Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin]
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Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin]

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MessageSujet: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mer 7 Fév - 10:59

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" Jagger, Smith, installez le campement pour la nuit, pas de feu, et éteignez le réchaud dès que l'eau est assez chaude. Willson, avec moi. "

Je fixe la casquette sur mon crâne et entraîne le jeune Willson à mes côtés pour inspecter les environs. On n'est jamais trop prudent de nos jours. Et puis, j'ai la pénible impression que nous ne sommes pas seuls. Ce sont des appréhensions quotidiennes, qui me font douter de ma perspicacité, à croire que je suis devenu parano.
Pour la sécurité du groupe quoiqu'il en soit, une surveillance est indispensable. Je prendrai le premier tour de garde cette nuit pour montrer l'exemple, mais aussi et surtout parce que je sais que je ne trouverai pas le sommeil facilement. Malgré la fatigue. Malgré la faim, le froid.

L'humidité qui s'installe encore ce soir rend nos gestes moins sereins, moins vifs. Un fin nuage quitte nos lèvres à chaque expiration et les vêtements pourtant secs paraissent trempés. L'équipement militaire présente au moins l'avantage d'être épais et solide.
Je finis par tenir mon arme à une seule main afin de pouvoir allumer la lampe et éclairer notre progression, aussi discrètement que possible.

" ... Mon colonel ? "

" Je ne suis pas colonel, Will. "

Accroupis, le trentenaire me suit de près, plus absorbé par ses pensées que les alentours.

" Ces trois adolescents que nous escortons depuis trois jours ont avalé la moitié de nos vivres. On ne pourra pas continuer ainsi longtemps. "

Mon regard scrute attentivement le moindre recoin, les arbres, les potentielles cachettes où un prédateur aurait pu se glisser. Les zombies ne prendront pas cette peine, mais ils ne sont pas le seul danger à anticiper.
Je soupire et jette finalement un œil mauvais au soldat qui m'accompagne, amenant l'éblouissante lumière à son visage.

" Où voulez-vous en venir exactement ? Ils ont été semé par leur groupe, d'après Jagger ils sont à moins d'une journée de marche. Si vous marchez mieux que vous ne parlez, demain, on les aura rattrapé. "

Mon sermon devrait être plus long, au moins pour me divertir et me faire oublier les rôdeurs. Mais l'imprudence n'est pas conseillée. Je reviens à mes observations, quand le craquement d'une branche me fait braquer mon arme dans la direction du bruit.

" Montrez-vous! "

Le subalterne motivé s'avance avec son révolver et déloge grossièrement une femme. Seule. Ok. Pas de zombie à l'horizon.
Je fronce les sourcils et laisse Willson la faire approcher tout en lui faisant signe de baisser son arme. J'en fais autant. Il n'est pas nécessaire de se montrer trop agressif, les gens sont sur les nerfs et je n'ai pas encore la garanti qu'elle soit bien seule.

" ... 'soir. Lieutenant-Colonel MacLeod. Vous n'avez pas l'air en détresse mais nous pouvons vous proposer une boisson chaude. "

" Mais mon colonel ! "

" Ouvrez la marche Willson. "

Bon débarras.
Prudent, je m'approche de l'inconnue et mes yeux glissent sur le long fusil qu'elle tient en bandoulière. Plutôt bien équipée.  Je peine quand même à croire qu'elle n'est pas accompagnée. Son groupe vient sans doute d'être décimé. Contrairement à Willson, je préfèrerai qu'elle se joigne à nous. Mieux vaut perdre un peu de denrée mais avoir à l’œil cette étrange solitaire. De plus, toutes les informations sont bonnes à prendre. Il faut la faire parler.

" Trois adolescents sont avec nous depuis trois jours. Vous les connaissez peut être. Où est le reste de votre groupe ? "
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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mer 14 Fév - 15:53


Mi-février 2018, quelque part dans l’Ouest des Etats-Unis

Elle avait dû abandonner la moto trouvée par hasard sur la route faute de pouvoir la reremplir d’essence et fatiguée d’avance de devoir la pousser en plus du sac et du fusil qu’elle portait déjà. Surtout qu’elle n’avait aucune idée de quand elle pourrait retrouver du carburant. Résignée, elle avait donc poursuivi sa route à pied. La Death Valley était derrière elle, quelque part, le plus dur était fait et continuer à pieds dans des paysages plus verdoyants la dérangeait moins que de traverser un désert sans véhicule. Sa cigarette toujours aux lèvres, elle avait hissé son paquetage sur son dos et dit au revoir au confort de cette moto. Une part d’elle regrettait de ne pas avoir eu la prévoyance d’emporter du carburant, dans une bouteille par exemple, quand le reste de sa personne était déjà tourné vers la suite des événements. Erin n’était pas du genre à s’interroger beaucoup, surtout depuis qu’elle tentait de survivre seule. Elle prenait une décision à un instant T et tâchait de ne pas perdre le reste de son temps à se demander s’il s’agissait de la bonne. Il fallait réfléchir vite, bien, il fallait survivre. Comme dans le métier qu’elle avait exercé jadis, le doute n’était pas permis, le doute était son pire ennemi ; douter c’était prendre le risque de s’arrêter, de baisser les bras. De perdre du temps. Tout comme il ne fallait pas chercher d’avenir trop lointain, il ne fallait pas se retourner sur le passé. Vivre au présent, voilà tout ce qui comptait dorénavant.

Le crépuscule approchait, attirant des couleurs étranges et presque surnaturelles dans le ciel. Mais le regard d’Erin n’était plus fixé depuis longtemps sur la beauté de cette nature qui en voulait à la race humaine. Ses yeux concentrés sur les alentours, elle cherchait un abri pour la nuit. Chaque jour les mêmes gestes, les mêmes pensées se répétaient et ce malgré le nomadisme quotidien de la femme qui ne restait que rarement deux nuits au même endroit – sauf à dire qu’elle trouvait un camp de survivants. Marchant le long d’une route déserte reliant probablement deux villes très éloignées, Erin s’arrêta finalement. Pas la moindre trace de vie alentours, pas le moindre véhicule abandonné, pas de chemin sortant des fourrés, pas de silhouette urbaine en vue … Attrapant sa gourde avec un soupir, elle haussa les sourcils et maugréa de sa propre stupidité avant d’avaler quelques gorgées d’eau. Elle avait voulu gagner du temps en coupant à travers les pâtures et les champs mais se retrouvait encore plus isolée qu’avant d’emprunter ce qu’elle avait espéré être un raccourci. Posant le sac à terre, elle en sortit une carte qu’elle avait subtilisée il y a quelques mois et qui retraçait une bonne partie de l’Ouest – raison pour laquelle elle avait pris cette direction plutôt qu’une autre. Après quelques minutes précieuses de lumière naturelle à chercher où elle pouvait bien se trouver sur son plan, elle devait prendre une décision. Rangeant carte et gourde, elle ôta la cigarette de ses lèvres et décida de quitter la route pour s’enfoncer une centaine de mètres dans les bois afin de monter son camp. Elle s’était interdit de faire de la route de nuit depuis qu’elle avait compris que les rôdeurs sortaient plus facilement le soir tombé. Attirés par les lumières, stimulés par le froid, ils affluaient plus rapidement vers vous. Si elle avait le malheur de tomber sur une horde, elle serait perdue. Et comme elle n’avait qu’une chance de survivre ; elle ne prenait pas ce risque.

Elle se dépêcha donc de trouver un coin où la lumière du soir perçait encore et monta sa tente de fortune armée de son bâton de marche, d’une bâche et de quelques pierres lourdes trouvées un peu plus loin. Elle n’était guère protégée du froid de la sorte mais elle n’avait pas trouvé mieux pour l’instant ; aucune tente qui soit à la fois transportable et suffisamment confortable pour les exigences qu’elle n’avait plus franchement. La couverture de survie qu’elle avait volée à l’hôpital de Chicago ainsi que celle de laine de chez ses parents + tous ses vêtements mis sur elle, chaussettes incluses suffisait le plus souvent à l’empêcher de mourir de froid. Elle avait abandonné depuis bien longtemps l’idée de faire du feu de toute façon, alors c’était ça ou rien.
Une fois parée pour la nuit, son maigre dîner avalé, Erin fit à son habitude l’inventaire de ses affaires et de ses provisions. Une tâche quotidienne de survie devenue aussi banale qu’essentielle lorsqu’on évoluait seule dans la nature. Cela lui permettait de savoir quand chasser, quand chercher de l’eau. Si les journées se consacraient essentiellement à de la marche, la femme ne se contentait pas seulement d’avancer à corps perdu. Comme un animal de retour à l’état sauvage, Erin chassait, cherchait, se repérait du mieux qu’elle le pouvait pour subvenir jour après jour à ses besoins. Elle n’avait plus de but autre que celui de sa survie : manger, boire, dormir. Et avancer. Toujours avancer. Une recette simple qui lui permettait de survivre pratiquement seule depuis plus de trois ans. Depuis qu’elle avait quitté Chicago et ses contreforts urbains rassurants pour se lancer dans l’inconnu. Le Sud. L’Ouest. Loin de sa vie d’antan.

L’inventaire de son sac fait, Erin le plaça sous la tente, au fond, il lui servirait comme chaque nuit d’oreiller et elle attrapa machinalement le fusil couché à côté. Vidé de ses munitions depuis plusieurs mois, il ne lui servait plus vraiment mais contrairement à la moto, il pesait moins et sa présence à son épaule la rassurait. Elle finirait bien par retrouver les munitions qui allaient avec ce type d’arme. Elle ne désespérait pas. Son couteau à la ceinture et son fusil à l’épaule, elle décida de faire une dernière ronde avant d’aller dormir. Décrivant un cercle initialement large qu’elle réduirait au fur et à mesure avant d’atteindre son abri, Erin ouvrit grand yeux et oreilles. Malgré le fait qu’elle répétait ce rituel chaque soir, être plongée seule dans l’obscurité avec pour seule éclairage la lumière de la lune et des étoiles l’angoissait toujours un peu. Les ombres développaient chez elle une sorte de vulnérabilité probablement issue des lointaines contrées de son enfance où le noir et la nuit la terrorisaient. Une terreur qu’elle avait appris à maîtriser, ce d’autant plus qu’elle comptait sur les doigts d’une main les fois où elle n’avait pas dormi à la belle étoile. Un malaise persistait néanmoins toujours. Elle eut donc un sursaut violent lorsque marchant sur une branche sèche qui craqua sous son pas, une voix masculine tonna dans la nuit :

Montrez-vous! »

Impératif qu’elle n’eut pas le loisir de suivre car une main sortie de nulle part l’agrippa alors au bras et la tira vers la direction d’où provenait la voix. Les lampes torches l’aveuglèrent alors et elle s’en protégea des deux mains, essayant de se dégager au passage de la prise à son bras. Elle finit par tirer violemment en pestant et jeta un regard noir à l’homme qu’elle distinguait enfin dans le faisceau des lampes. C’est alors que l’autre s’avança, celui qui avait crié.

▬ ... 'soir. Lieutenant-Colonel MacLeod. Vous n'avez pas l'air en détresse mais nous pouvons vous proposer une boisson chaude. »

Erin le regarda de haut en bas, sourcils froncés, interpellée. Elle laissa échapper une brève exclamation de stupéfaction avant de secouer lentement la tête. Les hommes et leur sens de la demoiselle en détresse … Il n’était néanmoins pas tombé dans l’oreille d’une sourde qu’il s’agissait d’un militaire et qu’il avait été question de boisson chaude. Une proposition qui ne se refusait pas un soir de froid et ce malgré l’offuscation évidente de son associé :

▬ Mais mon colonel ! »

La réponse du lieutenant-colonel se fit sans appel.

▬ Ouvrez la marche Willson. »

Adressant un sourire finaud à ce Willson, Erin reporta finalement son regard sur le militaire qui lui faisait toujours face. On sait qui commande ici … Voyant qu’il la jaugeait aussi, elle l’observa avec méfiance. La proposition avait beau se présenter sous des airs altruistes, elle pouvait dissimuler un dessein moins reluisant et de cela, elle ne pouvait encore en deviner la nature. Elle ne pouvait que se fier à ce que le militaire dégageait spontanément, inconsciemment. Décidant d’attribuer sa proposition à une simple marque de générosité et non à un traquenard, elle prit le risque de les suivre, laissant son camp de fortune derrière elle pour l’instant. Il serait toujours temps d’y revenir et, au pire, songea-t-elle en arrivant sur le camp des deux militaires, il y avait l’air d’avoir de quoi survivre un peu ici.
Silencieux sur le bout de route qu’ils avaient effectué pour rejoindre le campement, le militaire prit finalement la parole :

▬ Trois adolescents sont avec nous depuis trois jours. Vous les connaissez peut être. Où est le reste de votre groupe ? »

Haussant les sourcils, Erin répondit sans la moindre trace d’hésitation :

▬ Je voyage seule depuis des années. Je ne me souviens pas avoir croisé d’ados ou de groupe dernièrement. Et pas de campement désert non plus mais j’arrive de l’Est donc ils venaient probablement d’un autre coin. »

Un groupe voyageant avec des enfants ou des ados ne se risquerait pas à aller vers l’Est en venant de la Californie ; ça voulait dire avancer droit dans la vallée de la Mort. Littéralement. Si elle n’avait pas eu la moto, Erin elle-même ne s’y serait pas risquée seule.

▬ Combien êtes-vous de survivants en comptant les trois nouveaux ? Et où sommes-nous exactement ? Je n’ai pas vu de villes depuis un moment. »

Comme chaque fois qu’elle tombait sur un groupe, Erin allait à la pêche aux informations. Tout était bon à prendre. Pendant ce temps, son regard se promenait, innocent, sur les visages, le camp.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mer 14 Fév - 18:49

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Laissant Willson prendre de l'avance, j'accompagne l'inconnue sur ses pas. L'idée de se joindre à nous ne semble pas la déranger. Ce n'est guère étonnant. Néanmoins, les réactions des survivants ne sont pas toujours prévisibles. Beaucoup se méfient, certains sont agressifs et d'autres carrément mal intentionnés - mais plus stratégiques.
L'arme baissée, je saurais vite la mettre en joug si miss 'je survis seule' voulait utiliser son joli fusil.

A sa réponse, je déduis plusieurs choses : de l'assurance, de la prudence, de l'expérience. Et assez de fierté pour se déplacer avec plus de prestance que n'en réclame le contexte. Je ne sais que penser de la froideur qu'elle dégage. N'aurait-elle pas du nous tomber dans les bras ?

Quoiqu'il en soit, son analyse est bonne, les gamins arrivaient du sud-est. Ils n'étaient pas sur le même chemin. Cette arrogance vient probablement de son âge - je lui accorde plus ou moins la quarantaine. Enfin, je ne crois pas afficher cet air hautain pour autant !

▬ Combien êtes-vous de survivants en comptant les trois nouveaux ? Et où sommes-nous exactement ? Je n’ai pas vu de villes depuis un moment. »

" Sept. "

Dis-je en désignant le reste du groupe lorsque nous arrivons au campement. Les trois nouveaux, une jeune fille et deux garçons, forment un cercle autour du réchaud pour profiter au maximum de la chaleur dégagée. Quand ils nous remarquent ils nous fixent méchamment, autant l'inconnue que Willson ou moi-même.

Je me contente de leur faire un signe de tête pour les empêcher de protester. Un nouveau venu est rarement bien reçu. Puis, je continue de répondre aux interrogations de cette femme, sans trop en dire. J'estime juste que le partage d'informations est nécessaire à la survie. C'est donnant donnant.

" Nous espérions atteindre Los Angeles par le Nord. Malheureusement, nous n'avons plus les moyens de nous localisés. "

Les gamins baissent alors la tête et se replongent dans leur contemplation silencieuse  du sol, visiblement fautifs.
Je ne développe pas ce qui crève les yeux : ils ont paumé la carte.

