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I wanna learn to love you.

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Salomé Olsen

Salomé Olsen
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MessageSujet: Re: I wanna learn to love you. I wanna learn to love you. - Page 2 Icon_minitimeLun 22 Avr - 17:21

What do you want from me?
Si je pense à toi au moment de dormir, je ne trouve pas le sommeil.
Fany? Oui ; elle parle effectivement de Fany. Malgré le manque de précision, Mason a compris qu'elle parlait de Fany. Salomé ne se souvient plus de la question exacte, mais sait qu'elle voulait en savoir plus sur cette fille. Rencontrer cette fille au travers des explications de Mason. À moitié endormie, elle se concentre pour entendre chaque parole, imaginant les choses sous ses paupières closes. Elle ne veut pas l’interrompre ; de toute manière, elle n’aurait plus l’énergie d’émettre le moindre son. Curieusement, elle n’est pas spectatrice des scènes décrites par Mason. Étant confuse et lourde par le sommeil, elle s’imagine plutôt à la place de Fany. La clôture lui semble réelle ; la morsure lui semble réelle ; la tombe lui semble réelle. Quand Salomé visualise la mort tragique de Fany, elle se voit être mise en terre puis enterrée jusqu’à ce que tout devienne noir. C’est seulement à ce moment que les sons autour deviennent sourds, incapables de franchir la terre épaisse qui la garde captive. Et pour ne pas sombrer éternellement, la jeune Olsen s’entête à écouter la voix qui parvient encore à ses oreilles. À une époque, elle était si souvent seule que la moindre voix autre que la sienne lui apportait du réconfort. Elle voudrait l'entendre parler jusqu'à s'endormir complètement ; pourtant c'est sa voix qui la maintient éveillée parce qu’elle ne veut pas finir enterrée comme Fany. Pourquoi voudrait-elle dormir alors que la vibration de sa voix lui offre un chemin vers la vie?

Néanmoins, les mots deviennent de plus en plus indistincts, la voix disparaît graduellement. Son cerveau continue d’assimiler ce qui se passe autour d’elle, mais elle est molle. À nouveau sa main sur sa cuisse. Il ne fait preuve d'aucune insistance. Elle ne fait preuve d’aucune résistance. Mason se contente de l'approcher à lui dans une étreinte qui l'aide à mieux se positionner. Salomé s’endort aux côtés de cet homme.

Quelques heures plus tard, Salomé est réveillée par un bruit curieux qui martèle la taule de la caravane. Un bruit qui pourrait ressembler à celui de buissons secoués par le vent. Elle a l'impression que ses vêtements sont humides. A-t-elle eu chaud à ce point pendant la nuit? Allongée sur le ventre, elle cherche des repères, confuse d’un repos dont elle ne connaît pas la durée. Elle se frotte les yeux, s'étire et se redresse. Ses cheveux emmêlés sont suspendus devant son visage, alors elle passe une main dans ceux-ci pour les envoyer vers l’arrière sans même se demander à quoi elle ressemble à cet instant ; sûrement à une pauvre folle qui aurait mis ses doigts dans une prise électrique. À genou, elle attend que tous ses sens lui reviennent.

Son cœur manque un battement lorsqu'elle aperçoit l'homme endormi dans ses draps. Toute la nuit, ils ont été blottis. S'est-il endormi avant ou après elle? A-t-il, à un moment, eu envie de partir? De quelle façon la regardera-t-il en ouvrant les yeux? Regrettera-t-il ses aveux? Lui fera-t-il du mal? Se souviendra-t-il des nombreuses demandes de Salomé? Elle pensait être prête à gérer un lendemain, mais maintenant elle doute.

La noirceur a été remplacée par une lueur ambiante à la fois bleue et à la fois grise. Aucun rayon de soleil ne traverse les rideaux ou les draps suspendus aux fenêtres. Pourtant, on voit tout. Et pour la première fois, elle a l’occasion d’observer Mason sans qu’il ne soit loin, sans qu’il ne soit dissimulé dans la noirceur ; et ses doutes augmentent, car son être entier réagit à sa présence. Et ses lèvres se souviennent du goût des siennes : herbe, menthe et citron. Mais même à genou sur le lit, elle ne saurait lutter contre le sommeil. Ses yeux se ferment seuls… elle voudrait sombrer dans le sommeil, mais elle est inconfortable. Tout est encore humide. Elle rouvre les yeux, et la tête penchée remarque un truc anormal. La fenêtre au bout du lit, tout juste au-dessus des oreillers, fuit. L'eau glisse le long du mur, semble s'infiltrer dans le matelas. Elle ne perd aucune seconde pour se mettre à tâter le mur. Voilà pourquoi elle était trempée au réveil. Si ce n'est pas rapidement réparée, le matelas sera bientôt imbibé de moisissure.

- Merde, dit-elle en retenant son grognement pour ne pas déranger Mason.

Et par la même occasion, elle se demande si sa colocataire dort ; mais ne remarque aucun signe de sa présence. Est-elle venue et repartie? N’est-elle jamais revenue? Sa non présence pourrait être due à bien des choses.

Le bruit qui martèle le toit, c’est la pluie, et par curiosité, elle tire le drap pour regarder dehors. Le monde semble encore endormi, mais il pleut averse à l’extérieur. La nuit est partie, mais le jour n’est pas encore levé. Il doit certainement être 3 h du matin, approximativement. Elle quitte le lit, s’assure que Mason dort encore. Pendant quelques minutes, elle reste plantée devant le lit. Elle ne sait pas où se mettre. Mason dort-il toujours? Depuis qu'elle a quitté les draps, le froid gagne ses membres. Elle n’ose lui demander de l’aide, sûrement parce qu’elle se débrouille seule depuis des années.

Pas le choix, elle doit récolter de l’eau de pluie et réparer la fissure. Elle prend son courage à deux mains. Dans un placard, elle attrape un imperméable. Chaque mouvement - surtout les bruyants - est accompagné d’un regard en direction de l’endormi qu’elle ne souhaite réveiller. Non pas qu’elle a peur de le déranger, mais elle redoute ce qui se passera lorsqu’il sera éveillé. Elle attrape de sceaux. L’eau est une denrée rare. S’il y a bien une chose qu’elle a apprise ces dernières années, c’est d’en récolter à la moindre occasion. Au moment d’ouvrir la porte de la caravane, la toile au-dessus de la porte coince dans cette dernière et émet un bruit sourd en se déversant complètement sur la jeune Olsen. Cette douche froide est saisissante, si vive qu’elle en a le souffle coupé. Un autre jour, elle aurait été profondément énervée. Mais avec tout ce qu’elle a vécu hier, elle ne ressent que l’envie d’en rigoler, parce que malgré ce torrent, elle tient encore fermement les sceaux comme si sa vie en dépendait.

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Salomé Olsen


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MessageSujet: Re: I wanna learn to love you. I wanna learn to love you. - Page 2 Icon_minitimeMer 24 Avr - 0:01

Le matelas est chaud, son cœur est chaud. Il n'a plus ce bouillonnement à l'intérieur des veines, son cœur bat bien plus lentement que lorsqu'il était éveillé. Même son souffle est moins saccadé, pourtant plus lourd, alors qu'il est plongé dans ses songes. Mason ne se souvient pas de ses rêves, mais il rêve toutes les nuits. Il est un homme qui aime les histoires, qui aime s'en raconter, pourtant il n'arrive pas à capturer celles qui hantent ses nuits. Pope partage sa propre caravane avec deux autres personnes : un homme et une femme. Deux personnes qu'il apprécie, mais deux personnes qu'il laisserait derrière si le monde s'effondrait à nouveau. Deux personnes qui vivent et qui peuvent faire du bruit pendant la nuit, ça ne l'empêche pas de dormir. Contrairement au temps où il vivait seul dehors, avec son frère et Emily, il n'est pas sûr ses gardes à chaque instant de la nuit, parce qu'il n'est plus obligé de devoir être sûr le qui-vive pour protéger les siens. Elia rapporte le bien être et la sécurité. C'est pour ça qu'il n'a pas entendu Salomé s'échapper du lit (il aurait voulu la retenir), enfiler cet imperméable pour sortir à l'extérieur.

