[Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver
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[Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver

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MessageSujet: [Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver Lun 15 Jan - 1:51

Qu'le monde change pas vraiment, comme s'qui brûle en dedans11 juin 1996 –

Je sais ce que vous vous demandez. Il était comment Charlie quand il était jeune ? Disons… lorsqu’il avait 13 ans, c’était quoi ses hobbies préférés ? J’ai une bonne nouvelle pour vous, c’est aujourd’hui que vous allez le découvrir. Parce que quand j’avais 13 ans, mon hobbie préféré c’était de faire chier la terre entière. Quand je dis la terre entière, ça concerne tout le monde. Que ce soit vous, mes parents ou les profs à l’école. Et en ce moment même, j’avais l’intention de faire chier bien des gens. Tout ceux qui se mettrait dans mon chemin en fait. Il était 18 heures, je m’étais enfui de la maison avant que mon père ne m’oblige à m’occuper de la vaisselle et avais prit la direction d’une ruelle à un coin de rue de là. J’avais un plan en tête, c’était loin d’être précis, mais je ne réfléchissais jamais à ce que je faisais. Surtout à cet âge là… Vous trouvez que les adolescents sont tous stupides et irréfléchis ? C’est sûrement parce que vous ne m’avez pas connu à cet âge.

Lorsque j’arrive à la ruelle, je sais que je suis en sécurité. Mon père ne me suivrait pas jusqu’ici et personne ne viendrait me déranger. Ça risquait de barder lorsque je retournerais à la maison, mais j’avais l’intention de rentrer lorsque tout le monde serait  endormi. Mes parents m’attendaient rarement passé minuit et aujourd’hui ne ferait pas exception. Je les connaissais par cœur et eux aussi d’ailleurs. Mon père était autoritaire, même trop. Et j’avais un fort caractère en plus d’être entêté comme pas deux. Nous étions un duo explosif et chacune de nos conversations se terminaient en engueulade interminable. Il avait arrêté de me frapper depuis quelques années. En fait depuis que j’avais appelé la police et avais joué le martyr devant les officiers. Vous vous demandez sûrement pourquoi je ne me suis pas enfuit depuis le temps. Parce que ce n’est pas si mal en fait. J’ai tout ce dont j’ai besoin. Je sais que le problème c’est moi (et les problèmes de colère de mon père) alors je suis prêt à faire des sacrifices. Bon, hors de question que je ne devienne un mouton comme les autres (Oliver, c’est toi que je traite de mouton) mais j’accepte parfois de me faire donner des ordres. Comment vous croyez que je me sens quand on me traite comme un enfant ? Je suis pas un gosse, j’ai 13 ans bordel.

Et ces des bruits de pas que j’entends là ? Je marche dans la ruelle, me déplaçant en direction du dépanneur juste à l’autre bout, je vois les néons de couleurs indiquant qu’ils vendaient de l’alcool jusqu’à 23 heures. Je souris, me demandant pourquoi j’achèterais si je pouvais voler. Avec le plan que j’étais en train de monter dans ma tête, j’en avais presque oublié les bruits de pas derrière moi. Je ne les entendais plus en fait. C’était probablement parce que j’avais arrêté de marcher. Je tournais la tête derrière moi et eu le temps de remarquer quelque chose de vert se cacher derrière une poubelle. J’hausse un sourcil et me remet en marche, ignorant l’ombre qui me suit. Comme s’il pouvait me suivre sans que je ne le remarque. Il n’apprenait pas avec le temps il faut croire. Ce n’était pas la première fois qu’il essayait de me suivre. Et ça finissait toujours mal, pour lui. Sale gosse. À chaque fois qu’il me suivait, c’était pour rapporter à notre père. Je le savais depuis le temps. Et comme toujours, je vais le faire tomber dans un piège. Je ne sais pas quoi encore mais ça viendra. Il ne s’en sortira pas indemne. La dernière fois qu’il m’a traqué de la sorte, il est revenu à la maison en ne portant qu’un slip. Ah et je me souviens aussi la fois où moi et des copains lui avions lancé une douzaine d’œufs un peu partout sur le corps. Il voulait toujours faire son malin. Avec les années, mes conséquences étaient de plus en plus désagréables et jouaient sur le côté psychologique. Je me défoulais constamment sur lui, il était comme mon mini moi.