" Monsieur, tenez. "

J'attrape le récipient cabossé rempli d'eau fumante légèrement parfumée que l'on me tend. Une pincée de café emprunté aux ressources des adolescents qui étaient étrangement équipés quand nous les avons trouvés.
Remerciant le soldat, je propose à regret la boisson à notre hôte.

" Excusez mon scepticisme mais je peine à croire que vous survivez seule, depuis longtemps, sans plus d'équipement que ça. Remarquez, c'est un beau fusil. "

Nous prenons place près des tapis épais installés autour du brasier. Les trois autres militaires se mettent en cercle, couvertures sur le dos, à l'opposé des jeunes. J'ai rarement eu un groupe aussi scindé.
Ma priorité - outre la sécurité - sera de gérer cette inconnue. Je m'efforce alors d'être poli :

" Si vous souhaitez profiter de quelques heures de sommeil avant de reprendre votre route, c'est le moment. "

A voix basse, le commentaire nous parvient pourtant.

" Pourvu qu'elle ne se greffe pas à nous, on ne survivra jamais si nombreux ! "

Malgré l'effet démoralisant de ses propos, je laisse Willson et ses camarades discuter et pester s'ils le souhaitent. Je m’attèlerai à secouer leur bravoure quand ils auront dormi un peu ;

Les gamins commencent à sombrer tandis que je replace sur elle mon attention.

" Et comment vous appelle-t-on, dans le coin ? "


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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mer 14 Fév - 19:50

Sept, répondit le soldat en désignant la petite équipée qu’ils rejoignaient d’un pas lent. Erin examina les visages un par un, elle n’y lisait qu’animosité, méfiance. Haussant brièvement les sourcils, elle laissa glisser sur elle cette vague de ressentis qu’elle éprouverait elle-même pour le reste de l’humanité qui chercherait à lui piquer ses vivres. Un instant, elle songea les avoir peut-être déjà rencontrés pour s’attirer une telle inimitié puis repensa à son trajet depuis Chicago et déduisit que cela était impossible. Ils étaient simplement comme elle, inamicaux, méfiants, des animaux ; à se méfier de tout et de tout le monde.
Le soldat lui fit prendre place près du réchaud et s’installa juste à côté pour poursuivre leur conversation :

▬ Nous espérions atteindre Los Angeles par le Nord. Malheureusement, nous n'avons plus les moyens de nous localiser. »

Un bref échange silencieux passa entre le soldat et les ados qui piquèrent du nez vers le sol. Erin observa la scène sans rien dire. Une carte, elle en avait une, dans son sac, pas loin. S’ils se montraient à la hauteur, peut-être les laisserait-elle jeter un œil. Elle n’était pas du genre à partager sans raison, en toute humanité. Une différence flagrante d’avec le soldat assis à côté d’elle qui lui tendit spontanément le café que son subalterne lui proposait. Elle tendit les mains vers le récipient et remercia d’un signe de la tête le lieutenant-colonel qui en profita pour plonger au cœur d’un sujet qui taraudait visiblement chaque survivant qu’elle rencontrait :

▬ Excusez mon scepticisme mais je peine à croire que vous survivez seule, depuis longtemps, sans plus d'équipement que ça. Remarquez, c'est un beau fusil. »

Prenant le temps de tremper ses lèvres dans la boisson brûlante, Erin ne put retenir un petit soupir d’extase lorsque le liquide lui réchauffa l’œsophage et les entrailles sur son passage. Des semaines qu’elle n’avait pas bu un truc chaud ! Et du café en plus, pour une ancienne urgentiste c’était un peu de chez elle. Elle rouvrit les yeux et sourit de son petit air narquois et amusé que ses yeux bleu acier donnaient sans mal :

▬ Je n’ai pas que ce fusil pour survivre et si difficile cela vous semble-t-il à croire, je vous assure que si si, une femme peut survivre seule sans l’aide d’un homme à ses côtés. Sans mourir de faim ni se faire tuer. Fou non ? »

Elle haussa les sourcils pour mieux se gausser de lui et laissa finalement échapper un sourire, goûtant à nouveau de son breuvage pour omettre de parler de son chargeur vide.

▬ Les gens évoluent Lieutenant-Colonel MacLeod. Ils s’adaptent à leur environnement. Je suis mieux seule à nourrir ma propre bouche qu’à chasser pour en nourrir six autres. »

Sans compter qu’elle ne trouvait rien de plus horripilant que des bras inutiles dans un camp. La survie était l’affaire de tous et quand l’un des membres se mettait en danger et qu’il fallait lui courir après pour lui sauver les fesses et manquer au passage de se faire soi-même tuer … Une fois pas deux. Seule, elle était responsable d’elle-même et uniquement d’elle-même. La femme ne se souvenait que trop du groupe dans lequel ses parents et elle avaient initialement trouvé refuge et dont la moitié s’était révélée être des enfants ou des vieillards incapables d’assurer la défense du camp. C’était ainsi qu’Erin s’était endurcie, avait appris à tirer, nettoyer ses armes, dépecer des bêtes ; parce qu’il n’y avait pas grand monde au camp pour savoir le faire et qu’elle détestait l’idée de dépendre des hommes pour cela. Ces trois adolescents là n’étaient que des bouches supplémentaires, des cerveaux inaptes à obéir qui rouleraient des mécaniques sans même avoir la force de se rendre utile. Si la survie était l’affaire de tous, Erin ne supportait pas l’idée de dépendre de gens incapables de la défendre en retour.
Les militaires ayant rejoint la place au coin du réchaud, ils formaient trois groupes séparés par une méfiance presque palpable. MacLeod à ses côtés semblait observer la scène avec la lassitude de ceux qui espéraient un monde meilleur et ne se retrouve qu’avec des humains égoïstes. Il fit à nouveau la preuve de sa générosité en lançant comme si de rien :

▬ Si vous souhaitez profiter de quelques heures de sommeil avant de reprendre votre route, c'est le moment. »
▬ Pourvu qu'elle ne se greffe pas à nous, on ne survivra jamais si nombreux ! » chuchota un des soldats sur leur gauche.

Se penchant pour regarder un instant dans les yeux le soldat qui manifestement ne souhaitait pas sa présence et se gardait bien de tenir son envie secrète, elle laissa finalement son regard revenir dans celui du Lieutenant-Colonel et sourit en inclinant la tête :

▬ Laissez tomber la galanterie soldat, on est à la fin du monde, je sais très bien comment les choses fonctionnent ici. Je ne vous alourdirai pas d’une âme supplémentaire dont vous vous sentiriez le besoin de la protéger. Mon camp n’est pas très loin de là où vous m’avez débusquée. J’y retournerai dormir quand il sera l’heure. »

Avec un peu de chance, si elle parvenait à se réveiller avant eux, elle pourrait explorer un peu leur campement et subtiliser deux-trois choses. Pour le moment, il semblait impossible, incongru de faire autre chose que de rester assise là à siroter son café soluble et attendre que chacun sombre. Y compris et surtout le lieutenant-colonel.

▬ Et comment vous appelle-t-on, dans le coin ? » fit celui-ci pour changer de sujet.
▬ Mmh.. on ne m’appelle pas en général parce qu’on ne me connait pas ici. » répondit-elle, joueuse, avant d’ajouter : Erin Underwood. Je suis de Chicago. »

Vu d’ici, en comptant qu’elle avait fait une majeure partie de la route à pied, cela paraissait à présent le bout du monde. L’idée même de voyage s’était effacée dans l’esprit d’Erin. Les débuts de l’épidémie semblaient tellement lointains à ce jour qu’il ne lui semblait plus avoir vécu une autre vie que celle-ci. Avait-elle été mariée un jour ? Médecin ? Tout cela était si loin maintenant. Elle vivait au présent, avec ce qu’elle avait devant elle et plus ce qu’elle projetait ou dont son esprit se souvenait.
A croire que la fin de l’humanité rendait des services à sa philosophie de vie …

▬ Et vous alors ? Qu’allez-vous chercher à Los Angeles ? On dit que les grosses villes sont infestées de hordes. Est-ce bien prudent de la part d’un soldat qui a 6 autres vies à sa charge ? »

A nouveau elle haussa un sourcil, inclinant la tête, ayant cet air de trouver tout cela très drôle. A dire vrai, elle se sentait tellement peu concernée par la survie des autres maintenant qu’elle ‘savait’ se débrouiller seule qu’il n’en fallait pas beaucoup pour l’amuser. Puis ce soldat si droit, si preux chevalier … Il fallait bien quelqu’un pour le titiller un peu.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Jeu 15 Fév - 11:57

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" Allons, nous savons très bien que la gente masculine est la plus fragile. "

Je n'avais certainement pas l'intention de froisser sa fierté féminine, mais la réplique est bien tournée et je lui laisse l'avantage en usant d'un peu de cynisme. Je réponds à son sourire singulier alors que les adolescents trouvent du divertissement dans ces joutes cordiales.
En matière de solitude, le point de vue est compréhensible. La liste des inconvénients est potentiellement compensées par celle des avantages certains. Je lui accorde aussi ce point, bien que je sois toujours décidé à protéger le plus de survivants possible.

Je ne survis pas pour moi. Cette envie m'est passée il y a longtemps.

La remarque de Willson n'échappe pas à l'inconnue . Je la laisse gérer l'insolence du soldat. J'en souris, retirant ma casquette pour aller nerveusement agiter mon cuir chevelu avant de replacer ma coiffe. Ce type ne survivrait pas une semaine sans le reste du groupe. Les trois gamins s'en sortent mieux ! Paradoxalement, il est le plus antipathique. Il m'inquiète. Son attitude pourrait finir par nous coûter cher.

▬ Laissez tomber la galanterie soldat, on est à la fin du monde, je sais très bien comment les choses fonctionnent ici. Je ne vous alourdirai pas d’une âme supplémentaire dont vous vous sentiriez le besoin de la protéger. Mon camp n’est pas très loin de là où vous m’avez débusquée. J’y retournerai dormir quand il sera l’heure. »

Vraiment ?
Mes six bouches à nourrir tendent l'oreille. Impressionnées, jalouses, qui sait, elles reprennent leurs murmures un ton plus bas.

" ...Vous feriez aussi bien de ramener vos affaires ici. Profitez-en. "

Et ça n'a rien à voir avec la galanterie. Nous ne connaissons pas l'emplacement de son camp. Nous ne savons toujours pas si elle nous dit la vérité. Je ne dormirai pas en sachant qu'un survivant solitaire rôde dans les parages. Même si ce n'est qu'une survivante.
Malheureusement le reste du groupe sera ravi de la voir s'éloigner. Et puis la décision ne m'appartient pas. Elle n'a montré aucun signe de menace. Si je ne me fie pas aux apparences, rien ne m'autorise à la séquestrer pour autant.
Erin Underwood.

Les adolescents finissent par s'allonger, serrés les uns contre les autres. L'un d'eux peine à fermer les yeux, il nous observe sans que ses paupières ne bougent. Traumatisé, il ne nous a pas adressé la parole depuis que nous les avons trouvés.
Du côté des soldats le sommeil frappe également. Jagger me fait signe qu'il prend un tour de garde après avoir étouffé les braises.

▬ Et vous alors ? Qu’allez-vous chercher à Los Angeles ? On dit que les grosses villes sont infestées de hordes. Est-ce bien prudent de la part d’un soldat qui a 6 autres vies à sa charge ? »

Mon regard reste accroché aux gamins un instant. Puis il dérive sur le sol poussiéreux avant de retourner dans les yeux glacés de cette étrange femme.

" C'est là-bas qu'ils avaient rendez-vous. "

Tout le monde n'a pas su avoir les bons réflexes, la bonne stratégie. D'après eux, une dizaine d'adolescents était en marche pour trouver refuge en ville. Ils pensent que les bombardements ont fait le ménage à Los Angeles, c'était leur destination.

" Je dois aller voir si quelques-uns peuvent être sauvés. Nous irons au plus près, pour évaluer les risques. Puis nous reprendrons vers l'Ouest. "

C'est de la folie. La fin du Monde justifie sans doute ces tentatives désespérées. J'espère avoir l'intuition nécessaire pour estimer et anticiper le danger en périphérie de la ville. Les trois ados n'en démordent pas, ils veulent retrouver leurs camarades. Je ne peux pas les laisser se rendre à L.A seuls. Si les zombies y sont toujours regroupés, nous serons vite fixés. Je mise un peu sur le prochain mort-vivant que nous allons croiser. Cela suffira probablement à les décourager d'aller plus loin ;

Alors qu'il effectue sa ronde, Jagger baille à s'en décrocher la mâchoire. Son attention est quasi nulle et je vois d'ici que son arme n'est pas chargée. Je me lève, repasse la lanière de mon fusil sur l'épaule et d'un geste bref je le renvoi à son couchage.

" Je vous réveille dans deux heures. Dormez. "

Embarrassé, il ne se fait pas prier.
Je ne peux pas me laisser divertir plus longtemps par cette Erin. Je ne peux pas non plus sombrer et risquer de mettre le groupe en danger. Je vais tenter de rester éveillé le plus longtemps possible, nous partirons à l'aube.

" M'dame. "

Dis-je en lui faisant un signe de tête rassemblant les diverses politesses qu'il aurait fallut articuler avant de délimiter le périmètre de ma surveillance. Aller chercher son campement est tentant, mais la sécurité du groupe doit rester ma priorité.
Si elle nous quitte comme prévu je me contenterais d'assurer la protection des survivants à ma charge, jusqu'à mes deux heures de repos...


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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Jeu 15 Fév - 18:51

▬ ...Vous feriez aussi bien de ramener vos affaires ici. Profitez-en. » insista Tomas, tirant un bref soupir amusé à la femme. Il ne renonçait jamais !

Profiter de quoi d’ailleurs ? De la chaleur ? D’une présence humaine ? Elle s’en passait volontiers depuis des semaines. Elle se doutait qu’il cherchait à offrir une protection qu’il estimait impossible à avoir seul mais loin d’en être aussi persuadée que lui, Erin préférait largement sa solitude et la compagnie de ses propres armes que celles d’inconnus dont elle ignorait jusqu’aux intentions. Preuve était de la naïveté de ce généreux soldat, il proposait une place au coin du réchaud à une inconnue prête à le duper et le voler dès qu’il aurait le dos tourné. Ils n’étaient clairement pas passés par les mêmes épreuves depuis le début de l’épidémie. Ou peut-être était-ce elle qui avait mal tourné … qui sait. Dans la conjoncture actuelle des choses, elle ne faisait rien de mal, elle tentait juste comme tout un chacun de survivre avec ce qu’il lui restait. S’il fallait le prendre aux autres pour ça, eh bien ; ce n’était que la loi de la jungle. Le fort se nourrissant du faible.
Comme en écho à ses pensées, le regard d’un des adolescents se braqua dans celui d’Erin et Tomas. Méfiant à l’extrême malgré la fatigue qui tirait ses traits. Elle ne détourna pas les yeux, fixant les prunelles pleines de défis tandis que MacLeod lui confiait la véritable raison de leur destination.

▬ C'est là-bas qu'ils avaient rendez-vous. »

Ils. Les adolescents.

▬ Je dois aller voir si quelques-uns peuvent être sauvés. Nous irons au plus près, pour évaluer les risques. Puis nous reprendrons vers l'Ouest. »

Le regard à présent pensif, perdu dans la contemplation du sol, Erin commenta, plus pour elle-même que pour le lieutenant :

▬ Il ne vous reste que cet espoir. Un espoir de fou. »

Secouant finalement la tête, elle se reprit et tourna la tête vers l’homme. Il avait le regard braqué sur son collègue qui baillait à s’en décrocher la mâchoire. Erin ne put retenir une exclamation sarcastique. Si leur chef semblait avoir le sens des priorités, le regard à l’affût, l’oreille à la fois attentive à son discours et écoutant par au-dessus les bruits de la nuit et les éventuels dangers, les trois soldats qu’il traînait avec lui semblaient pour le moins en dilettante. A part grogner, râler et bailler, elle ne les avait pas vraiment vus faire autre chose d’autre. Ils n’étaient même pas bons pour un tour de garde ! Il était presque surprenant que les sept compères aient survécu jusqu’à maintenant. Ils devaient probablement leur salut à ce Lieutenant-Colonel MacLeod dont Erin jaugea à nouveau la silhouette tandis qu’il relevait son soldat pour prendre sa place et envoyait l’autre se coucher. Assurément c’était lui qui lui donnerait du fil à retordre, ce devait être le genre à ne dormir que d’un œil et d’une oreille. Si elle voulait fureter, soit elle prenait le risque tandis qu’il faisait son tour de garde, soit elle attendait qu’il s’endorme. Dans tous les cas, le pari était risqué car il pouvait très bien revenir sur ses pas pour une raison x ou y ou l’un des autres se réveiller. Réfléchissant à la meilleure stratégie à adopter, elle leva le nez en le voyant approcher.