Les bruits extérieurs, de la pluie et de l'eau qui se déverse sûr Salomé au moment où elle ouvre la porte, sont pourtant bien différents de ce que l'on peut entendre dans un endroit clos. C'est comme si son cerveau avait réagis à l'instant où le vent s'est engouffré dans la caravane, à l'instant où Salomé s'est retrouvée trempée. Ses yeux se sont ouverts, ses mains se sont posées à plat sur le matelas mouillé, en un bond il s'est retrouvé hors du lit. Pendant quelques fractions de secondes, Mason s'est retrouvé perdu dans ce lieu qu'il ne connaît pas aussi éclairé. Ses paupières à moitié fermés, une marque d'oreiller sur la joue, il reconnaît Salomé au milieu de la porte parce qu'elle a fini par se retourner vers lui.

Son cœur bat plus vite à cause de la peur qu'elle lui a infligé, mais Mason sourit légèrement en se frottant un œil à l'aide de sa paume droite. Ce n'est qu'à l'instant qu'il se laisse le temps de découvrir les lieux. Un autre lit vide, le verre tombé sur le canapé, ses objets personnels au sol avec au milieu les souliers de Salomé. Les souvenirs commencent à lui revenir et il se met à sourire un peu plus. Trop de choses se sont passées, trop de choses ont été dites pour que ses souvenirs soient nets, tout de suite, alors que son cerveau est embrouillé. Mais il se souvient parfaitement du toucher de ses doigts sur sa peau douce et raffinée, de ceux de Salomé sur son ventre , ses hanches, son cœur. Une brise s'engouffre, il frissonne pour la première fois à cause de l'état de son t-shirt, de son pantalon. Mason baisse le regard tour à tour sur le matelas et ses vêtements. Il aurait pu croire à de la sueur à cause de tout ce qu'elle lui a fait ressentir, de leurs deux corps enlacés créant une source de chaleur dans cette caravane, mais il est trop mouillé pour ça. Avant que la pluie ne lui fasse comprendre la réalité, Mason a cru s'être pissé dessus à cause de l'érection provoquée par Salomé et qui n'a pas été assouvi la nuit dernière. Un soulagement éclair se lit sur son visage lorsqu'il a touché le mur sous la fenêtre après y avoir vu quelques gouttes couler.

“ - Qu'est-ce qu'il t'es arrivé ? “ Sa voix endormie s'élève alors qu'il s'approche dans son dos, si près de la porte il reçoit quelques gouttes sur le visage à cause de la toile tombée. “ À croire que si c'est pas moi qui te tombe dessus, c'est le ciel… “

Il a fait demi-tour, pour enfiler ses rangers, refait ses lacets parce qu'il sait qu'il va sortir. Ses mains se posent sur les hanches de Salomé, et il la décale légèrement sur le côté. Pour passer devant elle, descendre le premier en bas de ces marches qu'il a monté plus tôt en ayant peur. Mais là il n'a pas peur de les descendre. Il n'a pas peur d'être mis dehors. L'eau tombe sur son visage, mouille son t-shirt qui était déjà bien mouillé à cause de ce qui est entré dans la caravane. Il ferme les yeux, quelques secondes, et profite de cette fraîcheur comme si il n'avait pas eu froid quelques instants présents. Mais donne se tourne alors vers Salomé, la regarde au pas de cette porte, et ne peut s'empêcher de sourire. Et alors qu'il ne se souvient pas de son rêve, il se met à imaginer.

Cette image de Salomé, si belle avec son K-way, lui fait se demander si dans une autre vie, dans une autre histoire, quelqu'un a déjà eu l'occasion de voir une si belle chose. Ses cheveux dans tous les sens, trempés à cause de cette eau qui lui est tombée dessus, elle est belle. Et il espère qu’un autre homme que lui ait pu être témoin d'un tel spectacle. Alors il imagine, sans vraiment pouvoir donner de détails à ces visages, à ces gens, qui dans une autre vie, un autre monde, on pu se retrouver sous une pluie battante. Malgré tout, ce qu’il imagines est un peu comme lui, c'est un peu mauvais sur les bords. La fille un peu comme elle, affaibli par la vie et par les gens qui l'ont trahi. Mais bien vite il se dit aussi que les choses ne sont pas toutes rose, toutes noir, toutes blanche. Peut-être que dans cette histoire aussi la fille en question a quelque chose de sombre à l'intérieur d'elle. Parce que même si salomé est une lumière à ses yeux, l’ombre qui la hante est assez grande pour ne pas venir que de Mason lui-même. Alors dans cette histoire-là, qu'il imagine, c'est peut-être un peu comme ce qu'il est en train de vivre maintenant. Et s'il s'imagine que ces deux personnes ont pu s'embrasser sous la pluie, parce qu'ils s'aiment, s’aimeront, où se sont aimés, il a envie de la rejoindre et de l'embrasser aussi. De sentir encore ses lèvres contre les siennes, partager son souffle comme s'ils n’en avaient qu'un. Mais alors qu'il tourne légèrement son visage, ses yeux entrent en contact avec autre chose que ce couple qu'il s'était imaginé. La fenêtre de cette caravane est abîmée, son contour laisse passer l’eau comme si il n'y avait plus de joints à l'intérieur capablent de la retenir. S'il ne font rien, ca va imbiber les murs, ça va pourrir, pas seulement le matelas mais aussi l'habitat tout entier. Dans l'histoire qu'il s'imagine, est-ce que le couple s'est abrité dans un endroit aussi craignos que celui-ci ? Ou avaient-ils un endroit plus cosy pour s'installer ? Pourquoi étaient-ils dehors ? Mason sait qu'il doit arrêter de penser à autre chose et s'intéresser à ce qui se passe maintenant.

“ - J'suis un pitoyable bricoleur, j'repare une bagnole avec du duck tape. “ Mason n'a pas de mal à parler avec la pluie qui nous tombe dessus, il y a déjà vécu bien pire comme situation météorologique que ce soit avant l'apocalypse, ou après. “ ça serait pas plus facile de demander à changer de caravane ? “

Mason à des privilèges à faire partie des exemplaires. Parfois il en oublie même que les autres n'ont pas les mêmes. Après tout, il fait tout ce qu'il peut pour aider son frère et Emily, et puisqu'il ne pose pas de questions et qu'il fait ce qu'on lui demande, il n'a jamais vraiment fait attention si ce genre de chose était possible ou non. Tout va bien de son côté, et il n'a jamais eu à se soucier d'une telle chose dans sa caravane qui n'a rien n'avoir avec ceux qui voient tout autour de lui. Alors il attend que Salomé lui dise quoi faire. Il sera prêt à faire quoi qu'elle lui demande

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MessageSujet: Re: I wanna learn to love you. I wanna learn to love you. - Page 2 Icon_minitimeJeu 25 Avr - 5:00

What do you want from me?
Si je pense à toi au moment de dormir, je ne trouve pas le sommeil.
L'homme affronte la météo ; elle lorgne ce corps sculpté par la pluie dans son t-shirt trop moulant pour exister. Le temps d'un instant, cette vision lui fait perdre ses repères. Cet homme a-t-il conscience de sa beauté sauvage? Il peut être une plaie, il peut être violent, mais il arrive à se montrer vulnérable… et à ressembler à ça? Prenant conscience qu'elle le fixe depuis trop longtemps, elle voudrait le frapper violemment avec les sceaux qu'elle tient entre ses mains.