Je sortis enfin de la ruelle et pris à ma droite. Je m’arrêtais alors et m’adossais contre le mur de brique de l’immeuble. Il ne me restait qu’à attendre que le petit Oliver sorte de la ruelle et je le coincerais. Les mains dans les poches de mon jeans, je profitais du temps qu’il me restait pour observer l’intérieur de la supérette. Ce n’était pas la première fois que j’allais y faire un tour. Parfois je payais pour que mes allés et venus ne semblent pas trop suspicieux. Mais ce soir ce ne serait pas moi qui passerais à l’acte. Je me souris à moi-même, impatient de mettre la main au collet du petit rapporteur qui croyait sûrement être subtil dans sa démarche. Je tourne la tête en direction de la ruelle lorsque j’entends des bruits de pas à côté de moi. Comme je l’avais prédis.

« Si c’est pas Oliver mon frère préféré ! » que je dis en arborant mon sourire le plus sarcastique.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver Dim 21 Jan - 18:29

Comme avant, comme avantC’était un mardi, je m’en souviens encore parce que je savais que j’avais de l’école le lendemain et que je devrais rentrer tôt. J’avais environ huit ou neuf ans à l’époque, je ne pourrais pas être plus précis. À cet âge-là, même si j’étais habitué de subir les mauvais traitements de Charlie, j’avais encore une certaine admiration pour mon frère, le genre de fanatisme qu’on tous les enfants envers leurs aînés. Je voulais toujours faire comme mon frère, je voulais les mêmes vêtements qu’il avait (il en volait certains, à vrai dire, mes parents n’ayant pas les moyens de nous payer des habits de marque), je voulais rentrer aussi tard que lui (Charlie ne s’était jamais préoccupé du couvre-feu que mes parents lui imposaient), je voulais regarder les mêmes films que lui à la télévision (quitte à en faire des cauchemars durant des nuits et des nuits par la suite). Avec quelques années, j’allais réaliser que mon aîné était loin d’être un exemple et, exaspéré de subir ses foudres, j’allais me trouver de meilleurs modèles à idolâtrer, mais ce mardi-là il n’y avait que Charlie à qui je voulais ressembler.

Tous les soirs, il y avait une espèce de rituel chez les Swick : tout de suite après le dîner, Charlie s’enfuyait au dehors, mon père se mettait en colère, hurlait deux ou trois menaces par la fenêtre à l’intention de mon aînée, puis me disait d’un ton bourru de faire la vaisselle avant d’aller écouter les informations du soir dans le salon. Lorsque je lavais les assiettes, je me demandais toujours ce que Charlie faisait, où et avec qui il traînait. J’imaginais que mon frère vivait la vie de tous ces adolescents dans les films sans me douter un seul instant que toutes ces histoires n’étaient que des versions idéalisées de la jeunesse. Nous vivions dans un quartier pauvre, notre maison était laide, ma mère était malade et mon père était toujours en colère; tout ce que j’avais pour oublier cette réalité que je réalisais de plus en plus chaque jour, c’était ces rêveries. C’est pourquoi j’avais décidé que ce soir-là, je découvrirais ce que fabriquait Charlie quand il passait la porte de la maison.

J’avais enfilé mon chandail en coton ouaté vert à motif camouflage. Je me disais naïvement que si l’armée s’en servait pour passer inaperçu, il n’y avait pas de raisons pour que cet habit ne me rende pas invisible moi aussi. J’avais filé par la porte de derrière et j’avais aussitôt couru en direction de la ruelle, sachant après plusieurs années d’observations que c’était là que je trouverais Charlie. J’étais tellement pressé de le rejoindre que je n’avais pas fait aucun effort pour camoufler le bruit de ma course. J’avais bien faillit être découvert d’ailleurs, mais j’avais sauté juste à temps derrière une poubelle et Charlie ne s’était aperçu de rien, j’en étais sûr. Ce n’était pas la première fois que je le prenais en filature. Plus jeune, j’étais du genre à dénoncer mon frère lorsque celui-ci commettait un impair. Une façon de faire briller les projecteurs sur moi, le bon fils trop souvent oublié. Depuis, Charlie s’assurait que je ne le suive plus en me faisant subir les pires vacheries lorsque cela se produisait, ce qui m’avait coupé l’envie de le faire durant un moment, mais ce soir il ne s’apercevrait de rien et je ne retournerais pas chez-moi pour rapporter.