▬ M'dame. »
▬ Soldat … » fit-elle pompeusement, un petit rictus moqueur aux lèvres. Il l’amusait avec ses manières.

Elle le laissa partir pensivement, lui laissant le temps de disparaître de son champ de vision. Son regard revint sur le groupe de six. Tout le monde dormait profondément ; excepté l’adolescent qui la regardait toujours avec cet air de lapin pris dans les phares. Impossible de tenter quoique ce soit pour l’instant. Résignée, la femme se leva, épousseta son pantalon et partit rejoindre son propre campement sans plus de cérémonie. Elle ne croisa pas le lieutenant sur la route mais vit le faisceau de sa petite lampe torche de reconnaissance glisser dans les ombres de la nuit un peu plus loin. Silencieuse, elle prit à rebours le chemin emprunté à l’aller et retrouva après quelques tâtonnements dans le noir, le contact familier de sa toile de tente. Ses affaires étaient restées telles quelles. S’allongeant dans l’obscurité, Erin sortit de son étui le couteau qu’elle possédait pour dépecer les produits de sa chasse et le plaça dans sa paume, prêt à servir. Seulement après, elle ferma les yeux et tâcha de récupérer.

Elle s’éveilla aux premières lueurs de l’aube avec comme réflexe de regarder autour d’elle avant d’esquisser le moindre mouvement. Ce n’est qu’une fois certaine d’être seule qu’elle se redressa et passa une main sur son visage pour se réveiller. Machinalement, elle attrapa sa gourde et sa clope et cala cette dernière entre ses lèvres après avoir bu quelques gorgées d’eau fraîche. A nouveau elle regarda autour d’elle, tendant l’oreille. Elle était à une cinquantaine de mètres de l’autre camp mais elle n’entendait aucun bruit lui parvenant. Se redressant hors de son abri de fortune, elle leva les yeux vers le ciel, essayant d’estimer à la luminosité ambiante l’heure approximative. Le soleil se levait à peine, il ne devait pas être plus de six ou sept heures du matin étant donné la saison. Elle avait peut-être une chance. Remballant ses affaires le plus discrètement possible, elle essaya de faire vite avant que le camp ne se réveille et s’en approcha au plus près à pas de loup avant de s’arrêter dans des fourrées et d’observer.
Elle distinguait l’amas de corps à l’endroit où ils avaient posé le réchaud hier soir mais n’était pas en mesure de compter correctement. La majorité se trouvait là mais sans doute y en avait-il un ou deux des soldats en ronde. Ou peut-être étaient-ils tous là ? Elle essaya de localiser la casquette de MacLeod mais ne fut pas capable de dire avec certitude s’il était encore couché ou déjà levé. Son attention se porta sur les sacs qu’ils avaient soigneusement disposés tous ensemble près de leur cercle. Elle ne pouvait se risquer à avancer à découvert sans savoir si l’un des soldats tournait autour du camp. Le mieux qu’elle avait à faire était de contourner en espérant ne pas tomber sur l’éventuel guet (auquel cas elle devrait improviser) et s’approcher le plus possible des sacs pour en évaluer le contenu avant d’en piquer un. En prendre deux en plus du sien était inenvisageable mais si elle parvenait à trouver celui d’un des soldats voire du Lieutenant-Colonel, elle serait assurée d’avoir au moins vivres et munitions.
Repérant le fourré dans lequel elle devrait se glisser, à quels arbres s’arrêter pour être à niveau des sacs, elle recula et commença à tracer son propre cercle de ronde. Les yeux et les oreilles à l’affût, Erin progressa à moitié courbée, à pas de loup, évitant soigneusement de faire craquer la moindre branche cette fois. Le chant matinal des oiseaux et le bruissement du vent dans les feuilles bien plus haut au-dessus de sa tête accompagnaient sa progression. Quand elle repéra les arbres attendus, elle cessa pratiquement de respirer pour approcher lentement. Doucement. La précipitation n’était jamais bonne dans ce genre de situation et malgré le risque de se faire prendre, Erin préférait prendre le temps qu’il fallait pour la discrétion et augmenter ainsi ses chances de repartir avec un sac plein, plutôt que de réveiller l’un des survivants et devoir fuir à toutes jambes en espérant courir plus vite que les quatre militaires. Arrivée juste derrière le fourré devant lequel reposaient tous les sacs, elle s’accroupit et allongea lentement une jambe pour se glisser dessous. Elle avait beau avoir 43 ans, elle avait appris la souplesse au fil du temps …
S’apprêtant à se faufiler maintenant qu’elle avait les sacs en visuel, elle s’arrêta brusquement. Glacée. Tendue. Le bruit d’une arme qu’on charge et la menace pesant à présent derrière elle faisant glisser un filet de sueur le long de sa nuque.

Oups.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Ven 16 Fév - 11:39

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Après environ trois heures de surveillance, encouragé par mon espoir de fou, j'ai fini par réveiller Jagger. Je n'ai quasiment pas fermé l’œil pendant ses rondes. Incapable de lui faire pleinement confiance, anxieux vis à vis de Erin, des gamins, j'ai sombré quand ce fut le tour de Willson, aux premiers éclaircissements du ciel. Ma confiance en lui n'est pas meilleure, mais sachez que j'ai fini par fatiguer.

~

Ma montre indique 6h42 quand je me relève. Immédiatement je compte les silhouettes, repère Smith calé contre un arbre un peu plus loin. Les sacs, les merdeux, mes hommes : tout est en place. J'avale une gorgée d'eau fraiche avant de m'en asperger le visage et replace ma casquette sur mon crâne.
Je peux bien laisser un quart d'heure aux endormis. Après, nous partirons.

Smith me fait un signe de tête en détachant son dos du tronc, reprenant quelques pas, pour la forme. Il fait quasiment jour, l'angoisse est moins tenace qu'en pleine nuit et les réflexes forcément meilleurs en cas d'urgence. Quand bien même, il y a toujours une sentinelle en place dans notre groupe.
Puisqu'il s'en charge, je vais replier mes effets. Couverture, sac de couchage, gourde, lampe, le couteau glissé à l'abri des regards. Je rattache mes lacets solidement et vérifie que mes lunettes de soleil soient bien glissées dans la poche de ma veste.
Parfait.

Ne sachant pas rester inactif et pour me forcer à laisser comme prévu les autres dormir encore quinze minutes, je recompte nos biens et refais quelques calculs de provisions. En m'approchant des sacs pour m'assurer que le briquet se trouve toujours à sa place, j'aperçois sa silhouette. A peine. Je pense d'abord me tromper tant elle est judicieusement dissimulée. C'est une personne à l'affut, extrêmement bien cachée et si immobile que seule ma paranoïa me permet d'y prêter attention ;
Prenant soin de la rejoindre en faisant un détour assez large, j'arrive dans le dos de Erin. Déçu mais pas surpris, je soupire et charge mon fusil avant de le braquer à une dix centimètres de sa tête.

" Je peux vous aider ? "

J'ai parlé suffisamment bas pour ne pas réveiller les enfants. Néanmoins, les soldats allongés commencent à bouger. Ils ne nous ont pas encore remarqué.
D'un signe de tête intransigeant je l'oblige à se lever pour s'éloigner des sacs qu'elle envisageait de dérober. L'entraînant assez loin, je finis par la faire s'assoir. Mais ces secondes ne m'ont pas permis de choisir : que faire d'elle ?

" Je comprends mieux comment vous survivez. "

L'heure n'est plus au jugement. Je me contente de réfléchir à voix haute. Le vol est une stratégie inévitable en période de fin du monde. Elle a essayé, elle a échoué. Quant à moi, je ne comprends pas où est mon erreur. Ne lui ai-je pas offert à boire ? N'ai-je pas proposé de partager le campement et donc nos vivres ? Pourquoi chercher à les subtiliser en douce ?
Erin n'a pas l'intention de faire sa route autrement que seule.
Malheureusement pour elle...

Sans cesser de la tenir en joug, j'attrape son sac et le jette à l'écart. Mâchoire contractée, le regard sévère, je lutte contre les solutions extrêmes et inhumaines qui cherchent à s'imposer dans mes pensées un peu plus à chaque obstacle.
Je peste et sors de ma poche des attaches-câbles.

" Joignez vos mains. Erin. "

Des mouvements se font entendre et rapidement, Smith m’interpelle. Je ne détourne pas les yeux de cette voleuse mais hausse clairement le ton.

" Ici. Tout va bien. "

C'est Willson, bien sûr, qui déboule le premier. Son expression pleine de rage lui revient automatiquement quand il reconnait l'inconnue de la veille. Il s'immobilise un temps. Puis, fulminant, il réduit la distance entre eux à une vitesse incroyable pour saisir Erin brutalement par les cheveux et poser le canon de son glock contre sa tempe. Sans être mis au courant des faits. Il avait décidé qu'elle serait une ennemie. Je ne peux plus le faire changer d'avis désormais.

" Willson ! Ça suffit. Mettez lui ces liens. "

Il n'hésite pas longtemps. Je contiens mon soulagement. Il ligote rapidement notre captive. Les liens plastique sont si serrés qu'elle aura de jolies coupures le long de ses poignets, même si elle ne cherche pas à les briser.
Nous revenons près des autres. Ils sont assis sur leurs bagages rangés, chacun espérant une portion de nourriture avant le départ. Chacun espérant surtout que rien ne saura donné à une pareille traître.

Jetée dans un coin, Erin est surveillée par Willson pendant que l'un des ados, sur mon commandement, distribue quelques graines et rares fruits secs. Smith fait l'inventaire des affaires trouvées sur la captive. Le temps passe, il va falloir se mettre en marche. Mais je n'ai toujours pas pris ma décision.
Dégageant Willson, je m'assois à côté de miss Underwood.

" Vous me rendez la tâche très complexe. Il est de plus en plus agressif. Sanguin. Vous n'arrangez rien. "

Dis-je alors que le soldat peine à détacher son regard de la blonde. Sans qu'il n'ait besoin de formuler ses souhaits, on peut tous les deviner. Plus nerveux, plus impatient, insolent, son état s'aggrave. Je suis persuadé qu'il s'est injecté le vaccin mais il refuser de confirmer.
A cette pensée, je reviens à Erin.

" Nous tenons une liste depuis notre départ de la côte Est. Si vous recherchez quelqu’un, ça peut être intéressant de vérifier. "

Plongeant dans ses yeux de glace, j'interroge. La courtoisie n'étant clairement plus utile entre nous.

" Z'avez entendu parler du vaccin ? Vous l'avez pris ? Écoutez, Erin, je ne vais pas vous laisser ici. Faites-vous une raison. "

Et je devine sans mal à quel point elle est déçue. Je n'ai finalement pas le choix. L'abandonner pourrait la conduire à une mort terrible si elle ne parvient pas à se détacher. A l'inverse, si elle se libère, elle redeviendra une menace que je ne peux pas tolérer.
Ma décision est prise.


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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Ven 16 Fév - 18:52

▬ Je peux vous aider ? »

Fermant un instant les yeux de dépit et d’agacement, le regard toujours braqué sur les sacs, Erin leva lentement ses mains en l’air, bien visibles pour que le lieutenant-colonel qui la tenait en joue ne s’amuse pas à lui exploser la cervelle en pensant qu’elle tenterait une porte de sortie. Progressivement, elle recula vers lui et l’entendit reculer à son tour, son arme toujours braquée sur elle. Elle se retourna alors, toujours accroupie, pour croiser son regard. Evitant le contact oculaire, sourcils froncés sous la visière de sa casquette, il lui désigna d’un mouvement sec du menton de s’éloigner de son emplacement. Menacée et étrangement docile, elle le suivit sans rechigner et s’assit où il le lui ordonna. De nouveau, elle chercha le contact de son regard. Le lui accordant cette fois, l’homme ne masqua pas sa déception ou sa colère. Mais elles glissèrent sur Erin comme la pluie sur les feuilles. Ce n’était pas la première fois qu’elle se faisait attraper.

▬ Je comprends mieux comment vous survivez. »
▬ Déçu que je ne sois pas la pauvre damoiselle en détresse dont vous rêviez ? » pérora-t-elle en mimant une moue triste et boudeuse.

Elle récupéra ensuite un masque froid et distant, sachant pertinemment que le soldat ne la laisserait pas s’en tirer à si bon compte. Observant le ballet menaçant de son arme autour de sa tête, elle réprima une exclamation lorsque MacLeod balança brusquement son sac au loin et le toisa d’un air sévère lorsqu’il glissa son fusil de chasse à son épaule, gardant le sien en main ; au moins il ne le jetait pas dans les bois celui-là mais elle ignorait encore comment elle allait bien pouvoir retrouver son sac et le reste de ses affaires ; puisque clairement il n’en avait pas fini avec elle. Canon braqué sur sa tête, fureur braquée dans son regard, il sortit des câbles de sa poche et ordonna :

▬ Joignez vos mains. Erin. »

S’observant en chiens de faïence malgré l’arme pointée sur elle, Erin fronça les sourcils, bouillonnant de l’intérieur. Des voix s’élevèrent du camp, les soldats s’activant et appelant leur chef. Elle joignit finalement les mains, n’ayant guère d’autres choix, tandis qu’il les localisait de la voix :

Ici. Tout va bien. »
▬ Parlez pour vous … » maugréa-t-elle.

C’est à ce moment qu’un des soldats apparut, sortant des fourrés pour rejoindre son lieutenant. Il ne lui fallut qu’une demi-seconde pour analyser la situation, Erin toujours à terre, mains jointes, toisant MacLeod d’un air mauvais et ce dernier, l’arme pointée sur la femme. Dégainant sa propre arme à feu, il se rapprocha brusquement d’Erin qui sentit sa tête partir lorsqu’il la saisit par les cheveux. Son visage se tordit malgré elle de douleur mais elle étouffa l’exclamation qui allait avec, le canon d’un Glock collé à la tempe et une menace de mort passant du regard du soldat au sien. Refusant de baisser les yeux, elle tâcha de contrôler l’expression de douleur qui traversait par instant son visage tandis qu’il tirait toujours sur ses cheveux.

Willson ! Ça suffit. Mettez-lui ces liens. » intervint le lieutenant, offrant un soulagement transitoire à la femme.

La force avec laquelle Willson l’avait saisie l’ayant fait disjoindre ses mains, elle n’eut que le temps de se rattraper pour ne pas s’étaler à terre. Le soldat lui reprit néanmoins cette maigre liberté et ligota ses poignets, ne cachant pas son plaisir de serrer les liens si fort qu’ils entamèrent la chair et tirèrent une nouvelle grimace de douleur à Erin. Elle refusa de céder et de se plaindre, se bornant à darder un nouveau regard brûlant de haine au Lieutenant-Colonel. Il l’ignora et ordonna qu’on la ramène près du camp. Sans douceur, Willson l’obligea à se redresser et attendit que son chef passe devant pour coller un coup de crosse dans le dos de la femme qui lâcha un hoquet de surprise et baissa finalement les yeux pour voir son chemin.
Revenus sur leurs pas, les deux soldats larguèrent Erin dans un coin, à l’écart des autres qui ne masquèrent plus du tout leur animosité. Elle le leur rendit patiemment, regard après regards, affichant sa morgue et son déni de la situation. Car concrètement, elle s’était encore fichue dans de beaux draps. Un maigre espoir lui subsistait néanmoins mais elle était trop attentive à tous ces gens qui la toisaient et crachaient à leurs pieds en la regardant pour y songer plus d’un instant. Le Lieutenant-Colonel leur apporta leur bouffe et ils cessèrent de la dévisager. Ils étaient comme des chiens affamés songea Erin, attendant leur ration de sang.