Au moment de l'injurier mentalement, elle descend, mais oublie la dernière marche. Elle se ressaisit avant de plonger dans la boue et parvient à rester sur ses jambes. La maladresse a toujours été l’un de ses vilains défauts. Elle évite de croiser son regard, parce que ça impliquerait une certaine complicité, impliquerait qu'elle a oublié complètement ses fautes, oublié complètement ses actes. Une part d'elle veut revivre la sensation de ses mains sur ses hanches et sur ses cuisses ; la sensation de sa bouche entre ses seins et sur son ventre, mais l'autre partie lui rappelle que cet homme peut lui causer énormément de dégâts, tant émotionnels que physiques. Elle doit se montrer raisonnable.

- Ça serait pas plus facile de changer de caravane? il demande.
- Ma mère a toujours dit : si tu ne veux pas perdre quelque chose...

Salomé ose difficilement observer Mason... quelques secondes de trop.

- Tu l'entretiens.

Elle ne disait jamais les termes « réparer » ou « changer ».

Étonnée de ses propres mots - plutôt ceux de sa mère qui résonnent en écho dans ses souvenirs -, elle se demande si elle parle de la caravane ou si elle parle plutôt de Mason. Que doit-elle vraiment entretenir pour ne pas le perdre? La nouveauté? Les biens? Mason?

- Alors... non, je préfère persévérer. Elle ajoute spontanément, un brin surprise : Quand on te regarde, on l'impression que tu es doué en tout.

Elle a trop parlé. Elle aurait voulu garder ces mots pour elle, mais ils ont littéralement débordé de sa bouche. Il est vrai, néanmoins, que cet homme semble doué dans beaucoup de domaine. Il est si confiant qu'il en bernerait beaucoup, elle comprise. Le fait qu'il tienne une arme, qu'il soit capable de s'élever dans les échelons, qu'il soit capable de la duper, ne veut pas dire qu'il soit bon en tout. Voilà au moins un domaine où elle le surpasse : elle sait bricoler.

Elle vient positionner stratégiquement les sceaux pour récolter l'eau de pluie. Comme la toile est en partie tombée, elle l’étale sur le sol boueux afin d’en replier les coins. Effectivement, elle essaie d’être un minimum active pour ne pas s’attarder à sa silhouette, aux souvenirs de la veille ou à une quelconque conversation qu’elle ne saurait « entretenir » - quelle ironie. Étant donné l’état de son imperméable, la capuche ne sert plus à rien. Elle la retire.

- Dans l’éventualité où tu aurais des outils… elle laisse sa phrase en suspens, sachant que rares sont les habitants pouvant avoir quoique ce soit de dangereux en leur possession par mesure de sécurité ; on peut toujours espérer. Je ne dirais pas non.

Sa mère était une femme autonome qui a montré à sa propre fille comment se débrouiller. Durant l'été, elles mettaient à l'œuvre leurs projets. Salomé commençait tout juste à sa familiariser à la construction de balcons, de terrasses et autres lubies désirées dans un jardin. L'un des rêves d'adolescente de Salomé n'a jamais été concrétisé. L'aveu frôle ses lèvres lorsqu'elle les entrouvre, mais celui-ci reste muet. Elle n'est pas dans le même état que la veille où les révélations étaient faciles. Salomé voulait créer sa propre maison. Pourquoi perdre son temps à lui expliquer les raisons qui la poussent à vouloir réparer elle-même la caravane? Ça ne changerait rien. Qui possède sa propre maison désormais? Plutôt, qui s'en soucie? Aujourd'hui, on est heureux si on a un toit sur la tête.

Si elle veut vraiment être raisonnable, elle devrait lui suggérer de partir, pas lui demander des outils. Cette pensée, malheureusement, devient plus complexe que prévu, car les paroles d’un professeur de philosophie au lycée lui reviennent en mémoire : « La raison permet à l'homme de lutter contre ses passions. » Mais l’homme n’est-il pas un être d’actions et de passions? Elle s’interroge, se pose la question la plus absurde qui soit : ressent-elle du désir pour lui? Alors plutôt que de le chasser :

- De toute façon. avant de repérer la fissure, j’ai besoin de bras pour redresser le matelas avant qu’il ne soit trop mouillé. Il faut le changer de place.

Salomé n’a jamais été vraiment forte des bras, son frère se moquait d’ailleurs souvent d’elle lorsqu’il soulevait à sa place d’énormes poches de terre. Et encore une fois, elle ne peut que se sentir bizarre de lui donner des ordres. Exagère-t-elle? En devient-elle détestable? Sa mère dirait que ça fait son charme, sans nul doute. Ensuite… elle doit vraiment se battre pour que sa raison revienne. Seulement cette tâche, et c’est tout. Ensuite, il pourra partir. Ce qui est dément, c’est qu’elle pourrait rester planter là pendant de longues minutes sans s’attarder à la pluie qui trempe ses vêtements ou à la terre qui s’accroche à ses souliers.

- Tu peux aussi partir, tu as sûrement autre chose à faire.

L'invite-t-elle à quitter ou l'invite-t-elle à céder? Ce n'est pas tant les limites de Mason qu'elle teste, mais ses propres limites à provoquer, endurer, endosser.

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MessageSujet: Re: I wanna learn to love you. I wanna learn to love you. - Page 2 Icon_minitimeJeu 25 Avr - 23:58

Elle fuit son regard, Mason n’a pas besoin de comprendre les sous-entendus dans ses phrases pour remarquer que quelque chose à changer. Depuis le moment où ils se sont endormis l’un contre l’autre et celui où ils se sont réveillés de façon distincte. Salomé compare-t-elle cette caravane, à l’homme qu’elle a en face de lui ? Car Mason non plus n’a pas besoin d’être réparé, ou remplacé. Un homme, une femme, l’amour, sont des choses que l’on entretient. Des choses que l’on ne peut pas remplacer. Il devrait prendre exemple sur elle, encore une fois ; ne pas détruire le problème, mais essayer de l’arranger. C’est quelque chose de difficile à concevoir pour lui.

“ - Quand on te regarde, on l'impression que tu es doué en tout.”
“ - C’est le faux visage de la perfection, ça.” Répondit-il avec un brin d’humour, en venant caresser son menton avec tout sauf de la modestie. Ses mots ne cachent pas ce qu’il pense réellement. Mason est une boule de faux semblants à lui tout seul. “ Je pensais que tu savais que l’habit ne fait pas le moine.”

Il a l’impression de retrouver une fine connexion entre eux, une ficelle comparé à ce qu’ils vivaient hier soir, mais une ficelle qui s’échappe bien vite lorsqu’elle détourne le regard. Encore, il a l’impression de la sentir s’éloigner, et Mason ne peut pas s’empêcher de soupirer une lourde fois en faisant voler quelques gouttes passant à ce moment-là sur ses lèvres.

Il la regarde positionner ses seaux pour récupérer de l’eau. Elle est belle, Salomé, dans ce tique de survivants. Elle ramasse ce qu’elle peut comme si on ne s’en occupait pas déjà à Ellia, comme si elle n’avait pas tout ce qu’elle a autour d’elle grâce à cette communauté vivante et bienveillante. Mason aurait voulu sourire, il l’a fait intérieurement, mais les traits de son visage n’ont pas bougé, parce que même s’il s’est habitué à ce monde, cette image le fait regretter qu’elle n’ait pas une vie banale. Si l’apocalypse ne s’était pas mise sur leur chemin, se seraient-ils croisés, un jour ?

