bientôt une terrible nouvelle. Personne n’aimait apprendre être dispensable, ou pire, avoir déjà été échangée.
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Lun 9 Oct - 5:53

Et quand enfin fini la nuit. On se sent triste, elle nous trahi Je continuais de sourire alors qu’elle m’expliquait la raison du pourquoi elle m’avait retrouvé. Et étrangement, je n’étais pas surprise. Elle et moi étions pareille, c’était obliqué qu’on se retrouve à la même place. Bodie était l’endroit parfait pour nous. Plein de malfrat, d’imbécile et de rusé. Comme dans le temps. J’avais l’impression de faire un saut dans le passé. De retourner dans cette prison où j’avais une certaine réputation. Où je m’étais élevé à coup de menace et de coup de poing. Personne n’y avait échappé. Et personne n’y échapperait encore aujourd’hui. Maintenant que Lana était là, plus personne ne pourrait se mettre sur mon chemin. Elle était là pour me soutenir et elle ferait en sorte que le pouvoir nous appartienne. « Le hasard fait bien les choses. » Est la seule chose que je lui réponds. Même si j’aurais cherché à la retrouver en parcourant tout le pays, je suis sûr que je n’aurais jamais réussis. Et en ne cherchant même pas, elle venait frapper à la porte de ma cabane comme si de rien n’était. C’était quand même dingue. Et quasi impossible. Quelles étaient les chances qu’on se retrouve ici ? Très mince si vous voulez mon avis.

Lorsque Lana s’invita à l’intérieur en me demandant comment s’était passé les 5 dernières années. Je ne pu m’empêcher de rire et de la suivre à l’intérieur. Si n’importe qui d’autre avait fait ça, je lui aurais déjà troué la tête. Mais comme c’était Lana, j’acceptais le tout sans broncher. Elle avait le droit de faire quasiment tout en ma présence, de se comporter comme elle le voulait, tant qu’elle ne me manquait pas de respect ou qu’elle ne tentait pas de gagner du pouvoir. Ça avait toujours été ainsi entre nous. Elle m’aidait à obtenir ce que je voulais et je lui offrais une protection. Avec moi elle était en sécurité et ne manquait de rien. Mais je ne savais pas si ça tenait toujours. Après tout, plusieurs années s’étaient écoulées depuis notre dernière escapade. J’avais changé et elle aussi sûrement. J’étais plus cruelle, sans pitié et sang chaud. Je ne laissais rien ou presque passer. J’avais tué plusieurs personnes depuis la prison et si le système de justice avait encore été en place, j’aurais subis la chaise électrique depuis bien longtemps. De nos jours, la psychopathie était acceptée et il fallait être plutôt frileux pour ne jamais avoir tué personne.

Je l’écoutais me quémander une tasse de café alors qu’elle m’avoua avoir frappé le revendeur qui venait de passer et que j’avais menacé de mon fusil. Ce salaud, il le méritait bien. Je pris quelques secondes pour m’assoir à la table et lui indiquais la bouilloire ainsi que les filtres et tout le nécessaire sur mon poêle d’époque. Bodie était une ville fantôme et j’avais hérité de quelques vieux meubles en prenant possession de la cabane. C’était assez efficace. « Sert toi. Je vais bientôt être à court, mais pour avoir frappé ce vieux con, tu te mérites bien le dernier café. » Lana occupait peut être un rang assez élevé dans mon estime, mais ce ne serait jamais assez pour que je lui serve moi-même le café. Personne n’était assez important pour que je ne lui serve quelque chose en fait. Elle avait déjà de la chance pour avoir les derniers grains qui me restaient, elle pourrait s’en contenter.

« Pour la glace tu as vu juste. Ce serait un miracle d’y avoir accès. Et il ne faut pas trop en demander aux gens des alentours. Que des fainéants et des menteurs. Je t’avertis tout de suite, méfie toi de tout le monde. Mais je ne crois pas que tu aies besoin d’être avertis. » Elle avait vu tout de suite que l’homme quittant ma cabane était un menteur et un escroc, alors je savais qu’elle survivrait facilement dans le coin. « Tu arrives de où comme ça ? J’imagine que tu as du rejoindre quelques groupes en te rendant jusqu’ici ? À moins que tu es fais le chemin toute seule ? » Ça me surprendrait de Lana si elle avait effectué le trajet en solitaire. Elle fonctionnait mieux en groupe ou avec quelques personnes.
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Sam 14 Oct - 15:26