Voyant MacLeod approcher et relever son soldat, elle se redressa et planta invariablement son regard dans le sien. Plus de faux-semblants. Ils se détestaient cordialement. L’homme s’assit à côté d’elle et les deux regardèrent Willson rejoindre les autres et s’installer de sorte à surveiller Erin du regard.

▬ Vous me rendez la tâche très complexe. Il est de plus en plus agressif. Sanguin. Vous n'arrangez rien. »

Erin haussa les sourcils, vexée, feignant de s’offusquer :

▬ Excusez-moi d’essayer de survivre cap’taine. »

Elle lâcha un long soupir et détourna son regard de Willson dont elle se fichait éperdument de l’état. Il serait le premier qu’elle tuerait si on lui en donnait l’occasion. Un mec pareil lui en voudrait toute sa vie. Elle ne pouvait pas prendre le risque. Son regard dériva vers les deux autres soldats qui, ô surprise, avaient récupéré son sac et le fouillait consciencieusement. Ils s’esclaffèrent grassement en ouvrant la poche du fond où se trouvaient ses sous-vêtements et Erin détourna derechef le regard des hommes avant d’en voir l’un d’eux exhiber un soutien-gorge sur sa tenue dégueulasse.
Le Lieutenant-Colonel lui fournit une diversion.

▬ Nous tenons une liste depuis notre départ de la côte Est. Si vous recherchez quelqu’un, ça peut être intéressant de vérifier. »

Fronçant un peu plus les sourcils, elle s’énerva :

▬ Vérifier quoi soldat ? Vous croyez encore que j’avance dans le but de retrouver quelqu’un ? Que je ne suis pas éperdument seule depuis mon départ de Chicago ? Il va falloir le répéter combien de fois pour que vous compreniez que je ne suis pas quelqu’un de sociable ?! »

Shootant dans la poussière, elle lâcha un grognement et tourna la tête pour éviter de croiser le regard du militaire. Les liens lui sciaient les poignets, elle commençait à avoir faim et ne pas savoir ce qu’il allait advenir de sa couenne commençait aussi sérieusement à l’irriter. L’homme ne bougeant pas, elle daigna finalement tourner la tête vers lui et lâcha d’une voix agacée :

▬ Je ne recherche personne. Gardez votre liste. »
▬ Z'avez entendu parler du vaccin ? Vous l'avez pris ? Écoutez, Erin, je ne vais pas vous laisser ici. Faites-vous une raison. »

Un sourire mauvais, cynique, écœuré étira les lèvres de la femme. Prenant une voix faussement légère rappelant celles des hôtesses de l’air expliquant les consignes de sécurité, elle répondit :

▬ Mais oui j’en ai entendu parler et comme tout médecin qui se respecte, je le conseille à mes patients et je me le suis injecté dès que je l’ai trouvé ! Huhuhu »

Furieuse, elle devenait insupportable. Attachée et contrainte de suivre quatre péquenots en treillis, elle allait être un véritable enfer. Faisant disparaître le masque d’hôtesse de l’air et le sourire minaudant de son visage, elle reprit son expression froide et dépitée, répondant avec le dédain de celui qui ne veut même pas accorder son regard à son interlocuteur :

▬ Bien sûr que non, réfléchissez un peu. »

Son regard tomba sur le sol en même temps que les flammes de sa colère redescendirent, ne lui laissant que la rancœur à ruminer. Shootant dans un petit caillou près de sa chaussure, elle parla sans regarder, lâchant sa phrase dans un soupir désappointé.

▬ Foutez moi la paix soldat. »

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Lun 19 Fév - 10:29

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Leur maigre petit déjeuner avalé, mes hommes et les trois autres survivants s'impatientent. Personne n'a envie de passer la journée à marcher, encore, et le caractère vital de cet exercice le rend plus contraignant. Se mettre en route ne veut pas dire se mettre en sécurité. C'est à peine repousser l'heure de la fin, si on est optimiste. Parfois, on a juste l'impression de se rapprocher un peu plus d'une mort terrible. Mais nous ne savons pas, et c'est indéniablement le pire ;

Les trois jeunes prennent la liberté de s'éloigner de quelques mètres au moment où je m'installe vers Erin. Malgré les heures de sommeil ils ont l'air aussi fatigués que la veille et se referment un peu plus chaque jour, perdant l'espoir, sans que je ne puisse rien faire. Les militaires de leur côté veillent, agacés par l'attente et la présence d'Erin, mais résignés à suivre mes directives.
Pour l'instant.

▬ Vérifier quoi soldat ? Vous croyez encore que j’avance dans le but de retrouver quelqu’un ? Que je ne suis pas éperdument seule depuis mon départ de Chicago ? Il va falloir le répéter combien de fois pour que vous compreniez que je ne suis pas quelqu’un de sociable ?! »

« J'ai compris ça. »

Difficile d'avoir meilleure démonstration. Quelle plaie cette femme. Je hausse les épaules et l'interroge alors sur le vaccin, puisque ma liste ne l'intéresse pas. Comme beaucoup elle a probablement perdu tout le monde... parents, mari, enfants ? Son passé lui appartient et ne me regarde en rien. Moins j'en saurai, mieux ça vaudra en réalité.

A sa réaction cynique concernant le soit disant remède, je fronce les sourcils en attendant un avis sérieux. On n'avancera pas si elle reste sur la défensive pour tout. Je tique quand, au milieu de sa colère, elle dévoile son ancien métier. Bien. Une information loin d'être négligeable si vous voulez mon avis.
Son opinion sur le vaccin me rassure presque. J'ai passé des mois à assurer la sécurité de ceux qui pensaient savoir mettre au point un médicament qui se révèle finalement fort douteux. Elle, professionnelle, est sceptique sur les effets d'une telle injection et ça ne fait que renforcer mes propres appréhensions.

▬ Foutez moi la paix soldat.

Je me relève sans un regard de plus pour cette impertinente et vais ramasser son sac que Willson a laissé au sol. Je replace à l'intérieur ce qui s'y trouvait et qui a été volontairement éparpillé avant de le boucler et de le jeter sur mon épaule. Il n'est pas si lourd. Je ne veux pas déjà prendre la décision de lui faire perdre ses biens.
Ce pourrait être un moyen de chantage, si nécessaire.

« On bouge. »

Les gamins se mettent à suivre Willson, Smith étant parti en éclaireur quand Jagger referme la marche. Juste devant lui nous progressons donc Erin et moi, silencieux. Toujours sans un regard, je lui tends une gourde pour qu'elle puisse avaler un peu d'eau avant la première pause.
Le temps est clair, mais humide. Un léger brouillard nous quitte après environ deux heures de marche rythmées par le seul bruit des chaussures qui foulent la terre et les respirations soutenues des bons randonneurs que nous sommes.

La carte trouvée dans le sac de ma captive en main, je marche distraitement, jetant occasionnellement un œil devant pour ne pas tomber. Difficile de s'orienter après avoir marché plus de vingt heures sans le moindre plan. Le peu d'indications que j'arrive à rassembler me conviennent. On est toujours au dessus de L.A mais, techniquement, nous ne l'avons pas dépassée.

Je rattrape vite le reste du groupe et lance un regard impatient et sévère à Willson. Qu'est-ce qu'ils foutent ? Pliant le document d'une main pour le glisser dans ma poche, j'attends une explication qui ne tarde pas à venir.

« Le petit s'est foulé la cheville... monsieur. »

Contrarié, le soldat nous passe à côté en percutant Erin sans retenue. Je m'approche de l'adolescent qui, assit, se tient le pied en grimaçant de douleur.

« Vous n'avez qu'une chose à faire, tous les trois : marcher ! On protège votre sommeil, on organise vos rations, on ouvre le chemin et vous ne savez pas marcher ?! »

Je jette mon sac et celui de la médecin à mes pieds avant de retirer les deux armes que j'ai sur les épaules, me libérant de tout ce poids comme si je pouvais me débarrasser de tous les fardeaux que comporte ce groupe.
J'attire l'attention de mes hommes pour les indications claires et simples :

« Buvez un coup et montez la garde. Doc, on a besoin de vous. »

Et elle a intérêt à coopérer. Mais alors que je m'apprête à entraîner Erin près du blessé - persuadé qu'elle refusera d'abord- Willson m'attrape par l'épaule, avortant mon mouvement.

« Laissons-le ici. Lui, les deux autres, et cette femme ! Si vous vous inquiétez tant pour ces gamins, ils seront mieux avec une docteur qu'avec nous ! Ils nous ralentissent ! Ils nous prennent nos vivres, nous devons trouver de la viande et ; »

« Lâchez-moi. Tout de suite. »

Les regards sont braqués sur la scène mais l'un comme l'autre nous ne bougeons pas. Ses yeux sont rouges, il transpire et la poigne avec laquelle il me retient est féroce. Sans ciller, j'attends qu'il obéisse. Malheureusement, les quatre non militaires que nous traînons semblent avoir achevé sa patience et son sang froid ; que ce soit du au vaccin ou pas, je crains que Willson pète un câble.
C'est pas le moment.



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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mer 28 Fév - 14:10

Est-ce qu'Erin se fait choper par un des adolescents en train de prendre ce que je veux qu'elle prenne parce que MacLeod l'a laissé traîner?

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mer 28 Fév - 14:10

Le membre 'Erin L. Underwood' a effectué l'action suivante : Lancer de dés


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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mer 28 Fév - 14:33

Réagissant par le mépris et le silence, le lieutenant MacLeod s’éloigna. Elle le vit récupérer ses affaires que les soldats avaient éparpillées au gré de leur mesquinerie ; il les ramassa et les rangea sans dire un mot dans son sac, le balançant ensuite sur son dos, au-dessus du sien. Il récupéra son fusil et l’ajouta à celui qu’il portait déjà à l’épaule. Bien qu’elle n’en soit plus vraiment la propriétaire actuellement, le fait de voir le soldat récupérer ses affaires rassura un tantinet Erin sur son sort. Si elle parvenait à se libérer de ses liens, elle aurait quelque chose de substantiel à récupérer ; elle ne se retrouverait pas sans rien.
Les hommes se tournèrent vers leur chef qui donna le signal de départ pour bouger et s’approcha d’elle tandis que les jeunes partaient devant en compagnie du prénommé Willson et d’un autre soldat dont elle avait oublié le nom. Se redressant tant bien que mal, elle lança un regard dissuasif au Lieutenant s’il prétendait lui apporter la moindre aide à cet instant et se mit en marche toute seule.
Bien que la route se fasse silencieusement, qu’il soit doublement armé, à l’origine de sa captivité, la femme préférait de loin avoir pour garder le chef de cette équipée plutôt que l’un des trois autres soldats. D’abord parce qu’il avait ses affaires et que cela ferait moins loin à aller chercher si elle parvenait à se libérer, ensuite parce qu’il était certes méfiant maintenant qu’il la savait capable de piller mais son premier instinct avait été de lui faire confiance, et cela ne pouvait trahir qu’un bon fond. Elle-même se méfiait de tout et de tout le monde, elle analysait en permanence. MacLeod aspirait au fond à pouvoir croire encore en l’Humanité.
 
C’était ses pensées qu’elle avait en tête lorsque le soldat la dépassa en soupirant, l’air excédé par ce qui se passait devant. Intriguée, les mains toujours liées et un soldat la poussant au cul pour fermer la marche derrière, Erin avança malgré tout à pas prudents, fronçant légèrement les sourcils en approchant des trois jeunes et des deux soldats. MacLeod agenouillé était penché au-dessus d’un des adolescents, vitupérant contre eux. Le jeune à terre se tenait la cheville avec une grimace de douleur. Willson expliqua brièvement la situation à son lieutenant avant de les contourner, bousculant Erin au passage. Elle manqua de peu de tomber et se retint de cracher sur les bottes du soldat. Elle avait les mains liées, il pouvait très bien lui coller une ramée sans qu’elle ait le temps de réagir. Occupée à le regarder s’éloigner, elle entendit à peine que la fin de la phrase de MacLeod lui était adressée :
 
▬ Doc, on a besoin de vous. »
 
Elle aurait aimé lui faire remarquer que les mains liées, elle n’allait être d’aucune utilité – quand bien même une cheville foulée ne requérait pas grande habileté de ses mains … - mais elle n’eut que le temps d’ouvrir la bouche. Willson ayant fait volte-face revint attraper son colonel par l’épaule et l’empoigna si fort et si violemment que tous se figèrent pour regarder la scène qui se déroulait.
 
▬ Laissons-le ici. Lui, les deux autres, et cette femme ! Si vous vous inquiétez tant pour ces gamins, ils seront mieux avec une docteur qu'avec nous ! Ils nous ralentissent ! Ils nous prennent nos vivres, nous devons trouver de la viande et ; »
 
Il n’eut pas le loisir de finir sa phrase.
 
▬ Lâchez-moi. Tout de suite. » fit MacLeod.
 
 
▬ Il a dit tout de suite. »
 
D’un bloc, les regards convergèrent vers elle. Ou plutôt vers l’arme qu’elle tenait dont le canon pointait droit sur la tête de Willson. Le regard de glace, Erin ne trahissait rien si ce n’est la détermination qu’elle aurait à appuyer sur la détente et faire voler en éclats cette cervelle qui voulait l’abandonner avec des gosses en pleine apocalypse. Les mains liées, elle tenait le fusil comme un simple pistolet. Il aurait suffi d’un coup de main contre le canon pour dévier sa trajectoire et lui faire perdre la main-mise sur cette arme faite pour se tenir autrement ; mais elle s’était gardée de trop s’approcher pour permettre à cette éventualité de jaillir dans l’esprit de Willson. Ou de quiconque. Elle avait agi en silence, dans l’ombre de cette scène éclatante qui avait paralysé tout le monde, y compris les deux autres soldats. MacLeod avait posé les armes sans soupçonner qu’elle les prendrait, comptant sur le fait qu’elle s’approcherait pour aider, qu’il n’était guère loin pour les récupérer, qu’elle avait les mains liées … Il l’avait encore sous-estimée ; mais cela lui sauverait peut-être la vie.
 
▬ Tu vas faire quoi ? Me tirer dessus ? » lâcha Willson, un sourire mauvais aux lèvres.
▬ Ne me tentez pas. » dit-elle simplement. Puis son regard glissant furtivement vers MacLeod, elle demanda : Vous avez repéré d’autres symptômes Lieutenant ? Combien d’entre vous l’ont eu ce putain de vaccin ? »
 
Eclatant de rire, Willson profita des quelques centièmes de secondes où Erin attendit la réponse du lieutenant pour se baisser brusquement et foncer droit sur elle. Gênée par ses liens aux poignets, elle n’eut que le temps de lâcher l’arme, les bras puissants du soldat la cueillir au creux du plexus et la plaquèrent sans effort au sol. Erin lâcha un hoquet de surprise, le souffle coupé sous le choc. Les yeux écarquillés de peur face à ceux injectés de sang du soldat, elle rua pour essayer de s’en dépêtrer mais le poids du corps de Willson appuyait trop sur ses reins pour lui permettre la moindre marge de manœuvre. Elle n’eut pas le temps de crier, il lui assena un violent coup de tête qui lui fit perdre connaissance sur le coup.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mer 28 Fév - 18:04

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Il pète les plombs. Il pète les plombs et je ne peux rien faire pour l'aider. Pire, je ne peux désormais plus protéger le reste du groupe puisque j'ai bêtement déposé mes affaires près des adolescents. Si ces manchots savaient se déplacer correctement, nous n'en serions pas là. Je n'aurai pas hésité à menacer Willson, et après ...
La question ne se pose pas. Pour l'instant il me tient, solidement, et la rage dans son regard enfle dangereusement. Ses doigts sont si serrés sur ma veste qu'ils craquent et le moindre mouvement me confirme que je ne saurai m'en défaire aisément.