Mason n’a rien d’autre à lui offrir que les tickets qu’il a gagné au fil du temps. Il hausse simplement les épaules parce qu’il n’a pas d’outil pour elle ; il ne saurait même pas où en trouver à Ellia. A la boutique, certes, mais qui dans ses connaissances pourrait avoir quelque chose qui aidera Salomé ? Ni son frère, ni Emily n’ont ça dans leurs poches. Pas même Maggie ou Gordon.

“ - Tu peux aussi partir, tu as sûrement autre chose à faire.”
“ - Qu’est-ce que j’aurais de mieux à faire que d’être ici, à toi ?” Il s’était approché pour mieux l’entendre, il s’était presque senti vexé de cette phrase. A quoi joue-t-elle, à le repousser, encore ? Mason, lui, n’hésite pas et lève sa main pour venir caresser les cheveux mouillés de Salomé. “ J’m’occupe de ton matelas… trouve du linge à mettre au sol, histoire que l’eau le fasse pas gondoler.”

Suivre des ordres à toujours été ce qu’il savait faire de mieux. Avec une mission au bout de son nez, il est capable de faire tout et n’importe quoi pour y parvenir. Lorsqu’il est aux commandes, seul, Mason est capable de pire. C’est toujours lorsqu’il fait ce que les autres veulent qu’il est le meilleur. Alors il avait quitté Salomé en lui lançant un regard presque d’incompréhension face à son comportement. S’il réussissait à digérer ces retournements d’humeur, il s’y attarde plus en cette fin de nuit.

Mason laisse des traces de semelles lorsqu’il entre dans la caravane. Des gouttes entrent pas la porte ouverte, de toute manière. Les draps, les oreilles, le matelas sont mouillés. En quelques mouvements il enlève les premiers pour les mettre sur la table, évitant le canapé pour ne pas le tremper aussi. Le matelas, lui, finit debout contre un meuble, en équilibre. Impossible de le mettre ailleurs pour sécher tant que la pluie tombe à torrent. D’un coup d’oeil vers le mur, Mason se dit que ça va être tout sauf amusant de tout essuyer une fois que le mur sera réparé. Puis, il tourne son regard vers la porte, pour voir où se trouve Salomé, mais c’est la vision de la bâche qu’elle a faite tomber qui le pousse à froncer les sourcils. Peut-être n’auraient-ils pas besoin d’outil pour l’instant, s’ils parvenaient à protéger le mur de la caravane, le temps de la pluie ne passe ?

“ - Je crois que j’ai une idée.” Vient-il dire à Salomé, une fois sorti de la caravane dévastée. “ Attends-moi là, et… reste pas sous la flotte, tu vas attraper la crève.”

Il aurait peut-être voulu dire plus, voulu dire autre chose, Mason. Alors il bug face à elle une fraction de seconde, avant de la contourner et de partir vers l’est pour ensuite traverser la place publique et se rendre directement aux caravanes des exemplaires. Dans une ligne droite assez longue et qu’il parcourt rapidement, sans avoir mis sur ses épaules sa veste. A quoi bon, outre la tremper aussi ? Mason est essoufflé lorsqu’il arrive à sa propre caravane, et son idée est prouvée lorsqu’il se met à sourire en voyant la grande toile imperméable qui est accrochée au devant de la caravane. La place sèche en dessous est grande, combien de fois s’est-il retrouvé là avec quelques personnes, pour profiter d’une soirée chaude, ou fraîche, endiablée ou endolorie ?

Sans réfléchir à ses colocataires, Mason est entré dans sa caravane, sursaute en entendant Gordon ronfler, tourne lentement la tête après avoir fermé la porte, vers Maggie. Il ne sait pas si elle est endormie où non, elle n’est pas présente depuis longtemps -surement que cette intrusion l’aura réveillée, comme Salomé avait réveillé Pope. Après tout, elle était flic avant, elle doit elle aussi avoir des restes de son ancienne vie. Lentement, et le plus silencieusement possible, Mason a cherché un ciseau à l’intérieur d’un des tiroirs, et c’est en le trouvant qu’il a tourné la tête vers son propre lit. Aurait-il pu directement ramener Salomé ici ? Il doute qu’elle l’aurait souhaité. Pourtant, elle aurait été plus en sécurité à l’intérieur de la D2, à quatre, plutôt qu’à deux dans la C9.

Il s’est fait engueuler, par ses deux amis : quelle idée de descendre son matelas pour l’enrouler du côté sec de la bâche qu’il a décroché à l’extérieur à l’aide des ciseaux. Mais Mason a déjà dormi sur bien plus dure que la planche de bois qui lui sert de sommier. La bâche est assez grande pour recouvrir le matelas, elle le sera aussi pour couvrir cette partie de la caravane. A l’aide de deux sangles le tout tient parfaitement, mais c’est quelque chose d’encombrant même si enroulé. Quelque chose de lourd, surtout avec ses mains qui glissent. Comme ses pieds d’ailleurs, et lorsque Salomé le verra revenir, elle n’aura pas de mal à voir qu’il a glissé dans la boue à cause des traces que ça a laissé dans son dos et à l’arrière de ses jambes. Mais c’est grâce à cette glissade qu’il avait aperçu cette brouette, remplie d’eau à cause de la pluie. En forçant un peu il a réussi à la vider, laissant le tout se déverser assez loin des caravanes exemplaires, puis il avait posé dessus le matelas enroulé, en sécurité de l’humidité. C’est alors devenu plus simple de retourner jusqu’à la caravane de Salomé.

C’est plus que trempé qu’il y arriver. Ses cheveux sans aucune boucles tombant sur son front, il frappe une fois à l’aide de son poing sur la taule de la caravane pour montrer sa présence. Mason tousse légèrement, est-il en train de prendre froid ? Mais ça ne l’empêche pas d’ouvrir la bouche pour récupérer de l’eau le temps que Salomé repointe le bout de son nez près de la porte. D’un signe de tête il lui montre la brouette. Comprend-t-elle qu’il y a un matelas là-dessous ? Ou voit-elle juste la grande bâche ? Mason n’attend pas vraiment, et une main posée contre le tour de la porte, il regarde à l’intérieur de la caravane pour voir si elle a trouvé une solution entre temps.

“ - On va pouvoir cacher ta caravane avec ça.” La bâche, et les sangles. “ T’auras pas de lumière de ton côté, mais au moins tu seras au sec jusqu’à c’qu’on paye un mec pour venir la réparer.” D’un signe de tête il semble attendre son avis, mais reprend bien vite la parole alors qu’une interrogation le submerge, comme la peur que sa réponse soit négative d’ailleurs. “ Dis-moi que t’as pas jeté les tickets aussi…”

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MessageSujet: Re: I wanna learn to love you. I wanna learn to love you. - Page 2 Icon_minitimeVen 26 Avr - 5:49

What do you want from me?
Si je pense à toi au moment de dormir, je ne trouve pas le sommeil.
Décidément, quand il veut quelque chose, il ne se prive pas de le faire comprendre. C’est exactement ce qu’il fait en s’approchant, en glissant entre ses doigts l’une de ses mèches mouillées. Elle ferme légèrement les yeux comme si ce n’était pas un cheveu qu’il venait de toucher, mais sa joue. Ce ne sont pas ses doigts qui caressent son visage, mais la plus battante. Elle ressent ce manque comme un regret. Bien sûr qu’elle le repousse. N’est-ce pas ce qu’une personne sensée doit faire dans une relation malsaine? Éviter le pire avant qu’un drame ne survienne? Pourtant, il fait tout pour se faire pardonner, et cela l’oblige à se remettre constamment en question.

Encore une fois, elle remarque qu’il exécute ses demandes sans rétorquer lorsqu’il retourne dans la caravane pour déplacer le matelas. Mason ne cesse de la dérouter tant son comportement est aussi vague que la mer elle-même. Motivé par son objectif, Mason entame une longue marche vers les caravanes au loin.