Mon âme sœur dans la détresse...Selon ce que j’avais compris, Bodie était une ville fantôme avant que tous ces survivants décident de s’y installer et d’y remettre un peu de vie. Une ville ressuscitée, donc. Cela expliquait le look vieillot des maisonnettes et le mobilier archaïque qu’elles contenaient. Lorsque la propriétaire des lieux m’accorda la permission de me servir dans ses dernières réserves de café,  je m’approchai du vieux poêle et commençai à concocter ma boisson tout en écoutant Joy. Alors comme ça, Bodie était peuplé de paresseux et de menteurs ? Pas étonnant, quand on savait quel genre de gens y résidait. Selon mon amie, je ne devais pas me fier à personne ici, conseil qu’elle aurait aussi bien pu ne jamais me donner puisque je le savais déjà. Je n’avais fait confiance qu’à deux personnes dans ma vie, et ces deux personnes discutaient actuellement dans cette pièce par le plus grand des hasards. Tandis que je faisais couler l’eau bouillante sur le café moulu, je me tournai vers Joy pour lui répondre. « Pigé. Ne pas faire confiance à personne. Surtout pas aux avocates qui ont fini sur le banc des accusés. Ce sont les pires, celles-là. » Je haussai un sourcil moqueur, puis je retournai à mon ouvrage. Le délicieux fumet du café vint me chatouiller les narines et je salivai à la seule pensée de ma première gorgée. Une fois ma tasse prête, je me dirigeai vers la table et pris place face à Joy. Je trempai mes lèvres dans le liquide bouillant, trop impatiente, et même la brûlure de mon palais ne put altérer le bonheur que je ressentais grâce à l’arôme amer du café.

Maintenant que nous étions toutes les deux désaltérées et attablées, il était temps d’en venir à nous parcours. Joy voulait que je commence par le mien, et je ne me fis pas prier. « Moi ? Rejoindre un groupe ? » À vrai dire, je comprenais qu’elle ait pu avoir cette image de moi. N’avais-je pas été jadis une jeune fille effrayée qui s’était cachée sous les jupons de la plus terrifiante des prisonnières pour ne pas finir dévorée toute crue par les autres femmes qui l’entouraient ? C’était bien la seule fois que j’avais accepté de dépendre de quelqu’un. J’avais toujours opéré seule depuis que j’avais quitté la baraque de mon beau-père et que j’avais acheté avec mes économies un billet d’autobus pour Vegas. C’était en atterrissant en taules que j’avais commencé à travailler en équipe. Tous ces coups avec Joy m’avaient bien plu, mais ce n’était pas parce que j’avais appris à être une seconde en commande que je n’avais pas été capable de rechausser mes souliers de femme indépendante quand nous nous étions perdues de vue. « Je n’ai pas trouvé de chef aussi bon que toi pour me convaincre de rejoindre son groupe. Non, j’ai survécu par moi-même durant tout ce temps. » Par moi-même était erroné, j’avais survécu en volant ce qui appartenait à autrui. « Tu connais le numéro de la demoiselle en détresse ? Avec ça, tu attires deux types de mecs : ceux qui veulent jouer au héros et ceux qui veulent profiter de ta vulnérabilité. Dans les deux cas, une balle tirée par surprise finit par les refroidir. » Je prononçai ces mots sur un ton neutre. Je n’essayais pas de paraître fière de moi. Je ne voulais pas impressionner Joy, juste à lui dresser le portrait de ces dernières années.

Je repris une gorgée de café. Même si je voulais le faire durer le plus longtemps possible, je ne pouvais pas m’empêcher de le siroter depuis tout à l’heure. De toute façon, il était bien meilleur lorsqu’encore chaud. « Avec le temps je n’attirais plus que des types démunis. Il y a quelques jours je suis tombé sur un homme qui avait un sac plutôt chargé et qui m’a dit venir d’ici, alors je me suis dit que la vie ne devait pas être trop mauvaise dans le coin. Et puis tu connais la suite : j’ai vu un fantôme du passé. » Je n’étais pas une grande nostalgique, puisque je n’avais pas grand-chose à regretter. Mon père qui avait préféré sa secrétaire à sa famille ? Ma mère qui aimait plus l’argent que sa fille ? Les bars dégueulasses où je me dénudais pour du fric ? La prison ? Si j’avais retrouvé n’importe qui d’autre que Joy, j’aurais poursuivi mon chemin, mais je ne pouvais l’ignorer elle. Je parlais comme une idiote amoureuse ou une suiveuse, mais ce n’était aucunement le cas. Je n’avais pas besoin d’être près de Joy, j’en avais envie. Avec elle, nous formions un tout bien plus efficace que la somme de ses parties. J’entrevoyais un monde de possibilité à ses côtés. Néanmoins, avant de me tourner vers l’avenir, il fallait revisiter encore un peu le passé. « Et toi ? »
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Dim 22 Oct - 23:55