▬ Il a dit tout de suite. »

Le silence se brise et une nouvelle vague de panique prend le groupe, plus intensément. Les deux autres hommes sous mes ordres relèvent aussitôt leurs armes en direction de Erin. Mais ils hésitent. En fait, ils sont d'accord avec elle sur la dangerosité que représente le vacciné. Aussi, leurs canons tournent lentement dans ma direction.

Accroupis derrière Smith et Jagger, les trois jeunes gens assistent à la scène, impuissants, terrorisés, tandis que Willson, méconnaissable, provoque celle qui le tient en joug. Discrètement j'essaye de me détacher de lui.
Erin a raison, le vaccin le rend fou. Le vaccin est responsable. Que je sache, il est le seul piqué de mes hommes. Pour autant je ne tolèrerai pas qu'elle l'achève et la savoir armée ne m'enchante pas. J'entrouvre les lèvres pour répondre quand le soldat se jette sur elle ;

« Crève ! »

« Willson ! Ça suffit ! »

Je saute sur mon arme restée près des sacs et imite les deux autres militaires qui le visent. Le stopper à mains nues paraît inimaginable. La force qui l'habite est proportionnelle à sa frénésie. Mais les risques de faire feu sont trop grands.
Les ados tremblent et les professionnels hésitent ;
Je ne peux me payer ce luxe. Il va la tuer.

« Willson ! »

Il assène d'autres coups malgré l'air inconscient de sa victime. Un sourire large en travers du visage, il se remet à rire, comme amusé par sa propre violence.
PAN
D'où je suis, je parviens à lui loger une balle dans le cou. Le sang s'écoule déjà abondamment alors qu'il s'écroule aux côtés de Erin, mort. Le blesser aurait été plus compliqué puisqu'il était sur la médecin et puis, son cas semblait désespéré. Une blessure aurait attiré les ennemis.

Je me cherche toutes les excuses du monde mais une seule est recevable : je l'ai empêché de tuer. M'approchant d'Erin, je viens vérifier son pouls avant de lui taper le visage, espérant que cela suffise à la tirer de sa torpeur.

Les deux autres militaires s'occupent du cadavre après avoir récupéré les effets utiles. Muets, ils montent la garde en attendant mes ordres. Les gamins de leur côté ne gémissent plus pour leurs futiles blessures, bien décidés à passer inaperçus désormais.

Je laisse passer quelques secondes, et secoue à nouveau ma voleuse.

« Nous devons partir. L'odeur pourrait les attirer. Vous pouvez marcher ? »

Dis-je quand je la vois ouvrir les yeux.
On pourrait lui reprocher la mort de Willson. On peut lui reprocher d'avoir essayé de nous voler. Toujours est-il que je commande et j'ai choisi de ne pas l'abandonner. Ses liens ont été défaits et une gourde est posée à ses côtés, près de ses affaires. Son arme en revanche est passée autour de mes épaules.

« Les autres affirment ne pas avoir pris le vaccin. Ce n'est pas non plus mon cas... restons prudents. »

Je lui tends la main pour l'aider à se remettre sur pieds. Si elle en est capable, nous avons encore trois heures à parcourir avant d'envisager de nous poser pour la fin de journée. Prenant mes distances, je décide de fermer la marche tandis que les soldats encadrent les p'tits à l'avant. Aucun d'eux ne veux côtoyer Erin, encore moins se frotter à mon austérité.

Je fais mon possible pour me débarrasser de la culpabilité qui rôde ainsi que de la masse de souvenirs sanglants qui s'entassent dans mes pensées.
L'arme en mains, je reste aux aguets et nous avalons les kilomètres à une allure correcte.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Dim 4 Mar - 21:07

Pendant un temps qui lui sembla extrêmement court, ce fut le trou noir.
Puis l’impression qu’on lui fendait le crâne en deux s’imposa brutalement à son néant. Les yeux toujours clos, encore à moitié inconsciente, la femme tenta de replonger dans les limbes d’où une poigne solide à son bras tentait de l’extirper. Grimaçant, gémissant, elle entendit plus qu’elle ne vit le responsable de son intranquillité :
 
▬ Nous devons partir. L'odeur pourrait les attirer. Vous pouvez marcher ? »
 
Lentement, les mots, les sons, la situation se remirent en ordre dans son esprit. Elle tenta d’ouvrir les yeux mais ne put y arriver qu’avec un seul. La luminosité l’éblouit et relança son mal de crâne. Elle referma les yeux et sentit monter une nausée atroce. Se penchant pour vomir, ses mains nouvellement libres s’appuyèrent sur une gourde posée à ses côtés. Elle la saisit sans réfléchir et avala plusieurs gorgées d’eau avant d’abandonner le goulot contre ses lèvres pour reprendre sa respiration. Elle tenta de rouvrir les yeux, n’y parvint qu’avec un mais sans être éblouie cette fois. Ses doigts tâtonnèrent sur son visage. Les reliefs en étaient changés, déformés par l’œdème. Elle grimaça de douleur en passant sur ses zygomatiques. Fracture ? Contusion ? Elle le saurait une fois l’œdème résorbé. En attendant, ce connard l’avait bien défoncée.
Elle ne réalisa pas immédiatement en le voyant allongé à côté d’elle. Ce n’est qu’en constatant la quantité de sang autour de lui et celui qu’elle avait sur elle, qu’elle comprit. Son regard alla du cadavre … à celui du lieutenant-colonel qui semblait l’attendre.
 
▬ Les autres affirment ne pas avoir pris le vaccin. Ce n'est pas non plus mon cas... restons prudents. »
 
Sans dire un mot, elle hocha la tête d’un bref coup sec et se laissa aider pour se relever. Sa migraine lui sciait toujours le crâne en deux. Fort heureusement, MacLeod avait décidé qu’elle était maintenant digne de porter ses affaires sur son dos. Elle attrapa son sac, tâcha de juguler douleurs et nausée et fit signe qu’elle était prête pour partir. Les autres évitèrent son regard, se remirent en marche dans un silence de mort. Indifférente, Erin leur emboîta ensuite le pas et entendit MacLeod faire de même derrière elle. Ils progressèrent en silence.
 
A la nuit tombée, le lieutenant sonna la halte et les trois adolescents tombèrent au sol, ravis de cette annonce. Silencieux et professionnels, les deux soldats restants commencèrent à monter le camp. Erin resta debout un instant à les regarder et alla finalement s’installer en retrait. S’asseyant à même le sol, elle ferma les yeux et passa deux mains lasses sur son visage tuméfié. Son crâne la lancinait, elle ne voyait que d’un œil et n’avait qu’une peur c’était que les os de son visage se soient fracturés par endroits et coincent les muscles de l’œil qu’elle n’arrivait pas à ouvrir. Si c’était le cas, elle perdrait tout simplement la possibilité de l’utiliser. Ce qui ne se révélerait guère pratique pour tirer au fusil … Fusil qui était toujours en la possession de MacLeod soit dit en passant.
Elle jeta un regard vers le lieutenant, occupé à sécuriser le camp. Il n’y avait que lui pour avoir pu prendre la décision de tirer sur son propre soldat. Les deux autres n’étaient que des suiveurs, pas un n’aurait pris cette responsabilité. En un mot, il l’avait sauvée. Et maintenant elle était détachée, en possession de ses effets. Qu’attendait-il réellement d’elle ? Etait-elle toujours captive ou … ? Elle avait suivi le mouvement tellement passivement en se réveillant qu’elle ignorait ce qu’il serait advenu si elle avait annoncé les planter là. Sans son fusil, cela était inconcevable certes mais que ce serait-il arrivé ? Gambergeant sur cette idée, elle laissa les autres vaquer à leurs occupations et guetta le moment où MacLeod s’écarta du groupe pour le rejoindre.
 
▬ Je voudrais récupérer mon fusil, soldat. Si des rôdeurs arrivent, je veux être en mesure de me défendre. »
 
Elle omit à nouveau de dire qu’il n’était pas chargé, préférant un prétexte plausible pour éviter un certain nombre de questions.
 
▬ Vous comptez m’emmener jusqu’où au fait ? Parce que la captivité prend un goût étrange sans menottes et avec mon sac sur le dos. »
 
Non pas qu’elle s’en plaigne mais bon. S’il voulait la voir rester, il lui faudrait un peu plus lourd comme arguments. Sinon elle prendrait la poudre d’escampette dès son dos et son attention tournés.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mar 6 Mar - 19:10

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C'est à travers le silence de notre marche que j'ai retrouvé mon calme. Au rythme de mes pas solides et décidés, j'ai calé ma respiration, ma concentration. Ce qui est fait est fait. Je n'avais pas d'autre choix, même si tuer un frère d'armes n'est jamais une option évidente. J'ai perdu un bon soldat, un tireur qualifié, un homme de terrain. Je l'ai perdu lorsqu'il a pris le vaccin ;
P*tain. Moi qui pensais que se fier à des médecins était la meilleure solution, dans ce contexte d'épidémie terrifiante. Belle erreur. Je m'en mords les doigts, et le pire, ce ne sont pas les remords ou la colère mais bien le doute qui plane désormais sur l'avenir. Si ce médicament n'en est pas un, que nous reste-t-il ?

En réalisant que le soleil se retire et que la cadence de la progression a nettement diminué, je décide de stopper le groupe. Ils ont assez avancé. Il faudra en faire autant demain, si ce n'est davantage. Autant accorder les heures de sommeil indispensables.
Laissant les deux militaires organiser le campement, je fais un premier tour de garde. Visiblement pas assez épuisé pour m'installer avec les autres et soulager mes pieds, mes jambes. Lorsque je reviens, presque sûr qu'aucun danger ne rôde, les gamins sont quasiment déjà couchés. Ils se partagent un morceau de je ne sais quoi économisé la veille. Smith et Jagger attendaient mon autorisation pour entamer leurs rations, ils ne se font pas prier suite à mon mouvement de tête.

▬ Je voudrais récupérer mon fusil, soldat. Si des rôdeurs arrivent, je veux être en mesure de me défendre. »

Je m'installe sur un large tronc mort en faisant glisser les deux armes que je porte sur le côté. Ouvrant un sachet de fruits secs, je m'en verse une poignée dans le creux de la main avant de lui tendre le reste et de lui accorder mon premier regard depuis l'incident ;

« Nous vous défendrons. »

Cette réponse ne doit pas lui convenir, je m'en moque. J'avale quelques raisins en focalisant mon attention sur les adolescents recroquevillés. Mais cette femme ne s'arrête jamais :

▬ Vous comptez m’emmener jusqu’où au fait ? Parce que la captivité prend un goût étrange sans menottes et avec mon sac sur le dos. »

« Je ne vous fais pas confiance, mais nous sommes du même côté. Vous n'êtes pas captive. Vous pouvez partir. »

Sans son arme, cela va sans dire. Et je continue de préférer sa présence. Aussi bavarde et impolie soit-elle, sans parler de sa tentative de vol, c'est moins embêtant de l'avoir à l’œil pour surveiller ses malices.
Et puis j'en sais encore bien trop peu à son sujet.

« ...Vous êtes vraiment médecin ? On aura besoin de vous, à un moment ou un autre. Vous n'êtes pas en danger ici. Pas plus qu'ailleurs, peut être moins. »

Elle ne nous craint pas. Pas directement. Mais des survivants sont des proies, les proies attirent les chasseurs. Par ailleurs, si sa solitude lui apporte une forme de sécurité grâce à sa discrétion, elle sera plus vulnérable une fois traquée. Pour ne pas dire perdue.
Nous sommes encore trois professionnels lourdement équipés. Ce peut être un argument.

« Restez. Au moins jusqu'à ce que nous nous éloignons de la ville. »

Quand nous l'aurons approchés. Ce qui impliquerait plusieurs jours, minimum, à nos côtés.

Je n'espère pas gagner sa confiance, encore moins sa sympathie. Mais je dois, coûte que coûte, miser sur la solidarité, la complémentarité de chacun, la foi qui s'entretient.
Quelle que soit sa réaction suite à mes propos, je n'ai pas l'intention d'en débattre maintenant. La nuit portera conseil à chacun de nous et ce n'est peut être pas plus mal.

Terminant mon maigre repas, j'avale une gorgée et me laisse glisser au bas de mon banc de fortune. Jagger assure la surveillance pour les deux heures à venir. Je retire donc ma casquette, dégrafe un peu mon blouson après avoir défaits le gilet par-balles et laisse enfin l'arrière de mon crâne se poser sur le tronc sec.
Mais ma tranquillité n'est qu'apparente.

« Il vous aurait tuée. »

Dis-je alors que je sens le regard de Erin sur mon visage. Les images sanglantes me reviennent. Willson l'aurait tuée. Willson n'était pourtant pas un assassin. Il n'était plus lui-même et ça me fait froid dans le dos de voir à quel point ce "remède" l'a presque autant changé que le virus qui touche nos victimes ;


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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mer 21 Mar - 21:34

▬ Nous vous défendrons. »
▬ Qui vous dit qu’j’en ai besoin ? » répliqua-t-elle sans hésiter. Les seuls ennuis que j’ai rencontrés sont ceux que votre soldat a généreusement écrasés sur mon visage. »

Avalant rageusement les raisins secs qu’il lui avait tendus et qu’elle avait saisis sans réfléchir, Erin détourna le regard. Il n’y avait sans aucun doute rien de plus horripilant à entendre pour une indépendante comme elle que ce que le colonel venait de lâcher. La défendre … Pour qui se prenaient-ils ces soldats ? Les sauveurs de l’Humanité ? Ils étaient à peine capables d’organiser sérieusement un camp. Ils accueillaient des adolescents et les escortaient comme si cela ne mettait aucunement leur vie en danger. L’une des raisons pour laquelle elle avait décidé de faire voile seule loin des groupes était justement celle-ci ; plus d’attache, elle ne survivait que pour elle-même et ne prenait plus le risque de perdre quelqu’un ou d’être mise en danger par ce quelqu’un. Elle avait trop d’exemples pour tous les citer. C’était une mauvaise idée, point final. Marcher, avancer, continuer était la clé. S’arrêter, s’installer, c’était mourir. Et les groupes ne marchaient pas éternellement, trop d’aléas, trop d’avis divergents. Ils finissaient constamment par s’arrêter et essayer de reconstruire. Et une horde arrivait. Ou un autre groupe. Ou des bombes.
Avancer. Avancer était la clé.

▬ Je ne vous fais pas confiance, mais nous sommes du même côté. Vous n'êtes pas captive. Vous pouvez partir. »

Elle éclata d’un rire sec.

▬ Sans mon arme ? Oui bien sûr. »

Erin était attachée à peu de choses. La fin du monde, ses nombreux périples, le temps, la fatigue sur ses épaules l’avaient délestée de nombreuses possessions auxquelles elle croyait tenir et qui se révélaient en fin de compte suffisamment vaines pour être laissées derrière. Mais pas son fusil. Il était certes vide depuis tellement de semaines qu’elle ne désespérait même plus de trouver des munitions, elle tuait avec couteau ou bâton, point à la ligne ; mais il avait une valeur, telle qu’elle n’était pas capable de s’en séparer, de le laisser là aux mains de cet agaçant soldat aux manières si droites et justicières. Il était le pont entre deux rivages qu’on aurait pu croire éloignés. Vestige de son passé, il autorisait à son présent d’exister. Même déchargé, elle ne résolvait pas à le laisser.

▬ ...Vous êtes vraiment médecin ? On aura besoin de vous, à un moment ou un autre. Vous n'êtes pas en danger ici. Pas plus qu'ailleurs, peut-être moins. »

Elle observa le soldat. Il était convaincu de sa sécurité au sein du groupe, convaincu même de l’idée d’un groupe. Elle faillit sourire mais le retint juste à temps et secoua doucement la tête en soupirant. Avoir un médecin au sein d’un groupe était précieux, elle le savait et s’en servait à l’occasion pour infiltrer. Mais avoir un groupe ne lui semblait pas précieux du tout. Un groupe était lent, parfois bruyant et une fois une forme de solidarité installée, c’était terminé, il était impossible de s’en défaire. Erin ne pouvait le concevoir. Elle avait déjà donné, déjà tenté et son idée était faite, rien ne pourrait l’en détourner. Elle continuerait seule. Quoiqu’il advienne. N’eusse été son fusil et son loupé avec le vol des sacs, elle serait déjà loin. L’argument de protection militaire ne pouvait la convaincre, il impliquait trop de monde. Et faire appel à son sens du devoir en tant que médecin, ah ! C’était la fin du monde soldat. Il y avait bien longtemps qu’elle avait laissé cela derrière elle.