Charlie avait tourné en sortant de la ruelle et je ne le voyais plus. Craignant de perdre sa trace, j’avais accéléré le pas et débouché sur une rue plus large avec un dépanneur juste en face de moi. Je ne voyais mon frère nulle part et j’étais quelque peu apitoyé de l’avoir perdu, mais j’avais alors entendu sa voix derrière moi. Je m’étais retourné d’un coup en poussant une exclamation de surprise. Tout de suite après, je m’étais senti honteux parce que j’avais été découvert et que le cri que j’avais poussé était aigu, enfantin. Malgré nos quatre ans de différence, je ne voulais jamais accepter que je fusse plus jeune que Charlie, je tentais toujours de lui prouver que j’étais tout sauf un gamin. « Je ne te suivais pas. Papa m’a demandé d’aller faire des courses pour lui. » Je n’avais pas encore appris à bien mentir à cette époque. J’avais nié le suivre alors qu’il n’avait même pas encore abordé le sujet, mais ce n’était pas ce qui me fit réaliser que mon histoire ne tenait pas debout alors. Non, je pensais seulement au fait que je n’avais pas d’argent sur moi.

Je n’osais pas bouger. Si j’allais vers la supérette, j’en ressortirais sans rien dans les mains et Charlie saurait que je mentais. Si je retournais à la maison, Charlie saurait que je le suivais. J’étais dans une impasse et je ne savais pas comment j’allais m’en sortir. Pire, je savais que Charlie ne serait pas tendre avec moi et que je risquais de retourner chez-moi avec quelques bleus en plus et ma fierté en moins. J’attendais donc le châtiment, découragé d’avoir été découvert après quelques mètres seulement. Ce n’était pas ce soir-là que je découvrirais commet mon frère passait ses soirées.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver Sam 10 Mar - 19:36

Qu'le monde change pas vraiment, comme s'qui brûle en dedans Regardez moi ce petit salaud. Il croyait vraiment réussir à me faire avaler ça ? Il était le pire menteur que je connaissais. Je savais qu’il me suivait, c’était toujours la même histoire à chaque fois. Il me suivait, croyant être le meilleur espion que la Terre n’est jamais porté. Pourtant je l’avais repéré depuis le moment où il avait quitté la maison. Être suivi m’irritait au plus haut point. Oliver savait qu’il ne s’en sortirait pas facilement. Il pouvait fuir, mais comme nous habitions la même maison, il savait que ça ne resterait pas comme ça. Et j’avais toujours les meilleures idées pour les pires punitions possibles. Il croyait peut être que recevoir la fessée de papa était la pire chose possible (même s’il ne recevait jamais ce genre de punition) mais j’étais assez créatif lorsque venait le temps de faire voir au petit Oliver qu’il n’avait pas sa place lors de mes excursions de soirée.

« Je ne te suivais pas ! » Que je râle en empruntant ma meilleure imitation de sa petite voix irritante d’enfant. « Arrête deux minutes. Je suis pas con. Je sais que tu me suis depuis que j’ai quitté la maison. » Bon ça c’était pas vrai. Je le savais seulement depuis que j’avais mit les pieds dans cette ruelle mais il ne pouvait pas le savoir. Il était si naïf. C’était beaucoup trop facile de lui faire croire n’importe quoi. Je m’approchais de lui et l’attrapais par le collet de son chandail à capuche. Je le tirais dans ma direction, l’obligeant à me regarder dans les yeux. « Oublie les courses de papa. » Je prends un ton plus grave pour lui faire réaliser que je ne jouais plus. Passons au chose sérieuse. « Moi aussi j’ai des courses à faire. Et tu pourrais bien m’être utile. » Je tourne la tête en direction de la supérette. Je n’avais jamais eu l’intention de faire un vol ce soir. Mais en voyant qu’Oliver faisait des siennes, ça m’avait donné une idée. J’allais lui apprendre à la dur de se méfier de moi. Et d’éviter de me sortir des excuses bidon. « Tu vois ce petit dépanneur. J’avais l’intention d’aller y acheter quelque chose à manger mais tu m’as fais changer d’idée. C’est toi que je vais envoyer. Et tu vas me sortir un truc que même moi je peux pas acheter. » Je lui offre un sourire qui ferait frémir n’importe quel petit garçon et je resserre mon emprise autour de son col. « Tu vas aller voler une canette de bière. Si tu ne te fais pas prendre, je fais comme si tu ne m’avais jamais suivi. Mais si tu te fais prendre… » Je laissais ma phrase en suspend pour laisser son imagination créer le pire des scénarios. Normalement, il devrait y arriver haut la main. Le propriétaire de ce dépanneur était à moitié sourd et ne regardait jamais les caméras de surveillance. C’était le meilleur endroit pour se piquer quelques bouteilles.