- Attendre quoi? elle demande ainsi laissée sous la pluie.

Ses yeux d’un bleu limpide papillonnent sous l’attaque incessante des gouttelettes d’eau. Sans le quitter des yeux, elle comprend qu'il est parti à son logi. Parce qu'elle a été froide? Parce qu'un plan germe dans son esprit? Le plus troublant, c’est qu’elle comprend soudain qu’il vivait non loin et qu’elle paniquait à l’idée qu’il surgisse de l’ombre pendant la nuit. Si elle avait été plus attentive, qu’elle avait mieux analyser, elle n’aurait pas perdu des heures de sommeil sous l’inquiétude. Il vivait là et jamais elle n’a eu le réflexe de trouver sa caravane. Plus les jours passent et plus elle prend conscience de ses nombreux défauts ; elle est tout sauf prévenante, respectueuse, charitable ou tolérante.

Enfin, elle quitte la pluie pour retourner à l’intérieur. Du mieux qu’elle peut, elle éponge l’eau, essore les linges dans l’évier. Ses vêtements lui collent à la peau, mais elle les gardera jusqu’à ce que tout soit sec. Mason lui ramènera-t-il des outils pour qu’elle répare ce trou? Ça lui prendra quelques heures ; des heures où elle ne pourra dormir. Et le besoin de dormir est toujours bien présent. Pendant l’attente, elle ramasse les petites choses qui traînent ça et là, dont la veste de Mason qu’elle dépose sur un comptoir. Ses doigts retracent les coutures du tissu, s’attardent sur les boutons, les poches, jusqu’à remonter au niveau du collet. Elle a toujours adoré toucher les différentes matières. Mais là, elle ne touche pas seulement pour découvrir le type de tissu utilisé à la confection de ce vêtement. Mason voulait lui dérober une écharpe pour se souvenir de son odeur. C’est un peu étrange. Est-ce que cela possède réellement un effet de bien-être? Profitant d’être seule, mais hésitante, elle enfouit son visage dans la veste et inspire légèrement. Manifestement, elle pourrait se blottir dans cette veste en sachant à qui elle appartient. Embarassée d’avoir voulu comprendre les besoins de Mason, elle repose la veste, mais la replie davantage.

Curieuse de savoir ce que fait l’homme, elle ose pour la première fois regarder par l’une de ses fenêtres afin d’apercevoir la caravane au loin. C’était peut-être une mauvaise idée de savoir où il vit. Elle fronce les sourcils d’incompréhension, tente désespérément de comprendre ce qu’il mijote. Puis, elle le voit sortir cet énorme matelas de la caravane.

- Il est dément, elle murmure pour elle-même.

Mais malgré cette pensée, elle reste plantée là pour le voir lutter contre la lourdeur du matelas, le sol spongieux et la pluie déchaînée. Elle aurait voulu l’aider, mais c’était d’une beauté sans nom de le voir faire autant d’effort. Le plus terrible - dans ce geste à la fois invraisemblable, insolite et troublant - c’est que cette attention est… adorable?

Elle se penche pour ouvrir la porte. Le paquet cadeau n'est plus une surprise, car elle sait de quoi il s'agit. Elle n'a manqué aucune miette du spectacle. À l’instant où elle le voit, prêt à offrir son propre lit pour qu’elle puisse avoir un endroit sec où dormir, elle pourrait se jeter dans ses bras et l’embrasser - et ce n’est pas l’envie qui manque. Ce geste représente plus à ses yeux que toutes les pâtisseries offertes. Elle l’aurait fait, l’aurait embrassé, si la voix de Mason n’avait pas enchaîné sur une question :

- Les tickets? Les tickets!

Ses yeux deviennent ronds. Elle quitte l'embrasure de la porte pour atteindre sa table de chevet… cette même table fixée au mur à côté de son lit. Là où l’eau coulait abondamment avant qu’elle n’éponge le surplus accumulé. Elle ouvre le tiroir, plonge la main à l'intérieur. Tous les tickets sont secs. Soulagée, elle les dépose sur le comptoir. Tous sauf deux, ceux utilisés la veille. Maintenant qu'ils sont à la vue, elle ne saurait nier les avoir gardés ;

- Non, je ne les ai pas jetés.

Pourtant, elle aurait dû. Accepter quelque chose de lui, c’est enclenché un processus sans fin. Salomé n'est peut-être pas une menteuse, mais elle assurément profiteuse. Et, par-dessus tout, elle est très économe. Si l'apocalypse ne leur était pas tombé sur la tête, elle aurait pu s'acheter une belle voiture avec ses économies. Dire qu'elle n'a jamais eu son permis de conduire.

Elle le laisse entrer avec le matelas. Comment lui refuser ça alors qu’il est si motivé? Salomé… tu ne devrais pas. Accepter un tel présent, c’est t’enfoncer plus loin dans les doutes ; c’est montrer à Mason qu’il peut avoir de l’espoir, qu’il peut continuer son manège excentrique. Tu ne l’aides pas, Salomé. La bricoleuse, c’est elle ; donc, pendant qu’il organise l’endroit, elle retourne dehors pour installer la bâche où cette dernière pourra dévier l’eau et empêcher qu’elle ne s’infiltre par la fenêtre. Elle revient, referme la porte. Elle passe derrière lui pour retirer son imperméable qu’elle balance dans l'évier. Le matelas rentre tout juste à l’endroit où le sien était - et où le sien était davantage petit.

Le couloir est étroit, les oblige à se frôler lorsqu'ils circulent. Le matelas qui longe le mur a considérablement réduit l'espace disponible. Pour se faire petite, elle inspire et entre le ventre. Ses yeux se perdent dans la contemplation de des épaules de Mason, de ses omoplates, de ce dos qui creuse et tombe vers des hanches soutenant un pantalon qui semble vouloir fuir de lui-même. Un pantalon très sale d’ailleurs. Dès qu'une pensée obscène traverse son esprit, elle se cogne volontairement l'arrière de la tête sur le mur où elle est appuyée. Parce que si elle le regarde trop longtemps, elle voudra le soulager… le soulager de ses vêtements trop encombrants : de ce chandail trop serré, de ce pantalon trop lourd. Mais ça ne serait pas aussi facile qu'on le pense ; un vêtement humide, ça fusionne à la peau, c'est froid et désagréablement humide. Honte à elle, car elle brûle d'envie de relever ce défi.Heureusement qu’il est dos à elle, parce qu’elle ne supporterait pas qu’il puisse voir ce profond désir dans son regard.

- Merci pour ça.

Avant qu’il ne dise quoique ce soit, elle attrape de nouveaux draps et entame de les installer sur le matelas. Après cet énorme dégât, elle ne pensait pas pouvoir dormir pour le reste de la nuit.

- Mais, j’étais sérieuse en demandant si tu n’avais pas mieux à faire ; la nuit est presque finie, tu n’as aucun vêtement pour te changer et tu viens de me prêter ton lit. Et si tu restes…

Tu devras te déshabiller, profiter des derniers instants de la nuit dans ce lit, voulait-elle ajouter, sans être capable de formuler les mots. Pour certaines choses, elle a plus de réserve que lui. Et le problème avec cette phrase en suspens, c’est qu’elle suggère plutôt qu’elle n’oblige. Et s’il y a bien une chose qu’elle a comprise hier, c’est qu’il était plus susceptible de l’écouter si elle s’imposait formellement. Mais là, elle lui laisse le choix. Est-ce raisonnable? Encore ça… la raison. Elle ne devrait même pas lui laisser le loisir de choisir. Elle devrait plutôt succomber à son envie première, cet envie qu’elle ressentait en ouvrant la porte, en voyant tout ce qu’il voulait faire pour elle. Sans le savoir, il vient de faire la chose que personne n’a jamais faite pour elle lors de ces dernières horribles années : prendre soin d’elle. Elle pensait que dormir permettrait au jour d’arriver plus vite, qu’ils retourneraient chacun à leur occupation. Or, ce réveil brutal lui indique clairement que la nuit n’est pas terminée ; qu’elle pourrait en profiter ne serait qu’une once de plus. Si Mason se sent vide lorsqu’il n’a aucun but, Salomé est dans la brume lorsqu’elle tente de savoir si le mieux est de le repousser ou de l’accepter. Elle aurait préféré dormir jusqu’à oublier ces questionnements.