▬ Restez. Au moins jusqu'à ce que nous nous éloignons de la ville. » insista-t-il néanmoins.
▬ Rendez-moi mon fusil et bandez la cheville du p’tit. Je ne vous serai d’aucun autre secours. » trancha-t-elle en le voyant s’allonger plus confortablement et baisser sa casquette sur son nez.

L’observant en silence, elle attendit sa réponse.

▬ Il vous aurait tuée. » lui rappela-t-il au bout d’un instant.

Elle ne répondit pas. Elle savait. Même si la pensée ne s’était pas formulée aussi clairement qu’à ce moment dans son esprit, elle le savait. Il l’aurait tuée. Et MacLeod l’avait sauvée. Voilà peut-être la seule chose qu’elle lui devait. Elle ne lui devait ni excuse pour avoir trompé leur confiance – ils n’avaient qu’à pas l’accorder si aisément aux inconnus qu’ils croisaient – ni ses connaissances médicales au sacro-saint nom d’une survie de l’humanité.
Mais elle lui devait sa vie.
La mort de son soldat avait été un acte désintéressé, soudain. MacLeod avait tranché dans le vif. Son soldat ou la voleuse. Il avait choisi la voleuse. Il l’avait choisie elle pour une raison qui échappait toujours à Erin. Les choses ne semblaient avoir dérapé qu’à son arrivée, pourquoi préférer l’instigatrice du chaos dans leur groupe plutôt qu’un de ses membres formé et sous ses ordres de surcroît ?

Ne sachant répondre, elle se leva et s’éloigna. Elle n’alla pas loin, restant dans le périmètre sécurisé par les deux autres soldats. Sans arme, c’était folie de s’écarter, même de quelques mètres. Elle avait juste besoin de réfléchir. D’évaluer. De peser pour et contre. Car sans peut-être le savoir, MacLeod venait de placer dans la balance quelque chose que la jeune femme avait omis de prendre en compte. Ou avait soigneusement choisi de ne pas considérer ? Qui sait, cela dépendait du point de vue. Dans tous les cas, Erin ne pouvait nier une chose. Le monde, si vaste soit-il, pouvait se révéler très petit lorsqu’il n’était plus question que d’une poignée de survivants. Sauver une vie pouvait paraître anodin quand il était si facile de crever ou muter. Mais ce n’était pas tant qu’elle craignait de retomber sur le lieutenant-colonel un beau matin, fusil chargé sur sa tempe de déserteuse, que de devoir faire un choix stratégique en toute connaissance de cause. Le vol ajouté à la mort du soldat ne faisaient qu’accroître la méfiance autour d’Erin. MacLeod avait beau prétendre ne pas la tenir pour captive, il ne lui faisait guère plus confiance qu’aux rôdeurs et venant du reste du groupe c’était probablement pire encore. Tenter une escapade sans prétendre pouvoir récupérer à tous les coups son fusil, son sac et sa tête sur ses épaules … Cela alourdirait sa dette à la fin. Probablement définitivement.
Sans qu’elle explique pourquoi, le lieutenant-colonel lui avait accordé une chance. Il avait tué son soldat et permit à Erin de survivre. N’était-ce pas le moment de reconsidérer la fuite à toutes jambes loin de ce groupe ? Ne pouvait-elle … temporairement tolérer leur présence, le temps d’atteindre leur fameuse ville et se délester ensuite de son devoir auprès du lieutenant ?

Elle y songea. Toute la nuit.
Au petit matin sa décision était prise.

Allant au chevet du lieutenant-colonel qui entamait sa dernière période de sommeil après deux tours de garde, elle s’accroupit, posa deux doigts sur l’épaule du soldat pour le réveiller et n’attendit pas qu’il ouvre les yeux et la regarde pour lui annoncer :

▬ Je reste, jusqu’à la ville. Chasse et connaissances médicales incluses dans le lot. Arrivés à Los Angeles, ma dette est payée. Je récupère mon fusil. Et ma carte par la même occasion. Si vous voulez la vôtre, faudra vous abaisser à me la voler soldat. »

Elle haussa les sourcils, un sourire moqueur aux lèvres et se redressa pour aller récupérer son sac. Une fois chargé sur ses épaules, elle en sortit d’une petite pochette la cigarette intacte qu’elle gardait par sentimentalisme et la cala entre ses lèvres avec un petit sourire satisfait. Tournant la tête vers les trois adolescents, elle désigna du bout de sa clope le bandana que l’un d’eux portait autour de la tête et argua :

▬ Toi, vire ça de ta tête, on va en avoir besoin pour la cheville de ton pote. »

Les trois ados tournèrent de concert leur regard vers le lieutenant-colonel. Interrogateurs.

▬ Allez dépêchez-vous, j’ai pas que ça à foutre ! » s’impatienta Erin.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Dim 25 Mar - 18:42

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La conversation avec Erin est impossible. Sa barrière défensive est d'un matériau que j'ai rarement eu l'occasion d'affronter. Un alliage judicieux d'indifférence, de fierté, de détermination. Des qualités en somme, surtout dans le terrible contexte où l'on se trouve depuis quelques années.
Je n'envisage pas de faire la moindre entaille à son armure. J'espérais juste pouvoir un peu mieux la cerner et, pourquoi pas, la convaincre de se trouver des alliés. Nous. Ou pas. Mais je ne sais faire autrement : j'ai besoin de porter secours. A ceux qui veulent être sauvés comme à ceux qui pensent pouvoir s'en sortir seuls. Sans parler de ceux qui ne veulent plus jouer.

Nous n'abandonnons personne. C'était une sorte de rengaine à laquelle les militaires s'accrochaient pendant les missions difficiles. Personne n'était laissé à l'abandon. Personne ne le sera jamais.

Je laisse l'inconnue et sa froideur pour quelques heures de sommeil remplies de cauchemars et autres étranges songes. L'existence de mes frères se rappelle souvent à moi la nuit. Eux, nos différences, l'absence de nouvelles, leurs gamins. Dire que je n'ai revu personne. Que je suis en mission depuis le début. De manière ininterrompue.
Et ça ne prendra fin que lorsqu'un remède aura été trouvé.

A l'aube, notre petit groupe provoque déjà trop de bruit. Je m'accorde quelques minutes supplémentaires, les yeux fermés, cachés derrière ma casquette. Mais la miss Underwood m'oblige à rejoindre la réalité ;

▬ Je reste, jusqu’à la ville. Chasse et connaissances médicales incluses dans le lot. Arrivés à Los Angeles, ma dette est payée. Je récupère mon fusil. Et ma carte par la même occasion. Si vous voulez la vôtre, faudra vous abaisser à me la voler soldat. »

Son annonce effectuée, elle se retire aussitôt. Je reste immobile un instant mais les soldats prêts attendent mes ordres. Je me lève, lance une approbation à l'égard des adolescents qui hésitent face à Erin puis avale quelques gorgées d'eau avant de replier mes affaires en moins d'une minute. Tandis que la nouvelle recrue s'occupe de notre blessé, j'écoute le rapport de mes hommes. Rien à signaler, la nuit a été courte mais calme et il semblerait qu'aucune menace ne se trouve à proximité.

« C'est bon pour la cheville ? Alors en avant. »

Les premiers kilomètres sont avalés sans encombre, malgré le vent qui s'intensifie progressivement. Je déteste le vent. C'est bruyant. Nos sens sont malmenés et il faut être plus prudent, plus attentif. En levant les yeux au ciel chargé de nuage, je lâche un juron.

« Mon colonel ? »

« Jagger ? »

« ... elle va nous accompagner, jusqu'où ? »

Dit-il en jetant un regard glacial à Erin qui marche à quelques pas de nous seulement. Il n'a pas l'intention d'être discret, mais son animosité n'est un secret pour personne. En fait aucun n'accepte ma décision.

« Elle va nous accompagner. Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus vous supporter. »

J'esquisse un sourire amer et le distance pour prendre la tête et secouer un peu ces gamins fainéant. Jagger, lui, décide se rapprocher de la jeune femme. Quitte à s'encombrer d'une nouvelle ... il tente de trouver des avantages. D'abord, il lui propose du feu en voyant qu'elle tient une clope éteinte entre les lèvres. Puisqu'elle refuse, il engage la conversation. Compliments, questions, blagues ; rien n'a vraiment de succès.

« ...en tout cas, si vous avez besoin de protection rapprochée la nuit...vous savez où me trouver. »

Il s'éloigne alors d'un pas trop assuré. Je mets fin à sa fanfaronnade d'un geste technique qui l'oblige à se plaquer au sol. Les jeunes nous imitent immédiatement et je fais confiance à Erin pour avoir compris.

A moins de cinquante mètres devant nous, trois cadavres frais gisent au pied d'une dizaine de morts-vivants. Je charge mon arme en faisant le moins de bruit possible. Une salve de balles ferait vite le ménage. Mais attirerait sans mal tous les ennemis à des kilomètres à la ronde ;

Finalement la responsabilité m'est ôtée. Des cris guerriers retentissent et un groupe de trois survivants mal en point se jettent sur les rôdeurs, équipés de râteaux, pelles et autres couteaux. Ils ne feront pas le poids vue leur état.

« P*tain de... ! »

Nous ne sommes que deux soldats, et tirer maintenant n'est plus une option, je ne veux pas blesser l'un des non contaminés. Il faut agir vite : je laisse mon M16A4 à regret - trop encombrant - et attrape mon arme blanche avant de regarder Erin.

« Restez avec les gosses ! Jagger, avec moi ! »

Les trois adolescents se replient en tremblant tandis que nous nous mêlons au carnage.


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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mar 3 Avr - 15:47

▬ C'est bon pour la cheville ? Alors en avant. »

Le groupe se remit en route sans un mot. L’adolescent sembla hésiter à remercier Erin mais s’abstint finalement et après un regard, emboîta le pas à ses deux amis. Loin de s’en formaliser, la femme regarda un instant l’œuvre de son travail, évaluant la stabilité de la cheville avec l’attelle de fortune qu’elle lui avait confectionnée puis hochant la tête, professionnellement satisfaite, elle chargea son sac paquetage sur le dos et laissa le colonel fermer la marche.
Ils progressèrent un peu plus rapidement que la veille ; à croire qu’on marche mieux avec une cheville bandée et ses deux mains libres, fou. Erin persistait néanmoins à les trouver trop lents, trop nombreux. Ils avançaient en parallèle aux routes principales, les évitant car elles étaient synonymes de rôdeurs mais de ce fait, les gamins semblaient déterminés à poser leurs pieds à tous les endroits susceptibles d’être bruyants. Quand l’un ne marchait pas sur une branche, l’autre frottait les branches d’un arbre avec son sac ou faisait claquer le couvercle de sa gourde contre le goulot métallique. Des éléphants dans un magasin de porcelaines … Contre toute attente, les soldats étaient moins bruyants qu’elle ne l’aurait imaginé. A croire qu’ils étaient malgré tout capables d’adaptation !
La femme ne portait pas franchement les militaires dans son cœur, de base. Mauvaise expérience du passé. Elle les mettait d’emblée tous dans le même panier. Plus simple. Et les évitait. Encore plus simple.

Raison pour laquelle elle adressa un regard froid au soldat prénommé Jagger, survivant de leur petit échauffourée par son incapacité à prendre une décision qui ne lui ait pas été ordonnée par son supérieur, lorsque celui-ci approcha avec une intention aussi évidente qu’un phare en pleine nuit. Son regard traînant sur Erin sans gêne ou pudeur, il calqua son rythme de marche sur le sien et laissa finalement un sourire errer sur son visage au regard appréciateur :

▬ Z’êtes plutôt coriace dans vot’ genre nan ? Ça fait longtemps que vous vous la jouez solo ? »
▬ Suffisamment pour me passer d’une protection équipée d’une paire de couilles en treillis. »

La réponse était sortie sans un regard, son attention fixée droit devant elle sur l’endroit où elle posait les pieds. Jagger laissa échapper un rire bref et revint à la charge sans hésiter.

▬ Et votre clope vous allez l’allumer un jour ? J’ai d’quoi mettre le feu moi … » laissa-t-il entendre d’un air évasif et tendancieux.

Erin lui jeta un regard navré devant cette absence complète et totale de subtilité et continua de marcher, ajoutant tout en avançant :

▬ Contentez-vous déjà d’allumer le feu le soir au campement. Pour le reste, on verra plus tard. »
▬ ...en tout cas, si vous avez besoin de protection rapprochée la nuit...vous savez où me trouver. » fit-il en s’éloignant finalement.

Elle le laissa filer non avoir lancé un regard à MacLeod qui avançait maintenant devant eux et s’était retourné tout en avançant pour entendre une partie de la conversation. Les deux regards se rencontrèrent un bref instant avant que l’ordre ne tombe de sa main levée, silencieux. Les deux soldats se couchèrent au sol, les ados suivirent ainsi qu’Erin qui profita de cette soudaine plaine de silence pour avancer jusqu’au colonel et voir ce qu’il voyait. Il jura lorsqu’elle arriva à sa hauteur mais elle ne comprit pas si c’était à cause d’elle ou de ce qu’il avait repéré. Elle se redressa légèrement et tendit le cou entre les fourrés tandis qu’il évaluait rapidement la situation et déjà se redressait pour bondir sur le danger. L’imitant, la femme eut alors pleinement connaissance de ce qu’il se passait : des survivants équipés comme des fermiers se jetaient à corps et à cris sur des rôdeurs barbouillés de sang frais, en train certainement de se régaler d’un de leurs compagnons. Et Jagger et MacLeod qui s’avançaient pour les aider. Le colonel cria dans sa direction :

▬ Restez avec les gosses ! Jagger, avec moi ! »
▬ Le baby-sitting était pas compris dans l’offre soldat ! » râla-t-elle suffisamment fort pour que les propos arrivent à portée du colonel.

Soupirant, elle attrapa deux ados par le bras et compta sur l’instinct grégaire du troisième pour les suivre ; elle s’éloigna. Observant les alentours avec une attention plus soutenue qu’il n’y paraissait avec son mécontentement habituel, elle finit par lâcher un des deux ados pour examiner un autre cadavre fraîchement dévoré sur lequel ne subsistait plus grand-chose d’humain. Si ce n’était son ceinturon avec … oui, un couteau resté au fourreau ! S’en emparant tandis que le troisième ado vomissait non loin d’eux, Erin lâcha un soupir exaspéré :

▬ Si tu veux rester en vie, va falloir apprendre à contrôler tes tripes petit. »

Fouillant les poches de la dépouille, elle continua de soliloquer, sa clope coincée à la commissure de ses lèvres, les sourcils froncés :

▬ Votre cher colonel ne daigne pas m’accorder d’armes mais me laisse avec vous pour vous protéger. Faut bien s’montrer un peu inventif des fois ! »

Les poches ne contenaient rien de très intéressant, une photo de famille et un mouchoir usagé. Erin repoussa le cadavre et se redressa pour tendre l’oreille. Les deux soldats avaient-ils liquidé les rôdeurs ? Qu’allaient-ils faire des péquenauds en haillons ? Tolérer ce groupe était déjà hors de ses facultés de sociabilité alors …

▬ On a pas besoin de vous pour nous protéger. » déclara un des ados avec une force ferme mais malgré tout tremblante sur la fin.
▬ Vous avez essayé de nous voler ! » renchérit un second.

Erin affecta une moue blessée.