Je contournais Oliver et l’attrapais par les épaules, le faisant pivoter pour qu’il soit face à l’établissement. Je lui donnais un petit coup pour le faire avancer et lui dis avant qu’il ne soit trop loin pour comprendre : « Attention, le vieux à une carabine sous le comptoir. » Encore un mensonge. Mais je voulais faire monter l’adrénaline chez mon petit frère. Je voulais voir de quoi il était capable. Est-ce qu’il s’enfuirait la queue entre les jambes ? Est-ce qu’il réussirait ce que je lui croyais impossible de faire ? J’avais très peu d’estime pour Oliver, mais il arriverait peut être à me faire douter de mes propres sentiments. J’arriverais peut être à lui donner un peu de caractère. À le former à mon image. C’était ce que j’avais voulu faire à cette époque. En faire un clone même si doutais fortement de mes capacités d’enseignant. Je voulais qu’il soit autre chose qu’un lèche botte, qu’il se rebelle un peu, qu’il démontre qu’il était capable de faire autre chose que rapporter et être l’enfant parfait de la famille. Parce que je dois avouer, Elliott n’était encore qu’un tout petit gamin, mais il avait déjà plus de caractère qu’Oliver. Du moins c’était ce que je croyais. Ma relation avec Elliott était complètement différente. Il était petit, il avait besoin de quelqu’un pour le protéger de mon père. Mais Oliver était le chouchou, c’était souvent de sa faute s’il m’arrivait malheur à la maison. Je fixais son dos, espérant encore qu’il prendrait la bonne décision.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver Dim 18 Mar - 21:00

Comme avant, comme avantJ’avais souhait que mes mensonges calmeraient Charlie et l’empêcheraient de s’en prendre à moi, comme toutes les fois auparavant où j’avais été démasqué dans mes filatures, mais il s’agissait d’espoirs vains et désespérés. Je m’étais bientôt retrouvé à quelques centimètres de son visage, tenu serré par le col de mon chandail et forcé à le fixer en plein dans les yeux. J’avais entendu dire à l’école par mon enseignante que les yeux étaient le miroir de l’âme et j’étais terrifié que Charlie puisse lire dans les miens que j’étais effectivement en train de le suivre. Pour éviter de penser aux histoires que je lui avais proférées, je me concentrais sur ses paroles. Charlie voulait que j’entre dans le dépanneur… pour lui sortir une cannette de bière ?! J’avais écarquillé les yeux de frayeur à cette idée. Je n’étais qu’un gamin, je ne pouvais tout simplement pas en acheter, et de plus je n’avais aucun argent sur moi. J’allais donc devoir la voler, comme Charlie me l’avait demandé, et à cette pensée mon ventre s’était tordu, comme si plusieurs nœuds venaient de se former spontanément dans mes entrailles.