Et quand enfin fini la nuit. On se sent triste, elle nous trahi Elle n’avait pas changé d’une traite à ce que je pouvais entendre. Elle avait de la chance d’être de mon côté sinon je ne l’aurais pas laissé me parler comme ça. Suite à sa remarque concernant mon procès, je souris et répondis : « Je vois que tu as appris des meilleures. » Et en parlant des meilleures, je parle de moi bien sûr. Mais dans un sens elle avait raison. Il ne fallait pas me faire confiance. Je n’étais pas une personne de confiance. Sauf pour Lana bien entendu. Et je ne faisais pas plus confiance aux autres. Je n’étais pas dupe et je ne serais sûrement pas la première à me faire rouler dans la farine. C’était moi ici qui avait le pouvoir et l’influence et non le contraire. Bon, l’influence on repassera mais ça viendrait un jour. Il y avait beaucoup de monde à Bodie et ça prend plus que quelques alliés pour obtenir le pouvoir. Il fallait commencer par être plus puissant que les autres têtes qui tentaient de s’élever par-dessus les autres. Parce que même si le boss était mort, il fallait bien s’attendre à ce que plusieurs survivants avides de pouvoir essaient de percer. Et j’étais l’une d’entre eux.

Je me sentis flatté lorsqu’elle dit ne pas avoir trouvé de chef aussi bon que moi. J’étais difficile à battre, je le savais. Et je fus surprise d’apprendre qu’elle avait voyagé seule pendant tout ce temps. Seule dans ce vaste monde sans aide extérieur. Il fallait tout une audace pour ne rejoindre aucun groupe et espérer sans sortir vivante seule. Et elle avait réussit. Si elle était ici en ce moment, c’était qu’elle avait survécut à tout ce qui s’était présenté sur son chemin. Je souris en l’écoutant me raconter une des techniques qu’elle avait utilisées. S’en prendre à de pauvres types était aussi ma technique préférée. Mais la sienne était tout de même assez drastique. J’imagine que quand on survit par ses propres moyens, on doit arriver rapidement à nos fins. « Et bien je vois que tu as très bien survécu seule jusqu’à maintenant. Disons que ta méthode est très bien pensée également. » Je n’avais pas vécu bien longtemps seule. Le temps de trouver Bodie en fait. Mais elle, ça devait faire un sacré bout de temps qu’elle tenait le coup. Elle n’aurait plus à le faire maintenant. Pourtant j’avais l’impression que son talent pourrait me servir dans le futur. Je gardais cela en note et me promettais d’en faire bon usage plus tard. Un homme l’avait envoyé à Bodie ? C’est un bien drôle de conseil à donner à quelqu’un. À moins qu’on ait envie que cette personne ne se fasse voler tout ses avoirs ou même qu’elle se fasse tuer. Pourtant je n’avais pas peur pour Lana. Elle arriverait à se faire sa place ici. Que ce soit avec moi ou pas. Mais j’avais bien l’intention de faire en sorte qu’elle reste avec moi. Nous formions le duo parfait avant et je savais qu’elle me serait d’une grande aide aujourd’hui. Avec ses nouvelles connaissances, son arrivée ne pouvait que m’être bénéfique. Et j’étais aussi heureuse de la voir. Même très heureuse. Elle était l’une des seules personnes en qui j’avais confiance. Probablement la seule en fait. Après toutes ces années loin l’une de l’autre, je savais que sa fidélité était intouché.

Elle me retourna alors ma question et je pris quelques secondes pour y réfléchir. Mon parcours était loin d’être palpitant. Je m’étais dépêché de faire mon chemin jusqu’à un groupe qui en valait la peine et où je pourrais utiliser mes machinations à bon escient. « Oh moi… J’ai voyagé seule le temps d’arriver ici en fait. J’ai l’impression d’avoir voyagé en ligne droite. Quand je suis arrivé à Bodie, les idiots du coin on cru qu’ils pourraient m’intimider mais je leur ai rapidement fait comprendre que c’était eux qui travailleraient pour moi. Comme si j’avais le temps pour de telles idioties. » Ça n’avait prit que quelques semaines pour qu’on me laisse tranquille et quelques mois pour que j’arrive à prendre des ententes avec d’autres survivants faisant du commerce. « Et puis le patron est mort il n’y a pas longtemps. Tué par je ne sais qui. C’est le branle bas de combat depuis. Les gens font n’importe quoi. Alors je profite du chaos pour me propulser, si tu vois ce que je veux dire. » Elle devait savoir pertinemment ce que je voulais dire par là. Comme lorsque nous étions en prison. J’avais l’intention de gravir les échelons en profitant du trouble qui régnait. C’était toujours en période de crise que les leaders resurgissaient. Malheureusement je n’étais pas la seule possédant la soif du pouvoir dans le coin… Je pris une gorgée de café tout en regardant Lana. Heureuse de pouvoir compter sur une alliée.
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Ven 3 Nov - 1:00