▬ Anh … quelle vilaine. »

Les regardant fulminer, elle se détourna pour s’intéresser au reste de la forêt. Pas question qu’un rôdeur ou un survivant débarque et vienne saborder sa petite équipée. Elle avait beau détester ces gosses – et vice versa – si elle en laissait un seul se faire tuer, griffer ou mordre ; MacLeod ne lui rendrait jamais sa liberté et la considérerait comme responsable de ce qui s’était passé. C’était l’ennui avec le caractère exécrable qu’elle se trainait, on l’accusait de tout, quoiqu’il arrive. Une salope pareille était forcément prête à tout.
En un sens, ils n’avaient pas tout à fait tort.

Le craquement d’une branche et le bruit de pas étouffés qui couraient dans leur direction éveillèrent ses sens, elle tourna la tête en direction du bruit pour analyser visuellement la situation. Elle n’eut que le temps de plonger sur l’assaillant, les adolescents se regroupèrent en piaillant, s’écartant de la zone de combat. Erin, aux prises avec ce qu’elle ignorait être un survivant ou un rôdeur, empêcha la créature de se débattre pour enfin voir son visage. Un survivant donc. Qui prit lui-même connaissance qu’elle n’était pas un rôdeur. Les deux se calmant instantanément, Erin le relâcha avec un grognement exaspéré tandis que l’autre semblait plutôt soulagé. C’était un jeune adulte rachitique d’une trentaine d’années tout au plus.

▬ Vous êtes avec eux ! Avec les militaires qui nous ont sauvés ! »

Haussant les sourcils et le coin des lèvres comme s’il s’agissait d’une merveilleuse nouvelle, Erin les laissa retomber aussitôt le visage du sac d’os tourné vers les ados et lâcha un soupir des plus exaspérés. Quelle bonne action Jésus MacLeod avait encore accompli … Revenant vers les ados, elle écarta fermement le survivant des trois autres et attendit que ces messieurs daignent ramener le reste de leur nouvelle troupe.
Quand ils arrivèrent, le visage d’Erin était tout sauf amical. Ses prunelles d’acier profondément enfoncées dans celles de MacLeod.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Lun 9 Avr - 9:38

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Hors d'haleine, accroupi devant le corps mutilé d'un jeune homme, je l'observe avec une sévérité qui n'a sans doute plus sa place. Le gamin est en train de crever. Lui tenant la tête, je m'efforce de lui accorder assez de dignité pour qu'il s'éteigne sans honte, mais son souci n'est pas là. Il est terrifié. Et je ne peux plus lui servir à rien ; nous sommes arrivés trop tard.

« Sir ? »

Jagger s'est bien débrouillé. Je l'ignore quelques instants supplémentaires, le temps que le môme plus en mesure de parler ni de pleurer nous quitte, puis je me redresse avec l'aide de mon soldat. Mon genou a failli tout faire foirer - encore.

Nous rejoignons le reste du groupe et je m'en veux d'avoir été si déconcentré. Où sont les ados ? Je suis vite rassuré en comptant leurs trois silhouettes aux côtés de Erin et d'un des survivants. Nous en avons sauvés quatre en tout.

« Beau boulot. »

Dis-je à l'égard de tous, mais mon regard reste attaché à celui de Underwood. Que me reproche-t-elle encore ? C'est incroyable cette façon d'accuser les autres d'un simple coup d’œil alors que je suis irréprochable.
J'en souris presque. Mais je n'ai pas le temps de m'assoir que le survivant qui souriait deux secondes plus tôt a le visage qui se décompose littéralement.

« Et Harry ?... Où est, mon fils, Harold ? Il était vers vous... ! »

Je détache péniblement ma veste pour m'accorder un peu de répit mais l'homme s'avance, bouleversé. Merde. C'est à l'expression de Jagger que je comprends le danger. Je reprends position et toise le type avec autorité.
Il a mon M16 dans les mains.
Incapable de retenir ma frustration, je soupire un " Erin " plein de déception. Le père vient seulement de comprendre. Notre arrivée lui a laissé penser que la victoire était assurée... il a baissé sa garde. Le gamin a pris un mauvais coup. Ça arrive ;

« Mon fils était avec vous !!! »

L'arme n'est pas chargée mais la sensation du canon qui s'appuie sur mon torse est extrêmement déplaisante. Je déglutis, et retiens Jagger d'un geste de la main.

« ... Je suis désolé. Nous allons enterrer les victimes. »

Je m'attends à ce qu'il explose. Prêts à l'immobiliser - en espérant qu'il ne sache pas utiliser le fusil d'assaut - j'anticipe l'offensive. Mais le pauvre reste figé. Perdu. Il s'effondre et la scène arrache aux adolescents autant de sanglots.
Quand mon arme retombe au sol je la récupère aussitôt et laisse les nouveaux survivants pleurer quelques minutes.

J'approche alors de la médecin en pestant.

« C'est assez incroyable. Vous m'emmerdez pour récupérer votre arme, vide, et quand je vous laisse la mienne vous ne vous en rendez même pas compte ? »

Le ton n'est pas vraiment réprobateur. Je n'en ai ni la force ni l'envie. Je soupire et m'installe enfin au sol. Retirant ma veste, je fais l'inventaire des blessures : rien de grave. Et heureusement aucune morsure. Il vaut mieux toujours vérifier.

« Vous pourriez voir Jagger ? Il est trop fier pour l'avouer mais il est touché je crois. »

Le soldat reste en retrait alors que je lui ai demandé d'aider. Les adolescents n'en terminent pas de chialer. Je suis épuisé. Gérer ce groupe devient compliqué, et j'ai peur que les quatre nouveaux se greffent à nous. Nous devons encore patienter, leur laisser prendre assez de recul. Et nous un peu de repos.

Après avoir vérifié que toutes mes armes étaient à mes côtés, je m'allonge en plaçant un sac sous ma tête. Je peux voir tout le monde d'ici, sauf la blonde, trop proche de moi.
On ne peut pas reste là mais l'évidence crève les yeux : la plupart d'entre eux n'est pas en mesure de repartir si vite. Je compte les secondes. Incapable de me détendre, je fais le compte à rebours pour eux, et je serai encore celui qui mets fin à leur courte halte. Halte à laquelle je ne goûte pas vraiment.

Se frottant nerveusement le bras en sang, Jagger s'approche de nous.
De la femme, plutôt.

« Alors, pas besoin d'être protégée ? »

Je lève les yeux au ciel. Ils sont obligés de fricoter sous mes yeux ?

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mar 24 Avr - 16:35

▬ Beau boulot. » fit malgré tout MacLeod, insensible au regard accusateur d’Erin.

Son instinct naturel de leader amena son attention sur l’ensemble du groupe qu’ils semblaient former à présent. A quoi pensait-il ? Au nombre de bouches à nourrir maintenant ? Intérieurement, la femme pestait. Plus de monde n’était jamais synonyme de bonnes nouvelles ; plus de monde signifiait plus d’emmerdes.
Comme le leur prouva l’homme qui avait retrouvé Erin et les ados.

▬ Et Harry ?... Où est, mon fils, Harold ? Il était vers vous... ! »

Les regards se tournèrent vers les deux soldats, seuls survivants apparemment de cette bataille contre les rôdeurs. Erin n’avait même pas besoin d’un dessin pour comprendre. Elle avait vécu cette scène des centaines de fois depuis cinq ans. Encore que la dernière datait du moment où elle avait décidé de s’isoler et faire route seule. Blasée, elle détourna les yeux vers le ciel et écrasa un soupir. Dans deux secondes, l’ensemble du groupe chialait.
C’est en entendant son nom, grogné entre deux mâchoires serrées, qu’elle se retourna finalement vers les autres. L’homme, brisé, tenait une arme entre les mains. Une arme qui en y regardant une deuxième fois ressemblait étrangement à celle de MacLeod. Fronçant les sourcils, la femme se repassa les dernières minutes et ne sut où faire le lien entre la déception du colonel et le fait que cet homme avait un fusil d’assaut militaire entre les mains. Pas chargé, certes ; mais quand même. A croire qu’il plaisait à MacLeod de l’accuser de tout après lui avoir donné des missions idiotes. Missions qu’elle avait accomplies en plus. Il ne manquait guère de culot.
La scène ne vira pour cette fois pas au drame et l’arme retomba bientôt sur le sol, récupérée ensuite par son propriétaire. L’autre homme, délesté de ce poids et de la vie de son fils, s’effondra sur lui-même et le reste du groupe cacha ses larmes bruyamment. Erin soupira et s’écarta ; malheureusement pour elle, le colonel la rattrapa.

▬ C'est assez incroyable. Vous m'emmerdez pour récupérer votre arme, vide, et quand je vous laisse la mienne vous ne vous en rendez même pas compte ? » siffla-t-il de réprobation.

Tournant la tête vers lui, Erin riposta :

▬ La prochaine fois, laissez-la plus en évidence et avec un p’tit mot ! »

Leurs regards s’affrontèrent mais le soldat ne releva pas la mauvaise foi de la femme et préféra passer outre. Ôtant veste et casquette, il prit place sur le sol et se tourna de sorte à ne plus croiser le regard, comme si rien à l’instant n’avait plus d’importance qu’une sieste.

▬ Vous pourriez voir Jagger ? Il est trop fier pour l'avouer mais il est touché je crois. »
▬ Si c’est le cas, je ne vois pas ce que je vais pouvoir y faire. » rétorqua-t-elle en s’éloignant.

Marchant justement vers elle, le soldat en question la rejoignit. Un bras tenant l’autre. Erin fronça les sourcils en voyant cela mais il tenta malgré tout la note d’humour.

▬ Alors, pas besoin d'être protégée ? »
▬ A l’évidence … Venez. » répondit-elle en l’attrapant par son bras valide.

Ils s’éloignèrent du reste du groupe qui s’était assis autour du père endeuillé. MacLeod, un peu en retrait, donnait ce faux air de ne pas veiller au grain. Il ne fit aucun commentaire en les voyant s’écarter et Erin en profita pour s’éloigner franchement du reste de la troupe. Marchant côte à côte comme elle le tenait toujours, les deux restèrent silencieux. Elle était à peu près certaine que Jagger savait ce qui allait suivre. Elle tout du moins se doutait. Cette absence de conversation, ce silence, tout cela était trop parlant.
Arrivés dans un coin plus tranquille au pied d’une mare où abouchait un ruisseau, Erin lâcha Jagger. Se tenant l’un en face de l’autre, elle parla la première.

▬ Enlevez votre veste. »

Il s’exécuta après avoir retenu d’un regard une remarque salace qui lui chatouillait les lèvres. Même dans cette situation, il trouvait drôle de la chercher. Mais mieux valait qu’il le prenne ainsi.
Une fois en t-shirt, il lui exposa son avant-bras. Elle le saisit à deux mains, de part et d’autre de la lésion et l’approcha d’elle pour mieux l’examiner. L’homme en profita pour humer ses cheveux mais ne lui fit pas d’autre affront.

▬ Vous n’aviez pas de protection ? »

L’homme haussa les épaules, se grattant la tête de son autre main.

▬ Si mais ça n’a pas suffi. On protège la face externe, pas l’interne pour garder un peu de liberté de mouvements. »

Un peu de liberté qui venait de lui coûter la vie.
Lui lâchant finalement le bras, Erin le jaugea. Elle n’avait pas suffisamment vécu cette situation pour être totalement à l’aise et détachée. Elle avait déjà fait ce qu’elle s’apprêtait à faire. A des rôdeurs, même à des survivants. Mais il y avait toujours un contexte. La peur. La menace. Le danger. La survie, en dépit de tout. Là il lui semblait abattre de sang-froid. Son regard se plongea dans celui de Jagger.

▬ Qu’est-ce que vous attendez de moi exactement ? »
▬ Vite et bien. Ne me laissez pas me transformer. »

Elle baissa les yeux.

▬ Pourquoi ne pas demander au colonel ? »

Il avait un tel sens du devoir ; il devait bien avoir celui-là aussi non ?
Jagger pencha légèrement la tête.

▬ J’préfère que ce soit vous, ma dernière image de ce monde. »
▬ Suffit. Je n’baise que pour de la nourriture ou des armes ; vous vous doutez bien. »

Le trait d’humour lui arracha un rire. Sincère.
Erin le regarda à nouveau.

▬ Couteau ça vous va ? »

Il leva les mains de l’air de vouloir se défaire de toute responsabilité. Elle lui fit signe de s’asseoir, face à la mare et une fois le soldat à terre, elle prit place derrière lui, dans la même position. Sa main droite attrapa le couteau dans l’étui de sa ceinture tandis que la gauche se glissait entre l’épaule et le cou du soldat. Ses doigts moites de sueur se posèrent sur le front de l’homme qui inclina légèrement la tête, la posant sur l’épaule d’Erin. Le cœur de la femme battait sourdement dans sa poitrine et sa gorge. Elle réaffirma sa prise sur son couteau et regarda droit devant elle.
Un coup sec, dans la carotide, se répéta-t-elle.

▬ Erin ? Réfléchissez pas trop s’vous plait. Vous êtes trop blonde pour ça. Vous aviez même pas vu l’arme. »

Le rappel lui fit lâcher un rire nerveux, secouant leurs poitrines quasiment collées l’une dans le dos de l’autre. Elle tapota le front du soldat et se racla la gorge pour se reprendre. Inspirant profondément, elle ne compta pas jusqu’à trois, ne le prévint pas, ne lui laissa pas le temps d’anticiper ni d’être effrayé. Elle le prit doucement par surprise, enfonçant sa lame dans la chair de son cou jusqu’à trouver l’artère et l’ouvrir largement en deux. Le geste arracha un gargouillis de douleur au soldat. Lâchant son couteau, Erin entoura la poitrine du soldat de ses deux bras et laissa le sang se répandre sur le t-shirt de Jagger et son avant-bras qui se trouvait directement sous cette fontaine écarlate.

Elle attendit qu’il perde connaissance pour le lâcher et le laisse retomber sur le côté. Ramassant son couteau, elle renifla, regarda autour d’elle que le carnage n’attire pas d’autres rôdeurs et recentra son attention sur Jagger.
Cette partie-là lui semblait curieusement plus simple. Armant son couteau comme un poignard, elle s’agenouilla et planta violemment sa lame dans le front puis le cerveau du cadavre. Un peu de sang frais lui gicla en petites gouttes sur le visage mais elle du reprendre deux ou trois fois son geste avant de s’estimer certaine de la deuxième mort du soldat.

Se redressant pour s’asseoir sur ses pieds, elle jeta sa tête en arrière et ferma les yeux. Luttant contre la nausée. L’envie de se vomir.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Jeu 3 Mai - 10:51

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Encore des morts. Entassés dans une fosse commune, les cadavres trouvent enfin le repos mérité. Pour le jeune homme, tué par ces corps sans âmes, le père s'est appliqué à lui faire un trou particulier. Il est désormais agenouillé sur la tombe de son fils et ses larmes ne s'arrêtent plus de couler ;

Après avoir recompté mes munitions, je masse mon genou douloureux et me concentre sur le mouvement calculé de mes doigts. Ne pas penser. Les gestes autour de ma rotule sont une cadence entêtante que je m'obstine à répéter.
Nous n'avions pas le choix. Nous n'avons jamais le choix. Aucun remède n'existe, pas même préventif. Tuer ces êtres est le meilleur hommage qu'on pouvait rendre à leur passé.

Je finis par m'allonger dans un soupir. Mes idées sont volages, dispersées. C'est assez rare pour m'inquiéter. Je manque de soldats, je manque de vivres, je manque de tout. Ces survivants sont trop nombreux, ils allongeront bientôt la longue liste des gens que je n'ai pas su sauver.
Quelques minutes s'écoulent durant lesquelles je ne peux m'empêcher de m'interroger sur ma famille. Mes frères ont-ils survécu ? Leurs enfants ?
...Finalement je me relève, fixe la casquette sur mon crâne et secoue le groupe. Il faut bouger. Ça pue le sang.