Vite, Charlie m’avait mis face à l’établissement et propulsé dans sa direction, m’avertissant du même coup que le vieil homme qui tenait l’endroit était armé. J’avais tenté de déglutir, mais ma gorge était asséchée par la terreur. C’était avec une main tremblante que j’avais poussé la porte de la station-service, qui avait produit un son de cloche à l’ouverture. Le vieil homme derrière la caisse ne m’avait pas salué, il s’était contenté d’un hochement de tête tandis que je me dirigeais vers l’étalage des friandises. Je faisais semblant de réfléchir à ce que je voulais acheter, mais en vérité je rassemblais mon courage et attendait le moment propice. Je jetais des regards au propriétaire de l’endroit, qui ne me regardait pas vraiment, se contentant d’un coup d’œil de temps à autres dans ma direction. Je sentais les secondes de l’horloge s’égrener comme s’il s’agissait du tictac d’une bombe dans un film de James Bond. Si je passais trop de temps à contempler cet étalage sans rien acheter, j’aurais l’air suspect…

La clochette de l’entrée avait résonné de nouveau. Un homme était entré en saluant le vieux derrière la caisse, qui lui avait répondu de façon enthousiaste, en criant presque. J’avais sursauté, puis j’avais réalisé qu’il s’agissait de ma chance. Tandis que les deux adultes discutaient, je m’étais faufilé dans les étagères jusqu’à atteindre le réfrigérateur tout au fond. Il y avait là des boissons gazeuses de toutes les couleurs, des bouteilles d’eau en plastique, des contenants de jus… J’avançais le long de la rangée jusqu’à enfin voir une cannette que je reconnaissais, la marque que mon père buvait. Faisant glisser la porte avec discrétion tout en jetant un regard vers l’entrée, j’avais attrapé la bière froide et je l’avais glissée subtilement dans la poche kangourou de mon chandail de coton ouaté. Vite, il me fallait maintenant m’enfuir avant qu’on m’attrape avec cette boisson volée. Je m’étais avancée vers la sortie et j’étais presque arrivé à la porte lorsque l’homme qui était entré à ma suite fit irruption au bout de la rangée.

Désemparé, je m’étais tourné face à un présentoir que je faisais semblant de fixer en attendant que l’homme me dépasse. Je transpirais à grosses gouttes sous mon chandail et je regrettais maintenant de l’avoir choisi. Son motif camouflage ne m’avait pas du tout permis de passer inaperçu aux yeux de mon frère. Les mains dans ma poche kangourou, je tentais de cacher la bière qui s’y trouvait. Le client se trouvait désormais derrière moi et bien vite je pourrais filer en direction de la sortie… « Alors petit, on regarde les revues pour adultes ? » J’avais sursauté et m’étais tournai en direction de l’homme derrière moi. J’avais ensuite fais face au présentoir de nouveau pour découvrir qu’effectivement, entre les magazines du genre de ceux que ma mère lisait à la maison, il y en avait d’autres qui exposaient des femmes nues en couverture. Je sentais le sang me monter au visage et j’avais bafouillé une réponse négative avant de prendre la fuite. « Eh gamin ! » avait interpellé le propriétaire derrière sa caisse lorsque j’avais posé ma main sur la porte, et aussitôt mon cœur avait fait un bond dans ma poitrine.

Il savait ! Craignant qu’il n’utilise sa carabine à mon encontre, j’avais poussé la porte et déguerpi dans la nuit, traversant la rue à toute allure en direction de la ruelle. Je sentais les larmes me monter aux yeux. Si jamais on m’attrapait, j’allais finir ma vie en prison ! Arrivé dans l’allée, j’avais aperçu Charlie près de son poste d’observation, là où je l’avais laissé, et dans un réflexe j’avais attrapé la bière dans ma poche et je la lui avais lancée. Voilà, j’en étais débarrassé. Après toute cette course et ce ballotage, la cannette allait sûrement l’asperger dès l’ouverture, mais je m’en moquais. J’avais accompli ma tâche et Charlie ne pourrait pas dire le contraire, il devrait tenir sa part de la promesse qu’il m’avait faîte. Essoufflé, je m’étais jeté derrière un conteneur à déchets, près de l’endroit où se trouvait mon frère, et j’avais tenté de retrouver un rythme cardiaque normal. Je jetais des regards terrifiés en direction du dépanneur, certain que l’homme allait sortir armé et furieux. « Charlie, il faut s’en aller, le vieil homme va appeler la police d’une minute à l’autre et je ne veux pas finir en prison ! »