Mon âme sœur dans la détresse...Il fallait croire que, même si j’avais tenté de rester modeste, mon histoire avait un petit côté impressionnant, puisque Joy loua ma technique de survie. Je lui fis un petit signe de tête en remerciement, puis retournai à mon café. Lorsque je questionnai l’avocate en retour, je profitai de ses quelques instants de réflexion afin de me pencher sur ce que je ressentais. J’étais fière d’avoir mérité les compliments de Joy et un tumulte de sentiments contradictoires en résultait. Je devais m’avouer que, d’une part, je voulais l’approbation de Joy Nightingale. Je la considérais comme une tacticienne douée et une femme à l’esprit complexe et unique, je me sentais donc validée par ses félicitations. C’était en réalisant cela que je m’étais trouvée idiote. Qu’est-ce que j’étais en train de devenir ? Toute ma vie d’adulte, je n’avais pu compter que sur moi-même. J’élaborais mes propres coups, je les mettais en action, j’en récoltais les bénéfices. J’avais été quelqu’un avant de rencontrer Joy, une personne indépendante, intelligente, astucieuse. Pourquoi donc gloussais-je comme une adolescente sans cervelle lorsque celle-ci me portait attention ? Pourquoi avais-je été submergée d’enchantement en la revoyant, moi qui survivait sans difficulté depuis près de cinq ans ? J’étais toujours aussi heureuse d’avoir retrouvée ma chère amie, mais je m’en voulais maintenant d’avoir teinté cette joie de sentiments négatifs. Il s’agissait d’un cercle vicieux : je regrettais ces instants de bonheur, puis je regrettais de les avoir gâchés, pour ensuite revenir à la case départ.

Lorsque Joy me raconta son récit, j’en profitai pour lui dévouer mon entière attention et cesser de me torturer. Ma codétenue était partie de la prison pour atterrir presque directement à Bodie, ce qui expliquait pourquoi nous ne nous étions pas croisées. J’avais pris une direction différente dès ma sortie du pénitencier, sans grand espoir de retrouver l’une des femmes avec qui nous avions investi la cafétéria. Jusqu’à présent, j’avais cru être la seule à avoir pu m’enfuir en vie de l’établissement. Je n’avais jamais revu aucune de mes anciennes camarades avant aujourd’hui. Peut-être les autres avaient-elles rejoint d’autres campements, comme ce parc naturel peuplé d’imbéciles, mais à mon avis leur mort était plus probable. Aucune n’était aussi brillante que Joy ou moi. L’avocate poursuivit ensuite en me dévoilant que le chef de ce groupe avait été retrouvé assassiné il y avait peu de temps et que depuis Bodie était en pleine ébullition. En y réfléchissant, peut-être que l’homme que j’avais dévalisé et qui m’avait indiqué le chemin fuyait la place. Moi, comme une pauvre cruche, j’avais préféré me jeter directement dans le brasier sans me questionner une seule seconde. J’avais de la chance d’être tombée sur une personne de confiance en arrivant sur place et non sur un quelconque imbécile. (En fait, c’était faux : la première personne avec qui j’avais discuté était ce stupide vendeur qui m’appelait ma petite dame d’un ton réducteur et que j’avais bien remis à sa place.)

Le chaos de Bodie ne me faisait pas particulièrement peur. J’y restais indifférente, assez confiante en mes capacités pour savoir que je n’y laisserais pas ma peau, mais je sentais qu’il excitait mon amie, qui disait vouloir en profiter pour accélérer son ascension dans la hiérarchie. « Je vois très bien ce que tu veux dire. Et tu as un plan pour ça ? » Je connaissais la réponse, du moins je le croyais. Avant qu’elle ne puisse me répondre, je rajoutai : « J’ai une idée : si tu me faisais faire le tour de la place tout en me dévoilant tous les détails croustillants de ce fameux plan que je suis sûre que tu as ? Je viens d’arriver et j’aurais bien besoin qu’on m’indique une maisonnette libre à squatter. » Peut-être était-ce une simple réaction de rébellion contre moi-même, mais je ne comptais pas demander l’hospitalité à Joy. Bon, j’accepterais peut-être de profiter de son toit le temps de trouver mes repères à Bodie, mais je ne voulais pas d’une collocation. Je voulais prouver à Joy et surtout à moi-même que j’étais indépendante, que ces dernières années ne seraient pas balayées d’un coup. J’étais l’insoumise Lana, j’étais l’ange de la mort. Je terminai d’une traite ma tasse de café, puis me levai de sur ma chaise. Je ne me dirigeai pas immédiatement vers la porte, attendant de voir si Joy accepterait ma proposition. J’espérais qu’il restait toujours des habitations libres dans le coin. J’étais astucieuse, bien sûre, mais pas de là à m’enseigner sur le tas la charpenterie-menuiserie !
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Dim 19 Nov - 5:28