- Embrasse-moi... maintenant qu'elle le voit - sans noirceur, sans fuite -, le désir vraiment, elle veut vérifier tous ces sentiments qui la brusquent. Embrasse-moi, et ensuite tu devrais partir. Il faudrait que je me repose pour... pour bosser demain.

Ces demandes sont plutôt contradictoires en une seule phrase.

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MessageSujet: Re: I wanna learn to love you. I wanna learn to love you. - Page 2 Icon_minitimeLun 29 Avr - 0:02

Mason a eu peur qu’elle les ai jeté, lesdits tickets. Lorsqu’il la voit se retourner pour les chercher -même s’il reste à l’extérieur pour ne pas mouiller plus l’endroit qu’elle a épongé, il la voit aller à cette table de chevet quelque chose dans le tiroir. Que dire, il est soulagé à la simple vision de les voir étaler sur le comptoir. Pas parce qu’elle aura gardé quelque chose qu’il lui a donné, mais surtout parce que ce sont des choses utiles à Ellia, des tickets que tout le monde aurait bien voulu voir déposés dans une boîte, au pas de leur porte. Il ne prend même pas le temps de les compter -après tout, il ne sait même pas combien il lui en a donné, mais en les voyant, Mason se dit qu’il y a sûrement assez pour embaucher quelqu’un à réparer la fissure.

Après avoir apporté la brouette près de la porte, il a entré le matelas à l’intérieur -laissant ses rangers près de l’entrée. Ses vêtements sont trempés, il n’a pas encore froid jusqu’aux os parce qu’il est en mouvement, parce qu’il ne prend pas le temps de réfléchir. C’est lorsque ses mains sont occupées, à Mason, que son cerveau s’éteint pour agir sans tourner en rond dans son esprit. C’est d’ailleurs quand il réfléchit qu’il fait le plus de connerie ; Mason n’a jamais été autosuffisant, il a toujours eu besoin d’être entouré -même si ce n’était pas toujours des bonnes personnes, pour pouvoir avancer. Une fois la bâche donnée à Salomé, il a simplement mit son propre matelas à la place de celui de la jeune femme. C’est devenu encore plus sombre à l’intérieur, avec la bâche qui surplombe la caravane et qui bloque complètement deux des fenêtres de l’habitacle. Mason prend plus conscience des différences qu’il y a entre les groupes à l’intérieur d’Ellia, avec la différence entre les deux matelas. Il ne l’avait pas senti lorsqu’il était allongé dessus,est-ce la présence de Salomé qui l’a anesthésié ?

La porte se ferme, l’imperméable tombe dans l’évier avec un bruit métalique à cause de la fermeture. Son visage se tourne d’une part pour tenter de la voir lorsqu’elle se glisse derrière lui, de l’autre pour voir les actions qui suivent à chacun de ses gestes. Mason est définitivement plus fréquentable lorsqu’il ferme sa bouche et qu’il fait ce qu’on lui demande. Peut-être qu’il a comprit qu’un silence vaut mieux qu’un long discour avec Salomé, car il n’a rien dit jusqu’à ce qu’elle le remercie.

“ - Arrête de me dire merci à chaque fois,” Dit-il en la regardant attraper ces draps secs pour les mettre sur ce matelas qu’elle n’a même pas cherché à esquiver. “ j’vais finir par trouver que j’suis trop gentil.” Mason sourit, bêtement, comme si ce n’était pas ce qu’il voulait être avec Salomé.

Pour ne pas s’asseoir sur le petit canapé et le tremper par la même occasion, Mason s’était contenté de coller son dos au mur -chose qui l’a fait frissonner et grimacer à cause du tissu froid, en pliant les genoux dans la position d’une chaise. Si au fil des minutes la position peut être douloureuse, difficile à gérer, les premiers instants sont quand même assez reposant après tout ça.

“ - Mais, j’étais sérieuse en demandant si tu n’avais pas mieux à faire ; la nuit est presque finie, tu n’as aucun vêtement pour te changer et tu viens de me prêter ton lit. Et si tu reste…”

Elle hypnotise Mason par sa simple voix, par ses gestes rapides jusqu’à ce qu’elle ait terminé de faire le lit. Mais lorsqu’elle se tait pour partir dans ses pensées, pour laisser cette phrase en suspens, elle a encore plus capté son esprit, son attention. S’il n’avait pas encore senti le poids dans ses jambes, il commence à le sentir venir, comme le poids qu’elle met dans son coeur en laissant entrevoir une fin de nuit à ses côtés. C’est ce qu’elle lui avait demandé plus tôt, non ? Pourtant, Mason avait ressenti comme une sorte de distance, entre eux, depuis ce réveil brutal. Il ne sait pas sur quel pied danser avec Salomé, elle le perd, le récupère, et le lance loin de nouveau pour le voir courir vers elle.

“ - Embrasse-moi…” A-t-il bien entendu ? Mason s’était redressé en poussant sur ses genoux, son dos toujours collé au mur humide de la caravane. “ Embrasse-moi, et ensuite, tu devrais partir. Il faudrait que je me repose pour… pour bosser demain.”

Mason a comprit qu’il ne fallait pas demander son reste lorsqu’il s’agit de Salomé. Alors, la regardant dans les yeux grâce à la faible lumière de l’extérieur qui passe par les deux dernières fenêtres de la caravane, il s’est approché, lentement, sans émettre le moindre son. Pope prend ce qu’elle lui donne, parce qu’il ne peut pas prendre ce qu’il veut. Il a serré ses dents en venant caresser la joue de Salomé, encore humide à cause des cheveux qui s’y collent. Elle est belle, Salomé. Avec ce visage fatigué, avec cet air perdu sur le visage. Elle est belle quand elle parle, elle est belle quand elle se tait. Y-a-t-il un seul instant où Mason ne tomberait pas sous son charme ?

Parce qu’elle l’a demandé, il se baisse pour l’embrasser. Pas comme la première, la seconde, ou la troisième fois. Ce baiser est bien différent parce qu’il reste en surface, parce qu’il est simple, parce qu’il est doux, parce qu’il est la réponse à une attente particulière qu’il aime tant entendre s’échapper de l’âme de Salomé. Il n’a pourtant pas pu résister au fait de la coller à lui, malgré ces tissus trempés, malgré le froid qu’elle va ressentir en même temps que lui lorsqu’elle se retrouve aussi prise à vif. Mais la froideur du t-shirt de Mason contraste parfaitement avec la chaleur de son corps.

“ - Dis-moi…” Souffle-t-il à quelques centimètres de son visage, alors qu’ils sont tous les deux dans cet espace encore plus restreint à cause du matelas mouillé. Son souffle chaud se mélange à celui de Salomé alors que son pouce lui caresse la joue. “ Dis-moi ce que tu veux, Salomé.”