Même si je voulais plus que tout fuir cet endroit, je ne pouvais pas partir sans Charlie. J’avais peur que la police me reconnaisse en essayant de rentrer chez-moi. Mon chandail camouflage était trop peu subtil, mais je ne voulais pas le jeter. Il s’agissait de mon vêtement préféré et si jamais je revenais à la maison sans lui, mon père serait furieux. Nous n’avions pas d’argent pour les vêtements, me disait-il souvent à cette époque, bien que nous en avions toujours suffisamment pour la bière et les cigarettes. L’ironie de la chose ne m’apparaissait pas clairement à cette époque. Bref, je ne voulais pas partir seul en direction de la maison. C’était Charlie qui m’avait forcé à voler cette cannette de bière et je ne voulais pas avoir à en subir les conséquences sans qu’il soit à mes côtés.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver Dim 1 Avr - 5:47

Qu'le monde change pas vraiment, comme s'qui brûle en dedans Je le regarde entrer lentement dans la supérette, me demandant s’il va sérieusement le faire. Je crois que je l’ai sous estimé. Sérieusement, j’y aurais jamais cru. Je m’étais dis que ce serait amusant de lui mettre une bonne frousse, le faire pleurer un peu même. Mais de là à ce qu’il y entre pour de vrai. Est-ce qu’il allait voler une canette de bière ? Ça restait à voir. J’étais loin de croire qu’il en était capable. Il n’avait pas assez de caractère. Je l’avais toujours trouvé tellement fade, il manquait de vivacité d’esprit. À toujours trainer dans les jupes de maman. Ou rapporter à papa. J’avais rêvé d’un frère qui participerait à mes mauvais coups, qui voudrait trainer avec moi. Pas vendre tous mes plans à notre père aussitôt qu’il en connaitrait les détails. La première fois qu’il avait rapporté avait été la dernière fois que je lui avais fais confiance. Et ça faisait bien longtemps de cela. Avant que je n’ai atteint la puberté. Avant que mon père ne me prenne pour un délinquant. Juste à penser à mon père et je serrais les mâchoires, remontant inconsciemment les épaules. Je n’ai pas eu une enfance heureuse malgré ce que tout le monde voudra bien me dire. Comment vous pensez que je suis devenu comme ça ? Sûrement pas en étant respecté par ma famille. Parce que malheureusement ce ne fut pas le cas. J’étais le mouton noir. Les deux plus jeunes ont eu tout ce que je n’ai pas eu. Tant mieux pour eux j’imagine, mais j’en ai toujours voulu à Oliver d’être préféré. Qui ne le serait pas franchement ? Qui arriverait à rester sans émotions face à une injustice dans sa propre maison ? Pas moi. Et comme j’avais déjà une tendance à pencher du mauvais côté, j’imagine que ma situation familiale n’a jamais aidé. Choisir entre faire mes devoirs ou m’enfuir par la fenêtre pour aller fumer avec mes amis dans la ruelle derrière la maison ? La décision était facile.

Je regardais par la façade vitrée du magasin, essayant d’apercevoir le petit garçon que j’y avais envoyé en mission spéciale. Je l’avais vu se faufiler jusqu’au frigo contenant la bière. Mais on dirait qu’il avait disparu. Qu’est-ce qui lui prenait autant de temps ? Il avait qu’à prendre la bière et déguerpir vite fait bien fait. C’était peut être sa première fois mais j’arrivais pas à voir ce qui l’empêchait de se grouiller. Je mis une main au dessus de mes yeux comme pour essayer de mieux voir et l’aperçu près de la sortie. Il poussa la porte et couru dans ma direction. L’imbécile ! Il était loin d’être subtil ! Je croisais les bras et le regardais approcher d’un air furieux. Il allait falloir que je lui apprenne comment s’y prendre. Parce que c’était loin d’être subtil comme manière de voler. En arrivant près de moi, il me lança en panique la canette de bière qu’il avait réussit à piquer. Je l’attrapais au vol, un peu surpris par sa réaction. Je le suivis des yeux jusqu’à sa cachette derrière un conteneur à déchets. Je fronçais les sourcils et me retenais pour ne pas sortir un commentaire méchant, il avait réussit quand même. Il avait fait tout ça pour que je ne le dénonce pas. Je l’avais toujours prit pour un trouillard (ce qu’il était quand même hein, faut pas trop lui en demander) mais en ce moment je voyais qu’il avait peut être du potentiel.