Et quand enfin fini la nuit. On se sent triste, elle nous trahi Je faisais tourner ma tasse entre mes doigts, réfléchissant à la question qu’elle venait de me poser. Si j’avais un plan pour accéder au pouvoir ? Oui j’en avais un. Mais je ne l’avais jamais dis à haute voix. Disons que je m’étais toujours considéré seule là-dedans. Je n’avais jamais inclus personne dans mes manigances. En fait, personne ne méritait de connaitre mes plans. Sauf Lana. Elle était probablement la seule personne sur cette planète à qui je dirais tout. Et ça veut dire, mes plans pour accéder aux pouvoirs ainsi que l’historique depuis mes débuts à Bodie. Bon, je ne suis pas encore bien importante dans le coin, mais ça ne saura tarder. Je me crée un réseau de marchand, voleur et bien pensant qui trainent dans le coin. Je les mets en confiance et lorsque tout ce petit monde sera derrière moi. « Je… » Coupé brusquement avant même de n’avoir pu dire quoi que ce soit, j’écoutais Lana me proposer d’aller faire le tour des lieux en lui racontant les détails de mon plan. J’étais surprise qu’elle ait prit de l’avance sur moi mais encore là, les gens changent. Même si parfois, je ne suis pas sûre que ce soit pour le mieux. Mais je m’abstiens de commentaire, me disant que c’est l’excitation des retrouvailles qui l’a fait réagir ainsi. Je n’ai pas l’habitude d’être interrompu mais pour elle ça ira. « Bien sûr allons-y. » Est la seule chose que je réponds tout en la regardant vider sa tasse de café d’une seule traite. Et bien, elle est vite en affaire. Je fus également surprise de l’entendre dire qu’elle se cherchait une place pour rester. J’aurais pu lui proposer ma cabane, mais j’avais l’impression que ce serait trop petit pour nous deux. Déjà que j’avais bien souvent l’envie de m’arracher les cheveux de sur la tête la moitié du temps parce que je n’avais pas de place pour me bouger.

Je me levais de ma chaise et regardais avec amertume la tasse de café à moitié pleine que je laissais sur la table. Et dire que je n’avais plus de mélange… C’était probablement ma dernière tasse pour un moment. Je me dirigeais vers la porte et l’ouvris, faisant signe à Lana de sortir devant moi. Puis en refermant la porte derrière nous, je lui dis : « Pour ce qui est des maisonnettes, je vais t’avouer ne pas s’avoir s’il en reste de libres dans le coin. Ça fait longtemps que j’ai mis la main sur celle-ci et les survivants vont et viennent. Donc souvent, une cabane vide peut avoir trouvé propriétaire et l’inverse arrive également. Il va falloir interroger les gens du coin. » Parce qu’un survivant qui disparait mystérieusement, ce n’est pas rare par ici. Avec les rôdeurs, les voleurs et les intempéries de la vie, toute sorte de choses peuvent arriver. Heureusement pour moi, rien de tout cela ne m’est encore arrivé. Et je souhaite que les choses restent ainsi. Je me mets instinctivement à suivre le chemin de terre qui relie ma cabane au sentier principale, me disant que Lana me suivra. Puis je reprends là où on avait laissé avant de sortir à l’extérieur. « Pour en revenir à mon plan, disons que ça ressemble à ce que nous faisions en prison. Je crée des liens avec les survivants du coin. Du moins, ceux qui peuvent m’être utile. Comme les marchands, les voleurs, ce genre de personne. J’ai justement commencé à travailler avec un type qui chaparde des trucs dans les cabanes des autres. Disons que c’est beaucoup plus intéressant que quelques cannes de conserve. Et il accepte d’être payé en cigarettes, c’est quand même pratique. » Comme on dit, plus ça chance plus c’est pareil. Se servir des habitudes des autres pour leur racheter du matériel volé à petit prix, c’est un jackpot pour moi. Et je sais que Lana va me comprendre. Elle et moi avons évolués dans le même milieu. Nous avons exploités les failles du système ensemble. Nous avons intimidés et mener un règne de terreur dans l’établissement carcéral dans lequel nous étions détenus. C’était le duo gagnant et j’espérais retrouver cette dynamique maintenant qu’elle refaisait surface dans ma vie. Elle était futé et rapide tandis que moi j’étais loquace et intimidante. Nos forces s’unissaient à merveille. Je lui jetais un regard alors que nous étions en direction du centre de la ville fantôme. Elle avait changé depuis la dernière fois que je l’avais vu, probablement perdu quelques kilos mais l’étincelle dans ses yeux étaient toujours présentes. Et c’est tout ce qui m’importait.
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Mer 22 Nov - 22:51