« En route. »

Autoritaire pour motiver, par pour obliger. Je ne me battrai pas pour qu'ils nous accompagnent contre leur gré. Certains préfèreront attendre la mort. Je n'ai que peu d'arguments à leurs opposer ;
Je cherche Jagger pour ouvrir la marche, ayant oublié sa blessure, les risques que cela implique. Comme si perdre le dernier soldat compétent était impensable. Impossible.

Quand je vois Erin revenir, seule, sale, mon visage se décompose.
L'image suffit. La réalité me revient en pleine gueule. Dure. Violente. Inévitable.

« Jagger ? ... C'était, c'était trop tard ? »

Ou assez tôt pour l'abattre du moins. Alors Jagger ne s'est pas blessé contre un objet ni sur les doigts crochus et déchirants des ennemis. Jagger a du être mordu... Je déglutis. La solitude s'impose, plus lourde encore que le deuil.
Et le regret. La honte. Je l'ai laissé partir. Je l'ai laissé disparaître sous les gestes d'une inconnue. J'aurai du le remercier. Le féliciter. Ou ne rien dire en fait ;

« Merci pour lui. »

Il n'aurait jamais supporté de courir le risque de se transformer. Nous en avions déjà parlé. Nous devions veiller à ce que ça n'arrive jamais à l'autre. J'ai manqué de parole. Il a perdu la vie.

Je tourne le dos au médecin. Mieux vaut l'impolitesse que l'agressivité. Ma colère et ma tristesse voudraient exploser contre elle. Elle et elle seule. Sans doute parce qu'elle est la seule qui semble pouvoir encaisser ces faiblesses.
J'ignore les interrogations des adolescents et quitte les lieux d'un pas trop rapide pour les rescapés qui, au bout d'un demi kilomètre, décident de se passer de moi. Les gamins eux, n'ont pas la force de suivre et sont finalement plus rassurés par le groupe que mon caractère de merde.

Quelques insultes, et je ne les entends déjà plus. Je voudrai partir loin et ne m'occuper que de ma survie. C'est plus simple, plus sûr. Mourir sans être vu, mourir tranquillement, s'il le faut, mais jusque là je peux m'organiser pour moi seul.
Ce serait tentant. Mais je sais qu'un peu plus loin, méthodique et déterminée, elle marche encore. Plus solide, plus folle, plus pragmatique. Plus humaine peut être que la moyenne après ces années de cauchemar.
Erin ;

« Qu'est ce que je ne vous ai pas rendu ? »

Dis-je finalement en m'arrêtant. Je me retourne et attends d'apercevoir sa grande silhouette.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Ven 4 Mai - 12:04

Il aurait été naïf de croire que l’odeur du sang frais n’attirerait pas de rôdeurs aux alentours. Agenouillée dans la terre, les yeux fermés, la tête renversée en arrière, elle en entendit un arriver aux râles de faim qu’ils faisaient toujours en présence de chair fraîche. Ils ne pouvaient s’en empêcher. Rouvrant les yeux, elle redressa la tête pour le localiser. Il ne l’avait même pas repérée, attiré par le cadavre de Jagger comme un papillon par la lumière artificielle. Elle se redressa et profita de cette diversion fortuite pour s’éclipser, revenir vers le camp. Il était de toute manière inutile de s’attarder ici. Ce qui devait être fait l’était. Il n’y avait plus rien à voir. La suite appartenait aux rôdeurs.

Erin arriva sur le camp de fortune sans fanfare, sans un mot. Le silence se fit sur son passage. Difficile de ne pas tirer de conclusions en l’absence de Jagger à ses côtés. Le sang sur ses vêtements, ses bras, son visage était immanquable. Mais Erin n’avait cure de leur réaction. Ils n’étaient rien, juste des moutons à garder, incapables de se défendre seuls. Ils n’avaient pas voix au chapitre, aucun jugement à donner. Invariablement, elle en revint au colonel. Relevé, prêt à partir, il la vit arriver et son visage se décomposa lentement. Elle n’eut même pas à formuler un mot. Elle attendit.

▬ Jagger ? ... C'était, c'était trop tard ? »

Ses yeux se posèrent dans ceux de MacLeod. Elle n’eut pas la force, pas l’envie de répliquer, d’attaquer acerbement comme elle avait l’habitude de le faire dans ces moments d’évidence agaçante. Que croyait-il ? Elle hocha le menton d’un geste sec et garda les yeux dans les siens. Elle n’aurait su dire si elle s’attendait à ce qu’il s’énerve, sorte de ses gonds, la punisse ou se sente trahi de la décision qu’elle avait prise pour lui. Après tout c’était lui le chef, basiquement, les ordres devaient émaner de lui et ce genre de décisions ne pouvaient se prendre à l’instinct ; Erin bien sûr n’obéissait pas à ce genre de hiérarchie depuis qu’elle évoluait seule et ce n’était pas sa ‘captivité’ relative qui changerait l’indépendance de ses décisions. Mais elle savait que MacLeod n’était pas forcément de cet avis. Elle fut donc désarçonnée par sa phrase suivante :

▬ Merci pour lui. »

Son regard s’attarda un instant dans celui d’Erin qui n’eut pas le temps d’y lire grand-chose car il lui tourna ensuite le dos et s’éloigna, la laissant avec son incompréhension, sa surprise. En deux jours de temps, elle avait éliminé deux soldats sur les trois. Ne restait que Smith qui lui jetait des regards ambivalents tandis qu’il relevait les troupes et s’assurait que chacun ne laissait rien derrière soi. La femme l’observa un instant, incapable de ressentir la moindre culpabilité quant à ce qui arrivait au groupe tant elle s’en sentait détachée, de passage. Son attention dévia vers le colonel qui n’attendait plus personne, marchant droit devant. Son idéalisme, la sécurité de son groupe, le poids de ses décisions, tout cela était en train de prendre une claque. Son autorité vacillait, mise en péril par celle sur qui rien n’avait véritablement d’effet et qu’il avait souhaité garder plutôt que d’oublier son larcin et la laisser s’évaporer dans la nature. Il avait fait une erreur et ils le savaient.

Se remettant en route après avoir récupéré son sac et son bâton de marche, Erin laissa le soin au dernier soldat vivant de s’occuper du groupe. Groupe qui grommela de façon incompréhensible en voyant leur capitaine s’éloigner à grandes enjambées sans attendre personne mais qui s’en remit facilement au soldat restant. Ils avaient besoin d’un guide, fiable, constant, peu importait qu’ils en changent régulièrement. Trouvant cela pathétique, Erin avança, les laissant derrière elle, libres d’avancer au même rythme qu’elle ou de traîner les pieds. Elle n’avait pas d’attaches avec eux, bien qu’elle ait promis main forte à leur colonel afin de récupérer ce qui lui appartenait une fois la ville atteinte, elle ne leur avait rien promis à eux. Rien ne les liait. Il aurait été vain de chercher la moindre empathie chez elle. Elle les laissa derrière, rejoignant le colonel qui ralentissait l’allure.

▬ Qu'est-ce que je ne vous ai pas rendu ? »

Elle se porta à son niveau, gardant son attention droit devant elle, elle débita :

▬ Carte, fusil et je vous dois une journée de vivres. »

Elle laissa quelques secondes de silence s’installer, rythmé par le bruit de leurs pas et de leur respiration avant d’ajouter :

▬ Il ne voulait pas que ce soit vous. Il n’aurait jamais permis que vous le fassiez. Je ne sais pas ce que vous vous étiez promis entre hommes si le pire arrivait mais il ne vous aurez jamais laissé le faire. »

Son regard glissa un bref instant vers celui de MacLeod.
Il était trop droit. Trop juste. Inflexible. Tuer son soldat avant d’être acculé l’aurait brisé. Mieux valait le blesser, faire à sa place, que de le laisser exploser et n’avoir plus la force de supporter et guider le groupe. Lui seul était capable de ça. Jagger le savait. MacLeod le savait. Inconsciemment, il l’avait amenée à faire le choix, à prendre la décision à sa place. Quand elle était revenue, il avait pris conscience. De ce qu’il lui avait demandé. De ce qu’il avait implicitement exigé.
Et, paradoxalement, elle comprenait qu’il se soit tourné vers elle. Qui d’autre à part elle aurait pu ?

▬ Vous comprenez pourquoi je marche seule. » fit-elle au bout d’un moment.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Lun 7 Mai - 17:47

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Je suis surpris par Smith. Il n'était pas le plus insolent, de loin. Je m'attendais à ce qu'il me suive. Et il a du penser que j'allais lui foutre une brasse. Mais il n'a pas bougé. Il est resté aussi immobile que moi décidé. Soit. Qu'il démissionne. C'est ainsi que je le prends et je ne sais pas comment je réagirais si je le recroise. J'ai comme l'impression que je ne le reverrai pas. En fait. Ça m'attriste. En quelques heures, j'aurai perdu toute ma troupe.

Coupable, blessé, déçu, je ne veux imposer ma présence à personne. Je ne suis pas indispensable. Ils l'étaient peut être davantage pour moi. Devoir les maintenir en vie, les protéger, les nourrir, les diriger, c'était un but quotidien. Une discipline constante qui me rattachait à toutes ces années dans les rangs.
Et désormais ? Je ne sais pas où chercher ceux que j'aime. Je n'ai pas vraiment envie de savoir lesquels sont morts, dans quelles circonstances...

Tant de pressentiments négatifs, effrayants. Et une seule intuition qui me laisse un arrière goût discrètement sucré. Curiosité, amusement, méfiance.

▬ Carte, fusil et je vous dois une journée de vivres. »

Je fixe l'horizon sans lui accorder un regard, retenant un rictus de se tracer sur mes lèvres. Son sérieux et son pragmatisme sont des qualités. Sous ses airs las, Erin est une vraie guerrière. Personne n'aurait pu survivre autrement. Il ne suffit pas d'être malin et organisé. Il faut être fort.

Elle évoque alors Jagger et j'acquiesce lentement. Le sujet est clos. J'ai manqué à ma parole et je risque de m'en vouloir longtemps.

▬ Vous comprenez pourquoi je marche seule. »

« Vous espérez retrouver des munitions ? »

Dis-je en lui tendant son fusil étonnamment vide. Je pourrais également lui rendre la carte, mais j'en ai encore l'utilité. A moins qu'elle soit un prétexte pour la faire rester ?
Je capte son regard pour cesser de cogiter. Conneries. Je veux être seul. Je peux être seul.

« Ce peut être intimidant, mais c'est surtout un fardeau. »

Mon épaule est d'ailleurs soulagée d'en être débarrassée. Je souris cette fois. J'attrape ma gourde et avale une gorgée avant de la lui tendre d'une main distraite, déjà occupé à sortir la carte. Je ne suis plus certain de vouloir m'approcher de l'agglomération. La présence de ces morts-vivants ici en dit assez long sur les dangers environnants.
Et elle, où compte-t-elle se rendre ?

Emmerdé par ces interrogations la concernant, je reprends la marche. Moins rapidement. Le regard fureteur, à l'arrière. Elle suit ?  Je déglutis une violente envie de faire la conversation. Merde. Smith ne pouvait pas être le seul à s'accrocher ?

« ...Et vous ne me devez rien. Nous sommes quittes. »

C'est stupide. Libérée de sa dette, Erin peut désormais disparaître. Quoique, j'ai encore sa carte. Mais me suivre jusqu'à la nuit pour m'égorger dans mon sommeil reste une option pour elle. Forte, donc dure et sévère. Égoïste, intelligente. Le profil parfait dont il faut se méfier.
Je ne peux pas m'empêcher de me retourner :

« Vous allez donc continuer seule ? Ou vous venez ? »


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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Mar 22 Mai - 15:49

Le colonel ne répondit pas. Il lui tendit son fusil sans plus de cérémonie et après un bref instant de méfiance, Erin s’en saisit à deux mains. Elle le garda ainsi, l’observant comme si elle le redécouvrait avant d’inspirer et de le passer à son épaule, retrouvant avec un plaisir dissimulé le poids sur son épaule. Comme une présence familière.

▬ Vous espérez retrouver des munitions ? » fit MacLeod d’un ton à mi-chemin entre nonchalance et politesse.

Reniflant, menton relevé et sourire fièrement arboré, Erin le taquina :

▬ Faut jamais perdre espoir, ‘paraît. »
▬ Ce peut être intimidant, mais c'est surtout un fardeau. » rétorqua-t-il.
▬ Parlez pour vous. Il n’y a pas que le canon qui puisse tuer. »

Sur ce sous-entendu, elle attrapa la gourde qu’il lui tendait et but deux gorgées avant de passer une main sur sa bouche pour s’essuyer les lèvres. Elle rendit la gourde à MacLeod et le laissa s’éloigner. Son regard d’aigle suivait la trace de ses pas. Elle peinait à réaliser que le dirigeant d’un groupe de survivants puisse abandonner ainsi ses ‘protégés’ après lui avoir faire la morale sur la nécessité de s’épauler et l’avoir tannée pour qu’elle reste prêter main forte au groupe. La mort de ses deux soldats lui avait sans doute grillé la partie raisonnable de son cerveau et il agissait à présent à l’instinct. Qu’en savait-elle. Elle n’éprouvait pas de regret pour le groupe, elle ne se sentait guère plus responsable qu’auparavant même si l’évidence des événements récents l’amenait à penser que MacLeod aurait probablement continué sa route un peu plus longtemps en compagnie du groupe s’il ne l’avait pas rencontrée. Mais qui avait fait l’erreur de vouloir la garder aussi ?
Sur ces pensées stériles, elle remonta le fusil sur son épaule et allongea le pas pour le rattraper. Maintenant qu’elle était certaine que le groupe n’était plus, qu’il n’y avait plus que le colonel … Des perspectives s’ouvraient.
Il stoppa en l’entendant approcher.

▬ ...Et vous ne me devez rien. Nous sommes quittes. »
▬ Ça tombe bien, je venais vous dire la même chose. » fit-elle, s’autorisant un sourire en le voyant sourciller. Quoi ?

Le chemin ne se fit pas très long dans l’esprit du soldat :

▬ Vous allez donc continuer seule ? Ou vous venez ? »

Elle haussa les épaules, étirant les traits de son visage en une moue fataliste avant de regarder MacLeod droit dans les yeux, plus sérieuse qu’elle n’avait pu l’être auparavant. Poings sur les hanches, elle redressa légèrement le menton, comme chaque fois qu’elle s’exprimait. Une sorte de provocation permanente de son auditoire malgré son ton calme et grave.

▬ On n’se refait pas après autant d’années, soldat. Vous êtes assez grand pour vous protéger tout seul et je crois avoir suffisamment prouvé que j’en étais capable aussi. »

Du moins jusqu’à ce que Wilson tente de lui défoncer le crâne de ses propres mains. Evènement qui ne serait pas arrivé s’il n’avait pas insisté pour garder la voleuse sous le coude. Mais le débat à ce sujet était éternel …
Jetant un œil aux alentours pour surveiller leurs arrières tandis qu’ils parlaient, elle ajouta :

▬ J’vous laisse la carte. Ça compensera c’que vous voulez. (Elle renifla et le regarda à nouveau.) J’déteste avoir une ardoise chez quelqu’un. »

Elle n’était guère douée pour les au revoir, surtout en période de fin du monde où toute attache était à éviter tant elle pouvait se révéler fragile et futile. Elle n’avait de plus aucun sentiment particulier à l’égard du colonel, ni culpabilité ni rancœur. Elle le respectait, point. Il lui avait sauvé la mise, elle avait foutu le bordel dans son groupe et l’avait isolé … sa dette était probablement plus élevée qu’elle n’acceptait de l’admettre mais elle avait fermé son cœur à ce genre d’éventualités depuis bien longtemps.
La survie, voilà tout ce qui importait.
Pour une journée de plus.
Pour une nuit de plus.

Pourquoi ? Elle avait cessé de se poser la question. Un jour, elle cesserait aussi de se battre. Mais ce jour n’était pas encore arrivé.

▬ Faites attention à vous. Les laissez pas vous avoir. » furent ses derniers mots à l’égard du soldat.

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin] Jeu 8 Nov - 23:32

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MessageSujet: Re: Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin]

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Hypocrisie, audace, insubordination. [Pv : Erin]

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