Est-elle aussi perdue qu’il ne l’est, au fond ? Si Mason sait parfaitement ce qu’il veut d’elle, la peur envahie la donzelle et la fait se mélanger les pinceaux dans ce qu’elle pense vouloir, et ce qu’elle veut réellement. Le problème c’est qu’avec ce comportement-là, elle lui fait perdre ses moyens. Il ne sait plus vraiment quoi penser, comment le penser, et à quel moment le faire. Hilarant puisque Mason est celui qui est censé avoir des nerfs d’acier, celui qui maintient tellement ses idées qu’il n’hésite pas à écraser les autres pour réussir. Mais Salomé ? Il lui vole un autre mais plus rapide baiser, avant de passer ses bras autour des épaules de la fille et de la coller encore plus à lui dans cette étreindre forte et glaciale. Cette fois-ci il ne l’enlace pas par derrière, avec une sérieuse domination. Il l’enlace en fermant les yeux pour profiter de cet instant parce qu’il a peur d’entendre sa réponse.

“ - Dis-le moi, parc’que quand j’fais ce que je veux…” Mason souffle encore ces mots au creu de son oreille, comme s’il avait peur d’être entendu cette fois, comme s’il ne voulait pas remuer ce souvenir dont il pense avoir mis un point final la nuit dernière. “ … t’es pas d’accord. J’veux pas me retrouver dans l’sac des enculés parce que j’ai pas fais c’que tu voulais.”

Dieu seul sait à quel point il a envie de poursuivre cette nuit à ses côtés. Même si ça voudrait dire devoir aller une nouvelle fois dans sa caravane pour prendre quelque chose de propre, même si ça voudrait dire enlever ses vêtements pour dormir nu avec elle. Surtout pour ça, d’ailleurs. Mais il ferait demi-tour sans revenir, parce qu’il n’y a aucune partie de son âme qui voudrait briser cette journée avec un mauvais souvenir, avec les cris et les larmes de Salomé. Tout repose sur les épaules de la jeune femme qui ne sait même pas ce qu’elle veut, au fond d’elle-même. Mais dans les deux cas, Mason acceptera. Soit il restera, soit il partira. Ca ne l’empêchera pas de voler un autre baiser à Salomé dans les deux cas, mais cette nuit-là ? C’est Salomé qui est maîtresse de son destin. Le monstre ne viendra pas la dévorer, cette fois. Ils ne sont plus blanc, ou noir, mais gris tous les deux.

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MessageSujet: Re: I wanna learn to love you. I wanna learn to love you. - Page 2 Icon_minitimeLun 29 Avr - 5:06

What do you want from me?
Si je pense à toi au moment de dormir, je ne trouve pas le sommeil.
Il obéit, vient vers elle, l’embrasse avec une douceur qui l’étonne à chaque fois. Elle a demandé ; elle a reçu. Quel est cet étrange pouvoir qu’elle exerce sur lui? Devrait-elle trouver anormal qu’il se plie à ses quatre volontés? Pourquoi lui demander ce baiser? Elle pouvait faire cent autres demandes plus importantes, mais a choisi celle-ci. Mais… elle le lui rend bien en l'accueillant avec la même douceur, la même pression, la même distance, le même envie. Salomé sait qu’il se retient, qu’il tremble de l’enlacer plus fort, qu’il se crispe de vouloir l’embrasser avec fougue, qu’il se contracte de peur que ses gestes soient incontrôlables… Cette douceur, pourtant, lui donnerait envie de s’offrir à cet homme tout entière. Elle est pourtant consciente de la menace qu’il représente.

Ses bras sont des murs d’acier la protégeant des atrocités du monde extérieur… du moins, en apparence. La protégeraient-ils vraiment? Ses bras sont plutôt des étaux qui la gardent prisonnière. Le froid de ses vêtements mouillés la font frissonner. Si au départ elle avait posé son oreille contre son torse pour entendre encore une fois les battements vigoureux de son coeur, sa tête se tourne désormais. Les yeux clos, le front sur son torse, elle ne cherche pas à humer son odeur ; elle cherche plutôt à sentir les reliefs ses muscles contre ses lèvres entrouvertes. Son souffle est plus chaud que la température de son corps.

Et la question tourne, tourne et tourne à son esprit, tourne dans un sens, tourne dans l’autre sens, sans jamais s’arrêter. Qu’est-ce qu’elle veut? C’est la question. Elle ne peut pas répondre : « Je ne sais pas ». Si elle devait répondre cela, Mason ne ferait qu’une bouchée d’elle, l’engloutirait dans son monde de débauche et ne lui laisserait plus aucune issue. Mais Salomé ne saurait mentir ; elle qui ignore ce qu’elle veut réellement. Elle est prisonnière de ses émotions. Quelqu’un lui a déjà dit ça une fois, qu’elle finirait consumée. Elle n’y a pas cru au début. Pourtant, c’est exactement ce qui arrive.

Je veux que tu me punisses de ressentir ça, mais ne le dit pas ;
Je veux que tu m’empêches d’apprécier tes mains contre ma peau, mais ne le dit pas ;
Je veux que tu me fasses mal, que j’apprenne de mes erreurs, mais ne le dit pas ;
Je te veux entier, mais ne le dit pas.

Toutes ces demandes sont muettes à son esprit.

Voilà ce qu’on ressent quand le manque est trop grand, trop longtemps. Elle n’avait plus personne, et Mason sait combler à lui seul l’absence de centaines de proches tant il est simultanément le bourreau et l’amant  ; dévoué, mais intempérant, charmant, mais terrifiant, assuré, mais apeuré, doux, mais violent.

Bien heureusement, elle sait une chose : elle ne veut pas répondre à cette question. Pour éviter qu’il insiste davantage, elle se hisse légèrement sur la pointe des pieds. Ses lèvres cherchent les siennes, puis les trouve. Encore un baiser. Elle remonte ses mains, tâtonne légèrement la blessure à sa gorge et glisse ses doigts dans ses cheveux trempés. Elle ne rompt pas le baiser. Elle se presse davantage, s’enflamme légèrement et perd le contrôle le temps d’une seconde. Cette fois, elle prend une longue inspiration, mais ne s’éloigne pas pour autant. En se pressant à lui, elle l’oblige à bouger, l’oblige à reculer. Cette fougue canalisée est sur le point de rompre, alors elle se hâte de le diriger vers la porte, même si ses lèvres ne veulent qu’une chose ; s’enticher des siennes. Salomé a une impression de déjà-vue lorsque le dos de Mason plaque contre la porte. Son but était de le chasser sans le dire avec des mots, car ce n’est pas ce qu’elle veut, mais elle ne s’imaginait pas vouloir le retenir. Encore. Et elle doit se faire violence pour éviter toutes tentations supplémentaires. L’envie est trompeuse, car si elle devait franchir une nouvelle étape, elle serait démunie, désorientée dans l’inconnu et peut-être désillusionnée de l’expérience charnelle. Elle veut goûter au plaisir de la chair, mais n’est peut-être pas prête. Mason a-t-il compris qu’il serait le premier? Elle paraît fugueuse et capable d’imposer certaines limites, mais c’est surtout pour repousser le moment ultime de la nouveauté.

La jeune Olsen passe ses bras autour de son cou, l’enlace de toutes ses forces, comme si elle voulait partager toute la tension qu’elle accumule depuis la veille. Elle s’accroche comme si sa vie en dépendait. Jamais elle n’a serré quelqu’un aussi profondément. Elle maintient la pression, sans battre en retraite. Comprend-t-il qu’elle veut plus? Qu’elle vaut plus? Certes, elle le désir, mais sa passion peut être démesurée, prendre diverses formes. Son visage est caché contre son épaule. Elle reste ainsi blottie deux bonnes minutes, serrant plus lorsqu’elle pense le jeter dehors. Salomé, par cette étreinte, cherche à oublier les horribles souvenirs qui la hantent. Et malgré tout, sa force n’est nullement comparable à la sienne. Par cette accolade, elle se compare, elle se rend compte qu’il suffirait de peu pour que Mason la brise. Ses jambes retombent, ses plantes de pied touchent le sol. Elle se décale enfin, un peu troublée.