Mon âme sœur dans la détresse...Soit j’avais su me montrer convaincante, soit je n’avais laissé aucune marge de manœuvre à mon interlocutrice, mais le résultat fût que Joy se leva à son tour pour me faire faire le tour du proprio, laissant derrière elle une tasse de café à moitié entamée. Ma codétenue m’ouvrit la porte et me fit signe de passer devant elle, ce que je fis. Une fois dehors, la clarté de la journée m’éblouit un instant, mes yeux étant habitués à l’éclairage plus tamisé de la cabane. Tout en refermant derrière nous, Joy m’annonça qu’il était possible que je ne trouve pas de maisonnette libre, puisque les propriétaires s’alternaient souvent. Je me tournai vers elle, camouflant une certaine appréhension tandis que je hochai la tête. Mes plans de liberté et d’indépendance semblaient compromis, mais je me ressaisis en me disant que si je ne trouvais vraiment aucune habitation, je n’aurais qu’à zigouiller quelqu’un pour lui voler la sienne. Pas en plein cœur du campement bien sûr, de façon discrète. Je le suivrais hors de Bodie, m’assurerait qu’il ne revienne plus jamais chez lui… et pourquoi pas, appellerait les rôdeurs pour qu’ils ne fassent qu’une bouchée de ma victime, histoire de nettoyer mes traces. Mais bon, il s’agissait d’une mesure de dernier recours, que je préférais ne pas employer. Les gens pourraient trouver suspect que je m’installe dans la maison nouvellement libérée de plus, il me faudrait donc laisser un certain délai passer… Non, le mieux était que je trouve tout de suite chaussure à mon pied, et c’est pourquoi je croisai les doigts tout en emboîtant le pas de Joy en direction du centre du village.

Le plan de Joy me paraissait plein de bon sens. D’une certaine façon, il me rappelait sa façon de fonctionner en prison. Observer les gens, sélectionner ceux qui paraissaient digne de confiance mais surtout dociles, leur offrir ce qu’il voulait contre leurs services tout en s’assurant de réaliser une marge de profit… Lorsqu’elle me dit qu’un type volait les cabanes des autres, je ne pus m’empêcher de sourire en pensant aux idiots qui devaient sûrement racheter par la suite leurs propres possessions. Je laissai même échapper un petit éclat de rire quand elle me dit qu’il se faisait payer ses services en clopes ! « Tu blagues ! Comme la vieille Wright en prison qui faisait n’importe quoi pour sa dose de nicotine ? » Cette détenue était folle à lier et s’en se serait pris à un garde en échange d’un sachet de soupe poulet et nouille. Sa dépendance à la cigarette a fini par lui coûter la vie en prison, me rappelant que mieux valait faire le trafic de clopes que de les fumer. Nous approchâmes bientôt du campement à proprement parler et je regardai de tous les côtés, espérant trouver une cabane non habitée, mais la plupart d’entre elles avaient des occupants sur le perron ou derrière les fenêtres. Nous continuâmes donc à déambuler sur la route principale, comme deux amies en promenade par un bel après-midi d’automne. Je blague bien sûr, nous avions toujours l’air de deux anciennes taulardes pas très recommandables qu’il valait mieux éviter d’offenser. « Tu vois une maison de libre, toi ? Pour ma part, je fais chou blanc. »

Même pour quelqu’un comme moi, qui n’étais aucunement affecté par la beauté ou la poésie des choses en général, Bodie avait un certain charme. L’aspect rustique des résidences donnait l’impression d’un certain retour dans le temps, surtout combiné avec la disparition de l’électricité et des technologies modernes, faute à l’épidémie. Cependant, j’avais raison de ne pas me laisser affecter par la mièvrerie du spectacle. Il me suffit de croiser le regard du premier type sur notre route pour que la magie soit rompue. Les yeux injectés de sang, les cheveux gras et les vêtements à l’odeur de chien mouillé brisaient en mille morceaux l’illusion de la petite bourgade tranquille du début du siècle dernier. Lorsque l’homme me regarda de haut en bas avec un regard lubrique, je lui en jetai un féroce qui lui fit comprendre qu’il ferait mieux de garder ses pensées pour lui. Je n’avais pas du tout envie d’entendre de commentaires désobligeants de tarés dans son genre. J’avais souvent eu affaire à des hommes comme lui, surtout à Las Vegas, quand je dansais. Depuis mon incarcération, je ne supportais plus ces coups d’œil dégradants. J’avais déjà suffisamment de difficulté à le faire à l’époque, même en sachant que j’en retirerais du fric… « Ça ne doit pas être facile de recruter des candidats potables au travers de toute la marée de déchets dans son genre », dis-je à Joy tout en lui faisant un signe de tête en direction du survivant. Peu m’importait qu’il m’entende.
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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Sam 2 Déc - 17:37

Et quand enfin fini la nuit. On se sent triste, elle nous trahi Le trafic de cigarettes s’était loin d’être nouveau. Comme Lana venait de le dire, c’était déjà ce que nous faisions en prison. Les femmes auraient fait n’importe quoi pour une cigarette. Et c’était exactement ce qu’elles avaient fait. Tabasser des détenues à la tête forte qui voulaient me prendre ma place, faire passer du stock à l’intérieur, voler les possessions des autres, intimider, etc. C’était peut être plus difficile à faire ici à Bodie, mais le processus était semblable. Ça prenait du temps mais je savais que je finirais par avoir ce que je voulais. Il y avait autant de suiveurs ici qu’il y en avait en dedans. Mais nous étions moins proches. Par proche je veux parler de la distance. Certains survivants sont restent au village, alors que d’autres préfèrent la forêt. C’est plus difficile de créer des liens avec des survivants qui sont à plusieurs kilomètres du village. Je n’ai pas de moyen de transport me permettant de me déplacer aussi loin. Alors qu’en prison, il ne suffisait que de sortir de ma cellule pour avoir accès à toute la population de la prison.