Je marchais dans sa direction d’un pas décontracté, comme si rien de tout cela venait de se passer. Personne ne couru dans notre direction, aucune sirène de police ne se déclencha. La seule chose qui prouvait qu’un acte illégal venait d’être accompli c’était le regard affolé du garçon caché derrière une poubelle. Je l’écoutais me raconter avec panique qu’il fallait s’enfuir tout de suite avant que le vieux débris du dépanneur ne mette la police à ses trousses. Je me penche vers lui, le tire par la manche de son chandail pour qu’il sorte de sa cachette et fais une tentative pour le calmer. « Personne va appeler les flics. Tu iras pas en prison pour avoir volé une bière. Arrête de paniquer ou je te mets une gifle. » Tout pour calmer quelqu’un en état de panique. J’ai vraiment la main pour les cas désespérés. En fait ça m’amuse presque de le voir comme ça et je n’arrive même pas à cacher le sourire qui se dessine au coin de mes lèvres. J’arrive à le faire sortir de sa cachette et je m’enfonce avec lui dans la ruelle par laquelle nous sommes passés tout à l’heure. J’ouvre la canette de bière sans plus de cérémonie et un juron s’échappe de mes lèvres quand un peu de mousse tombe sur mon pantalon, me promettant un sermon lorsque maman se rendra compte de l’odeur émanant du vêtement. Je secoue mes mains trempés du liquide à tour de rôle puis porte la canette à mes lèvres. Elle n’est même pas froide, il venait tout juste de la mettre au frigo. J’affiche une moue déçu et la refile à Oli alors que nous nous enfonçons dans la ruelle. « Le vieux se fait voler à toutes les semaines. Ça fait un moment qu’il appelle plus les flics. C’est pas un gamin qui vole une bière qui lui fera fermer boutique. Maintenant bois. » Je lui avais pas fais volé une bière pour la boire moi-même. Aussi bien en profiter pour dévergonder un peu l’enfant chéri. Ça lui ferait pas de tord de vivre.
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MessageSujet: Re: [Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver Mar 3 Avr - 4:03

Comme avant, comme avantEncore aujourd’hui, même en essayant très fort de m’immerger dans mes souvenirs, en tentant de me remettre dans le même état d’esprit que j’avais alors, je n’arrive toujours pas à m’expliquer pourquoi j’avais fait ce que Charlie m’avait ordonné sans protester. Bien sûr, les années ont passé et ma mémoire s’est émoussée, et je n’arrive pas à recréer la scène et ses complexités avec exactitude. Mon état d’esprit a également évolué et aujourd’hui Charlie n’a plus sur moi la même influence qu’il avait alors, difficile donc de me remettre dans les souliers du gamin impressionnable que j’étais. Néanmoins, je devrais être en mesure de trouver une réponse. Je n’en ai aucune. Peut-être avais-je peur que Charlie me rosse de coups et me laisse pour mort dans la ruelle. Peut-être craignais-je qu’il me dénonce à mon père pour m’être enfui en plein mardi soir. Peut-être voulais-je l’épater en lui montrant que moi aussi j’étais capable de faire tous les trucs que font les adolescents dans les films. Ce ne sont que des hypothèses. Non, je ne peux peut-être pas me rappeler ce qui a pu pousser un jeune garçon à devenir un voleur amateur, mais s’il y a une chose que je n’oublierai jamais, c’est le sentiment d’angoisse qui m’avait oppressé la poitrine une fois l’acte accompli. Le regret me serrais la gorge de ses longs doigts et je peinais à reprendre mon souffle. Les larmes chauffaient le rebord de mes paupières, mais je me refusais à les laisser sortir. Pas devant Charlie.