Mason sera-t-il une erreur de parcours? Elle qui s’est toujours entêtée à ne faire confiance à personne, baisse sa garde.

D’où elle se trouve, elle est capable d’atteindre la veste de Mason. Elle vient la presser entre eux, contre son ventre. C’est ainsi, silencieusement, qu’elle décide qu’il doit quitter. Elle a besoin d’une pause d’émotions : que ce soit de la peur, de l’envie, du pardon…

- Garde en mémoire ta question [ce qu’elle veut]. Repose-la moi lorsque nous nous recroiserons. Et… crois-le ou non, mais si je n’ai pas envie de quelque chose, j’ai pour habitude de le faire savoir.

Et prenant conscience qu’elle lui offre un sourire, elle s’en mord la lèvre. Depuis quand n’a-t-elle pas partagé une quelconque complicité avec quelqu’un? Et plutôt que de lui souhaiter bonne nuit, parce qu’ils sont au lendemain, elle ajoute :

- Bon matin, Mason.

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MessageSujet: Re: I wanna learn to love you. I wanna learn to love you. - Page 2 Icon_minitimeLun 29 Avr - 10:49

Elle l’oblige au silence en scellant une nouvelle fois leurs lèvres. Mais lorsque c’est elle qui l’embrasse, Salomé, il ressent un picotement électrique qu’il n’a jamais ressenti avec personne, qu’il ne ressent pas même lorsque c’est lui qui s’empare des lèvres de la fille. Salomé sait le faire taire, est-ce de la manipulation, à ce rythme là ? Ou simplement une façon de se cacher derrière quelque chose pour se protéger. Son dos retrouve la porte dans ce retournement de situation où de nouveau, elle prend le dessus. Où Mason passe de dominant à dominer. De cette façon elle le maîtrise, et l’homme ne peut retenir ses lèvres de s’entrouvrir comme s’il était dans l’attente de quelque chose. Si Mason est d’habitude le joueur, il se laisse aller au rôle de jouet lorsqu’elle prend les rennes. Elle gagne, Salomé, lorsqu’elle joue ainsi. Elle gagne son corps et son esprit.

L’homme ne sait même pas où il met les pieds. Pense ressentir, connaître le tiraillement qui semble aussi hanter Salomé. Mais il est loin de se douter de la vérité, parce qu’il est loin d’imaginer que Salomé n’a connu aucun homme avant lui. Comment pourrait-il se permettre une telle pensée ? Il est si concentré sur les doigts de cette dernière qui l’explorent, qu’il ne pense pas à la véritable raison. Mason se dit simplement qu’elle apprend à dompter l’animal, le monstre qu’il est. Les plaisirs charnels sont à ses yeux, ce qui étaient le plus communs, le plus plaisant, dans l’apocalypse. La seule chose qu’on pouvait faire qui n’avait pas changé depuis. La seule chose capable de le faire oublier ce qu’il y a réellement autour. Comment pourrait-ce être différent pour une personne de l’âge de Salomé ? A ses yeux, elle n’est pas assez jeune pour ne jamais avoir été touchée par un homme.

Dans cette étreinte où elle l’entour de ses bras, Mason a fermé les yeux. Il l’a entouré des siens pour la presser un peu plus, comprenant rapidement qu’il mettrait fin à ce moment. Il est perdu, Pope, entre l’idée de respecter son choix en partant, et l’idée de vouloir prendre ce qu’il peut. Il sent ses muscles tremblants à cause de ce choix qui semble le tirailler. Lorsqu’elle se recule une dernière fois, et glisse entre leurs corps cette veste sèches qui prend légèrement l’humidité à cause du t-shirt trempé, il sent son coeur ralentir brutalement, il a même l’impression que ce dernier souffle qui s’échappe de ses lèvres lui fait mal. Bêtement, il se met à sourire lorsqu’elle le fait, lorsqu’elle se mord la lèvre après cette révélation. A-t-il bien compris ? Si le feu n’était pas vert, il n’était pas rouge non plus. Mason a laissé l’arrière de sa tête retomber légèrement en arrière, contre la porte.

“ - J’oublirais pas c’que tu viens d’dire.”

Un profond soupire s’échappe de ses lèvres, et Mason semble laisser passer un lapse de temps entre ce dernier et le moment où il se décolle de la porte. Sa main finit par se soulever pour venir attraper sa veste, sans pour autant l’enlever d’entre leurs corps. Mais il termine par le faire pour passer son autre main dans les cheveux de Salomé, et rapprocher son visage du sien. Etrangement, Mason a l’impression de saluer, et de dire au revoir à quelque chose. La peur l'envahit à nouveau pendant qu’il l’embrasse une dernière fois. Mason est effrayé à l’idée de ne plus avoir aucun moment d’intimité, de complicité étrange et tendue avec elle. Il a peur de la laisser partir, de la laisser s’enfuir. Il la voudrait sienne jusqu’à la fin, jusqu’à la voir mourir de vieillesse avec ses cheveux gris et ses rides aux coins des yeux -même si l’idée de la mort de Salomé le révulse plus que tout. Mais lorsque ses lèvres quittent celle de la demoiselle, il se sent instable, encore un peu plus. Et il doit lâcher sa nuque et ses cheveux pour passer sa main dans son propre dos et chercher la poignée de la porte, qu’il baisse directement pour l’ouvrir. Il pleut encore, dehors, les gouttes tombent sur son bras lorsqu’il commence à se reculer. Mais son regard ne peut se dévier de celui de Salomé, auquel il est ancré.

“ - Oublie pas ce qui c’est passé ce soir…” Dit-il en descendant, à reculons. Ses bottes entrent directement dans la flaque d’eau que Salomé a créé en cassant sa bâche. “ Parce que moi, j’en oublierais pas une seule seconde.” Et c’est tout ce qu’il dit avant de fermer la porte derrière lui.

Mason est obligé de le faire, obligé de partir comme ça, sans quoi, il n’aurait pas quitté cette caravane. Il a senti son coeur s’emballer à l’instant où il est descendu de la caravane, au moment même où il a faillit faire marche arrière pour les enfermer une dernière fois tous les deux. S’il avait fait ça, Salomé n’aurait pas eu le choix sur ce qui se serait passé. Mais n’était-ce pas finalement ce qu’elle souhaitait, au fond ? Mais Salomé le trouble, autant qu’elle est troublé. Alors, en portant sa veste sans la mettre sur ses épaules, il s’est éloigné de la caravane du rang C pour traverser la place publique sans se retourner. S’il l’avait fait, il aurait couru pour rembobiner la scène.

En revenant près de la sienne, Mason s’est contenté de penser qu’il allait définitivement se faire tuer pour avoir prit la toile. Mais ça passera, ni Gordon ni Maggie ne sont des pourris. Après les travaux -qui il l’espère seront rapides, ils la récupèreront et pourront la raccrocher. D’ici là, au diable ceux qui ne sont pas contents. Pour autant, cette fois-ci, il a tenté de faire le moins de bruit possible en entrant dans sa propre caravane. Ce n’est qu’en arrivant sur la planche de son lit, au lieu de ce matelas, qu’il se rend compte qu’il a oublié sa ceinture dans le logement de Salomé. Même sans ce détail, il n’aurait pas fermé l’oeil de la nuit. Du matin. Le soleil s’est levé trop rapidement pour qu’il puisse se reposer. Alors il était parti plus tôt pour se doucher, pour se changer, pour partir travailler. Pour partir oublier, ne serait-ce que le temps de la journée, l’effet qu’elle lui a fait.

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