En suivant la route, je regardais attentivement les cabanes que nous rencontrions, essayant tout de même d’avoir l’air subtil. Mais je vis des survivants un peu partout, même lorsque je jetais un coup d’œil par les fenêtres. Si ce n’était pas le cas, je voyais de la fumée qui sortait des cheminées. C’était difficile de trouver une cabane libre dans le coin. Plus on était proche de la population, plus s’était difficile de trouver quelque chose de potable. Lana me demanda si je voyais quelque chose. Je secouais lentement la tête tout en continuant d’observer les environs. « Non. Mais nous sommes presque au centre du village. Plus on est près du village, plus ce sera difficile de trouver quelque chose d’intéressant. Tu seras peut être plus chanceuse un peu plus à l’écart. Ce sera pas le grand luxe, mais t’auras peut être pas le choix. » Plus on s’éloignait, plus les cabanes étaient décrépites. Parce que ça n’intéressait pas grand monde d’être loin de l’activité principale, le marchandage. Ça n’intéressait que les ermites en fait. Il y avait un lot de solitaire à Bodie, ou de gens louches, mais je ne les fréquentais que très peu donc je ne savais pas si Lana trouverait son compte là-bas. Les ermites ne voulaient pas coopérer avec les autres, donc ils m’étaient complètement inutiles.

Je souris en voyant le regard féroce que lança Lana au trouduc qui croisa notre chemin. Il n’était pas le seul connard dans le coin. Et il n’avait jamais eu affaire à moi pour avoir osé regarder ma compagne ainsi. Parce qu’il ne serait pas le premier à qui j’aurais tranché des doigts, ou même pire. Je hochais la tête lorsqu’elle me dit que ce devait être difficile de trouver de bons candidats dans le coin. Elle avait bien raison, mais il fallait voir au-delà de ça. « Y’a pas que des déchets. Il faut ouvrir les yeux parce que les plus doués sont ceux qui se font le moins voir. Mais oui t’as raison, c’est difficile. J’ai l’habitude, c’était la même chose en prison. » Sauf qu’il n’y avait pas de rôdeurs cherchant à te bouffer à tout moment. On avait aussi l’électricité, une cafétéria pour la bouffe et des lits tout de même confortable. Le confort me manquait. Je pouvais vivre sans mais je ne dirais pas non à une nuit dans une suite de luxe au Plaza. J’étais presque nostalgique du passé. « Si jamais on ne trouve rien, tu pourras toujours rester dans ma cabane le temps de trouver quelque chose. Ce n’est pas très grand, mais au moins tu auras un toit sur la tête. » Parce que quand la nuit tombe, personne ne veut se retrouver à l’extérieur. Pas seulement pour les rôdeurs, même si on ne les voit pas arriver dans le noir, mais surtout pour les survivants aux mauvaises intentions. Ils tueraient n’importe qui pour des vivres. Je l’ai vécu à quelques occasions déjà et hors de question que je mette le pied dehors lorsque le soleil est couché.
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C'est trop tard pour ça, mon cher.

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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Dim 14 Jan - 20:46

Préparez vous...

Vous êtes en Californie et donc n'êtes pas à l'abri ! Un groupe mystérieux et bien équipés sont monté dans leurs engins et survolent maintenant l'état... Vous n'avez jamais rien entendu de tel, un bruit assourdissant vous casse les oreilles et le sol vous semble avoir tremblé. Une grosse rafale de vent vous fait presque perdre pied et de la poussière s'élève du sol alors qu'ils passent beaucoup trop prêt de vous. Ce n'est rien de très rassurant...

Que veulent-ils ?
C'est là tout le problème... Vous n'en savez rien et donc n'avez aucune idée de comment réagir, mais il faut bien faire quelque chose, non ? Surtout que tout ce bruit attirera certainement les rôdeurs dans le coin en plus d'affoler ceux qui sont déjà là....

À VOUS DE JOUER ET BONNE CHANCE!