Parlant de mon frère, celui-ci s’était approché de moi et m’avait tiré hors de ma cachette, me menaçant de me frapper si je ne me calmais pas. Mystérieusement, cet ordre prononcé de façon plutôt sèche avait eu l’effet désiré sur moi. Petit à petit, j’avais retrouvé une respiration normale, même si le boum-boum de mon cœur continuait de marteler le rythme à 120 coups par minute. Je m’étais laissé guider vers la ruelle, le chemin de la maison. Je jetais des coups d’œil constants derrière moi, craignant de voir à nos trousses les deux hommes du dépanneur. C’est pourquoi je n’ai pas vu pas la mousse éclabousser le pantalon de mon frère lorsque le pschiiit! de la cannette se fit entendre. Je m’étais tourné vers ce son et j’avais écarquillé les yeux en voyant mon frangin boire à la cannette. Bien sûr, je savais que Charlie ne m’avait pas demandé de la voler pour ensuite la collectionner, mais je ne pouvais pas m’empêcher de trouver la scène stupéfiante. Mon frère à l’aube de l’adolescence qui buvait cette boisson adulte, interdite. À voir l’expression de Charlie, le goût ne semblait pas super, et il m’avait refilé bien vite la cannette. Je ne la tenais que du bout des doigts. Tout ce que je pensais, c’était que si la police nous trouvait, ce serait moi qui aurait entre les mains l’objet du crime… Cependant, comme le disait mon frangin, il serait étonnant que le vieil homme appelle les autorités, résigné comme il était à se faire dévaliser par les gamins de notre quartier.

Il fallait dire que notre secteur n’était pas le plus favorisé des lieux pour grandir. Les grands frères de nos voisins n’allaient pas à l’université. La plupart n’obtenaient même jamais leur diplôme… Les petits vols et autres larcins, les graffitis sur les commerces, les bagarres dans les parcs, c’était comme ça que les jeunes du coin s’amusaient. Ça, et en buvant de la bière, comme Charlie. Et comme moi, puisque mon frère m’avait intimé de faire la même chose. Encore une fois, en y repensant aujourd’hui, je ne sais toujours pas pourquoi je n’ai même pas tenté de protester. D’abord sceptique, j’avais reniflé le goulot, puis je l’avais porté à mes lèvres. Je connaissais mon frère, il ne permettrait pas que je ne prenne qu’une toute petite gorgée, ainsi j’avais bu goulument à la cannette, peut-être aussi pour lui prouver que je pouvais faire mieux que lui à mon âge. Le liquide avait un goût horrible, mais j’avais avalé tout de même la lampée tiède. J’avais produit une petite toux, impossible à retenir, et un geyser d’air brûlant m’était sorti par les narines. Mon père ne jurait que par ce poison ?! C’était tout bonnement imbuvable ! Comment pouvait-il en avaler une demi-douzaine en une seule soirée ? J’avais redonné la cannette à mon frère d’un geste brusque. Je n’arrivais pas à chasser le goût abominable de ma bouche et la simple odeur me levait le cœur.

« Allez, il faut rentrer, sinon Papa va être furieux. Jette la cannette avant qu’il ne nous voit avec ça. » En effet, nous approchions de la fin de la ruelle et nous tomberions bientôt dans notre rue. Je recommençais à ne pas me sentir bien en pensant à mon père. S’il me trouvait en compagnie de Charlie, j’allais subir le pire des châtiments corporels. Mon paternel tenait tellement à ce que nous soyons différents de mon aîné que chaque écart de conduite était sanctionné de façon sévère, histoire de nous dissuader de recommencer. Peut-être aurait-il dû comprendre en voyant Charlie que sa technique produisait l’effet inverse et qu’il aurait mieux fait d’agir autrement, mais mon père n’avait jamais voulu admettre qu’il pouvait avoir tort. « Est-ce que tu as de la gomme à mâcher ? Si Papa découvre que nous sentons la bière, ça va barder pour nous… » Moi qui voulait à tout prix retourner à la maison deux minutes auparavant, je commençais à réaliser que ce n’était peut-être pas le lieu le plus sécuritaire pour nous. Mon cœur recommençait à faire des siennes. J’avais également très chaud malgré la fraîcheur du soir. Pour compléter le tout, j’avais un début de nausée causé par le goût infect de la bière qui ne voulait pas quitter ma gorge. Finalement, ce que faisais Charlie de ses soirées me semblait beaucoup moins fascinant que ce que je m’étais imaginé…
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MessageSujet: Re: [Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver Sam 23 Juin - 19:36

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[Flashback] Comme avant, comme avant. | Oliver

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