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MessageSujet: Re: Mon âme soeur dans la détresse | Svetlana Dim 21 Jan - 17:21

Mon âme sœur dans la détresse...Je commençais presque à désespérer de me trouver un chez-moi cet après-midi. J’aurais dû m’y attendre. Après tout, je venais tout juste d’arriver et ce n’était pas comme si Bodie était une ville fantôme désormais (il s’agissait sûrement de la seule bourgade abandonnée à avoir repris vie depuis des siècles). Cela ne changeait rien au fait que j’étais légèrement irritée de cette situation. Je n’avais pas à me plaindre, Joy m’offrait même de partager sa cabane pour le moment. Je n’aurais pas à dormir dans une allée humide à greloter jusqu’au lever du soleil. Tout de même, quelque chose me retenait d’accepter son offre de plein gré. Je n’arrivais pas à le nommer ni à le décrire avec précision, ce qui avait le don de m’exaspérer, comme si mon cerveau me démangeait et que je ne pouvais pas le gratter pour le soulager. « C’est gentil de l’offrir, mais je ne veux pas être un fardeau non plus. » Ce n’était pas la vérité, mais cela ferait l’affaire. Peut-être Joy avait-elle raison et que la périphérie du village me serait plus favorable et je tentai de me raccrocher à cette pensée. « Poursuivons jusqu’à l’entrée, puis nous ferons un crochet pour aller voir plus à l’écart. Et s’il n’y a vraiment rien, alors tu auras une nouvelle colocataire pour quelques jours tout au plus, le temps que je retombe sur mes pattes. » Je commençais à accepter lentement mais sûrement que je ne trouverais sûrement pas de logis libre aujourd’hui. Je devais apprendre à m’y faire, mais cela n’était pas facile pour moi. J’avais toujours du genre impatient, à vouloir que tout fonctionne selon mon bon vouloir, et même une pandémie n’avait pas réussi à me faire changer sur ce point.

Tandis que j’observais un groupe de femmes en train d’entretenir leurs armes à feu, un bourdonnement commença à irriter mon tympan. D’une façon peu gracieuse, je me grattai à l’aide de mon auriculaire, essayant de chasser le bruit, jusqu’à ce que je réalise qu’il amplifiait. Pire, il ne venait pas de mon oreille. Je me tournai sur moi-même, cherchant la provenance. Instinctivement, je regardai vers le ciel. Je connaissais ce son, mais je ne l’avais plus entendu depuis des années. Près de cinq pour être précise... Se pouvait-il que j’entende réellement un moteur ? Non, cela ne se pouvait pas, mon esprit me jouait des tours. « Mais qu’est-ce que… », commençai-je avant qu’un vacarme assourdissant ne couvre le son de ma voix. Mon cœur fit un bon jusque dans ma gorge. Je n’arrivais pas à réfléchir, comme si mon sang avait fui ma tête pour irriguer mes membres, prévoyant le danger qui m’attendait. Sous mes pieds, le sol se mit à trembler. J’écartai mes jambes pour affermir ma position, me servant de mes bras comme d’un ballant pour rester en équilibre face aux rafales de vent venues de nulle part. J’avais le souffle court sans même avoir fourni un seul effort physique. Maintenant que le fracas et le craquement des arbres avait cessé, j’entendais le bourdonnement croître de nouveau jusqu’à ce qu’une masse émerge des bois aux alentours. Un avion. Un avion ! Je devais être en train de rêver. La majorité des gens n’arrivait plus à trouver d’essence pour faire avancer son véhicule, alors pour le kérosène…

J’étais figée tandis que l’avion avançait vers nous à basse altitude, presque assez près du sol pour que je puisse voir les traits de son pilote (j’exagérais à peine). Toutefois, je n’étais pas de celles qui restaient sans bouger tandis que le danger approchait et mon cerveau se le rappela enfin, libérant un cocktail d’adrénaline dans mes veines. « À terre ! », hurlai-je en direction de Joy avant de me jeter à plat ventre au sol. Je levai les yeux vers le ciel, observant au travers de la poussière l’avion filer au-dessus de ma tête, comme une croix qui planait dans le ciel, avant de disparaître derrière la lisière des arbres de l’autre côté du campement. Pour l’instant, les choses semblaient s’être calmées, même si Bodie résonnait des hurlements des habitants. Les yeux me piquaient; l’avion avait amené à sa suite un nuage de particules et soulevé la terre en survolant le campement. Je n’osais pas encore me relever, terrifiée, même si je savais que c’était la meilleure chose à faire. Nous devions profiter de l’accalmie pour trouver un refuge plus sécuritaire que ces rues qui seraient bientôt bondées de gens en panique. Si nous voulions survivre, Joy et moi devions être toujours en avance sur le reste des autres. Je me tournai vers elle, m’assurant de mes yeux qu’elle allait bien, qu’elle était en mesure de fuir. « M*rde, je ne sais pas ce qui se passe, mais il faut qu’on décampe Joy ! » Je ne comptais pas être là lors du second round, car il y en aurait assurément un. Comme je l’avais dit à mon amie, cette situation m’était incompréhensible et le mieux à faire était de trouver un abri pour analyser les choses à tête reposée. Parfois, il valait mieux agir avant et réfléchir ensuite.
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